SITUATION ET OROGRAPHIE DE LA CORSE
La Corse, île de la Méditerranée, s'étend de 6" 15' 3" de longitude E. à 7" 16', et de 41° 15' 6" de latitude N. jusqu'à 43M'25".
On y trouve plusieurs chaînes de montagnes ; les plus élevées
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sont de roches éruptives. La principale chaîne des monts de la Corse est sensiblement dirigée du N. au S., en se coudant à TO. pourformer le plateau du Niolo. Elle commence au nord de Bonifacio, par les monts de la Trinité et s'élève insensiblement pour former les monts Incudine, le monte d'Oro (2391 mètres), le monte Rotondo (2625 mètres) (4), et le monte Cinto (2707 mètres), où elle atteint son maximum d'élévation (2); elle forme ensuite le monte Tafonato, le monte Padro (2392 mètres), et les monts situés au sud de Belgodere (Balagne). A l'ouest et k l'est de cette chaîne primordiale, on trouve un grand nombre de petites chaînes latérales.
Sur la côte orientale sont plusieurs chaînes secondaires. L'une d'elles est dirigée, comme la chaîne primordiale, sensiblement du N. au S. : c'est la Serra di Pigno. Au sud de celleci est le monte Piobetta, nœud de plusieurs autres petites chaînes.
Du monte Piobetta au monte Pigno, situé à l'ouest de Bastia, on trouve deux grandes fentes : l'une donne passage au Golo, l'autre au Bevinco. De ce dernier torrent à l'extrémité du cap, la Serra di Pigno ne présente plus que quelques cols, entre autres celui de Teghime (altit. 538 mètres), situé à l'ouest de Bastia. Le monte Pigno (1100 mètres) et le monte Stello (1383 mètres) sont les points culminants de cette chaîne. La Serra di Pigno se termine brusquement au cap Corse, où les monts ont encore de 500 à 600 mètres d'altitude ; la punta délia Torricella a en effet 542 mètres. L'île de Giraglia en est le prolongement, et sans doute le haut-fond qui rend si dange-
(1) A cette altitude on ne trouve plus que la Marguerite, le Lettcoium martnunt, la Violette double et simple, d'après Barrai.
(!2) On lit, dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. LXXVIII, no 22, i*'' juin 1874, p. 1572 : c 11 résulte de ce nivellement et de la manière la » moins équivoque, que les altitudes attribuées jusqu'ici aux principales som- » mités de la Corse doivent subir de fortes corrections. Ainsi, c'est le monte » Ginto, et non pas le Rotondo, qui est le point culminant, et le monte d'Oro ne » vient qu'en sixième ligne dans le classement des points d'après les hauteurs, » qui doivent être classées dans l'ordre suivant : monte Cinto (2707 m.), monte » Rotondo (2625 m.), monte Paglia Orba (2526 m.), monte Cardo (2524 m.), > monte Padro (2392 m.)» monte d'Oro (2391 m.). » ARTias N* 2.
reuse la navigation du canal de Corse et du golfe de Gênes en fait partie.
Nous citerons encore les montagnes de TAlluraja, dans le canton d'Omessa, et la chaîne du Tenda, dirigée du S. E. au N. 0. de Pietralba à Gramma.
La Coi'se est donc découpée par de nombreuses chaînes de montagnes, paraissant au premier aspect former un véritable chaos de montagnes entassées l'une sur l'autre. Mais un examen plus attentif permet d'y reconnaître des directions bien déterminées. Du haut du Cinto, la Corse apparaît comme une immense ellipse ayant pour relief l'aspect d'un toit dont l'angle dièdre serait la chaîne granitique allant des monts Incudines au Padro.
A droite et à gauche de cet axe primordial s'élancent de nombreuses ramifications, à l'exemple des arêtes de la colonne vertébrale, d'un poisson. Entre ces chaînes secondaires, sont ' des vallées arrosées par de nombreux cours d'eau dont la plupart se rendent directement à la mer.
La Corse est baignée à TE. par la mer Tyrrhénienne, à l'O. par le golfe du Lion, et au N. 0. par le golfe de Gênes. C'est pourquoi nous diviserons la Corse en trois grands bassins hydrographiques.
Le premier partde la punta Bianca, située au nord de Centuri (cap Coi-se), et va au Losari, situé à l'est de l'AIgayola. Ce bassin donne sur le golfe de Gênes.
Le deuxième part du Losari et va aux monts de la Trinité, situés à l'ouest de Bonifacio. Ce bassin donne sur le golfe du Lion.
Le troisième part de Bonifacio et va à l'extrémité du cap. Ce bassin donne sur la mer Tyrrhénienne.
Ces bassins comprennent un grand nombre de cours d'eau donnant leurs noms à autant de vallées. En voici un résumé, avec la longueur approximative de chacun d'eux.
Bassin donnant sur le golfe de Gènes. — On y trouve l'Aliso du Cap (8 kilom.), petit torrent très-rapide, à l'embouchure duquel on voit de nombreux amas de sable blanc très-fin.
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L'Aliso du Nebbio (20 kilom.), cours d'eau sinueux, ayant sa source au Tenda (al lit, 1500 mètres); et, recevant de nombreux tributaires dont l'ensemble forme une grande partie du Nebbio.
L'Ostriconi (21 kilom.), coule dans une vallée étroite, la dernière au nord-est de la Balagne. Il est surtout alimenté par les cours d'eau venant du versant sud-ouest du Tenda.
Le Losari (14 kilom.) descend des montagnes de Nessa, Feliceto et Muro ; il arrose une grande partie de la Balagne.
Bassin donnant sur le golfe du Lion. — On y trouve : la Ficarella (23 kilom.) et le Secco (15 kilom.) ; ces torrents, descendant du monte Ladroncello (altit. 2133 mètres) et du monte Grosso (altit. 1861 mètres), arrosent toute la vallée située à l'est de Calvi. Â leur embouchure, ils se divisent en plusieurs bms, lesquels traversent de nombreux amas de diluvium et d'alluvions.
Le Fango (25 kilom.) et la Sposata (16 kilom.). Le Fango descend du monte Cinto (altit. 2707 mètres), point le plus élevé de l'Ile, et du monte Âi*ghiaminuta, presque constamment couvert de neige. Il traverse la Filosorma et se jette dans le golfe de Galeria. Son tributaire le plus important est la Sposata, qui arrose la vallée de Marzolino.
Le Porto (21 kilom.) descend des montagnes situées à l'est de Cristinaccie ; vers Olta il présente de belles cascades. Sa vallée est une des plus pittoresques, des plus sauvages de la Corse.
La Sagona (20 kilom.) forme une petite vallée tributaire de celle du Liamone. Ce dernier cours d'eau, le Liamone, a 35 kilom. ; il descend du monte Retto situé dans la région neigeuse des Alpes corses. Il reçoit plusieurs tributaires importants, entre autres le Cruzzini. En plusieurs points du parcours du Liamone, par exemple, à sa rencontre avec le Cruzâni, et à son embouchure, les rives sont formées par des amas de diluvium et d'alluvions anciennes. A son embouchure, il fonne même une petite plaine de 5 à 6 kilomètres de longueur sur 3 à 4 kilomètres de largeur. Cette plaine ou plage du Liamone est formée vers le haut de cailloux roulés, variant de la gros-
seur de la tête à celle d'une noix et cimentés par une terre rouge, argileuse ; sur les bords de la mer, la plage du Liamone est marécageuse et le sol est de vase et de sable.
La Gravone (40 kilom.) et le Prunelli (38 kilom.) descendent du monte Renoso (altit. 2300 mètres), et lentement ils amènent leurs eaux claires sur la même plage, le Campo di Loro,
Le Taravo (53 kilom.) et l'Ortolo (28 kilom.) prennent leurs sources au col de Yerde, dans les montagnes de Zicavo, aux monts Incudines et les montagnes de Gagna.
Bassin de la mer Tyrrhénienne. — On y trouve le Stabiaccio (20 kilom.), l'Oso (20 kilom.), descendant des flancs est des montagnes de Gagna et se jetant dans le golfe de Porto- Vecchio.
Le Travo (22 kilom.) a sa source sur le flanc Ë. des monts Incudines.
Le Fium'orbo (43 kilom.) prend sa source à la Serra del Peato et sur le flanc £. du monte Renoso. Il présente de nombreuses ondulations.
Le Tavignano (80 kilom.) sort du lac Nino, au sud du monte Ârtica (altit. 2440 mètres). Son cours est très-sinueux. Il reçoit de nombreux tributaires, entre autres la Restonica (17 kilom.), qui descend du monte Rotondo (2625 mètres); le Vecchio (24 kilom.), qui descend du monte d'Oro (2391 mètres); la Corsigliese (22 kilom.), qui descend du monte Gerio (1072 mètres), et enfin le Tagnone (31 kilom.), qui descend des montagnes de Vezzani.
Le Bravone (33 kilom.) a sa source sur le vei^sant sud du monte Piobetta; il prend alors le nom de rivière de Saint- Vincent.
L'Alezani (22 kilom.) et le Fium'alto (28 kilom.) ont leurs sources au monte Piobetta; TÀlezani à l'E. , le Fiumalto au N.
Le Golo (84 kilom.) est le roi des cours d'eau de la Gorse. Il descend avec impétuosité des monts Tafonato et du Paglia Orba, qui appartiennent aux monts les plus élevés de l'île. Le