ANN. 8C. GÉOL. IX. 6. — ART
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Golo reçoit de nombreux tributaires ; je citerai seulement l' Asco (29 kilom.), la Tartagine (28 kilom.), la Casaluna qui descend du monte Piobetta, versant ouest, etc.
Enfin, je terminerai cette énumération des cours d*eau du bassin oriental par le Bevinco (24 kilom.), qui se jette dans l'étang de Biguglia, à quelques kilomètres au sud de Bastia.
Chacun de ces cours d'eau caractérise une vallée, et la plupart sont en communication au moyen de cols. C'est ainsi qu'entre la vallée de l'Aliso du Nebbio et l'Ostriconi, on trouve le col du Tenda (ait. 1547 mètres); de même le Ficarella et la Sposata sont en communication par le col de Marzolino (337 mètres).
La vallée du Fàngo communique avec celle de Girolata par le col de Parma (altit. 874 mètres) à la pointe, et le col délia Fuata (altit. 388 mètres) sépare le golfe de Focolare du golfe de Girolata, et ce dernier est séparé du golfe de Porto par le col délia Croce (altit. 272 mètres).
La Scala délia Piana (altit. 433 mètres) est entre l'embouchure du Porto et la Piana. Et le golfe de Sagone est séparé du golfe d'Ajaccio par le col de Carbinica (294 mètres), entre Appieto et Alata.
La vallée du Prunelli est séparée de celle du Taravo par le col de Saint-George (661 mètres), et la vallée du Taravo est séparée de celle du Boracci ou du golfe de Valinco par le col de Celaccia (566 mètres).
Le versant occidental est en communication avec le versant oriental par plusieurs cols ou défilés; j'indiquerai les plus importants.
La vallée du Golo communique avec celle du Porto par le col de Vergio (altit. 1532 mètres). De la vallée de la Gravone on passe à celle du Vecchio par le col de Vizzavona (1145 mètres). Du Tavaria, ou vallée de la Rizzenesse, on passe à la vallée du Travo par le col Incudine (2015 mètres); et le Tavaria est encore en rapport avec l'Oso par le col d'Alerata (870).
Les petites vallées du bassin oriental sont également en rapport entre elles à l'aide de cols. Je citerai le col de Fontana
Rinella (1788 mètres), qui met en communication le Niolo, par suite le Golo avec le Tavignano ; le col de San-Quilico (555 mètres), sur la route de Corte à Ba&tia, lequel fait communiquer également la vallée du Tavignano à celle du Golo. Le col de San-Cipriano (1033 mètres), entre la vallée du Bravone et le canton de Sermano; le col de Carpineto {806 mètres), entre le Fium'alto et TAlezani. Enfin, on peut encore citer le col de Sant' Antonio (982 mètres), sur le chemin de Furiani, près de Bastia, à Oletta; le col de Teghime (538 mètres) , sur la route de Bastia à Saint-Florent; le col de San-Leonardo (966), sur le chemin de Bastia à Olmeta du Cap.
Les nombreuses vallées de Tîle de Corse sont donc en communication entre elles par une série de bouches, défilés ou cols. La position de ceux-ci et leur altitude sont utiles à connaître pour l'étude géologique de l'île. Ils font éviter de nombreux détours, et les montagnes offrent toujours en ces points une structure géologique très-instructive en montrant d'une manière très-nette les rapports qui existent entre les diverses couches des teiTains qui les composent. C'est pourquoi nous avons cru devoir les rapporter avec quelques détails.
Botanique. — « A l'odeur seule je devinerais la Corse, les yeux fermés », a dit Napoléon I" dans le Mémorial de Sainte- Hélène, Et lorsque Ton a parcouru les routes, les sentiers et les montagnes de cet intéressant coin de la terre, on est réellement de l'avis de ce grand guerrier. C'est qu'en effet les plantes y ont une odeur caractéristique. La Corse est la province la plus centrale du grand empire botanique de la Méditerranée. Elle tient des Alpes et des Pyrénées par ses montagnes élevées ; de l'Espagne et de la Provence par sa côte occidentale ; de la Toscane, de la Sicile, de l'Orient par tout le bassin hydrographique oriental ; de la Ligurie, par le cap Corse. Les essences les plus recherchées comme bois de construction y sont nombreuses et dans les meilleures conditions ; tous les jours les Pins lances, les Pins maritimes, sont vendus à Gênes comme bois des Alpes, et ils viennent pour la plupart de Corse. Les forêts d'Aïtone et de Vizzavona sont remarquables entre toutes ;
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et combien d'autres depuis des centaines d'années n'ont point vu la hache du bûcheron. A mi-côte, le Ghêne-liége et le Chêne vert font la richesse des forêts; plus bas est le Pérussier et l'Olivier sauvage.
Le Genévrier est l'objet d'un commerce important dans les golfes de Galeria, Girolata et de Porto.
Le Citronnier, l'Oranger et le Cédratier sont actuellement cultivés avec le plus grand soin au Cap et dans la Balagne. Il en est de même de la Vigne et de l'Olivier, Le Mûrier y est également bien cultivé.
Le Châtaignier offre dans les vallées d'Alezani, d'Orezza et en bien d'autres points, des troncs plus que séculaires.
Ce sont les Labiées et les Caryophyllées qui dominent dans l'île ; favorisées par un climat chaud, constant, un sol riche, elles répandent les odeui^ les plus pénétrantes et les plus agréables. Et combien d'autres plantes réjouissent la vue par les éclatantes couleurs de leurs fleurs et embaument l'air de leurs doux parfums !
Partout on voit les Bruyères aux espèces variées ; le Myrte, qui devient ici un arbrisseau du plus bel aspect ; l'Arbousier, le Houx, qui deviennent des arbres en Corse. Le Genêt, les Cystes, les Lentisques et les Térébinthes composent les nombreux maquis des montagnes. Et de nombreuses vallées sont émaillées de bouquets de Lauriers-roses escortés des Tamarix sur les bords de la mer.
Des Malvacées, des Solanées, des Orchidées, de nombreuses Digitales répandent partout le charme de leurs belles fleurs.
Il n'est point jusqu'aux plantes grasses qui ne soient abondantes dans l'Ile. VOpuntia Dilleniij ou gi^nde Raquette, donne en abondance la figue de Barbarie ; Y Agave americana, ou faux Âloès, y forme des haies touffues et du plus bel aspect.
Et puis, que d'autres plantes on pourrait y cultiver. Partout le Coton sauvage se montre jusqu'à 200 et 300 mètres d'altitude; d'après cela, il semble qu'on pourrait y faire la culture du Coton. La Canne à sucre, l'Ananas, l'Indigo, y viennent très-bien.
GÉOLOGIE DE LA CORSE. iS
Le littoral de la Corse présente malheureusement de nombreux étangs vaseux; mais, depuis quelques années, un savant médecin corse, M. Carlotti, a entrepris d'en rendre le voisinage moins dangereux en y plantant V Eucalyptus Globulus, lequel s'y développe très-bien.
Les Alpes et les Pyrénées sont connues des botanistes ; qu'ils se rendent en Corse, et ce petit pays se charge de leur ménager d'agréables surprises, de leur fournir sûrement de nombreuses variétés nouvelles.
Je terminerai ce trop couit aperçu de la botanique de la Corse en signalant une plante médicinale, la Mousse de Corse (Gigartina Helminthochorton) . C'est une Algue aux frondes tubuleuses, bifurquées ou trifurquées, blanchâtres et noirâtres au sommet seulement, et usitée contre les vers intestinaux. Des analyses nous ont indiqué la présence de l'iode, ainsi qu'on l'avait déjà signalé ; nous confirmons donc le fait. C'est à la présence de ce métalloïde qu'il faut attribuer à cette plante tous ses bons effets. Le Gigartina Helminthochorton^ très-hygrométrique, a une odeur très-forte de marais.
Zoologie. — Il n'entre pas dans notre cadre de décrire les nombreuses espèces animales de l'île ou des eaux qui la baignent. Cependant nous ferons remarquer que toutes ses espèces indigènes sont de petite taille : exemple, ses Chevaux, ses Bœufs, ses Moutons remarquables par leur laine non frisée, etc.... Et Ton sait que le Cerf de Corse est le plus petit de tous les Cerfs de montagnes. De tous les animaux carnassiers, il n'y a, à l'état sauvage, que le Renard.
Le Mouflon y vit sur les monts les plus élevés : il habite constamment la limite des neiges ; les femelles mettent bas dans le mois de mai, et sur la neige.
Le Sanglier est assez abondant dans la Filosorma, les montagnes de Girolata et des environs d'Otta.
Le Lièvre, la Perdrix rouge, la Caille, le Merle, tel est le gibier le plus commun.
Le sommet des monts granitiques est hanté par l'Aigle royal et le Vautour; plus bas on trouve le Faucon, la Buse, l'Éper-
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vier, le Duc, le Ghat-huant, etc. ; et sur les côtes, le Héron, la Cigogne, le Martin-pêcheur, etc.
On y trouve de nombreuses variétés d'Annelés et de Mollusques terrestres.
Les eaux des côtes sont riches en Zoophytes.
Un gmnd nombre des Mollusques et des Ânnélides que Ton y rencontre ont été décrits par Peyraudeau, qui y a trouvé également plus de cinquante espèces de Crustacés.
Les Poissons de mer, d'étang et de rivière sont nombreux.
On y trouve des Tortues de mer, d'eau douce et de terre.
Enfm, le sol de la Corse renferme les plus belles roches et les minerais les plus précieux.
A l'ouest de la chaîne primordiale, on trouve surtout des roches éruptives, granités et porphyres. On y voit aussi le bassin sédimentaire de Galeria, Girolata et Osani. A l'est de cette môme chaîne primordiale, on a de nombreux dépôts sédimentaires dont les plus anciens sont traversés par les roches éruptives suivantes : pegmatite, serpentine, euphotide, avec la variété dite smaragdite ou verde di Corsica.
Nous décrirons d'abord les terrains de la côte occidentale.