‹ Annales des sciences géologiques (volume 2)Chapitre 7 sur 126 · Calcaire blanc à MiUolites ; calcaire à ûperculines, etc · texte numérisé non relu

Calcaire blanc à MiUolites ; calcaire à ûperculines, etc

c. Colonie et sables cachés par la faille.

d. Calcaire compacte à silex.

e. Calcaires blancs ou rosés, en partie celluleûx, à pâte spathique, et calcaires impurs de couleur sombre, plus ou moins troués, intercalés dans une argile.

iMiraBiBieB. [ f. Marnes et calcaires marneux renfermant des bancs troués

de calcaire argilifére et une assise de grès subspathique jaunâtre.

g. Couches calcaréo-marneuses, ferrugineuses, à Cyrénes,Actéonelles, Sphérulites, atec un banc plus compacte pétri \ d'Actéoneltes.

0éB«nieB. . . h. Calcaire nankin {$énonien supérieur).

On v(ût, par ce diagramme, que les couches les plus intéres-

^ A. JLKYMBRIK.

santés de l'assise d'Auzas sont celles qui s'appliquent immédiatement sur le calcaire sénonien. C'est là surtout, et particulièrement en certaines vignes connues des gens du pays, que l'on trouve de nombreux fossiles, parmi lesquels il faut distinguer Cyrena garumnica, Leym., coquille très-caractéristique dont les nombreux individus se montrent libres sur le sol dans un état admirable de conservation ou cimentés par une matière calcaréo-aréneuse formant de larges plaques. On y trouve aussi abondamment une espèce nouvelle de Tornatelle ou Actéonelle que j'ai appelée Acteonella Baylei. Il y a même un banc de calcaire assez consistant qui est pétri d'individus de cette espèce. Les autres coquilles sont, outre les Huîtres ci-dessus nommées, des Mélanopsides, des Déjanires, des Gérites, et enfin des Radiolites qui, soumis à l'examen de M. Bayle, ont été considérés comme constituant une espèce nouvelle, à laquelle il a voulu donner mon nom. Ces rudistes sont libres et très-nombreux en quelques localités. On rencontre aussi dans ce gite de rares individus d'Ostrea larva, espèce sénonienne que nous retrouverons plus abondante dans la contrée d'Aurignac.

Nous donnons ci-après la liste de la faune d'Auzas telle qu'elle résulte des observations faites jusqu'à ce jour, et dont les espèces se trouvent décrites très-succinctement dans une note accompagnée de deux planches que le lecteur trouvera à la suite de ce mémoire.

LISTE DES ESPÈCES COMPOSANT LA FAUNE d'AUZAS.

Melanopsis avellana, Sandberger. Cerithium cesttdatum, Leym.

— crastina, Vidal. Cardium Duclouxi, Vidal.

Acteonella Baylei^ Leym. Ostrea garumnica, Coquand. Dejanira Matheroni, Vidal. — Vemeuilliy Leym.

— Heberti, Leym. — larva, Lam.

Natica placida ? y yidal, Radiolites Leymerieiy Bayle. Cerithium figolinum, Vidal.

Cette faune est certainement très-curieuse par sa nouveauté, parles Radiolites etparlaprésenced'O^fr^a/arm, qui prouvent son âge crétacé, et par le mélange de quelques coquilles d'embouchure qui laissent dominer toutefois le faciès marin, et il

TYPE GARUMNIËN : MONTAGNE d'AUSSEING. 29

est très-remarquable qu'elle se retrouve presque tout entière dans les gîtes catalans décrits par M. Vidal, dont le nom, placé à la suite de nos espèces, indique assez que ce savant ingénieur nous a devancé dans la publication de ces fossiles. Il y a aussi, dans ces localités du vei-sant sud des Pyrénées, de nombreuses Cyrènes qui se rapprochent beaucoup de notre espèce, et dont certaines même lui ressemblent jusqu'à l'identité.

On sait d'ailleurs que les mêmes gîtes renferment des Hippurites (Hipp. Castrai, Vidal), qui semblent remplacer ici les Radiolites d'Auzas, dans les mêmes couches où se trouvent aussi le genre Melania armala. Math., et le genre LychnuSy caractéristique des calcaires du Cengle et de Rognac (Provence), association qui prouve d'une manière irréfragable l'âge garumnien de ces derniei-s calcaires, et qui entraîne la même détermination pour les calcaires de l'abbaye de Valmagne (Hérault), que leur découpure a fait désigner sous le nom de denlellesj assimilations qui avaient été contestées par MM. Matheron et de Hou ville.

La colonie, qui se laisse à peine soupçonner dans le vallon de la Noue, où elle doit exister sous le fond de la vallée occupé par une prairie, reparait un peu plus loin, au nord du calcaire compacte, dans une petite combe à double pente comprise entre les métairies du Tuco et le moulin de Montant, sous la forme d'une marne crayeuse qui constitue un des gîtes fossilifères les plus riches en Oursins.

Le Tue«.

Nous donnons, sous le n' 5 de notre planche, une coupe passant par cette localité, qu'on peut considérer comme classique à l'égard de la colonie. Cette coupe, qui n'est distante de celle d'Auzas que de 1200 mètres environ, n'en est, pour ainsi dire, qu'une reproduction, circonstance qui nous dispensera d'en donner une explication spéciale. Elle en diffère cependant par la présence de la colonie qui était cachée dans la première coupe, ainsi que nous l'avons déjà dit, et par ses relations plus directes avec le calcaire à Miliolites qui repose immédiatement

30 A. LRViiiSRlB.

dessus, comme à l'ordinaire, en stratification parfaitement concordante.

On trouve dans la colonie de Tuco les espèces suivantes d'Échinides, dont le lecteur trouvera la description et les figures dans le travail de M. Gotteau annexé à ce mémoire.

Cyphosoma psetidO'magmficum, Hemiaster namtiUuSf Sorig^uet.

Gotteau. — canaliculatuSy Cotteau.

Salenia grantdosay Gotteaa. ScMzaster antiquus, id.

Echmocorys (Ananchytes) semi- Micraster tercensis, id.

globuSy Lam. Cyclaster coUmiœ, id.|

Nous citerons spécialement le Micraster tercensis^ qui est représenté là avec une certaine profusion. Le ravin indiqué par x sur notre coupe paraît inépuisable sous ce rapport, car malgré les nombreux individus qui sont entrés dans les collections depuis que nous avons fait connaître ce gîte, il en reste encore à la disposition de ceux qui voudront y faire des recherches.

Cette localité, d'ailleurs, n'a rien de remarquable à l'égard des Mollusques. Je crois cependant devoir citer une coquille plate de couleur blanche, n'ayant pas plus de 6 millimètres de diamètre, que je rapporte avec doute au genre Anomia. Ce serait une espèce nouvelle, à laquelle je donnerai le nom dH Anomia pygmea.

Enfin, la localité du Tuco offre encore une autre particularité que je crois devoir signaler. Je veux parler de là présence, vers la surface de contact du garumnien et de l'éocène, et par conséquent au niveau du calcaire à Operculines déjà cité, d'une couche qui renferme un fossile singulier qui ressemble à une Caprotine, et spécialement à Reqiiiena ou Caprotina variants, mais qni ne paraît pas avoir la structure d'un rudiste. J'en' ai fait provisoirement un genre que j'appelle Phrygia^ à cause de la forme des individus qui pourraient être regardés comme types, forme qui rappelle celle d'un bonnet phrygien.

La zone garumnienne que nous étudions se termine non loin du point qui vient d'être signalé, en passant sous le terrain

TYPE GARUMNIEN : MONTAGNE d'AUSSEING. 91

miocène. Au hameau de Séglan, où elleest sur le point de disparaître, elle offre des caractères particuliers que nous ne pouvons négliger de faire connaître, notamment le développement inusité, Tcrs la base de l'assise inférieure, d'une assise de calcaire grossier aréneux que nous n'avions encore vu qu'à l'état de plaques ou de plaquettes.

La coupe figurée sous le n* 6 dans notre planche donnera une idée de la composition de l'étage garumnien dans cette localité extrême.

a. Calcaire blanc avec Natices.

b. Calcaire compacte en partie rosé.

c. Argile et calcaire jaunâtre divisible en lopins allongés ; dalles à Huttres.)

d. Calcaire supérieur à la pierre exploitée.

e. Pierre de Séglan (pierre de taille), avec Hippurites radioms.

f. Position des dalles à Cyrènes et Actéonelles.

g. Système argilo-calcoire.

h. Dalles avec Huîtres à la surface, t. Calcaire jaunâtre arénifére, etc.

Dans cette coupe, on ne voit point la colonie, qui, sans doute, se trouve cachée entre aet b. Le calcaire compacte qui forme rassise moyenne de l'étage garumnien y est représenté par quelques bancs &, parmi lesquels il en est qui se font remarquer par une teinte agréable rose ou fleur de pêcher, subcristallins, offrant des géodes, des veines et des enduits de spath calcaire. Il y a là aussi un calcaire carié.

L'assise garumnienne inférieure est ici très-étendue et d'une composition assez complexe. En la traversant du nord-nord-est au sud-sud-ouest, on descend des calcaires précédents dans une dépression c formée par des argiles grises vivement colorées de diverses teintes où domine l'amarante. On monte ensuite aux calcaires de Séglan, en coupant des couches d'une roche jaune passant du calcaire argileux au grès, souvent vacilolaire, divisible en parties plates et allongées, contenant de rares fossiles et dont certains bancs offrent, à la surface, des valves d'Huîtres allongées.

Les couches dj immédiatement supérieures à la pierre de

32 A. JLBYlieRlK.

Séglan, sont composées de calcaires variés diversement colorés et parfois piquetés. La pierre exploitée elle-même forme une assise spéciale e d'environ 10 mètres d'épaisseur, médiocrement inclinée au nord-nord-est, dont la stratification est peu distincte, si ce n'est à la partie supérieure, où la roche devient fissile. Elle est d'un roux clair, d'une texture grenue assez grossière à grains spathiques, douce et facile à tailler. On en tire des pièces de 3 mètres de longueur. Elle renferme des débris de fossiles, notamment d'Hippurites : j'ai, dans ma collection, un morceau assez complet pour que M. Bayle y ait reconnu les caractères d'Hipp. radiosus, Desm., espèce propre à la craie tout à fait supérieure.

L'assise inférieure à ce calcaire consiste principalement en un système argilo-calcaire dans lequel se montrent, au voisinage des carrières, des dalles d'un jaune sale, pétries les unes de Cyrènes, les autres d'Actéonelles, fossiles qui ont déjà été signalés à Âuzas. Cette assise forme un talus qui monte au sudsud-ouest jusqu'à des couches de calcaire jaunâtre arénifère, où commence l'étage sénonien ê, séparé du système précédent par des dalles h offrant des Huîtres à la surface.

A partir de Séglan, ou plutôt d'un point intermédiaire entre ce lieu et le village d'Aulon, la bande garumnienne cesse, ou du moins disparaît sous le dépôt tertiaire miocène, et la ride de Propiary ne consiste plus, de ce côté, jusqu'à sa limite extrême, que dans l'étage sénonien. Cette limite est d'ailleurs bien marquée par la rivière de la Louge, qui en suit exactement le contour demi-circulaire, laissant toutefois subsister une légère bordure au delà sur sa rive gauche.

0«liil-llareet.

C'est ainsi que les choses se passent jusqu'à Saint-Marcet. Au delà de ce village, on passe sur le côté méridional du soulèvement, où les couches prennent une inclinaison au sud conforme à la disposition anticlinale du système, et l'on voit commencer la bande gai'umnienne, qui s'étend de ce côté dans

TYPE GARUMNIEN : MONTAGNE d'AUSSEING. 83

toute la longueur de la ride, avec quelques étranglements dus à la présence de petits plateaux tertiaires postpyrénéens.

Nous n'avons pu reconnaître à Torigine de cette bande le garuinnien inférieur à Cyi'ènes et Radiolites, mais le calcaire compacte à silex et la colonie y sont très-accusés au sud-sudouest de la métairie de Joumet.

La petite coupe (fig. 7) nous montre la composition de cet étage et ses relations avec les couches sénoniennes sur lesquelles il repose d'une manière tout à fait concordante. La légende suivante en indique les éléments de bas en haut :

Page 1