TERRAINS TERTIAIRES
§ 1 . Eocène. — La présence des nummulites en %ypte et eu particulier aux environs du Caire est un fait qui a été signalé dès les temps les plus anciens, et il serait superQu de rappeler ici les interprétations auxquelles donnèrent lieu 'ceux de ces corps que Ton trouva répandus avec tant de profusion
dans les calcaires qui servirent à Tédification des pyramides.
On a aujourd'hui retrouvé ces foraminifères dans la plupart des régions du globe, particulièrement dans TÂsie occidentale, et depuis une dizaine d'années on a signalé leur existence en Syrie.
Dans son travail sur les fossiles nummulitiques de l'Egypte, M. Bellardi a cité, comme se trouvant au mont Carmel, la Nummulites Beaumonti [\).}i. Conrad avait déjà décrit, en 1852, dans le rapport officiel de l'expédition américaine à la mer Morte, une nummulite provenant d'Arby (localité qui m'est complètement inconnue et sur laquelle il n'est donné aucun renseignement), qu'il nomme N. Arbyenm (2).
M, Gaillardot a fait connaître un peu plus tard un gisement nummulitique de laPhénicie. Ce voyageur avait déjà donné, en 1853, à M. Gaudry, lors du passage de ce dernier à Saïda, des nummulites qui furent déterminées au Muséum comme étant la N. Bamondi et d'autres foraminifères qui parurent se rapporter à VOperculina ammoma. Ils étaient engagés dans un calcaire blanchâtre et dans des silex dont le gisement précis restait malheureusement ignoré.
Trois ans plus tard, M. Gaillardot écrivait à M. Gaudry pour lui annoncer qu'il avait retrouvé ce gisement près de Saïda (3), sur les côtes de la Phénicie.
Dans la Galilée, la Samarie et la Judée, on n'avait point encore signalé ces fossiles, lorsqu'en passant à Sebastieh et à Naplouse, en 1864 , nous eûmes la bonne fortune d'en (Jécouvrir deux gisements que nous fîmes connaître l'année suivante, en même temps qu'un autre gîte situé en Humée, au waddy Gharundel, entre Pétra et la mer Rouge, où ces fossiles n'avaient pas été encore rencontrés.
M. Fraas a ensuite indiqué la Nummulites variolaria dans les calcaires crayeux à silex de la Judée et la Nummulites cretacea
(1) CataL dei fàsstl, numulUici cTEgitto, (Mem. acad, de Turin^ 2* série, t. XV, p. 171, 1855).
(2) Offic. rep., p. 227, pi. 22, flg. 127, 1852.
(3) Bull, de la Soc. géol., 2^ série, t. XIII, p. 538, 1856.
ANlt. se. GÉOL. 1. — 16
2&2 LOUIS LABTBT.
dans les calcaires à rudistes et à nérinées de Jérusalem. Nous avons dit dans le chapitre précédent ce que nous pensioDs de ces découvertes.
Russegger a depuis longtemps mentionné la présence des terrains nummulitiques dans le Sinaï, mais c'est surtout en Egypte qu'il est bien développé et riche en horizons fossilifères; aussi, est-ce là qu'il faut l'étudier de préférence. Mais comme dans ce travail la Palestine est l'objet principal de nos recherches, et bien que ce terrain y soit assez pauvrement représenté, nous commencerons par décrire les quelques gisements où la présence des nummulites est bien constatée , dans cette dernière contrée, et nous passerons ensuite rapidement en revue la succession des principales assises fossilifères dont il se compose en Egypte.
Nous n'avons aucun renseignement sur les gisements d'Ârby et du Carmel. Quant à celui des environs de Saïda (Sidon), les nummulites, comme nous l'avons dit, sont engagées dans des calcaires blanchâtres et dans des silex brunâtres.
Dans la Samarie, entre Sebastieh et Naplouse, on trouve la Nummulites Lucasana répandue en abondance dans des calcaires blanchâtres assez tendres.
 Naplouse (Sichem), les blocs de calcaire accumulés au pied du mont Gariziui sont pétris de nummuUtes {Nummulites Guettardi). Ce calcaire est gris clair, dur, compacte, à cassure esquilleuso, cireuse et translucide sur les bords. Il ressemble assez au calcaire à nérinées de Jérusalem et ferait comme lui un beau marbre s il était poli. Les numnmUtes y foisonnent et font saiUie sur le^ surfaces de la roche exposéi's depuis longtemps aux agents atmosphériques*
Ces fragments de calcaires, non roulés, viennent de la partie supérieui*e du Garizim. Cette montagne est composée de calcaires en bancs horizontaux assez minces et reposant sur les marnes blanches.
Enxiron au tioi-s de la hauteur de la montagne, se trouvent des gixïttes spcieuses qui paraissent avoir servi de carrière pour rextraction des calcaires tabulaires dont nous veuons de parler.
6Ë0LQQ1B D£ LA PALESTINE. 2^8
On y voit ces derniers alterner avec des lits extrêmement minces de marnes qui, plus aisément érodés que les calcaires, ont donné lieu à des rainures entre leurs bancs»
Voici la coupe qu'on peut relever sur les parois de la principale grotte du Garizim qui a 15 mètres de haut, les assises se succédant depuis le haut jusqu'au bas de la grotte, comme il suit:
Calcaire compacte jaune avec empreintes vagues
de plantes (?) 5"
Nodules de limonite 0",05
Calcaire compacte jaunâtre 0",30
Nodules de limonite 0'",05
Calcaire compacte jaunâtre l'",00
Marne 0'",20
Calcaire 0",25
Marne crayeuse 0",20
Calcaire blanc jaunâtre 0",30
Marne crayeuse tendre 0"*,20
Calcaire crayeux, etc., etc 0",30
Ces alternances paraissent enfin reposer sur des marnes crayeuses blanchâtres qu'on voit de loin affleurer au bas de la vallée et se poursuivent en dessus jusqu'aux deux tiers de la hauteur du Garizim.
Nous avons vu à Londres, dans la collection de M. Poole, un silex provenant du Garizinî et dans lequel se trouvent engagées de grandes et petites numniulites. Ici, comme aux environs de Saïda, il y a donc incontestablement des nodules de silex au milieu des couches nummulitiques. On pourrait èlre tenté d après cela de leur rattacher les couches de craie à silex dont nous avons parlé dans le dernier chapitre. Mais, comme il existe pareillement des silex dans les terrains crétacés qui supportent ces dernières, cet argument ne prouve rien. D'ailleurs, on a vu quelles raisons nous empêchent de séparer jusqu'à présent ces marnes bhnches à silex de la craie sous-jacente, bien qu'il soit inipos-
2Ml ËMVMM I.ABTBT.
sible de nier que la partie supérieure de cette formation ne puisse appartenir au terrain tertiaire.
Pour la Judée, d'après M. Fraas, le docteur Roth aurait rapporté des environs de Jérusalem des silex renfermant le NautUus Zic Zag (Aturia?) la Pyramidella canaUculata^ la Nummu/ites variolaria et la N. Biarritzensis .
Ces exemples suflBsent pour prouver Texistence du terrain tertiaire inférieur dans la Palestine.Des observations plus complètes et plus multipliées pourront seules en agrandir le domaine , car, ainsi qu'on le pense bien, quand on parcourt à cheval des contrées aussi vastes, ce n'est qu'au hasard seul que Ton doit d'y découvrir des fossiles aussi petits que les nummulites, et assurément nous avons dû marcher sur des calcaires tertiaires sans nous douter de leur âge véritable, puisque, par leurs caractères lithologiques, ils ne diffèrent pas sensiblement des calcaires crétacés sous-jacents.
En Idumée, ces calcaires éocènes doivent également occuper des surfaces assez étendues, et nous ne serions nullement surpris qu'on les retrouvât un jour dans les calcaires tabulaires superposés à la craie a silex fossilifère de l'Ârabah, près du waddy Meliheh.
Au sud du faîte de l'Arabah, et au débouché du waddy Gharundel dans le waddy Akaba, nous avons trouvé des calcaires les uns blancs, presque cristallins et très-compactes, les autres fauves, s'égrenant avec facilité, qui renferment les uns et les autres de grandes et petites nummulites que M. d'Archiac a déterminées comme étant les Nummulites Lyelli^ var. a^eiLucascma^ var. b.
Dans le Sinaï, Russegger a signalé sur plusieurs points l'existence du terrain nummulitique, notamment dans le calcaire gris compacte, à cassure concboïdale, du jebel Jaraf qui repose sur la craie à silex.
Ces calcaires doivent occuper, avec la craie à silex, une grande partie des steppes du Tyh, et on les retrouve en divers points de la côte occidentale de cette presqu'île. Lefèvre a rapporté de la montagne de Pharaun, non loin de
Suez, des échantillons de calcaire à operculines, et du waddy Hamara des calcaires avec débris A' Echinolampas et de Periaster obems qui empâtent des silex noirs et sont gypsifères.
Le terrain nummulitique est très-développé en Égj'pte, surtout près des bords de la Méditerranée, vers laquelle il plonge insensiblement ainsi que le terrain crétacé auquel il est superposé. H diminue d'épaisseur vers le sud et disparaît à peu près vers la latitude d'Esneh pour faire place à la craie qui, plus loin, est elle-même remplacée par les grès de Nubie.
Le terrain nummulitique s'étend probablement fort loin vers Touest, dans les déserts de la Libye.
A Test du Nil, nous avons vu qu'il forme les couches supérieures des rangées de collines alignées depuis la vallée de ce Qeuve jusqu'à la mer Rouge, et dont la plus intéressante et la mieux connue est celle qui part du Mokattam, près du Caire, pour aller se terminer à l'Attaka, près de Suez.
Nous avons déjà, d'après M. Vaillant, indiqué la succession des assises crétacées et nummulitiques du jebel Attaka et montré que, parmi ces alternances de calcaires dolomitiques et de calcaires crayeux, il était aussi difficile d'établir une limite nette entre le terrain tertiaire et le terrain crétacé, qu'au milieu des alternances de craie et de bancs siliceux de la Palestine. Les calcaires dolomitiques de la partie supérieure ressemblent à s'y méprendre aux calcaires dolomitiques crétacés de la base, et pourtant ils sont bien évidemment tertiaires, comme le prouvent les nombreuses empreintes de corps organisés qu'ils renferment. Bien que l'état de ces empreintes ne permette pas d'identification spécifique bien rigoureuse, les formes en sont toutes tertiaires, et M. Fischer les a rapportées aux espèces éocèues suivantes dont la plupart se retrouvent dans notre calcaire grossier parisien.
Trochiis funiculosus^ Desh.
Terebellum convolutum, Lamk.
Corbula gallicula^ Desh.
— exaratay Desh.
Corbis lamellosa^ Lamk.
2&6 ËJ&Cm LâBTBV.
Area angusta^ Lamk.
— TpTofunda, Desh.
Chama calcarata^ Lamk.
Lima rara^ Desh.
Diphelia Solanderi^ Defr.
Asireopora panicosoy Michel. Orbitolites complanata, Alvéolines.
D'autres moules se rapportent aux genres Delpkinula, Turbo^ Vertus^ Pecterij Vulsella^ etc.
Ces calcaires dolomitiques tertiaires sont recouverts de blocs qui renferment desPotamides.
On remarque dans cette faune l'absence complète des nummulites, ce qui donnerait à penser que ces calcaires correspondent à un niveau inférieur à celui dans lequel pullulent en Egypte ces foraminifères.
Notre savant confrère, M. Delanoue, vient d'ailleurs de découvrir, dans la haute Egypte, une faune tertiaire plus ancienne que le terrain nummulitique de cette contrée et qui correspond drait au London clay. Ces fossiles ont été recueillis au nord-ouest de l'ancienne Thèbes, dans la chaîne Libyque et dans le voisinage des tombeaux des Rois.
Lefèvre avait déjà recueilli en ce point des turritelles, des mytiles, des cardites et surtout ces moules de grandes bivalves si répandus en Égj'pte, que l'on connaît wsous le nom de Lucina jEgyptiaca et do quelques autres. Les calcaires dans lesquels Lefèvre recueillit ces débris de mollusques reposeraient, d'après . ce voyageur, sur des marnes crayeuses avec silex et quelques oursins. Au-dessous viendraient des calcaires crayeux à silex recouvrant, à leur tour,des marnes grises colorées en rouge à leur base.
La coupe de M. Delanoue est beaucoup plus complète et nous fait connaître des niveaux fossilifères qui ont complètement échappé à ses prédécesseurs. M. d'Archiac a étudié les débris d'êtres organisés qui en proviennent, et cette double étude stratigraphique et paléontologique peut être résumée dans la coupe
suivante qui donne la succession des assises de haut en bas (1).
1* Calcaires blanchâtres tendres, quelquefois silicieux et durs à Ostrea fia-
Mluia , >90 mètrei,
Calcaire blanc, dur, iilloeuX| è Nummulitea Thebaiea^ »#..,..
2* Marnes et calcaire marin à Ëchinides [Mficropneustes, Schiiastev^ Amw^ phidetus
Calcaire marneui blanc k Nauiilus ForbMi^ Natiea eœpacea, Lucina
squamula, Crassatelln tumida. Venus q/renoidea , Nucula , for- )7l mitres f binolia plana, Nummuliies distans^ planulata^ Guettardt\ Oper^ culina ammonea, Orbitotdes, ,
Calcaire caverneux, noduleux, gris, très*dur ,
3^ Calcaire marneux bUachâtre à frandes binlTcs rapportées au genre \ Lucina (£. Mgyptiaca^ dilatata^ inflata, q/clotdea), avt!c concrétions siliceuses sphériques (pierres à lunette) (2) ; Mytilus, Lucina squa mula, bialata, Cyprina, Crassatella, Cardita mutahilis, obliqua, Dufrenoyi, Venus transversa, suberycinoides, Cytherea lunaria, . • ^p^.
Calcaires à CalianasiQ, Turritella ntbfasciata, Nucula similis, parisen" , siSyMactra dubia, Psammotea dubia, Panopeea puella, Buccinum, Voluta, Harpa, Trochus, Mytilus, Arca
Calcaire blanc marneux compacte h grandea Luciue8(Z,tfCtfm JEgyptiaea,
viridis^ Bellardi) , • ,
à^ Calcaire blanchâtre crayeux sans fossiles, dans lesquels sont creusés lo> ) « m .. tombeaux des rois )
Au-dessous viennent les couches parmi lesquelles se trouve l'horizon fossilifère que M. d'Archiac rapproche du London clay.
5® Marne grise feuilletée, se délitant facilement, avec rognons de stron-\ tiane, écailles de poissons cycloïdes, foraminifères (Globigêrina^ Nodosaria, etCr), et> crustacés ostracodes {Cyprinidœ) en prodigieuses accumulations . . . , , . .
Banc de fossiles transformés en fer hydroxydé, poissons (Lamna, vertèbres de Téléosteens) ; JtfoUusques (Aturia Zig^Zag; Nautilus centralis; Triton colubrinum; Pyrula ; Fusus labiatus , gradatus, lavatusJ funiculosus; Pleuroiomn terebra*is, Ringicula, Voluta ambiguaj\ Mitra; Natiea brevispira, canaliculata ; Cerithium; Littorinc\z\ mètres. sulcata; Tomatella simulât a; Terebatula tenuistriata ; Modiolaria;\ Nucula trigona, lissa, prœlonga, similis^ bisulcata, Bowerbanki,\ transversa; Leda amygdaloides^ striata, costulata; Limopsis ; Car-] dium, Lucina Goodhalli; Isocardia ; Nerœa) ; Oursins (Hemiaster^ voisin de H. Bowerbanki; Cidaris; Cœlopleurus ou PseudodiO' dema) ; Rayonnes {Pentacrinus)\ Polypiers (Turbinolia)
Marne passant à la base à un calcaire marneux blanc avec moules de Pénopaes •..•••••••
(i) Voyez Comptes rendus des séances de VAcad, des se., t. LXVII, p. 701, octobre 1868. (2) Ce doivent être les Morpholites on pierres ocellées d'Ehrenberg et de Newboldt, qui décidément correspondraient è un horizon tertiaire et non crétacé*
Ainsi donc, comme le fait remarquer M. d'Ârchiac, à 200 mètres au-dessous de Thorizon nummulitique ordinaire de TÉgypte, se trouvent, dans des calcaires considérés jusqu'à présent comme crétacés, une faune tertiaire offrant la plus grande analogie avec celle du London clay, de l'argile sableuse de Braklesham, de Barton, etc., et du nummulitique tout à fait inférieur des autres contrées.
Pour étudier les assises supérieures de Téocène ou le terrain nummulitique proprement dit de l'Egypte, nous n'avons qu'à nous transporter de Thèbes à la colline du Mokattam, près du Caire, localité classique et qui a fourni, depuis nombre d'années, les fossiles nummulitiques d'%ypte que l'on voit dans nos collections d'Europe.
Russegger, dans sa coupe générale du Mokattam , y distingue trois masses principales : 1* le calcaire nummulitique supérieur avec nombreux bancs coquilliers; 2* un calcaire blanc terreux intermédiaire ; 3* le calcaire nummulitique inférieur.
Lefèvre a rapporté de la même localité une série méthodique d'échantillons de roches et de fossiles qui correspondent à une coupe très-détaillée que l'on peut ainsi présenter, en allant du sommet de la colline, occupé par des grès rouges et des ailles miocènes jusqu'à la base.
i^ Calcaire, jaune, lourd, avec cristaux de Célestîne et débris de crustacés
Turritella (T, fasciaia?), Terebellum, Oursins 20 pieds.
2° Alternances de calcaires jaunâtres pétris de fossiles {Crustacés, Oursins, Turritelles, Carolia placunoides), avec des marnes salifères et fyp* seuses 24 pieds.
Z^ Marnes d'un vert jaunâtre^ gypsiféres • 15 pieds.
H^ Calcaire marneux, salifère, avec débris de poissons, lucina {Mgyp^ tiaca?)^ Leda, Pectunculus, Naiica.
5» Calcaire rempli de très-petites Ntonmu/tYe^, Lucina {^gyptiacaT), Fti/sella^ Carolia placunoides? Natica (très-grande)^ Cardita (C. p/anicotta7)^Cerithium{C .giganteum?)^ Neritaconoidea, Terehellum^ Nautilus^ Turritella, Conus^ Ostrea (0. flabellula ?), Oursins {Periaster?)y Polypiers, etc.
6° Calcaire jaunâtre, friable^ salifère avec Nummulites, Turritelles, Tra-
chus et des Bulles de grande taille • 24 pieds.
1^ Calcaire blanchâtre pétri de Turritelles et de Nummulites, Nerita co^ noidea, Cerithium (C. giganteum?\ Natica (de grande taille ) ; Spoftdylus^ Ostrea, Perias(er •...«••« 35 piedSt
8<^ Alternances de calcaires plus ou moins friables et de marnes jaunes de 2 à 4 pieds d'épaisseur^ avec Serpuia, Spondylus, Pecten et Oursins • • 35 pieds.
90 Bancs puissants de calcaires jaunâtres avec Nummulites et débris à* Oursins; dents de Squaies et Turriielles, 10^ Calcaires blanchâtres, parfois rougeâtres^ avec débris de Crustacés et
Dentales, 11<» Calcaires jaunâtres avec Nautilus, Ampuilaria, Lucina, Turritella, Pecten^ Oursins, etc.^ de 40 pieds d'épaisseur, et dans lesquels ont été pratiquées d'anciennes exploitations.
Telle est la succession des couches dont Lefèvre a rapporté des échantillons et des fossiles. On remarquera que les assises inférieures sont dépourvues de nummulites et que la couche la plus inférieure, les calcaires à Nautiles^ se trouvent à 200 pieds audessous des niveaux à Lucina JEgyptiaca et à Nerita condidea^ de telle sorte qu'en cherchant bien on retrouverait peut-être, aux environs du Caire, la faune si intéressante à Nautilus {Aturid) zig-zag^ découverte par M. Delanoue dans la Thébaïde. Cela est d'autant plus probable que M. Gaillardot, dans la description qu'il donne du Mokattam (1), signale à sa base des bancs marnosableux, ocracés, avec nombreux rameaux de fer hydroxydé et rempli de fragments de coquilles brisées parmi lesquels on trouve des ammonites très-petites dont le test a été converti en fer hydroxydé. Les aturies ont pu être facilement confondues avec des ammonites qu'il serait d'ailleurs bien extraordinaire de trouver dans des couches tertiaires. Il n'est donc pas impossible que ce niveau à petites ammonites converties en fer hydroxydé puisse correspondre au niveau à aturies également changées en limonite des environs de Thèbes (2). La coupe de M. Gaillardot est
(1) CoupfFceilsur les calcaires crétacés des environs du Caire {Ann, de la Soc. d'ém. des Vosges^ t. V, p. 703, 1845).
(2) Ceci nous suggère une réflexion au sujet des critiques de M. d'Àrchiac, portant sur un passage de Pline^ sur lequel on s'appuie pour prouver que les anciens ont connu les corps que nous appelons ammonites. L'éminent professeur fait remarquer qu'aucun voyageur n'a signalé d'ammonites dans cette partie de l'Afrique (l'Ethiopie et la haute £gypte), et qu'il faudrait supposer, de plus, que ces prétendues ammonites étaient à l'état de fer sulfuré, fort petites et d'une parfaite conservation pour qu'on pût les regarder comme des gemmes ou pierres précieuses {Âmmonii cornu inter saçratissimas eethiopicas
d'ailleurs assez détaillée et mérite d'être consultée. Bfalheureusement, dans ses essais de parallélisme des terrains de l'Egypte avec ceux de la Syrie, l'auteur confond, sous le nom détage Libanim, les terrains les plus différents par leur Age et par leur nature.
Quant à M. Figari bey, il sépare le terrain éocène du terrain nummulitique, et signale, dans le premier de ces étages, des fossiles nombreux tels que : Astarte qradlis^ Cyrena cuneiformis, Corbula pisum^ Cerithium nudum^ Qsirea crassissima. Venus incrassata^ Arca antiqimta^ Cyprina rustica^ Venericardia plam- Costa, Pecten benedictus, Unio littoralis^ etc. (1). Ce singulier mélange d'espèces éocènes, miocènes et môme actuelles, que nous reproduisons sans autre critique, suffit pour mettre en garde, une fois de plus, contre les déterminations paléontologiques de cet auteur et les déductions stratigra{4iiques qu'il en a tirées.
C'est grâce surtout à M. Fraas que l'on a aujourd'hui des notions un peu exactes sur les terrains nummulitiques des environs du Caire (2). Ce géologue les divise en quatre sous-étages:
1* Le premier et le plus inférieur, qu'il compare à Vétage iue$soniên de d'Orbifoy, m compose de calcaires jaunes à Caliannssa et à Nummulites planuiata, I^et débris da crustacés y sont identiques avec ceux que Ton rencontre au Gué à Tresme, près de Lisjsur-Ourcq, dans nos sables de Beauchamp. On y trouve en outre la Nerita ccnoidea^ la Turritella imbricatariat le Pei'inster obesus^ VAheolinn oblongn. Cet étage affleure entre le Caire et Sues^ ainsi qu'au waddy Haschale.
2° Le second étage est celui qui a fourni la pierre de construction du Caire ; il est caractérisé par le Cerithium giganleum» A la base, sont des calcaires nummulitiques jaunes^ de 6 pieds d'épaisseur, avec baguettes et autres débris de Porocidaris serrata, et qui sont superposés au calcaire nummulitique à Periaster obesus, Nummulites Ramondi et Guettardi,
Au-dessus de ces calcaires à Porocidaris serrata, se trouvent au Mokattam les bancs
gemmas aureo colore arietis cornu effigiem reddens, etc.). D'Archiac, GéoL et paléont.^ p. 15.
Tous les géologues savent que les fossiles convertis en fer sulfiiré, pyriteux, dorés, se transforment aisément en limonite ; il ne serait donc pas impossible de trouver aux environs de Tbèbes de petites aturies ayant conservé leur éclat premier, et qui répondraient exactement à la description de Pline.
(1) Studii scientifici, jt, 132.
(2) Ans dem Orient, p. 116,
de pierres de eonttnictioQ qui alimentent, depuis dix siècles^ la ville du Caire. G'eat un calcaire terreux, de couleur claire avec des fossiles (Cerithium giganteum, Nautilus impericlis, etc.) remplis de célestine. C'est dans ces couches qu'est taillée la figure colossale du Sphinx.
3^ Le troisième étage se compose de calcaires plus durs <iue le précédent^ et les bancs inférieurs sont gypsifères. Il renferme des Conoclypus et de grandes Nummulites (N. Ghyseformis) ainsi que des bivalves. C'est dans ces calcaires, qui ont environ 25 mètres d'é* paisseur^ qu*ont été creusées les tombes royales de Béni Hassan.
4^ Enfin, le quatrième banc débute par des bancs d'hullres ; il se continue par des cou* ches à Turritelles et kScalaria impar, et se termine par un calcaire grossier à Schizaster A/ricanus,
Telle est la succession des assises nummulitiques des environs du Caire, qui forment de vastes échelons correspondant aux divers étages de ce terrain et sont recouvertes par les argiles et les grès rougeâtres miocènes du jebel Ahmar, que M. Fraas considère comme appartenant à Thorizon des sables de Fontainebleau et dont nous allons maintenant nous occuper.
§ 2. Miocène. — Nous venons de voir qu'on trouve au Mokattam, au-dessus des terrains nummulitiques, une série de dépôts principalement constitués par des grès rougeâtres, siliceux, quelquefois lustrés. Le jebel Ahmar (montagne rouge) tire son nom de la présence à son sommet de ces grès rouges, qui y ont été exploités sur une vaste échelle.
Ces grès renferment fréquemment des troncs d'arbres siliciflés, et, lorsqu'ils se désagrègent, les vents du désert entraînent les grains de sable, ne laissant que les galets de jaspe et de silex et les troncs d'arbres. Ces derniers s'y trouvent parfois accumulés en si grande quantité qu'ils présentent l'aspect d'une véritable forêt dont les arbres auraient été abattus par l'ouragan, d'où le nom de Forêt pétrifiée qu'on a donné à l'un de ces dépôts de bois siliciflés situé dans le voisinage du Caire. Les voyageurs ne manquent pas d'aller le visiter et, depuis fort longtemps, on rapporte de ce gisement les cailloux de jaspe connus sous le nom de Caillou d'Egypte, ainsi que des exemples du mode de pétrification de ces arbres, dont la structure la plus intime a été respectée. Ces bois appartiennent en général à des dicotylédones, d'après l'examen que Robert Brown fit de ceux qu'en avait
252 liOVM wjkMTwr.
rapportés Newboldt. On en a découvert d'autres gisements dans la Nubie et jusque dans le pays des Voro-Gallas, au sud-est de TAbyssinie. A Abu-Sambel, le révérend Monro aurait trouvé un conifère dans un gisement analogue (1).
D'après M. Unger, les troncs les plus abondants, dans la forêt pétrifiée du Caire, appartiendraient à la Nicolia jEgypAaca. Le même botaniste a reçu de Voro-Emana, au nord de Schoa, dans le pays des Voro-Gallas, la môme espèce végétale.
On trouve, d'après Russegger, des gisements analc^es dans la portion septentrionale de la presqu'île du Sinaï. Cet auteur fait mention de l'existence, près de Nakbah-um-Brahi, dans le waddy el Arisch , de grès compactes siliceux , bariolés , d'une puissance de vingt brasses et ressemblant en tout à ceux du jebel Ahmar. Ils seraient éparpillés entre le Hedj et le Tober, et renfermeraient aussi des cailloux de jaspe et de silex, ainsi que des débris de végétaux silicifiés.
Dans la Syrie, en Palestine et en Idumée, il n'existe pas, à notre connaissance, de dépôt miocène marin. Ces riions étaient émergées à cette époque; mais dans l'Inde on retrouve, suivant M. Kaye (2), des sables, des grès et des conglomérats rougeàtres reposant sur des calcaires crétacés et contenant des bois silicifiés dont quelques-uns ont jusqu'à cent pieds de long. Cette véritable forêt pétrifiée ^ qui ne le céderait en rien à celle du Caire, est située à 160 milles de la mer, du côté de Pondichéry, et pourrait bien être du même âge que les gisements de l'Abyssinie, de la Nubie et de TÉgj^pte.
Dans ce dernier pays, les grès sont associés à des marnes calcaires, gypsifères et salées et recouvrent, par places disposées assez capricieusement, d'après Newboldt, les calcaires crétacés et nummulitiques, depuis la Méditerranée jusqu'aux déserts de la Nubie et de la Libye.
Là où les grès se désagrégeaient facilement, les agents atmosphériques en ont eu aisément raison et les ont fait disparaître.
(1) Edinh.phil. Joum,, t. XVIII, p. 337.
(2) Transact. ofthegeoL Soc, of London, 2« sér., t. VU, 1855-56, p. 85.
de telle sorte qu'il n'en reste plus que des témoins éparpillés à la surface du sol et dont certains ont dû leur conservation, comme le jebel Ahmar, par exemple, à un ciment siliceux qui les a pénétrés. Les grains de sable résultant de cette désagrégation ont été entraînés et dispersés à la surface des déserts, où ils contribuent à alimenter les sables mouvants.
Ces grès sont quelquefois d'un rouge de sang, d'autres fois blancs ou jaunes. Ils passent parfois à un conglomérat bréchoïde ou à un poudingue. Leurs éléments se composent principalement de silex et de jaspe arrachés aux calcaires crétacés et nummulitiques. Les couches de grès sont souvent assez minces, et leur épaisseur varie de quelques pouces à 200 pieds. Les marnes blanches, brunes ou vertes qui leur sont subordonnées excèdent rarement 10 pieds de puissance.
Ces couches couvrent les plates-formes du désert Libyque et de l'oasis d'Ammon, et Ehrenberg y avait déjà reconnu (1) des formes tertiaires difiFérentes des espèces actuelles.
Ces grès ont été exploités, comme pierre à moudre, aux environs du Caire, et les variétés les plus compactes ont servi aux dallages.
On trouve, sur les bords de la vallée d'Egypte, des sables et des grès qui appartiennent encore à l'étage miocène. Ils se montrent aux environs du Caire, près du tombeau des Kalifes, vers Saqarah, près des pyramides de Ghizeh et dans le voisinage du Sphinx. On voit, dans cette région, des calcaires nummulitiques couverts de balanes et d'huîtres {Ostrea undata)^ perforés par des pholades {Pholas rngosa), des pétricoles et des lithodomes, et qui paraissent avoir été les récifs ou les falaises de la mer falunienne, au fond de laquelle ont été déposés les sables. M. Fraas a recueilli dans ces derniers les fossiles suivants : C/ypeasterJEgyptiaciis^ Pecten Dunkeri^ aspendus^ Cytherea erycina^ Balanus mlcaius^ Strombus coronatus^ Cassis, etc.
L'isthme de Suez est formé : 1"* d'une partie centrale comprise entre les hauteurs d'el Gisr et du Serapeum, et dans laquelle
(1) London, PhiL Joum,, juin 18dl» p. A45.
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se trouve le lac Timsah ou lac du Crocodile, et de deux plages basses et sablonneuses, Tune au nord, qui se prolonge jusqu'au golfe de Peluse, sur les bords de la Méditerranée ; l'autre au sud, occupée en grande partie par les lacs Amers, jusqu'à Suez, sur les bords de la mer Rouge.
Le profil suivant, malgré son peu de précision, peut suffire à donner une idée générale de ce relief.
en
Lac Menxaleb. ^
s| r la
^ C»fÙ'i)ih4 '^ t MadiUfirmtU
c.ft:vZ-^*<^'n*^ l^'^J^
Isthme ancien.
Fig, 22* — Coupe transversale de risthme de Suei.
a. Anciens cordons littoraux.
h. Banc de (cypse cristallisé an fond da lae.
c. Sables entremêlés d'argile et de veines cal-
caires.
d. CaloRires on plaques minces recourerts de
sables arec sili*x calcédonieux.
e. Calcaires et sables à paindines et fémnr de
fipraud proboscidien (Cumpaiiyo).
f. Sable.
1^. Sables, argiles gypseuses et calcaire tendre blanc en plaquettes (iïMeWa Caillaudi).
h. Sable, gypse et sel marin (coqniUea de la mer Rouge).
i. Sables, a, Btheria Caillmudiy BipfOf^Imm^ CrvcodiUs^ Bouquetin.
j. Calcaire miocène, a, Carekœrodon, wteg^odm percé de Lithodomm.
k. Argiles gypseuses.
l. Sables avec coauilles de la mer Ronge d'aspect trt>s-moaeme.
Les sables de la plage septentrionale ne renferment que des coquilles qui vivent encore sur les bords de la Méditerranée. La plage méridionale est couverte des mêmes débris oi^anisés que 1 on trouve aujourd'hui sur les bords exondés de la mer Rouge. L'ancien isthme se trouverait donc représenté par le plateau d'el Guisr, le lac Timsah, alimenté jadis d'une façon intermittente par une branche du Nil, et enfin par la colhne sablonneuse et Ciilcaire du Séra|)éum où se rencontre XEtheria Caillaudi, mollusque qui vit dans le Nil et qui ne descend plus de nos jours audessous des cataractes de Syène.
Cet isthme ancien, eu admettant qu'il ait toujours été réduit à ces proportions, a pu suffire néanmoins pour séparer d'une façon
complète la Méditerranée de la mer Rouge, et Tépoque où cette séparation a commencé à s'effectuer doit être bien ancienne puisque, tandis que les mers actuelles renferment encore quelques survivants des mers tertiaires, la Méditerranée et l'Erythrée n'ont conservé aucun témoin de cette mer première qui les aurait réunies toutes deux. Leurs faunes, en effet, sont radicalement différentes, et il n'est pas une espèce de mollusque qui vive à la fois sur la plage de Port-Saïd et sur la côte de Suez. Ce fait étrange , dont l'importance et la signification n'échapperont à personne, a été signalé depuis longtemps, et dernièrement il a été suffisamment établi par M. Fischer (1), qui a, de plus, montré que les genres caractéristiques de la faune érythréenne et les polypiers, si nombreux dans la mer Rouge, manquent complètement dans la Méditerranée, contrairement aux identifications proposées par Ehrenberg, entre les coralliaires de ces deux mers. Alors bien même que l'histoire et la tradition se prêteraient à cette idée d'une communication, dans[les temps historiques, de la Méditerranée avec la mer Rouge, ces différences radicales des deux faunes marines de chaque[côté de l'isthme étroit d'el Guisr suffiraient pour la faire rejeter.
Nous verrons plus, loin que les plages soulevées de la Méditerranée et de la mer Rouge conservent respectivement leurs caractères propres. 11 est donc probable que la séparation des deux mers remonte à la période tertiaire et, selon toute vraisemblance, à l'époque pliocène.
On sait que les Êthéries ne descendent point aujourd'hui dans le Nil plus bas que les cataractes de Syène.
Nous verrons qu'à l'époque quaternaire , alors que le fleuve avait une autre rapidité et un autre volume, elles descendaient beaucoup plus bas; les Êthéries que l'on a rencontrées au Serapéum, près d'el Guisr et sur le récif miocène de Chalouf, doivent se rapporter à cette époque. Dès lors si, à l'époque quaternaire^ le Nil envoyait d'une façon continue, ou par suite d'inondations intermittentes, ses eaux au lac Timsah, le lac des Crocodiles^ et
(1) Journal de conchyliologie^ iS^b.
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s'il déposait dans le voisinage de ce lac les couches fluviatiles à Éthéries du Sérapéum, et les couches à paludines observées par le docteur Companyo (1), entre el Guisr et Timsah, il fallait que ce plateau d'el Guisr fût déjà émergé, comme d'ailleurs tendent à le prouver les découvertes d'animaux terrestres faites dans les travaux du canal, l'une de débris d'éléphant, d'espèce éteinte et nouvelle, rencontrée au nord d'el Guisr, près du lac Ballah ; l'autre, d'un Phacocheirus, observé au sud de ce même seuil, par le docteur Schweinfurt (2).
On ne connaît pas exactement l'âge des couches qui , à el Guisr, servent de substratum à ces dépôts fluviatiles. M, Fraas incline à penser que Tisthnie est entièrement couvert d'une formation tertiaire. Bien que les sables au nord et au sud d'el Guisr renferment , ainsi que nous l'avons dit , des faunes actuelles qu'on pourrait tout au plus faire remonter jusqu'à l'époque quaternaire, malgré l'aspect récent des fossiles, il est aujourd'hui prouvé que les calcaires miocènes affleurent dans la tranchée de Chalouf. Ces calcaires, lourds, durs, tachés par des oxydes ferrugineux, renferment des dents de Carckarodon megalodon^ et des coquilles {Mytilus socialisa Ostrea cyathula (??), Pecten Dunr keri^ scabrellus)^ d'après M. Fraas. Sur ces calcaires sont des sables dans lesquels ont été recueillis les nombreux débris d'ossements qu'on a vus à l'Exposition universelle. Ce sont princilement des restes à' hippopotames^ des dents de crocodiles^ des poissons [silures du Nil), des débris de bouquetins et XEtheria Caillaudi,
Le calcaire miocène de Chalouf s'élève à 2 ou 3 mètres audessus du niveau de la mer Rouge. Il repose sur des marnes gypseuses qui s'étendraient sous le sable marin jusqu'aux environs de Suez et seraient également miocènes.
Le long de la dépression des lacs Amers, les couches miocènes affleurent au pied du jebel Genefeh, dont la masse centrale et le sommet sont constitués par des calcaires nummulitiques. On
(1) Catalogue de l'exposition de la Compagnie du catial de Suez, 1867, p. 66.
(2) Ausdem Orient y p. 172.
trouve dans ces calcaires miocènes les principaux représentants de la faune des faluns. Enfin, près d'Aïn-Musa, entre le Caire et Suez, M. Fraas cite la présence de marnes et de calcaires bruns salifères avec ossements de Halitherivm^ de tortues et C/ypéastres.
Tels sont les représentants des terrains miocènes de Tisthme qui nous sont aujourd'hui connus et dont on peut vérifier Tauthenticité, d'après la collection très-complète de roches recueillie par M. Laurent-Degousée, le long du canal maritime et dans ses environs. Il est à croire qu'on en découvrira de nouveaux gisements et, d'après ce que nous venons de dire, on voit que c'est aux environs d'el Guisr que devraient surtout porter les investigations futures.
L'époque miocène a vu, dès son début, des mouvements notables s'opérer dans les dépôts précédemment formés. Des phénomènes d'exhaussement, de fractures profondes et de plissements ont porté à des altitudes, parfois assez élevées, les terrains crétacés et tertiaires, les ont séparés et ont modelé l'ébauche du relief actuel de ces contrées.
En Egypte, ces mouvements n'ont guère abouti qu'à un soulèvement en masse, et les dépôts crétacés et éocènes ont à peu près conservé leur horizontalité primitive. Il en est de même pour le plateau du Tyh, dans le Sinaï.
Dans la Palestine et dans la Syrie, les ondulations et les fractures ont accentué et compliqué davantage le relief du sol et donné lieu à de véritables chaînes de montagnes. La chaîne de Judée forme Tépine dorsale de la Palestine et les couches, sur ses deux versants, ont un plongement général en sens inverse bien que très-faible et souvent peu manifeste. I^s coupes que nous avons données dans le chapitre précédent nous dispenseront de répondre aux reproches mal fondés des géologues auxquels des courtes trop restreintes dans ces contrées n'ont pas permis de vérifier ces ondulations, que nous n'avons pas été d'ailleurs les premiers a constiiter, puisque Russegger et Andersen les signalent en des points très-nombreux. Il serait imprudent de confondre avec des failles les ressauts brusques que nous avons
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s'il déposait dans le voisinage de ce lac les couches fluviatiles àÉthéries du Sérapéum, et les couches à paludines observées par le docteur Companyo (1), entre el Guisr et Timsah, il fallait que ce plateau d'el Guisr fût déjà émergé, comme d'ailleurs tendent à le prouver les découvertes d'animaux terrestres faites dans les travaux du canal, l'une de débris d'éléphant, d'espèce éteinte et nouvelle, rencontrée au nord d'el Guisr, près du lac Ballah ; l'autre, d'un Phacocheirus, observé au sud de ce même seuil, par le docteur Schweinfurt (2).
On ne connaît pas exactement l'âge des couches qui , à el Guisr, servent de substratum à ces dépôts fluviatiles. M. Fraas incline à penser que l'isthme est entièrement couvert d'une formation tertiaire. Bien que les sables au nord et au sud d'el Guisr renferment , ainsi que nous l'avons dit , des faunes actuelles qu'on pourrait tout au plus faire remonter jusqu'à l'époque quaternaire, malgré l'aspect récent des fossiles, il est aujourd'hui prouvé que les calcaires miocènes affleurent dans la tranchée de Chalouf. Ces calcaires, lourds, durs, tachés par des oxydes ferrugineux, renferment des dents de Carckarodon megalodon^ et des coquilles [Mytilus socialisy Ostrea cyaihula (??), Pecien Dunkeri^ scabrellus)^ d'après M. Fraas. Sur ces calcaires sont des sables dans lesquels ont été recueillis les nombreux débris d'ossements qu'on a vus à l'Exposition universelle. Ce sont princilement des restes à' hippopotames^ des dents de crocodiles^ des poissons {silures du Nil), des débris de bouquetins et VEtheria Caillaudi.
Le calcaire miocène de Chalouf s'élève à 2 ou 3 mètres audessus du niveau de la mer Rouge. Il repose sur des marnes gypseuses qui s'étendraient sous le sable marin jusqu'aux environs de Suez et seraient également miocènes.
Le long de la dépression des lacs Amers, les couches miocènes affleurent au pied du jebel Genefeh, dont la masse centrale et le sommet sont constitués par des calcaires nummulitiques. On
(1) Catalogue de Vexposition de la Compagnie du canal de Suez, 1867, p. 66.
(2) Ausdem Orient, p. 172.
trouve dans ces calcaires miocènes les principaux représentants de la faune des faluns. Enfin, près d'Aïn-Musa, entre le Caire et Suez, M. Fraas cite la présence de marnes et de calcaires bruns salifères avec ossements de Halitherium^ de torhœs et Clypéastres.
Tels sont les représentants des terrains miocènes de Tisthnie qui nous sont aujourd'hui connus et dont on peut vérifier Tauthenticité, d'après la collection très-complète de roches recueillie par M. Laurent-Degousée, le long du canal maritime et dans ses environs. Il est à croire qu'on en découvrira de nouveaux gisements et, d'après ce que nous venons de dire, on voit que c'est aux environs d'el Guisr que devraient surtout porter les investigations futures.
L'époque miocène a vu, dès son début, des mouvements notables s'opérer dans les dépôts précédemment formés. Des phénomènes d'exhaussement, de fractures profondes et de plissements ont porté à des altitudes, parfois assez élevées, les terrains crétacés et tertiaires, les ont séparés et ont modelé l'ébauche du relief actuel de ces contrées.
En Egypte, ces mouvements n'ont guère abouti qu'a un soulèvement en masse, et les dépôts crétacés et éocènes ont à peu près conservé leur horizontalité primitive. Il en est de même pour le plateau du Tyh, dans le Sinaï.
Dans la Palestine et dans la Syrie, les ondulations et les fractures ont accentué et compliqué davantage le relief du sol et donné lieu à de véritables chaînes de montagnes. La chaîne de Judée forme l'épine dorsale de la Palestine et les couches, sur ses deux versants, ont un plongement général en sens inverse bien que très-faible et souvent peu manifeste. Les coupes que nous avons données dans le chapitre précédent nous dispenseront de répondre aux reproches mal fondés des géologues auxquels des couri^es trop restreintes dans ces contrées n'ont pas permis de vérifier ces ondulations, que nous n'avons pas été d ailleurs les premiers à constater, puisque Russegger et Andei-son les signalent en des points très-nombreux. Il serait imprudent de confondre avec des failles les ressauts brusques que nous avons
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s'il déposait dans le voisinage de ce lac les couches fluviatiles àÉthéries du Sérapéum, et les couches à paludines observées par le docteur Companyo (1), entre el Guisr et Timsah, il fallait que ce plateau d'el Guisr fût déjà émergé, comme d'ailleurs tendent à le prouver les découvertes d'animaux terrestres faites dans les travaux du canal, Tune de débris d'éléphant, d'espèce éteinte et nouvelle, rencontrée au nord d'el Guisr, près du lac Ballah ; l'autre, d'un Phacockeirus^ observé au sud de ce même seuil, par le docteur Schweinfurt (2).
On ne connaît pas exactement l'âge des couches qui , à el Guisr, servent de subsiratum à ces dépôts fluviatiles. M, Fraas incline à penser que l'isthme est entièrement couvert d'une formation tertiaire. Bien que les sables au nord et au sud d'el Guisr renferment , ainsi que nous l'avons dit , des faunes actuelles qu'on pourrait tout au plus faire remonter jusqu'à l'époque quaternaire, malgré l'aspect récent des fossiles, il est aujourd'hui prouvé que les calcaires miocènes affleurent dans la tranchée de Chalouf. Ces calcaires, lourds, durs, tachés par des oxydes ferrugineux, renferment des dents de Carcharodon megalodon^ et des coquilles [Mytilus socialisy Osirea cyathula (??), Pecien Dmkeri^ scabrellus), d'après M. Fraas. Sur ces calcaires sont des sables dans lesquels ont été recueillis les nombreux débris d'ossements qu'on a vus à l'Exposition universelle. Ce sont priucilement des restes A' hippopotames^ des dents de crocodiles^ des poissons [silures du Nil), des débris de bouquetins et VEtAeria Caillaudi,
Le calcaire miocène de Chalouf s'élève à 2 ou 3 mètres audessus du niveau de la mer Rouge. Il repose sur des marnes gypseuses qui s'étendraient sous le sable marin jusqu'aux environs de Suez et seraient également miocènes.
Le long de la dépression des lacs Amers, les couches miocènes affleurent au pied du jebel Genefeh, dont la masse centrale et le sommet sont constitués par des calcaires nummulitiques. On
(1) Catalogne de l'exposition de la Compagnie du canal de Suez, 1867, p. 66.
(2) Awidem Orient y p. 172.
trouve dans ces calcaires miocènes les principaux représentants de la faune des faluns. Enfin, près d'Aïn-Musa, entre le Caire et Suez, M. Fraas cite la présence de marnes et de calcaires bruns salifères avec ossements de Halitheriitm^ de tortues et Clypéastres.
Tels sont les représentants des terrains miocènes de Tisthme qui nous sont aujourd'hui connus et dont on peut vérifier Tauthenticité, d'après la collection très-complète de roches recueillie par M. Laurent-Degousée, le long du canal maritime et dans ses environs. Il est à croire qu'on en découvrira de nouveaux gisements et, d'après ce que nous venons de dire, on voit que c'est aux environs d'el Guisr que devraient surtout porter les investigations futures.
L'époque miocène a vu, dès son début, des mouvements notables s'opérer dans les dépôts précédemment formés. Des phénomènes d'exhaussement, de fractures profondes et de plissements ont porté à des altitudes, parfois assez élevées, les terrains crétacés et tertiaires, les ont séparés et ont modelé l'ébauche du relief actuel de ces contrées.
En Egypte, ces mouvements n'ont guère abouti qu'à un soulèvement en masse, et les dépôts crétacés et éocènes ont à peu près conservé leur horizontalité primitive. Il en est de même pour le plateau du Tyh, dans le Sinaï.
Dans la Palestine et dans la Syrie, les ondulations et les fractures ont accentué et compliqué davantage le relief du sol et donné lieu à de véritables chaînes de montagnes. La chaîne de Judée forme Tépine dorsale de la Palestine et les couches, sur ses deux versants, ont un plongement général en sens inverse bien que très-faible et souvent peu manifeste. Les coupes que nous avons données dans le chapitre précédent nous dispenseront de répondre aux reproches mal fondés des géologues auxquels des courtes trop restreintes dans ces contrées n'ont pas permis de vérifier ces ondulations, que nous n'avons pas été d ailleurs les premiers à consulter, puisque Russegger et Anderson les signalent en des points très-nombreux. Il serait imprudent de confondre avec des failles les ressauts brusques que nous avons
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s'il déposait dans le voisinage de ce lac les couches fluviatiles à Éthéries du Sérapéum, et les couches à paludines observées par le docteur Companyo (1), entre el Guisr et Timsah, il fallait que ce plateau d'el Guisr fût déjà émergé, comme d'ailleurs tendent à le prouver les découvertes d'animaux terrestres faites dans les travaux du canal, l'une de débris d'éléphant, d'espèce éteinte et nouvelle, rencontrée au nord d'el Guisr, près du lac Ballah ; l'autre, d'un Phacocheirus, observé au sud de ce même seuil, par le docteur Schweinfurt (2).
On ne connaît pas exactement l'âge des couches qui , à el Guisr, servent de substratum à ces dépôts fluviatiles. M, Fraas incline à penser que l'isthme est entièrement couvert d'une formation tertiaire. Bien que les sables au nord et au sud d'el Guisr renferment , ainsi que nous l'avons dit , des faunes actuelles qu'on pourrait tout au plus faire remonter jusqu'à l'époque quaternaire, malgré l'aspect récent des fossiles, il est aujourd'hui prouvé que les calcaires miocènes affleurent dans la tranchée de Chalouf. Ces calcaires, lourds, durs, tachés par des oxydes ferrugineux, renferment des dents de Carckarodon megalodon^ et des coquilles [Myiilm socialisy Ostrea cyathula (??), Pecien Dmkeri^ scabrellus)^ d'après M. Fraas. Sur ces calcaires sont des sables dans lesquels ont été recueillis les nombreux débris d'ossements qu'on a vus à l'Exposition universelle. Ce sont princilement des restes iï hippopotames^ des dents de crocodiles^ des poissons {silures du Nil), des débris de bouquetins et VEtheria Caillaudi.
Le calcaire miocène de Chalouf s'élève à 2 ou 3 mètres audessus du niveau de la mer Rouge. Il repose sur des marnes gypseuses qui s'étendraient sous le sable marin jusqu'aux environs de Suez et seraient également miocènes.
Le long de la dépression des lacs Amers, les couches miocènes affleurent au pied du jebel Genefeh, dont la masse centrale et le sommet sont constitués par des calcaires nummulitiques. On
(1) Catalogue de l'exposition de la Compagnie du canal de Suez, 1867, p. 66.
(2) Ausdem Orient ^ p. 172.
6É()L0Gi£ DE LA PALESTINE. 257
trouve dans ces calcaires miocènes les principaux représentants de la faune des faluns. Enfin, près d'Aïn-Musa, entre le Caire et Suez, M. Fraascite la présence de marnes et de calcaires bruns salifères avec ossements de Halitherium^ de tortues et C/ypéastres.
Tels sont les représentants des terrains miocènes de Tisthme qui nous sont aujourd'hui connus et dont on peut vérifier Tauthenlicité, d'après la collection très-complète de roches recueillie par M. Laurent-Degousée, le long du canal maritime et dans ses environs. Il est à croire qu'on en découvrira de nouveaux gisements et, d'après ce que nous venons de dire, on voit que c'est aux environs d'el Guisr que devraient surtout porter les investigations futures.
L'époque miocène a vu, dès son début, des mouvements notables s'opérer dans les dépôts précédemment formés. Des phénomènes d'exhaussement, de fractures profondes et de plissements ont porté à des altitudes, parfois assez élevées, les terrains crétacés et tertiaires, les ont séparés et ont modelé l'ébauche du relief actuel de ces contrées.
En Egypte, ces mouvements n'ont guère abouti qu'à un soulèvement en masse, et les dépôts crétacés et éocènes ont à peu près conservé leur horizontalité primitive. Il en est de même pour le plateau du Tyh, dans le Sinaï.
Dans la Palestine et dans la Syrie, les ondulations et les fractures ont accentué et compliqué davantage le relief du sol et donné lieu à de véritables chaînes de montagnes. La chaîne de Judée forme l'épine dorsale de la Palestine et les couches, sur ses deux versants, ont un plongement général en sens inverse bien que très-faible et souvent peu manifeste. I^s coupes que nous avons données dans le chapitre précédent nous dispenseront de répondre aux reproches mal fondés des géologues auxquels des courtes trop restreintes dans ces contrées n'ont pas permis de vérifier ces ondulations, que nous n avons pas été d'ailleurs les premiers à constater, puisque Russegger et Anderson les signalent en des points très-nombreux. Il serait imprudent de confondre avec des failles les ressauts brusques que nous avons
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258 MltJM LAMTBt.
figurés, par exemple dans la couche de Makhul à la montagne de Sel, et qui existent, bien que moins prononcées, en d'autres points de la chaîne. Nous no voulons pas nier Texistence de failles secondaires en disant cela, car nous en avons vérifié Texistence en plusieurs endroits, mais nous ne pensons pas qu'elles puissent expliquer, d'une façon satisfaisante, la formation delà ride montagneuse de Juda,qui nous parait due à une ondulation générale dans les couches crétacées.
Il est une faille principale très-importante, soui)çonné^ par U^opold de Buch, Hitchcok, Falconer et d'autres célèbres géologues, et dont nous avons eu la bonne fortune de constater rigoureusement l'existence le long du Ghôr. La dénivellation et le rejet qui s'observent entre les couches qui la bordent ne pennettent pas de douter de l'existence de cette faille gigantesque ou plutôt de cette série de failles qui se succèdent depuis le Liban jusqu'à la mer Rouge, suivant une ligne de fôlure de l'écorce terrestre, laquelle se trouvait déjà jalonnée, à des époques beaucoup plus anciennes, par les éruptions des por^ phyres. Cette faille, que la coupe suivante met en évidence, est le trait le plus remarquable de la géologie de ce pciys, et c'est \ elle (pic la vallée du Jourdain, la mer Morte et TArabah doivent leur origine (tig. 21). Elle dut se manifester pendant ou
a es u
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Fig. 23. — Coupe transversale du bassin de la mer Morte et des chaînes qui l'avoisinent, montrant la faille quï en occupe le fond.
p. Plages snalevées (sabli'S à péU)nclo«). ,