‹ Annales des sciences géologiques (volume 3)Chapitre 40 sur 68 · Basalte. i · texte numérisé non relu

Basalte. i

c. Calcaires crétani'a.

(/. (irt'H de Nuhie.

après l'exondation de la contrée, car nulle part, on Palestine et en Iduinée,()n n'a encore rencontré de traces de la mer miocène;

GÉOLOGIE m L\ PALESTINE. 259

En Idumée et à l'est de la mer Morte, les couches crétacées ne sont que très-faiblement ondulées. Elles le sont encore trè&-peu dans la Samarie et la Galilée, mais, dans le Liban et dans TAnti- Liban, les couches prennent des inclinaisons très-fortes, se déchirent dans leurs plissements, et laissent apparaître, comme à travers une boutonnière, les grès et les calcaires inférieurs. Elles sont en même temps portées à leur maximum d'élévation.

L'absence de tout dépôt de la mer miocène prouve que cette région était émergée , comme la Palestine , avant l'époque miocène.

Il résulte de tout ce qui précède qu'au moment où la mer des faluns couvrait de ces eaux une grande partie du Sahara, des déserts de Libye, du Soudan et de la Nubie, de grands changements venaient de s'accomplir dans la distribution des terres de cette portion du globe. Au lieu des îles et des archipels épars sur ces espaces, à la fin de la période primaire, il s'était formé un vaste continent. La mer pénétrait encore assez avant dans ces terres, grâce à des fractures profondes qui avaient disjoint les voussoirs terrestres, au milieu des mouvements auxquels ils avaient été soumi ?, mais la terre avait considérablement empiété sur elle : laiiyrie, la Palestine, une partie de l'Arabie Pétréc, de la haute Egypte et de la Libye étaient dé^rmais à tout jamais émergées.

Les reliefs actuels se trouvaient déjà ébauchés dans ce qu'ils ont de plus essentiel ; les eaux allaient modeler ces terres, les découper, creuser les nombreux v^dys qui les sillonnent, se rendre dans les mers voisines pour y déposer des sédiments aux dépens des éléments qu'elles leur enlevaient, et enfln se réunir dans les dépressions continentales pour y former des lacs dont une évaporation multiséculaire devait augmenter sans cesse la ocuicentration. C'est à ce dernier effet que la mer Morte dut son origine, et cette petite mer intérieure devait exister déjà lorsque les Balanes et les Pbolades miocènes s'attachaient aux rochers de la future Memphis.

§ 3. Pliocène i — Si Ton n'a su, jusqu'à ces derniers temps^

assigner aux sables et aux grès des environs du Caire un horizon précis dans la série des terrains tertiaires, cela tient, sans aucun doute, à la parenté manifeste des coquilles qu'ik renferment avec les esp^'ces qui \ivent encore sur le bord de la mer et dont il n'est pas toujours facile de les distinguer. II n'y a pas, en réalité, de ligne de démarcation un peu nette à étaUir entre les dépôts tertiaires et ceux qui se forment de nos jours et, à n'envisager qu en grand les choses, nous sommes encore dans la période tertiaire.

Ce ne sont donc plus des changements radicaux de faunescomme ceux que nous présente la succession des terrains plus anciens, qui peuvent fournir au géologue les moyens faciles de reconnaître les phases successives de cette grande époque terrestre. Il lui faut établir des statistiques, compter les naissances et les extinctions d'un grand nombre de petits êtres et , tant qu'il n'a pas découvert A' espèce caractéristique dans les couches qu'il étudie, il no peut se prononcer sur leur âge. Ces difficultés sont d'autant plus grandes que l'on se rapproche davantage de notre temps, et il est miuveiit assez délicat de différencier les dernières faunes tertiaires Avt celles de l'époque actuelle, en raison du grand nombre d'esp^c^'s communes qu'elles renferment. Ceci explique rincertitude (ît les variations notables des divers auteurs qui ont écrit sur r%ypte , lorsqu'ils en arrivent aux derniers dépôts marins épai's sur les côtes de la Méditerranée et de la mer Rouge : les uns les confondent avec les dépôts miocènes; les autres les placent dans Tétage pliocène sans donner la moindre preuve à Tappui de cette assertion; enfin, d'autres les rangent dans la série quaternaire et les font descendre même jusqu'aux temps actuels.

Toute la partie* du^ Delta qui n'est point recouverte de limon du Nil, l'isthme de Suez, le nord de la presqu'île de l'Arabie Pétrée, les côtes de la Phénicie et une bonne portion du désert Libyque appartiendraient, suivant M. Figari bey, au terrain pli(H*ène caractérisé par des calcaires marneux coquilliers, des ui>{iles marneuses et des grès siliceux; mais, c'est sans doute une iMcrmination toute de sentiment, car il ne cite aucune preuve à

l'appui de ces identifications.Nous verrous d'ailleurs que les formations coquillières des côtes de la Phénicie paraissent être beaucoup plus jeunes.

Newbold avait consacré, dans son travail, un chapitre spécial à l'étude des terrains post-pliocènes : c'était reconnaître implicitement l'existence du terrain pliocène qu'il a laissé confondre avec les grès du jebel Ahmar. Mais il est permis, devant ses réserves, de douter qu'il eût des preuves bien assurées de la présence, en Egypte, des représentants du Crag ou de l'étage subapennin.

On n'a, jusqu'à présent, cité dans tous les dépôts des plages soulevées qui bordent la Méditerranée et la mer Rouge , que des espèces actuelles encore vivantes sur les rivages voisins. Nous avons vu qu'il en était de même à l'égard des plages situées sur les bords de l'isthme de Suez, au nord et au sud d'el Guisr.

L'existence du terrain pliocène sur ces côtes est cependant rendue probable par le fait de leur exhaussement général et graduel, depuis le phénomène d'émersion qui a pris place au commencement de l'époque miocène ; mais elle n'est pas encore directement et scientifiquement constatée.

C'est pourquoi nous classerons de préférence avec les dépôts quaternaires la majeure partie des couches que M. Figari bey rapporte au pliocène, et nous y rattacherons les plages soulevées et les récifs de coraux des bords de la Méditerranée et de la mer Rouge.

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