‹ Annales des sciences géologiques (volume 3)Chapitre 50 sur 68 · DU CÂP DE LA CRIDE A LA VALLÉE DE DARDBN1IB · texte numérisé non relu

DU CÂP DE LA CRIDE A LA VALLÉE DE DARDBN1IB

(PI. VI, flg. 3.)

Les lieux que nous allons explorer méritent de fixer l'attention des géologues. C'est en effet sur la coupe de la Cride donnée par M. Jaubert que M. Coquand s'est appuyé pour essayer de démontrer que le lias inférieur existe, en Provence, au-dessus de rinfralias.

Voici d'abord la coupe du rivage (voy. pi. 5, fig. B) : En sortant du petit port de Saint-Nazaire par le chemin du rivage, on laisse à gauche le monticule de muschelkalk qui supporte la chapelle de Notre-Dame de Pitié, et Ton retrouve bientôt le rivage de la mer. Descendons en ce point au bord de la Méditerranée; nous sommes au milieu des marnes irisées, qui.

352 DIEtXAF.OT.

s'éteiidant en arrière du cAté du sud, recouvrent de la manière la plus régulière les cargnieules et les gros bancs bleus de la formation conchylienne»A partir du fond du petit golfe de Portissol, le rivage est à peu près taillé suivant une ligne E.-O.

Pendant environ 100 mètres, on marche dans les marnes irisées en s avançant vers l'ouest. On voit au-dessus une épaisseur considérable de terre végétale dont la partie inférieure appartient à la formation quaternaire.

Notre coupe montre aussi exactement qu'il nous a été possible de le faire la disposition des couches du rivage depuis le fond du golfe de Portissol jusqu'au ravin de Trabuc.

Dans toute cette partie, M. Jaubert n'avait rien signalé de particulier, si ce n'est la présence de quelques bancs calcaires avec Pholadomya, Osirea, Cidaris^ dans lesquels M. Coquand découvrit plus tiird \Av. c()wtor/a (point B). En jetant les yeux sur notre coupe, on voit que ce petit coin de terre était loin d'avoir dit son dernier mot.

D'un côté, en effet, nous reculons notablement vers Test k base (le l'infralias, et, en cela, nous apportons à M. Coquand des arguments en faveur de sa thèse. Mais il est facile de voir que les dérangements considérables qui ont eu lieu en ce point ont brisé et disloqué les assises, de manière à porter en différents endroits et il différentes hauteurs les lambeaux d'une môme couche primitivement uniforme, et n'offrant très-probablement qu'une assez faible épaisseur. Toutefois la présence de l'infralias à 100 mètres plus à l'est du point où il avait été signalé jusqu'ici a une certaine importance, en ce sens qu'il réduit d'environ GO ou 70 mètres l'épaisseur des marnes irisées sur le flanc nord du golfe de Portissol.

Mais le fait capital sur lequel nous appelons surtout l'attention, est la découverte que nous avons faite de la lumachelle à Av. contorta à Teiulroit manjué A sur notre coupe.

La présence de \Av. contorta en ce point fait dès lors forcément reiïtrer dans le trias les 150 mètres de calcaires cloisonnés passant au tuf, que M. Co([uand considère connue faisant partie de la formation jurassi([ue. Et, cela enlevé, il ne reste

ZONE A AVICULA CONTORTA ET INFRALIAS. 353

plus, en nous reportant à la coupe de M. Jaubert, qu*une épaisseur de 54 mètres entre la base de Tinfralias, parfaitement hors de contestation^ et les premiers bancs fossilifères rapportés, sans la moindre objection, par tous les géologues, au lias moyen.

Voici, en partant du fond du golfe et en marchant vers les Trois- Pointes^ la suite des couches que l'on rencontre en suivant le rivage à peu près au niveau de la mer (pi. V, C) :

i° Marnes irisées recouvertes par un dépôt quaternaire et une épaisse couche

de terre végétale lOO^^^OO

2* Calcaires dolomitiques cloisonnés marneux, en plaques ôi^fOO

3*^ Banc calcaire très-compacte à Avicula contoria; il s*élève presque verticalement, puis se replie vers l'est, au-dessus des calcaires dolomitiques et s'élargit à la base vers l'ouest. Épaisseur à la base, environ. . i 0",00 i<* Calcaire brécbiformo, rougeâtre comme aspect général, mais dont les eailloux anguleux qui le composent en grande partie sont seuls rouges,

le ciment étant blanc ou verdâtre 20°*,00

5<^ Bancs à Avicula contoria plongeant fortement vers le nord -ouest, puis se relevant presque immédiatement en sens contraire pour disparaître

sous les conglomérats suivants 3^^,00

Ao Conglomérats très-compactes 3^^,00

7° Êboulis divers, sans qu'il soit possible de saisir la disposition des

couches 23™, 00

%^ Cargnieules rouges très-compactes, très-analogues au n<* 4 20™, 00

9^ Couches analogues aux précédentes, mais moins distinctes encore 10™, 00

10* Cyos banc de lumachelle avec Avicula contoria 5™, 00

11® Calcaire très- cloisonné 2™, 00

12*> Êboulis divers et cargnieules 15™, 00

13** ÀQ point où nous sommes arrivés, les bancs deviennent plus distincts, et^ pour quelques instants, ils sont presque horizontaux ; mais il est facile de voir que nous nous trouvons ici en présence du point culminant d'une courbure, comme il s'en présente si souvent dans toute la Provence. On voit reparaître, au niveau même de la mer^ les gros bancs calcaires bréchiformes parfaitement identiques avec ceux que nous avons rencontrés au-dessous de la deuxième couche à Avicula contoria (n° Â). Le caractère minéralogique est assez tranché pour qu'il ne reste aucune incertitude à cet égard ; il est ici, nous l'avons dit,

presque liorizonial. Son épaisseur est de A™,00

Puis au-dessus :

Dolomies blanches brcchirormes 1™,00

Dolomie compacte à larges cellules 1™,50

Dolomies peu compactes 1™,00

Calcaire dolomitique très-compacte^ trcs-rougcâtre, mon-

Iront dt^jù des dents de poisson &™,00

Total ii™,5T) !i«n,50

A5N. se. G^.OL. I. — 23

35& DIEIJLAFAIT.

Report 227»,50

lA* Bancs calcaires à Àv. coniorta en liU assez minces, intercalés dans

des bancs plus épais offrant une puissance totale de 20", 00

Ces Imdcs roBsiUfères sont ceux que M. Jaubert a signalés : ils plongent asses fortement vers Touest ; mais, comme ils commencent en haut du rivage, on peut, en descendant vers la mer, les suivre sur une longueur de 70 à 80 mètres.

16* Masse épaisse de cargnieules dans lesquelles il paraît impossible de voir la direction des couches, et dont les différentes parties ont été trèsprobablement ressoudées après coup par les tufs quaternaires, environ. 1 50*^,00

160 Banc lumachelle arec Av. conforta l^^^OO

17* Bancs calcaires dolomitiques parraiteroent stratiQés, marneux à la base,

compactes dans les parties élevées 5&**,00

Total 462«,50

Dans ce dénombrement, nous trouvons une épaisseur de 291 mètres entre les marnes irisées et les calcaires dolomitiques très-régulièrement stratifiés, précédant immédiatement le lias moyen ; mais notre figure montre très-bien que ce sont là des répétitions, des rechutes, et surtout des couches soulevées parallèlement au rivage. Il arrive, dès lors, qu'on parcourt ces couches suivant leurs plans de stratification^ taudis que, pour observer leur épaisseur véritable, il faut de toute nécessité s'élever suivant une ligne perpendiculaire à ces plans.

Il reste donc établi, comme nous Tavons annoncé, que la distance comprise entre la zone k Av, contorta et la base du lias moyen ne mesure, eu réalité, à la Cride, que 54 mètres au lieu de 154.

Avant de quitter ce point si intéressant, il importe de signaler tout spécialement les calcaires dolomitiques qui recouvrent, aux Trois-Pointes, la zone à Av . contorta. Ces calcaires, qui constituent, comme nous Tavons démontré, la partie moyenne de Tinfralias, se reproduisent toujours avec des caractères identiques, d'un bout à l'autre de la Provence, de telle façon qu'ils peuvent toujours être reconnus, à première vue, quand on s'est bien familiarisé avec leur aspect extérieur. Pour procéder à cette étude, il n'est pas de station plus favorable que celle des Trois- Pointes.

Le profond dérangement et les brisures répétées des couches

ZONE A AVICULA CONTORTA ET INFRALIAS. 355

ne permettent pas, aux Trois-Pointes, de saisir, entre le trias et rinfralias, une ligne de séparation quelconque. Il n'en est pas de même entre Tinfralias et le lias moyen, abstraction faite de labsence générale du lias inférieur.

Au vallon de Trabuc, en effet, avant d'arriver au puits de ce nom creus(^ au bord même du rivage, on voit parfaitement les calcaires dolomitiques, profondément usés et corrodés à la partie supérieure, recouverts sans le moindre intermédiaire par les calcaires bleus compactes, montrant en abondance les fossiles les plus caractéristiques du lias moyen, et en particulier de grands Ostrea eymbium.

En quittant les Trois-Pointes, on descend presque aussitôt dans un petit ravin. Sur les deux flancs et dans la partie la plus basse, on rencontre le lias moyen, le lias supérieur et la zone à Lima heteromorpha. L'infralias, constamment visible, forme une légère courbe dont la convexité est tournée vers le rivage. On monte la petite colline qui s'élève à l'est en marchant dans la zone à Uma heteromorpha^ et Ton descend, de l'autre cAté, dans un vallon largement ouvert, sur le versant est duquel s'élève la propriété Dugué. Le fond de ce vallon est recouvert par une couche épaisse de terre végétale, formée en grande partie par les dépôts quaternaires. Le sous-sol appartient au lias et à la zone à Uyna heteromorpha. De l'autre côté du vallon, on voit l'eparaître le lias, puis Tinfralias dolomitique en s'ap|)rochant du sommet, et les cargnieules triasiques au point cuhninant.

En descendant un peu, on atteint la route de Saint-Nazaire à Bandol au col même, et il est très-facile de voir cpie la route, en ce point, est ouverte dans l'infralias identique avec celui des Trois-Pointes.

On traverse la route au col, et l'on continue à marcher dans l'infralias, en laissant à gauche la propriété Flotte. Le lias et rinfralias alternent ensuite deux fois sur une très-j^etite étendue ; mais bientôt l'infralias se développe largement et constitue toute la partie est du système que nous suivons, jusqu'au vallon du chemin de fer.

La terre végétale ne permet pas de voir bien exactement la

356 DIEtILAFAIT.

disposition des couches au delà de ce vallon ; mais il y a là une brisure des bancs, car au bord du chemin et dans toute la partie est du vallon, jusqu'à la voie ferrée, on retrouve partout des calcaires fossilifères appartenant à la zone à Lima heteromorpha, et cela à un niveau correspondant à peine à la base de Tinfralias dolomitique que nous venons de descendre, à Touest du vallon.

En passant au nord du chemin de fer, au pont de la Conférence, on franchit la colline profondément entaillée par la voie. Cette colline montre, à la base les cargnieules triasiques, dans la partie moyenne Tinfralias des Trois-Pointes, et au-dessus le lias et la zone à Lima heteromorphay Tun et Tautre toujours très-fossilifères.

De Tautre côté s'étend un petit vallon formé d'alluvions diverses, mais dont le sous-sol appartient au lias et à la zone à Lima heteromorpha. A Test de ce vallon, dans la direction de notre coupe, commence la petite chaîne de coUines qui s'étendent jusqu'à la route d'OUioules, parallèlement au chemin de fer.

II y a là une faille évidente, puisque en quittant la zone à Lw?m heteromorpha^ on entre dans l'infralias dolomitique, qui s'élève en outre presque jusqu'au haut de la colline. On trouve sur les hauteurs le lias et la zone à Lima heteromorpha, et c'est seulement en approchant de la vallée d'OUioules, en descendant assez rapidement, qu'on retrouve, aux environs du moulin, l'infralias dolomitique, et, à la route même, la zone à Av. contorta.

Si, au lieu de marcher sur le sommet des collines, on avait suivi la base du coté du sud, on n'aurait pas quitté l'infralias; mais, dans toute cette partie, la zone à Av. contorta est recouverte par la terre véjçétale.

La vallée d'OUioules, que nous venons d'atteindre, est remplie par des dépôts tertiaires qui s'étendent à l'est jusqu'au pied de la colline, sur le versant est de laquelle s'élève la propriété de M. le baron Godiiu»!.

k la base de cette colline ou reucontre le muschelkalk. En se

ZONE A AVICULA CONTORTA ET INFRALÏAS. 357

dirigeant de manière h passer au nord de la partie murée de la propriété, on ne tarde pas à voir apparaître les gros blocs dolomitiques de Tinfralias. Une exploitation de gypse existe au pied môme de ce coteau, au bord de la route.

A l'est du four, on voit affleurer les marnes irisées, parfaitement reconnaissables à leur couleur bariolée, et supportant, comme à Portissol, des cargnieules fortement cloisonnées. En montant, à partir de la plâtrière, on trouve au-dessus des cargnieules de gros bancs cloisonnés, et plus haut la lumachelle à Av. contoria^ s'étendant jusqu'au[pied du mur du parc. Il est très-facile de la reconnaître, malgré Tabondance de la végétation qui couvre le coteau.

Les marnes irisées et les gypses très-développés à la partie inférieure de la colline Godinot se continuent sur un espace considérable au sud de la route de Toulon. Une grande épaisseur d'ail uvions et de terre végétale ne permet pas de fiiire dans cette région d'observations suivies, mais en plusieurs points les ouvriers, en creusant des puits, ont rejeté des déblais présentant tous les caractères des marnes irisées, et presque toujours renfermant des quantités notables de gypse.

En partant d'OUioules, on retrouve sur le versant nord de la route les marnes irisées et les gypses à la base de la montagne ; ils sont recouverts par l'infralias très-développé. Mais des deux côtés de la route l'infralias ne dépasse pas beaucoup, à Test, la propriété Godinot.

Les collines assez élevées qu'on rencontre en prolongeant la coupe appartiennent au muschelkalk. A Test, le terrain tertiaire se développe abondamment au quartier de Faverolle, où il est exploité pour fabriquer des briques fines. On retrouve de l'autre côté c^s mômes sédiments tertiaires; mais partout où le sous-sol est mis à nu, on voit qu'il appartient à la zone à Lima hetero-morpha.

On atteint au delà le vallon de Valbertran, dont la partie ouest est constituée par les calcaires marneux du fullers earth, mais le reste a été comblé par un lambeau de ces curieux dépôts d'eau douce, si répandus dans toute la Provence, et dont nous

m^ÊÊÊÊ^^,.^. .

358 BIECLAFAIT.

aurons à nous occuper prochainement dans X Explication de la carte géologique du Var,

En sortant de ces d^^pôts, on entre dans la partie sud de la propriété de M. Noël, et Ton rencontre de nouveau l'infralias, mais suivant les plans de stratification des bancs qui, d'ailleurs, sont en ce point presque verticaux, et qui gardent cette position jusqu'à la vallée de Dardenne.

pu VALLON DE BROUSSANT AD VALLON DE REGANAT ET A CDERS.

(PI. VI, fig. 4.)

Le village de Broussant est construit au fond d'un véritable entonnoir. Les montagnes fortement inclinées qui constituent, de tous les cAtés, les flancs de cet enfoncement, laissent couler pendant les pluies d'hiver une masse d'eau considérable qui ne peut s'échap|)er, gagner les vaux d'Ollioules, et par suite la mer, que par une seule fracture secondaire de la chaîne du sud.

Le sol du Broussant, à cause de sa position à la base des montagnes, montre nécessairement un amas de débris appartenant aux difierentes formations qui l'entourent. Aussi, à côté des gros blocs à silex, renfermant les fossiles du lias moyen, on trouve des baîïcs tout il fiiit analogues et remplis de silex comme les précédents. Seulement les Ostrea aqnila^ les Orbiiolina conoidco, etc., engagés dans leur masse, attestent la présence de l'aptien.

On voit en outre, çà et là au fond du vallon, d énormes blocs de basalte d'une couleur noire intense, quand ils n'ont pas subi pendant un temps suffisant l'action des agents extérieurs, mais qui finissent par devenir jaunâtres. Us proviennent de la coulée basalticiue qui, sur plusieurs milliers de mètres carrés, a recouvert les hauteurs, à l'ouest du vallon du Broussant.

En quittant le Broussant par le chemin de Toulon, on voit les dolomies oxfordiennes arriver au niveau du sol. Comme tout le système de la montagne du ('ap s'élève vers l'est assez rapidement, il en résulte que l'on quitte bientôt les dolomies oxfordiennes pour entrer dans la grande oolite, et celle-ci encore pour descendre dans le f aller s earth.

ZONE A AVICULA CONTOETA ET INFRALIAS. 359

On ne sort plus de cet étage jusqu'au col du Cap gros, c'est-4idire jusqu'au haut de rescarpement au pied duquel s'élève le hameau des Pomets.

En descendant du col du Cap gros, de manière à atteindre le ravin à 150 mètres environ au nord du hameau, on coupe perpendiculairement les bancs de la zone à Lima heteromorpha, ceux du lias supérieur et du lias moyen.

Au-dessous on trouve les calcaires gris compactes qui constituent ici les parties les plus élevées de l'infralias, puis au-dessous les calcaires dolomitiques du même étage. Cette dernière division se trouve développée surtout au niveau du chemin.

Plus bas encore, en s'approchant du ravin, on rencontre bientôt des blocs détachés de la lumachelle infraliasique : au fond même de ce ravin, au bord du sentier qui monte au village, on voit cette lumachelle parfaitement en place, montrant VAv. con-^ iorta très-bien conservée avec plusieurs autres fossiles, ses compagnons ordinaires dans le midi de la Provence. La zone fossilifère s'élève vers le village en même temps que le sentier.

Pour continuer à s'avancer à Test, au delà du ravin des Pomets, il faut gravir des amas de rochers et des débris de toute espèce recouverts en grande partie par la terre végétale. En no tenant compte que de la nature des gros blocs visibles, on j)enserait que tous ces dépôts appartiennent à la division supérieure de l'infralias; mais il n'en est rien, ou du moins ces calcaires, tout en dépondant réellement do cette division, sont venus des parties élevées, et ce qui le prouve, c'est la présence, à Test, de la lumachelle à Av. contoria au-dessus d'une masse considérable de cargnieules occupant la base et la partie moyenne de l'escarpement.

La lumachelle est recouverte par les calcaires gris dolomitiques, puis par des calcaires à grain fin, appartenant les uns et les autres à l'infralias. On descend sans quitter ces derniers jusqu'à la propriété Pomet, au quartier Fontaniou. En s'avançant par le sentier vers le vallon qui entoure au nord et à l'est le monticule qui supporte cette propriété, on trouve les calcaires gris dolomitiques, puis de gros bancs rougeâtres épais de quelques

360 Dic:FL.%FAnr.

mètres, etimmédiatouicntau-dessous la luniacbelleinfraliasique. £n remontant le flanc est de ce ravin, on ne quitte plus Tinfralias dolomitique ; seulement, vers le sommet, on traverae une très-petite épaisseur du lias moyen. Mais ici, comme il est facile de le voir, Tinclinaison générale des couches est vers le sud, de sorte qu'à partir du vallon de FonUmiou, si Ton dirigeait la coupe un peu plus vers le midi, on traverserait le lias et la zone à Lima heteromorpha.

En Vavanç^mt de quelques centaines de mètres, on ne quitte pas nnfralias dolomitique, et Ton arrive, du côté de l'ouest, au haut du vallon de Servat. On trouve là une masse considérable de gros bancs de calcaires à grain fin, de couleur claire, trèsbien stratifiés, reposant sur les calcaires dolomitiques que nous venons de parcourir. Ces calcaires, comme ceux de Fontaniou, constituent la troisième division de Tinfralias dans le midi de la France.

En descendant vers le fond du vallon, on retrouve bientôt rinfralias dolomitique, puis de gros bancs rougeàtres faisant saillie et ([u'on aperçoit d assez loin; au-dessous de ces bancs, la lumachelle à Av. contorta, et un peu plus bas le niveau desgypses. Un puits fait pour atteindre ces gj'pses a traversé la partie la plus fossilifère de la zone à Av. contorta^ et fiiit rejeter au dehors 10 ;i 12 mètres cubes de déblais remplis des fossiles les plus caractéristiques de la zone.

Un peu au delà, on atteint lancienne ouverture de la plàtrière, puis le fond du vallon, et, sur l'autre versant, le chemin de la Servat.

Ce vallon mérite de fixer un instant notre attention. Il a été soumis, comme le montre notre coupe, à un redressement violent qui a séparé de la masse générale le petit monticule sur lequel s'élève la maison de la Servat.

La base de l'infralias fossilifère que nous venons de rencontrer très-développée au flanc ouest du vallon précédent se prolonge au nord et au sud d'une faron très-régulière. On peut la suivre sans aucune difficulté du côté du sud jusqu'au point où elle disparaît au-dessous du sol de la vallée, à une faible distance

ZONE A AYICULA CONTORTA RT INFR ALIAS. 361

du moulin. Si, d'un autre côté, on s'avance de 150 à 200 mètres au nord de la maison de la Servat, en suivant le chemin, on retrouve dans la partie est du vallon la lumachelleàAr. contorta.

En franchissant le monticule de la Servat, on entre bientôt dans rinfralias dolomitique redressé en sens contraire de celui que nous venons de rencontrer à Touest, et Ton atteint la rivière et la vallée de Dardenne.

Cette remarquable vallée, que nous décrirons complètement ailleurs, est due à une énorme fracture. En la traversant, on atteint bientôt la route du Revest, et au pont le chemin de la Vallette, que nous allons suivre.

Au pont même, on voit Tinfralias dolomitique s'élevant un peu vers Test et faisant avec celui de la Servat un angle de près de 90\

En s'engageant dans le vallon au nord du Faron, on rencontre immédiatement, à la hauteur du chemin, le lias supérieur et les assises inférieures de la zone à Lima heteromorpha . Il existe un peu plus haut plusieurs carrières ouvertes dans cette division de Toolite inférieure.

On s'avance pendant 100 mètres dans cette zone, dont les couches se redressent de quelques degrés vers Test, puis on redescend pendant 200 mètres, et l'on voit alors reparaître le lias et l'infralias. On entre ensuite dans une couche assez épaisse de terre végétale qui se continue au fond de la vallée pendant 500 mètres. Mais, en examinant les coteaux à droite, on voit que les bancs de la zone à Lima heteromorpha et du lias continuent, malgré quelques irrégularités, à s'élever vers l'est. Aussi, à l'endroit où nous sommes parvenus, et qu'on appelle quartier Louhau, on voit apparaître, à la base des collines, des cargnieules bariolées trèscompactes, qui finissent par atteindre 25 ou 30 mètres au-dessus du fond de la vallée.

Nous avons établi ailleurs que les cargnieules en Provence sont toujours triasiques. Il devenait dès lors très-probable qu'en marchant vers les contre-forts du Faron, on verrait apparaître l'A?;, contorta. En effet, la lumachelle fossilifère est la parfaitement à sa place dans des blocs de calcaires cristallins s'éten-

362 ^ DIEIJLAFAIT. '

danf au-dessus des dernières traces de cargnieules. Un puits établi en ce point donne toujours de Teau en abondance.

La lumachelle infraliasique est visible au quartier de Loubau sur une étendue de plus de 300 mètres.

En marchant toujours à Test, on voit bientôt Tinfralias et lo reste du système changer de direction, c'est-à-dire s'enfoncer vers Test suivant une ligne courbe, mais sans rupture des couches. Cette courbe étant très-prononcée, on n'éprouve pas le moindre étonnement quand, sans avoir changé de niveau, on voit reparaître l'infralias dolomitique, le lias et la zone à Uma heteromorpha^ et à 100 mètres plus loin le fuller's eartk former à droite un petit .escarpement. Bientôt cet étage arrive au niveau de la route, et on ne le quitte plus pendant 300 mètres. Le; bancs continuant toujours à s'incliner vers l'est, on rencontre à droite, aunlessus de la propriété de la Folie, la base de la grande oolite. Au delà on atteint le premier point culminant. Il correspond sensiblement à un changement dans la direction générale des étages, car on retrouve bientôt le fuller'searth^ la zone à Lima heteromprpha, à Test d'un petit ravin que traverse la route, zone plongeant fortement à l'ouest et passant sous le fullefs eartk de la manière la plus évidente. Au-dessous on retrouve le lias, puis l'infralias. Ce dernier se maintient au niveau du sol pendant 200 mètres, et l'on atteint la propriété Lauron et le point de jonction du chemin de la vallée avec celui de la Vallelte à Tourris. On voit parfaitement dans le chemin même et aux environs les gros bancs dolomitiques de l'infralias, absolument identiques avec ceux des Trois-Pointes et de la Sen^at. A partir de ce point, la zone à Av, conforta^ très-fossilifère, s'élève rapidement on contournant, sans interruption, la montagne du Faron, atteint son point culminant (426 mètres) à l'est de cette montagne, et s'abaisse presqua subitement au sud.

En quittant la propriété Lauron, on descend rapidement, et bientôt on rencontre la lumachelle infraliasique îivec Av. coutorta, et un peu plus bas les cargnieules et les marnes bariolées du keuper.

Pendant 200 mètres le chemin s'avance dans c^t étage, puis il

ZONE A AVICULA CONTORTA ET INFRALIAS. 363

traverse des dépôts quaternaires très-développés, qui occupent tout le fond de la petite vallée de l'Égoutier.

En traversant le ravin et passant à la hauteur de l'ancienne plàtrière de la rive gauche, on rencontre les cai^nieules triasiques très-développées, et un peu au-dessus de gros bancs calcaires très-compactes, dont la base renferme en assez grande quantité VAv. contorta et quelques autres fossiles de la base de rinfralias. C'est en ce point que les membres de la Société géologique de France, guidés par M. Coquand, en 1864, ont pu recueillir un assez grand nombre d'Av. contorta.

Quand, placé du côté du sud, vers la route de Toulon à Antibes, par exemple, on regarde la colline près de laquelle nous sommes parvenus, on voit très-bien de gros bancs calcaires, faisant fortement siiillie, partir des environs du ravin de TÉgoutier, s'élever en arc de cercle presque jusqu'au sommet, s'incliner en sens contraire, et se perdre du côté de l'est. La base de ces gros bancs n'est pas autre chose que la lumachelle infraliasique. Audessous on rencontre bientôt les marnes et les cargnieules du keuper, et plus bas encore le muschelkalk très-développé. Une carrière ouverte dans ses assises, près de l'ancien chemin de la Vallette à Solliès Farlède, montre en abondance tous les fossiles qui, dans le midi de la France, appartiennent à cet étage. Au delà on trouve bientôt les grès bigarrés, et un peu plus loin on entre dans la puissante formation quaternaire, que l'on ne quitterait plus en continuant la coupe jusqu'au village de la Crau.

Mais revenons au quartier de Lauron, au point de jonction du chemin deTourris et de celui du Faron, et faisons de là une seconde coupe allant aboutir au village de Solliès Farlède. Elle s'écartera de la précédente suivant un angle nord de 20 degrés, et, en complétant la première, elle permettra d'établir la continuité des couches iufraliasiques avec le système de la vallée du Gapeau.

Au quartier de Lauron, nous le savons, le sol est constitué par rinfralias, au-dessous duquel, à une faible distance, se développent lés marnes irisées. Mais, en marchant dans la direc-

364 BIKIXAFAIT.

tion de la nouvelle coupe, on quitte bientôt Tinfralias dolomitique, pour entrer dans Tinfralias calcaire supérieur, et Ton (rnsse successivement dans le lias et la zone à Lima heteromorpha. Des carrières où Ton exploite ces derniers étages comme pierres de taille sont ouvertes au point que nous venons d'indiquer. La zoue à Lima heteromorpha œmlilue toute la partie élevée de la colline. En s'avançant vers Test, on voit bientôt cet étage, puis le lias s'enfoncer vers le nord, et constituer le sol du petit vallon qui sépare la coltine dont nous nous occupons des hauts escarpements du Coudon. Il en résulte que, sans descendre par rapport à rhorizon, on se trouve ramené sur Tinfralias calcaire supérieur.

En s'avançant toujours, on retrouve Tinfralias dolomitique, les calcaires inférieurs du même étage, et à la base la zone à Av. contorta. On voit, au-dessous, des masses considérables de marnes rouges et de cai'gnieules au milieu desquelles existe une ancienne galerie ayant servi à Texploitation du gypse. Au delà de C/Cs cargnieules, on atteint le ravin de l'Égoulier, à quelques centaines de mètres au nord du point rencontré par notre premiére coupe.

Il est facile de voir que le keuper est très-iléveloppé dans le vallon de TÉgoutier; partout, au-dessous des dépôts quaternaires superficiels, on rencontre les marnes rouges, les cargnieules et les gypses.

En quittant le ravin, on marche pendant 500 mètres daus le lias et la zone àLîVwa heteromorpha, puis pendant 800 métrés dans le fuller'a earth. Quand le sentier commence à redescendre, on retrouve la zone à Lima heteromorpha sur une longueur de 400 mètres, et au-dessous Tinfralias ot la zone à Av. contorta, le tout plongeant à l'ouest. Bientôt, entre la propriété Gasset et la propriété Flageu, isolées, et dès lors très-faciles à reconnaître, on trouve les cargnieules triasiques, et au-dessus les gros bancs calcaires à Av. contorta très-développés.On traverse encore plusieurs fois le lias, la zone à Uîna heteromorpha^ le fullers earth ^ et Ton atteint le fond du ravin de la Redone.

Dans la coupe précédente, surtout dans la dernière partie.

ZONE A AVICULA CONTORTA ET IXFRALIAS. 365

les étiiges paraissent très-irrégulièrement disposés, mais en réalité tout est parfaitement normal ; il y a là une inclinaison générale vers le nord et un relèvement vers Test, dont il faut tenir grand compte, et quand on est assez familiarisé avec la géologie de ces pays pour ne pas se perdre dans une multitude prodigieuse de petits dégagements secondaires et de rechutes tout à fait locales, on retrouve toujours les divisions normales.

Mais dans les parages qui nous occupent, en particulier, il serait bien impossible, à un géologue ([ui n'aurait pas suivi pied à pied les différentes formations, de pouvoir se reconnaître.

Que Ton gravisse, en effet, le Condon, en l'abordant par l'ancien chemin de la Vallette à Solliès, on rencontrera le muschelkalk, puis les dépôts quaternaires étendus sur les pentes, au-dessus des calcaires très-compactes sans trace de fossiles, ck et là d'énormes blocs d'un calcaire tout à fait analogue au précédent et montrant quelques fossiles crétacés, beaucoup plus haut, à plus de 400 mètres au-dessus du niveau de la mer, des calcaires à silex, fossilifères il est vrai, mais appartenant, comme nous l'avons établi ailleurs, à Toolite inférieure. On ne pourra jamais soupçonner tout d'abord (jue les calciiires blancs rencontrés audessus des terrains quaternaires appartiennent à l'infralias, que les blocs crétacés sont roulés des hauteurs du Condon, et que les calcaires à silex appartiennent à l'oolite inférieure. Et cependant tout ceci est désormais parfaitement établi. Mais ce n'est qu'à force de recherches, et en suivant les couches sans interruption, que nous avons pu arrivera nous former une opinion exacte sur tous ces points, et surtout à trouver les preuves sufiîsîintes pour la justifier.

En franchissant le vallon de Redone, on rencontre les terrains quaternaires; mais l'infralias reparaît bientôt, et se continue jusqu'au village de Solliès Farlède.

Malgré la profondeur du ravin dp la Redone et les dérangements considérables que nous venons de constater, les terrains pris en masse sont très-réguliers. Pour s'en convaincre, il suffit de sY»loigt!er suffisamment dans le sud-est. Si, en effet, de la ligne du chemin de fer en un point quelconque entre les stations

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