IE1X.«P.UT
d'Hyères et de la Crau. on re^rde dans le nord-miest, on Toit d'abord la maseduCotidoo, dont la moitié supérieure est tout à fait verticale du cùté de lest, s'élever k rhoriwm: puis des bancs puissaats partir de la base des escarpements, entourer, en le limitant dans ses parties hautes, le vallon de Redone. Ces bancs tournent un peu à l'est vers SoIliiVIe-Haut, mais ils n'arrivent pas mèœe jusqu'au sv^stème qui supporte ce village ; ils se dirigent vers le nord-ouest, passent à l'ouest du hameau de Valor}'. etTtHit se développer largement au quartier Sainl-Uuberl. Ces bancs appartiennent à la zone à Tereàrattila lagenali$ et aux dolomies oxfordiennes. Si l'on continue, quand ils ont disparu, à contourner vers l'est le vallon de Redone. on trouve, sans descendre par rapport à l'horizon, la ttase de la grande oolite. le fuller's earth, la zoue à Lima /leteromorphtt . le lias, l'infralias, fA la zone à Ad. conAirAïqui afQeure, ainsi que Df:>us l'avons établi ailleurs, àla hauteur da village de Solli^le-H;iut, au-desâousde la chapelle Saint Loup qui domine Solliès-Poiit.
Quand on sort de celte petite ville par la roule de Draguignan. on voit, au nord, sur le versant méridional de la m<>iilagiii' du Castellas de Cuers. une chafn'Ue dédiée à Sainte-Chrisline. En se dirigfaut vers celle chapelle i«ar le sentier du vyllon. «m marche dans la terre végetiile. puis • -u reurt<ittre ie muschelkalk : une carrière exploitée a dri>i(e dans ret ••tage rvnferau' iitéme beaucoup de TV? éf>ntul(f . Eu approchant de la Itase du Castellas. on trouve un petit ruisseau. La zm|k- a .4'-. '.oiUorla est. en ce point, très-visible dans le ruisseau même. A louest. elle va rejoindre celle de la route de Digii-? : à l'isl, elle s «-lève rapidement. (Hiis redescend, et và î*.- leniiiii-T n)->menlanement au dïeoiimle Valcnw.à r(>msldc C-uers. Ali n-.nidcS:u;ite-Cbristine la »tno à .4»-. conf'irl-t îe m-tntn* trè*-f<>sq!ifere- mais elle n'est pas TisiL4e sur une très-grande étendue: ! itfr.ilia> dol<>niitique " en gêiK-nd ju<«iu~â h biv d^-s aMeaui.
fc> francfaissMH le ravin de Valcivs el uurcfaaDt au uitrd. ou
ZONE A AVICULA CONTORTA ET INFRALIAS. 367
rencontre le muschelkalk très-développé, et ça et là Tinfralias; mais aussitôt qu'on est entré dans la vallée limitée à Touest par les hauts escarpements de la Fon de Ton, la zone à Av. contorta apparaît dans la partie inférieure de la montagne. Elle est recouverte par rinfralias et le reste de la série jusqu'à la zone à Terebratula lagenaUs. L'infralias reste visible jusqu'à une petite distance du col de Saint-Clément, où il disparaît sous le lias moyen.
DE LA TALliX DI CDUIS A PI6NANS.
(Fig. 6.)
Partant de ce point, nous allons suivre Finfralias dans la direction de Test, en nous tenant jusqu'à Draguignan vers sa limite méridionale.
En sortant de Cuers par la route de Brignoles, on rencontre, à 2 kilomètres du village^ la nouvelle route ouverte dans les grès. En continuant à s'avancer par rancicnne route, on quitte bientôt les grès pour entrer dans le muschelkalk, et à 2 kilomètres plus haut on voit apparaître, dans le flanc de la colline à droite de la route, la lumachelle infraliasique. Si Ton continuait à s'avancer vers le nord, on rencontrerait successivement, et dans Tordre normal, la série ordinaire des étages jusqu'à la zone à Terebratula lagenalis. Il faut donc, à partir de l'endroit où la route coupe la zone à Av. contorta^ se diriger à l'est à travers les collines. On voit alors que la zone fossilifère se continue d'une manière très-régulière. Elle est plus ou moins riche, plus ou moins facile à observer, mais elle ne disparaît jamais.
Après ravoir suivie dans les bois pendant environ un kilomètre et demi, on atteint la nouvelle route de Brignoles.
A partir de ce point jusqu'au col de Rocbaron, la longueur développée de la route est d'environ 3 kilomètres et demi. Pendant 2 kilomètres, elle (îst ouverte dans la zone à Av. con^ torta. 11 y a là une multitude de fossiles de cet horizon, et le terrain étant d'ailleurs, eu général, un peu marneux, les fossiles se détachent avec la plus graqde facilité. Comme la route est presque constamment sinueuse, on remarque un grand nombre
de petits accidents ; les car^ieules du Letiper. les dukHnies de riurrHlitu. les brèches quateruaires, etc., apparaisicul quelquefois; la zoiK à Ar. atntorta eHe-méiiie se nuKitre presque toujours fortemeDl derai^cée. Mais si. comme nous lavons fait, on prend un grand uombre de points de r^ière. il devieul par- Eiitemeul êndeul que cette z<.tne s'avance d'uoe manière trèsrégulière, depuis le vallou de Saiot-Clêmeot jusqu'au-dessous du col de RiH-haron.
A un kilouK'tiv et deoiî du col. la route, qui marcbail nordest, suivant les plans de stratification des couches, tourne de 90 degrés au iKvd-ouesl. et dès lors s'anoce suivant un plao peritendiculaire aux o>ucbes. et. cMnme elle monte toujours, il devient certain qu'en coutiuuaut à la suiviv. oo va remonter lentement la •^rie. Eu effet, ou reiK\iuti« bieuldt t'infralias dolomiti<|ue. le lias moyen, le lias supérieur, la mne a Uma lHer*tmoTfka. et. au col m^me. les assises marneuses de r<:ûlile ioferieurv et du /vlUr's fortA, qui. en arrière, oooslilueat tous les flancs lies o.i4lines à une assez grande hauteur.
Il faut tl«>nc. au i^Mot <.•£■ la route tourne au mx^xiest. la quitter, et contiuuiT a s'avancer vers le nord-est. La zone à Ar, "M/orfti reste al<:«rs liVï-visiI4e; ^eulemeat. pi^ur la suivrv. il Ciul d'-Mvudre a^i^^'i ra|tkii'meDl par rap}*.>rl à rb>.iri2<:<o. CHi va passer au raviu îles FcrrirT«: puis, en dejceutlaut l<.tuj<:>urs, on atteint Muî du C^iad-i^i. où !a 2«ut' qui. aux eavin.ws du a4 Ac Rwliax'-ii, ed a um' all'tuik' dr- 3i> uiètres. n'est pîus qu'a (Wk" de I.Vt nW-tn^.
Du vdl>*!i du Oiiadel a tx'lui d<' U F<*u\ du Pujet. U zooe se o.4ir^<e iK4al>lenh<iil dait> sa {virlK- n>:-i>-r.De: niais ^'es «k-ux e\tr*'UiiU* tl^ns W »ieu\ a a^wm-^ p^w-ik-ut*-*. i^-jleut >ett>il4ruteut • la mèuk* altitude-. Iôt< mrtivs.
A (artir du va!k<» ôc la F*>ui. a z-.oe >V}ève tv<nïtauuuent (leuilaui i kik<uietri>. o: «'-m- Ji::ri:i: -•'• • utetn-^ ru arhvaut au valkw qui s\<u\tv a t ^4ie>î «W 'a t>.CiUf ou V>rt;i-Ca.nt>4ilk'. d tfù SHpi^irte aujourd hui. au U!il>e-.: 4k-^ rùiot-s. la lîuq^le Viliv-name. Dans itlli* i>4ju>c lOrtDc. la /-.«e r ivf«niteeswte«)riautne'W4<-<iuratin.t-l <e
ZONE A AVICULA GONTORTA ET INFRALIAS. 369
prolonge jusqu'au village de CarnouUe, en faisant une légère courbe suivant le plan vertical.
Depuis le col de Saînt-Clément jusqu'à Carnoulle régnent de hauts escarpements, momentanément interrompus dans leurs parties élevées par le col de Rocbaron. Tous les ravins et les vallons qui s'ouvrent dans ce système sur le versant est ne se prolongent pas en arrière, et bien qu'ils aient toujours eu pour origine un dérangement des couches, ils n'ont qu'une importance tout à fait secondaire.
A Carnoulle, il en est autrement. Le vallon à l'extrémité duquel ce village est bâti s'ouvre profondément vers le nord, et c'est par le vallon de Carnoulle que la vallée de Sainte-Anastasie, Besse, Flassans, etc. , est mise en communication avec la grande vallée méridionale du Var, qui de Toulon s'étend jusqu'à Fréjus. En remontant ce vallon, au nord de Carnoulle, on voit la zone à Av. contorta et l'infralias se prolonger sur les deux flancs; ils vont, comme nous le montrerons dans une autre coupe, se continuer dans la vallée de Flassans, où ils prennent un grand développement, surtout dans les environs de Sainte- Anastasie.
A l'est du vallon de Carnoulle, la zone à Av. contorta^ trèsapparente, se rapproche beaucoup de la base des montagnes, et va passer au vallon de Barberane, à un kilomètre au nord de Pignans, dont elle est séparée par une petite colline constituée par le muschelkalk.
A partir de Pignans, Tinfralias est rejeté fortement vers le nord. Dans la région de Pignans et surtout dans celle de Gonfaron, les grès permiens, le grès bigaré et le muschelkalk s'élèvent beaucoup et occupent (surtout le muschelkalk) une superficie considérable.
Nous passons de Pignans à la vallée de Draguignan ; mais, un peu plus loin, en étudiant l'infralias dans l'intérieur du département, nous reprendrons cet clagc au nord de Pignans.
ParMîiius à la vallée de Draguignan, nous allons, avant de continuer notre nuirche vers le nord-est, faire connaître, à l'aide de deux coupes, les environs du chef-lieu du département du Var,
ANIf . se. GÉOL. I. — 24
370 »iecL.u-AiT.
qui montrent un très-grand développement de l'inEralias. L'une de ces deux coupes ira passer k Einpuset l'iiutre k Chàteaudouble. Nous doiineroiis ensuite une coupe tli.* hi montagne du Peyra, de Dniguigiiiin it Montferrat, coui>e destinée à faire voir quelles sont les nouvelles relations de l'infralias uveu les étages sujtéricui-s, et à établir la suppression du liiis, qui ne se montre plus dans le bassin méditerrauéeu de la Provence, depuis le méi'idieu de Loi^ue jusciu'à la rivière du Var.
La ville de Draguignan, qui s'étend au bord oriental de l'une des plus eharniantes vallées qu'on puisse imaginer, est bâtie sur le inuscbeikalk. Si l'on s'élève au-dessus des monticules qui l'avoisincut, dans la direction du sud-est, vei's l'Armentière, par exemple, on pourra embrasser d'un coup d'wil la vallée, et se rendre conqjte, sur un assez grand espace, de la disposition générale des lorrains.
Les collines que nous choisissons comme obser\'atoire appartiennent au muscheikalk; il en est de même du celles qui s'étendent vei-s le nord, et suilont vers le noi'd-est. C'est cet étage qui constitue les coUines de Trans, de la Foux ; c'est lui encore qui eouroime tous les sommets, depuis les environs des Arcs, où it succède au grès bigarré, jnscju'à la route de Loigue vers le quailierSaiiit-Josepli, il l'ouest, et jusqu'à la route du Grasse, du côté de Test.
Eu examinant les deux flancs de la vallée et même les collines qui, de Dragniguan, se dirigent vei-s l'est, on voit au-dessus du musctielkalk, et en général à uii-cùle, une large bande qui tranche sur le reste des coteaux par sa couleur blanchàlre et par une végétation très-[>;iuvre ou mémo tout à fait nulle. Ce sont les dolomies de l'infralias.
En sortant de Drapuipiian par la route de Loi^ue, on arrive à
iNartuby. En tnnnliissaul ce lori-ent, on ivncoutre bientôt à
a un curieux de|n!>t de luL eudavés dans le muscheikalk,
L nous aunius à nous occuiier dans un autre travail. En
ipiiilirdtropuiiil, la rive droite de la Nartuby, on
i le HiUïn lielkiiik ; ii);iis, au quarlicr Saint->laxile, on
ij|0& cuk'aii-es ut les dolomies iufraliasiques avec
ZONE A AVICULA CONTORTA ET INFRALIAS. 371
la zone à Av. contorta à la base, puis un peu au delà les cargnieules et les gypses du keuper.
A mesure qu'on s'îivanco, la^vallée se resserre rapidement, surtout du côté de Test, et il est facile de voir que la disposition générale des terrains est la môme de chaque côté. La grande assise de dolomies compactes s'avance à droite et à gauche comme un V gigantesque dont la pointe arrive au niveau de la rivière et lui livre passage à lentrée do la vallée. Il est évident, dès lors, que la vallée de Draguignan doit en grande partie son creusement actuel à Taction des eaux, et que tout a été emporté jusqu'au muschelkalk qui, malgré ses strates énormes et sa prodigieuse ténacité, n'a résisté que très-imparfaitement, puisque, un peu plus au sud, vers les Arcs, le Muy, etc., il n'en reste plus de traces.
DE DRAGUIGNAN A EMPIfS.
(Fig. 7.)
En prenant à l'origine de la vallée, un peu au-dessous do Rebouillon, la route d'Empus, on traverse bientôt la branche ouest de l'infralias dolomitique entaillée pour livrer passage à la voie. On marche, à partir de ce point, pendant 200 à 300 mètres, sur l'infraUas diversement modifié, et l'on atteint une deuxième barre de dolomie compacte. La route longe cette dernière, en restant toujours un peu au-dessous, et bientôt tourne brusquement à gauche .
En montant au village de Lentier, on voit le muschelkalk à droite, s'élevant ici vers le noid, et les marnes irisées à gauche, un peu au-dessus du chemin. La zow^kAv. contorta mmoim^ ces marnes, et cet ensemble imperméable donne naissance aux sources qui naissent à cette hauteur, arrosent les jardins de Lentier, les prairies placées plus bas, et se rendent ensuite dans la Nartuby . Quand on a dépassé le petit village, on rencontre dans les murs la lumachelle infraliusique avec Ai\ ro;i/(?r/tf. Plus haut, la base de Tinfralias se voit en place en plusieurs endroits, dans les fossés mômes de la route. Un peu plus loin, au premier coude brusque que fait la route, elle est taillée eu pleiu dans les dolo-»
372 MEtlLAFAlT.
mies infraliasiques. On voit là ces grandes tables de dolomies compactes, en couches assez minces, ressoudées après coup, le tout pénétré de veines spathiques perpendiculaires au plan de stratification , et tranchant fortement sur le fond blanc terne de la roche, absolument comme aux Trois-Pointes, près de Saint-Nazaire.
On monte pendant environ 800 mètres sans quitter Finfralias. On voit alors apparaître à gauche les schistes bitumineux, se séparant en feuillets extrêmement minces, que nous avons si souvent rencontrés dans le Var, avec Y Av. contorta. La, comme toujours, l'indication est certaine : on trouve XAv. contorta en place à ce niveau, et plusieurs autres fossiles de la même zone. Il faut obsener avec le plus grand soin si Ton veut que ce niveau n'échappe piis, car les fossiles ne se montrent que sur une longueur qui 110 dépasse pas 3 mètres. 11 sera, du reste, facile de les retrouver à Taide de l'indication suivante : ils sont à 35 mètres avant d'arriver aux calciiires rouges dont nous allons parler, et qu'on voit très-bien un peu plus haut, tranchatit par leur couleur sur le fond blanchâtre de la roche inférieure.
En montant dans la colline au point où nous sommes, perpendiculairement à la route, on voit, au-dessus des marnes fissiles, les gros bancs de calcaire compacte formant la division inférieure de l'infralias, et qui sont ici très-développés. Ce sont ces calcaires (jui, un peu plushauf,arrivent jusqu'au chemin avec la couleur rouge <iue nous avons signalée. Seulement la couleur rouge (le ces lûmes est tout extérieure et produite par la mise en liberté ou la formation d'une petite quantité d'oxyde de fer. On suit pendant quehiues centaines de mètres les calcaires rouges en montant très-doucement, et, au moment où ils disparaissent, on retombe sur les calcaires marneux en plaques minces, et VAv. contorta reparaît.
On rentre de nouveau dans les calcaires rouges, et XAv, contona est à la base môme de ces calcaires. A 100 mètres de là, lu moment où la nuite i)éiièlre dans un petit bois de sapins, les calcaires et les marnes en plaquettes reparaissent avec Av, cou--
ZONE A AVICULA CONTORTA ET INFRAUAS. 373
torta très-nombreux et de trùs-^rande taille. Ce point est nonseulement très-remarquable par les beaux échantillons de ce dernier fossile, mais c'est là encore que nous avons rencontré pour la première fois ces Gastéropodes presque microscopiques, dont nous avons déjà parlé (1), et que depuis nous avons toujours retrouvés avec Y Av. contorta dans toute la Provence.
C'est à M. Tabbé Vallet que revient l'honneur d'avoir le premier signalé en France l'existence de ces petits Gastéropodes dans la zone à Av. contorta (2) ; mais dans la haute Savoie les gisements de ces curieux fossiles sont très-rares, tandis que dans la Provence ils sont très-répandus. L'extension de cette faune depuis les environs de Chambéry jusqu'au bord delà Méditerranée, c'est-à-dire surtout l'emplacement des Alpes, est un fait signiûcatif, en ce sens du moins qu'il atteste la parfaite constance de la mer infraliasique sur toute cette étendue.
A partir du point où l'on rencontre ces petits Gastéropodes, on marche sur une longueur de ÛOO mètres dans les calcaires rouges de l'infralias, puis on retrouve les calcaires gris de la base avec la lumachelle à Av. contorta^ qui se maintient pendant 25 mètres. On traverse ensuite environ 50 mètres de dépôts divers, et Fon arrive au muschelkalk. La roche est déjà un peu différente, mais bientôt on trouve la lumachelle du muschelkalk avec Enmjxites liluformis^ et les assises marneuses dolomitiques avec Ter. vulgaris^ Gemllia socialis^ etc., etc. Pendant 500 mètres, la route s'avance dans le muschelkalk; mais on voit l'infralias compacte, formant barre, s'élever doucement audessus, et l'on devine très-bien qu'on devra le recouper plus loin. En effet, au bout de 500 mètres, la route fait un cx)ude; à partir de là, pendant 300 mètres, on marche dans des marnes, et au moment où la route s'engage sous de grands arbres, on commence à retrouver les fossiles de l'infralias; à 60 mètres plus loin, on voit parfaitement en place, sur de gros blocs calcaires, des exemplaires très-grands, nombreux et parfaitement con-
(1) BulL de la Soc. gioL de France.
(2) Ibid.
37/l DIKITLAFAIT.
serves de YAv, contorta. On s'avanco ensuite pendant 250 mètres dans des marnes, et Ton voit çà et là do gros blocs montrant, comme précédemment, les fossiles de Tinfralias. Le muschelkalk arrive de nouveau pendant quelque temps au niveau de la route, mais bientôt l'infralias doiomitique reparaît ; il forme même à gauche un escarpement de 4 ou 5 mètres. Au delà on retrouve les marnes irisées pendant 150 mètres; on remonte ensuite dans Tinfralias doiomitique, et l'on atteint le sommet des collines sur lesquelles s'élève, à droite, la propriété de Grange. Do ce point jusqu'à Empus, la route descend toujours.
Çà et là, sur le chemin que nous venons de parcourir, la zone à Av. contorta produit des sources qui toutes descendent à la Nartuby par le ravin de Rebouillon.
En quittant la colline de Grange et marchant vers Empus, on ne tarde pas à retrouver la zone à Av. contorta^ d'où s'échappe une source au bord même du chemin. On s'avance, à partir de là, dans une plaine peu accidentée qui s'étend d'abord, puis se resserre rapidement en s'approchant d'Empus. On ne voit plus, en général, que la terre végétîile ; mais les blocs qu'on rencontre çà et là, montrant assez souvent la lumachelle infraliasique avec ses fossiles les plus caractéristiques, indiquent que le sous-sol appartient à cette division, et probablement aussi à l'infralias.
En s'avançant pendant 2 kilomètres à partir du point culminant, on atteint le quartier d'Abi (Abel Cassini), et, sans quitter rinfralias, on entre un peu plus loin, sans transition, dans une formation des plus remarquables. Elle est constituée par ces énormes masses de calcaires blancs cristallins dont nous nous sommes déjà occupé, et que nous étudions, d'une manière générale, dans un mémoire spécial qui s'imprime en ce moment.
Revenons maintenant (juelques instants au sommet des collines de Grange, et notons les grands traits des terrains qui se rattachent à la coupe que nous venons de donner.
A l'est, la profonde vallée de la Nartuby, dirigée nord-ouest jusqu'à Rebouillon, tourne au noiil, et au bout de 2 kilomètres se dirige au nord-esf jusqu'à Châteaudouble. Au point où c^tte
ZONE A AVICULA CONTORTA ET ÏNFRALUS. 375
vallée quitte la direction du nord, une autre vallée aussi profonde descend d'Empus, et vient à angle droit s'unir à la première; enfin, au sud de Rel)ouillon, un ravin profond remonte parallèlement à la vallée d'Empus, et va rencontrer notre coupe générale dans le voisinage do son point culminant. Le massif, limité par ces trois vallées et par la coupe est formé, excepté dans le voisinage d'Empus, par le muschelkalk, les marnes irisées et rinfralias, le tout se relevant fortement vers l'ouest. Dans la direction du sud, les parties visibles des terrains sont surtout formées par Tinfralias.
DE DRÀGUlGNAlf A CHATEAUDOUBLE.
(Fig. 8.)
Quand on sort de Draguignan par Tancienne route de Grasse, on marche dans le muschelkalk pendant 600 à 700 mètres. A 60 mètres avant d'atteindre le chemin de Chàteaudouble, les marnes irisées recouvrent cet étage. En suivant ce chemin, les marnes du keuper continuent à se montrer pendant une centaine de mètres, mais leur épaisseur n'est pas considérable, car on voit en plusieurs points le muschelkalk faire saillie «au-dessus. A 600 mètres environ de l'embranchement, apparaissent de gros blocs de dolomies compactes qui constituent, du côté du sud, la bfise de la montagne du Peyra. Ces dolomies appartienncMil à rinfralias. On atteint, à 200 mètres plus loin, la base fossilifère de cet étage, d'où sortent plusieurs sources.
Pendant 200 mètres, à partir des sources, le chemin se maintient dans rinfralias, bien qu'il monte assez rapidement pendant 150 mètres. Sa deuxième partie est presque horizontale, et, vers le milieu de cette partie, on voit, à droite de la route, un affleurement de calcaires marneux qui, par leur couleur blanchâtre, tranchent sur les bancs compactes et fortement colorés qui les entourent. L'assise solide et bleuâtre de la base montre de très-gros échantillons de VAv. coniorta, et plusieurs autres fossiles de la même zone.
Après avoir cou|)é des dépôts bréchiformes dont nous aurons à nous occuper ailleurs, la route va passer au pied du petit
376 DIEILAFAIT.
promontoire sur lequel les soldats de la garnison vont tirer à la cible.
A partir de ce promontoire, la route tourne à droite assez brusquement, et reste à peu près horizontale pendant 150 mètres. Dans cet espace, dans la seconde moitié surtout, Tinfralias très-développé montre en abondance les fossiles les plus caractéristiques de la zone à Av, contorta. Une petite rupture a produit, à droite, un ravin qui ne se prolonge pas. Bien que, au nord de ce ravin, on voie les marnes et les calcaires très-fossilifères de la zone à Av. contorta plonger vers le ravin, c'est-à-dire au sud, la direction générale n'en est pas moins vers le nord. En effet, en faisant passer la coupe parallèlement à la route, mais environ à 200 mètres plus à Test, on retrouve la zone à Ai^. contorta aux environs du four à chaux, et au-dessus Tinfralias dolomitique qui, vers le nord-ouest, va se continuer avec celui de la vallée de Draguignan, et vers le sud avec celui que nous avons rencontré de l'autre côté du ravin.
Nous avons dit, dans la première partie de ce travail, qu'aux environs de Draguignan, Toolite inférieure (zone à Lima heteromorpha) succédait directement à l'infralias. Nous rappellerons également que c'est dans cette montagne du Peyra, et précisément au point où nous sommes parvenus, que nous avons rencontré les fossiles infraliasiques dans les doloniies. Au-dessus des doloniies, on voit bientôt arriver les calcaires gris remplis de silex, et montrant en grand nombre les fossiles de la zone à Lima heteromorpha. Ils sont à leur tour recouverts par des calcaires très-durs, rougeâtres, sans silex, et montrant une texture oolitique due, en partie du moins, à la présence d'une multitude de fines Encrines et de baguettes minces d'Oursins, dont les sections perpendiculaires pourraient seules donner à la roche l'aspect que nous signalons. Cette division sans silex appartient aux parties élevées de la grande oolite.
A la partie supérieure, ces calcaires oolitiques disparaissent subitement, et sont recouverts par des assises très-différentes. Ce sont, en effet, des calcaires d'un aspect gréseux fortement prononcé et d'un grain tout à fait magnésien. Au premier
ZONE A AVICULA CONTORTA ET INFRALIAS. 377
aspect, ils rappellent beaucoup les dolomies moyennes de Tinfralias, mais on reconnaît bientôt que leur cassure est toujours brillante, au lieu d'être terne comme celle des premières, et qu 'ils sont remplis d'une multitude de petits points verts de silicate de fer qui n'existent pas dans les dolomies infraliasiques.Ces caractères, et surtout la position relative de ces dolomies au-dessus de la grande oolite, ne peuvent laisser place à aucune hésitation. Elles correspondent exactement à l'horizon de Saint-Hubert.
A ces calcaires gréseux succèdent des calcaires en bancs beaucoup plus épais, de couleur blonde et à pâte très-fine. Ils sont à leur tour surmontés par d'autres calcaires blancs marbreux, appartenant au même horizon que ceux d'Empus.
Le ravin de Figanière est dû à une rupture profonde dont l'existence est encore parfaitement attestée aujourd'hui par les bancs infraliasiques tout à fait verticaux qui se voient du côté du nord au bord même du chemin, et par les plongements des bancs en sens contraire de chaque côté du vallon.
En s'avançant du côté du nord, on retrouve bientôt la zone à Lima heteromorpha, reconnaissable à ses silex et à ses fossiles, et un peu plus loin les dolomies oxfordiennes. Ce dernier étage se maintient presque constamment jusqu'à l'extrémité du plateau de la Palle. Comme ensuite on descend rapidement vers le château de la Garde, on retrouve la zone à Lima heteromorpha l'infralias, et au château même la zone à Av. contorta^ d'où sortent les eaux abondantes de cette propriété.
Au nord, à quelques centaines de mètres, s'élèvent sur un monticule appartenant à l'infralias les ruines du \îeux castel du moyen âge. La zone à Av. contorta passe au^Jessous en se relevant notablement vers l'ouest, s'incline ensuite en sens contraire, et va sortir au bord de la route, en face de l'escarpement qui supporte le pittoresque village de Châteaudouble'.
Au fond du ravin de la Nartuby que longe la route en ce point, on voit des calcaires marneux fissiles très-noirs, fortement relevés. Ils appartiennent à la zone à Av. contorta^ et montrent de nombreux exemplaires de cette coquille.
La vallée de Nartuby est due à une énorme dislocaMon ; mais
378 DIEVLAFAIT.
il est facile de voir cependant que la zone à Av. contorta est recouverte par l'infralias, celui-ci par Toolite inférieure à silex, et celle-ci à son tour par les calcaires gris dolomitiques de Toxfordien qui terminent Tescarpement.
Jusqu'à ces derniers temps, Châteaudouble n'était pas abordable en voiture. Aujourd'hui, une belle route remonte la rive droite do la Nartuby et atteint le village à Taide d'un tunnel ouvert au milieu des dolomies oxfordiennes.
L'exécution de ce tunnel, que la reconnaissance publique a appelé trouée Montais^ est due, en effet, à l'initiative de M. Montois. C'est là un des nombreux travaux dont le département du Var est redevable à ce savant préfet, qui réunit en sa personne les qualités du grand administrateur et toute la science de l'ingénieur.
Quand on a passé le village de Châteaudouble, on ne tarde pas à retrouver la lumachelle infraliasique. Elle est tellement abondante dans toute la partie nord, que des murs entiers lui ont emprunté tous leurs matériaux. Les marnes irisées ne sont pas loin du reste, et quand on descend dans les ravins, on les voit immédiatement reparaître : si le terrain est suffisamment entaillé, le muschelkalk, comme partout, se montre à la base.
L'infralias et la zone à Av. contorta s'étendent à droite et à gauche de notre cx)upe dans cette dernière partie. A l'ouest, ils constituent tout le vallon de Saint-Martin, et à l'est ils s'avancent juscju'à la Magdelaine, où ils donnent naissance à la source de la Nartuby. Profondément entaillés par le ravin de l'Espérol, ils se développent prodigieusement de l'autre côté au quartier Saint-Pons, et occupent toute la partie moyenne du coteau jusqu'à l'embranchement du chemin de Bargomont.
Nous allons maintenant revenir à la vallée de Draguignan et remonter le cours de la Nartuby.
En approchant de l'origine de la vallée, on voit des sources abondantes (quartier du Dragon) sortir du flanc de la montagne, et une importante exploitation de plâtre bien au-dessous dos sources. En s'élevant au-dessus de la carrière et marchant un peu à l'est, on rencontre bientôt des cargnieules fortement cloi-
ZONE A AVICULA CONTORTA ET INFRALtAS. 379
sonnées, puis la lumachelle à Av. conforta surmontée par une grande quantité de calcaires marneux fissiles, et au-dessus, les bancs compactes dolomitiques de Tinfralias.
A 200 mètres en amont du pont de Lentier, Finfralias dolomitique arrive au niveau de la rivière. Pendant 500 mètres, jusqu'à la propriété do Gargonne, la route ne quitte pas l'infralias.
A la Garonne, un enfoncement brusque a produit un petit plateau appartenant toujours à l'infralias ; mais dans le ravin qu'on rencontre bientôt le muschelkalk reparaît, et s'étend sans interruption jusqu'à Rebouillon.
A la hauteur de ce hameau, l'infralias dolomitique, reparaît à la base des escarpements, et Ton ne tarde pas à retrouver les couches fossilifères de cet étage. En effet, à kO mètres au delà du petit parapet qui borde la route du côté de Rebouillon, on voit, à droite, un sorbier qui, se trouvant, par hasard, seul au milieu des oliviers, se reconnaît avec la plus grande facilité. Or, au pied même de cet arbre, dans le fossé de la route, on trouve la lumachelle à Av. contorta très-riche. On voit en outre, à 50 mètres plus loin, de gros bancs bleus appartenant au même niveau et montrant les mêmes fossiles.
On continue à marcher dans l'infralias dolomitique, jusqu'au point culminant de la route; mais les observations deviennent difficiles, la terre végétale, les brèches quaternaires, etc. , recouvrent en grande partie les bancs dolomitiques. Ils reparaissent toutefois nettement accusés au pied des escarpements qui se dressent à Test, et Ton constate avec la plus grande facilité qu'ils sont aussi différents que possible de ceux qui constituent les parties plus élevées des escarpements dont nous venons de parler. Ceux-ci, en effet, ne sont plus magnésiens, leur couleur est rougeâtre, leur texture est cristalline, et ils montrent enfin dans toutes leurs parties de nombreux débris organiques, en général empâtés dans la roche, mais dont quelques-uns cependant peuvent être extraits et reconnus avec certitude. On trouve dans ces couches des Bélemnites, des Térébratules, de nombreux débris d'Encrines, des Huîtres plissées ; en un mot, un ensemble identique avec celui du Peyra.
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Aussi, en ce point, c'est-à-dire à quelques centaines de mètres au-dessus de Rebouillon, la zone h Lima heteromorpha, parfaitement caractérisée dès la base, succède immédiatement à rinfralias dolomitique.
Les calcaires rougeâtres par lesquels débute la zone, au point qui nous occupe, mesurent une épaisseur de 12 à 15 mètres, et sont recouverts par environ 30 mètres de calcaires gris compactes pénétrés de gros silex, le tout constituant la zone à Ldma heteromorpha ,
A cette division succèdent des assises remplies d'Encrines et de pointes d'Oursins, et qui là, comme au Peyra, se rapportent aux parties élevées de la grande oolite. Celles-ci sont recouvertes par les dolomies oxfordiennes, et enfin, au-dessus de cesdolomies, se développent les calcaires blancs cristallins d'Empus et du Peyra qui occupent toutes les hauteurs.
Ces calcaires s'abaissent fortement vers le nord, au point où la route et la vallée tournent brusquement pour se diriger à l'ouest; mais ils ne tardent pas à se relever, et, comme conséquences, les formations inférieures reparaissent. En effet, on retrouve bientôt les dolomies oxfordiennes, la zone à Lima heteromorpha^ et, en approchant du moulin, Tinfralias et la lumachelle à Av. contorta. Très-près de là on voit les marnes irisées s'enfonçant sous l'infralias, et à 200 mètres plus loin, au moulin de Lubac, on tombe perpendiculairement sur la coupe précédente, et l'on retrouve, comme nous l'avons vu, la base de l'infralias très-dé veloppée et très-fossilifère.
A 100 mètres du pont de Châteaudouble, on voit, adroite de la route, un escarpement haut de 6 à 7 mètres. L'infralias fossilifère occupe la partie supérieure et s'étend sur un espace considérable. Des marnes d'où sort une petite source apparaissent à 50 ou 60 mètres plus loin, et pendant 500 mètres les marnes irisées, l'infralias fossilifère et l'infralias dolomitique se montrent et disparaissent à plusieurs reprises.
Bientôt la route coupe des bancs de gypse rouge, et à 500 mètres plus loin se dresse une montagne triste, profondément nue et aride, montrant dans sa partie nord, c'est-à-dire du côté de
ZONE A AVIGULA CONTORTA ET INFRALIAS. 381
la route, des masses énormes de gypses exploités à ciel ouvert sur une grande échelle. Pendant un kilomètre on ne quitte pas les gypses.
On cAtoie ensuite une petite vallée, et, vers son extrémité, rinfralias dolomitique arrive de chaque côté au niveau de la route. Au delà il se relève, et les marnes irisées reparaissent en plusieurs endroits, mais toujours recouvertes parles lumachelles à Av. contorta. Quand on a atteint le four à plâtre bâti à gauche de la route, on voit l'infralias, assez relevé, s^'incliner rapidement vers Test, et, à 350 mètres plus loin, arriver au niveau de la vallée où il a été coupé pour livrer passage à la route. A 700 mètres de là, tout près de la première maison de Montferrat, on voit rinfralias dolomitique en très-petites couches, mais fortement soudées et ayant éprouvé des plissements d'une grande énergie. Les bancs redeviennent bientôt presque horizontîiux, et à 300 mètres plus loin on atteint le ruisseau de la Nartuby, qui descend de la Magdelaine, et le village de Montferrat.