DE LA MAGDELAINE AU COL SAINT-ARNOOX
(Fig. 9.)
Quand on a traversé le village de Montferrat, et bien qu'on se soit élevé d'une hauteur considérable au-dessus du vallon, on voit derrière l'auberge, dernière maison du village, les marnes irisées et les gypses. Il est facile de consulter que cet effet est dû à une profonde rupture dirigée suivant l'axe de la vallée, et qui, insensible aux environs de Châteaudouble, s'accentue de plus en plus en s'approcluint de Montferrat.
En sortant du village, la route monte très-rapidement. On rencontre bientôt l'infralias dolomitique, qui ne larde pas à disparaître sous la terre végétale, pour reparaître de nouveau à 150 mètres plus loin. A gauche, les bancs très-redressés se dirigent vers le torrent, et leur prolongement apparaît parfaitement à 150 mètres de distance, de l'autre côté du vallon. Mais il y a là une rupture et un dérangement notables des couches, car, à 160 ujtHies plus à Test, on trouve au bord même de la route lalumachelle à Av. contorta. Ce point est situé au pied de la
montagne qui supporte la chapelle Notre-Dame de Montferrât.
Laissons de côté cette montagne pour le moment, gagnons le vallon de Saint-Pons.
Toute la vallée du Coulombier et la partie sud de la colline de Saint-Pons appartiennent aux marnes irisées. En efiFet, quand on monte par Tancienne route (celle qu'indique la carte de Cassini), on marche depuis la base dans des marnes, des dolomies, des cargnieules, des bancs calcaires, le tout très-boulcversé, et à 7 ou 8 mètres du sommet apparaît la lumachelle à Av. contoria très-fossilifère,, recouverte par 2 ou 3 mètres seulement de dolomies, puis immédiatement la zone à Lima heteromorpha avec ses silex et ses fossiles.
Le sommet de la colUne de Saint-Pons est un point très-important à noter, en ce sens qu'il marque parfaitement la limite extrême de l'infralias au nord dans cette région.
Si, en partant du vallon de Saint-Pons au lieu de gravir la col* line, on s'avance vers l'est en suivant la nouvelle route qui contourne les hauteurs dont nous venons de nous occuper, on marche constamment dans les marnes irisées, on trouve même vers le Coulombier des couches de gypse fortement redressées. En suivant la route de Castellane, quand elle a repris la direction du nord, on recoupe un système qui n'est que le prolongement du précédent.
En prenant à la Bigue l'embranchement de Bargemont, on marche à peu près constamment dans l'infralias jusqu'à ce dernier village.
A partir de l'embranchement jusqu'au ravin qu'on rencontre à &00 mètres plus bas, la route est tracée dans une colline qui n'est autre chose que la fin de la ramification vers l'est de la colline de Saint-Pons. On s'avance ensuite pendant 300 mètres dans les marnes irisées, et Ton atteint un ensemble de plusieurs bancs dont l'épaisseur totale est de 5 mètres et qui plongent à l'ouest sous un angle de 20 degrés. Ils semblent donc passer sous les marnes précédentes dépendant du keuper, et cependant ils montrent en abondance l'At;. conforta et les fossiles ordinaires
ZONE A AMCnUL CONTORTA ET INFRALUS. 383
de la zone. U n'y a là qu'une retombée des couches, et ce qui le montre, c'est que bientôt on retrouve la zone à lima heteromorpha verticale ou même un peu renversée, et on la voit rapidement reprendre son plongement normal vers le nord-est.
A 1500 mètres plus loin, on arrive en face du château de Favas.
Dans tout ce quartier, les marnes irisées recouvertes par l'infralias constituent d'une manière continue la base des collines au nord, et ne s'éloignent que très-peu de la route. Au sud, le sous-sol de la vallée sçpartient aux marnes irisées.
On traverse la vallée découpée par les cours d'eau dont la réunion va former le ruisseau de Beaudron, afQuent de la Nartuby, et Ion atteint l'extrémité de la vallée, en laissant à droite la colline du château de Favas dont nous allons bientôt nous occuper.
Ayant daller plus loin, il est nécessaire de rattacher par une coupe secondaire le petit système de collines qui se développe au sud de notre coupe générale.
 la base de la montagne Notre-Dame, du côté de l'ouest, nous avons déjà signalé l'existence de la zone à Av. contorta. On rencontre au-dessus l'infralias dolomitique, puis la zone à Unia heteromorpha^ les calcaires à Ëncrines et les dolomies oxfordiennes qui supportent la chapelle. Comme les bancs plongent sensiblement vers l'est, on n'est pas étonné, en suivant la crête, de voir apparaître les calcaires blancs marbreux du Peyra et d'Empus. On atteint bientôt un petit ravin dû à une faible faille, et qui fait reparaître les dolomies. Les parties élevées de la seconde montagne sont formées, comme celles de la première, par les calcaires blancs d'Ëmpus. Toutefois l'incUnaison générale, au lieu de continuer vers l'est, se rapproche du sud dans le second cas. Il résulte de cette direction nouvelle que, si Tons avance vers le nord, on doit redescendre la série des étages. C'est précisé-^ ment ce qui arrive*
En s avançant, en effet, à partir du col, vers la propriété Olivier, on rencontre successivement les dolomies oxfordiennes, la zone à Lima heteromorpliUy Tiufralias au sud et au-dessus de la propriété même ; puis plus bas, les marnes irisées qui, formant
38& DIEIJLAFAIT.
tout le sous-sol du vallon, rejoignent celles de Saint-Pons au nord, et s*avancent, à Test, vers la plaine de Favas, où nous avons déjà œnstaté leur très-grand développement.
Le château de Favas est bâti sur Tinfralias dolomitique dont les bancs sont là tout à fait verticaux. Au sud du château et s'avançant à Test, s'élève une colline au milieu de laquelle nous avons arrêté notre coupe générale.
L'infralias vertical du château de Favas traverse le ravin, s'élève rapidement vers les parties hautes de la colline, et, après avoir subi plusieurs plissements énergiques, revient à peu près à l'horizontale. Il y a, vers le milieu de la colline, des couches noires, verticales, très-visibles de la route, que nous signalons aux amateurs à* Av. contorta.
Continuons maintenant notre coupe générale.
En quittant la vallée de Favas, on rencontre des marnes irisées dépendant de la colline précédente, pendant environ 60 mètres, puis Tinfralias avec la zone à Av. contorta à la base, sur une longueur de 400 mètres. Çà et là de gros blocs remplis de silex indiqueraient suffisamment le voisinage de la zone à Lima heteromorpha ^ s'il n'était pas très-facile, en s'élevant un peu sur la hauteur, de la rencontrer complètement en place.
Nous retrouvons donc toujours la même disposition ; seulement, dans ces parages, l'infraUas, tout en restant parfaitement identique avec lui-même par ses fossiles el ses autres caractères, diminue beaucoup en puissance.
On atteint la chapelle de Favas, bâtie à l'extrémité ouest d'un petit [ilateau constitué par Tinfralias dolomitique recouvert à droite et à gauche par la zone à Lima heteromorpha.
L'infrahas s'étend au nord du plateau, vers la bastide Notre- Dame, la bastide Vincent, mais surtout vers le Haut-Favas.
Dans toute cette direction, les marnes irisées et les gypses reviennent au jour. Il est nécessaire de constater ici cette extension, parce que d'abord l'un des points que nous nous sommes proposés en entreprenant ce travail, c'est de fixer les limites et rextension de Tinfralias dans le midi de la France, et ensuite parce que les marnes irisées et Tinfralias du nord du plateau
ZONE A A^ICCLA GOIfTOUTA ET INFRALIAS. 385
de Favas s'ayancent à Test, et vont rejoindre le système de Campane qui s'élève à une grande hauteur au-dessus de Bargemont.
 l'extrémité du plateau, au voisinage d'un petit oratoire, la route atteint son point culminant.  partir de ce point, elle descend assez vite en s'engageant dans la vallée, qui se resserre de plus en plus. On coupe pinceurs fois l'infiralias et la zone à Lima heteramorpha^ et Ton atteint Bargemont.
Le village de Bargemont, bâti à la partie supérieure des marnes irisées, s'élève au sud et à la base des grands escarpements constitués par la colle du Saint-Esprit. Us se prolongent au nord-ouest, passent au nord de Saint-Martin, d'Âisse, et vont se terminer, au moins comme escarpements, au château d'Auvave.
Avant de suivre l'infralias à travers toutes ces hautes montagnes, il est nécessaire de bien reconnaître les accidents qui se sont produits aux environs de Bargemont : sans cela nous serions conduits à considérer les mêmes parties d'un même étage portées à des hauteurs différentes comme se rapportant à plusieurs étages.
A l'ouest de Bai^emont, on voit, s'abaissant vers le village, cette montagne assez élevée que suit la route de Favas, et que nous avons examinée. Au nord, partant des points les plus bas du plateau de Favas, s'étend un ravin qui va s'ouvrir dans la vallée de Bai^emont, à quelques centaines de mètres au nord du village. En arrière de ce ravin, on trouve d'autres montagnes qui forment un premier contre-^ort à la base des hauts escarpements du nord. Le premier de ces systèmes est très-bien détaché, grâce au ravin ; le deuxième est moins limité, et le troisième, constitué par les grands escarpements, fait disparaître complètement les deux autres par sa masse colossale, pour tout observateur qui n'est pas géologue.
Le premier et le deuxième système montrent leurs couches correspondantes dans le ravin à peu près à la même hauteur ; mais tandis que celles du premier s'élèvent seulement un peu vers Touest, celles du deuxième se relèvent fortement vers le
Am. se. GtOL. 25
386 WKVUU^AIT.
nord, tans atteindre toutefois lesi couches eorrespoiidantea du troisième système.
Ceci établi, reprenons la formation de l'infralias au point où nous l'ayons laissée.
En suivant, à partir du village, la route de Brovès, on marche sur les calcaires cloisonnés de l'infralias. A 100 mètres de la route de Favas, on rencontre la lumachelle h Av, contorta et l'infralias dolomitique, et, à 50 mètres plus loin, les calcaires marneux fissiles recouvrent les calcaires fossilifères. A quelques mètres de là, au point culminant de la route, on voit apparattre les calcaires à silei de la aone à LÀma heéeromorpha. On marche ensuite dans des blocs calcaires et dolomitiques dérangés de leur position, et dans des débris variési, ce qui rend les observations très-difEciles. Au bout de 200 mètres, l'infralias dcdomitique trè»<x)mpacte se montre bien en place au bord de la route. A 30 mètres de là, les marnes irisèas apparaissent, et restent très-abondantes jusqu'au point où la route tourne brusquement à Test, et, précisément à cause de cette nouvelle direction, on continue à s'avancer dans les marnes irisées. Bientôt cependant on voit l'infralias dolomitique recouvrir les marnes irisées, mais celui-ci à son tour ne tarde pas à disparaître sous les bancs à silex de la zone à Lima heteromorpha.
A 1200 mètres plus loin, on atteint un pont sous lequel coule l'eau descendant du ravin qui limite, au nord, le premier système de coUines dont nous avons parlé. On entre, au delà du pont, dans le deuxième système, et au bout de 300 mètres, pendant lesquels on monte très-rapiden^ent, on retombe de nouveau, comme au point de départ, dans les marnes irisées, mais dépendant cette fois du troisième système. On voit dors, à gauche du chemin, les gypses multicolores s'élever à une trèsgrande hauteur, et pendant plus d un kilomètre la route, bien que montant très^-rapidement, ne sort pas des marnes irisées, des gypses et de l'infralias.
Au-dessus des marnes irisées, vers le village de Campane, aujourd'hui complètement abandonné, on trouve, très-abondante et très-dé veloppée, la lumachelle à Av. contoria.
ZONE A AVICUI4A OOnWlTA W INFRAUAS. 387
A partir de Campane, l'infralias s'infléchit brusquement vers l'est; mais, quand il est possible de rob3erver au milieu des éboulen^nts, on les retrouve toujours bien en place. U passe à Saint-Martin > reparaît très-développé et surtout s'élevant trèshaut vers le nord, dans le ravin de la Font-de-Castel, au bas du* quel nous allons le retrouver vers le hameau de Granges. U fait toujours partie des hauts escarpeaiients qui vont se terminer au château d'Auvaye ; il en constitue en général la partie moyenne.
Si, des hauteurs de Campaure, on examine la vallée de Bargemoiit et le versant de la montagne que nous venons de gravir en partie^ on aperçoit, surtout du côté de l'est, des cateairea blancs en bancs compactes bien inférieurs, comme altitude, aux marnes irisées que nous venons de parcourir. 11 ne serait pas difficile de se figurer que ces bancs plongent sous les gypses, et eepoodant ils appartiennent à la grande oolite. Us sont sur le même niveau géologique que ceux qui, s'élevant vers le nord bien au^lessus de Campaure, constituent les parties voisines des escarpements. U y a là une rupture profonde qui a ramené la grande oolite au niveau des marnes irisées. Pour s'en convaincre, il suffît de redescendre le versant jusqu'à la nouvelle route de Bargemont à Seillans. On coupe en effet la grande oolite, la sone klàma keteram^rpAa^ l'infralias, la V)m Av. contorta^ les marnes irisées, et eni^^ au niveau de la route» les dépôts de gypses.
Bien que la faiUe dont nous venons de parler ne s'étende pas sur un bien grand espace, elle est de nature à induire forcément en erreur un observateur qui n'aurait d'autre guide que la stratigraphie. Sans la aone à Av. contorta^ U ne viendrait jamais à l'esprit que les gypses de Gampaure et ceux qu'on exploite à l'est, au fond de la vallée de Bargemont, pussent appartenir au même niveau géologique, et cependant rien n'est plus certain.
En s'avançant par la nouvelle route sur la rive droite du Riou, on contourne d'abord, à l'extrémité de la vallée de Bargemont, un promontoire formé par l'infralias dolomitique; mais en montant, on trouve, dans la tranchée même de la route, les couches de gypse mise^ complètement à nu. De l'autre côté,
la route est d'abord à peu près horizontale, et pendant environ un kilomètre elle se tient à la limite des marnes irisées et de rinfralias. Les marnes irisées se relèvent alors vers le nord, et, pour suivre la lumachelle infraliasique, il faut longer le flanc droit du ravin de Font-de-Castel jusqu'à la partie moyenne des grands escarpements.
En passant sur le flanc gauche du ravin précédent, on suit de nouveau la lumachelle infraliasique, puis on voit apparaître au-dessous les marnes irisées avec gypses, et, en s'avançant toujours vers le sud, on regagne le vallon de Granges que la route franchit à l'aide d'un pont. Tout le terrain compris entre le point où nous avons quitté la voie et ce dernier appartient aux marnes irisées et à l'infralias.
Quand on s'approche du pont en s'avançant vers la route, on voit en arrière, dépendant du système que nous venons de descendre, des collines assez élevées qui montrent les marnes irisées et les gypses à une assez grande hauteur; cet effet est dû à une courbure des couches, ainsi qu'on peut le constater.
L'infralias et les marnes irisées se montrent à droite et à gauche du vallon de Font-de-Castel ; seulement ces couches, en arrivant dans le voisinage du pont, au lieu d'avancer toujours en s'inclinanl vers le sud, se redressent fortement vers l'est, se courbent et s'infléchissent en sens contraire presque jusqu'à la verticale. Toutefois, si l'on s'élève un peu au-dessus des débris et des blocs détachés qui jonchent le sol, on ne tarde pas à voir le système général reprendre une direction régulière en montant vers l'est d'une manière très-sensible jusqu'au colSaint- Arnoux, près duquel s'élève la chapelle de ce nom, col qui sépare complètement la vallée de Bargemont de celle de Seillans.
DO COL SAUfT'ABHOUX À CAILLAlf.
(Fig. 10.)
A partir du point culminant, on marche dans les marnes pendant 200 mètres, et l'on voit alors, au bord de la route, en hce de la chapelle, une source assez importante pour avoir été
ZONE A AVICULA CONTOETA ET INFRAUAS. 389
indiquée sur la carte de Cassini. On rencontre ensuite, sur une longueur de 150 mètres, les assises de rinfraliasdolomitique, et, pendant &00 mètres, les marnes irisées ayec de nombreuses couches de gypse.
Dans ce derniertrajet, la route qui, depuis Bargemont, marchait à l'est, tourne de manière à s'avancer tout à fait vers le sud ; puis un nouveau coude en sens contraire la ramenant vers le nord, elle descend assez rapidement le flanc ouest du vallon de l'Ëstang. Dans ce parcours elle ne quitte pas les marnes irisées. Â partir du vallon, elle reprend sensiblement sa direction vers l'est.
Qnand on examine du haut de la montagne de Saint-Ârnoux la plaine accidentée qui s'étend à l'est vers Seillans, au sud et à l'ouest vers Meaulx et Callas, on voit çà et là un certain nombre de collines beaucoup moins élevées que Saint-Ârnoux. Celles qui se rapprochent de Seillans sont en général constituées à la partie supérieure par Tinfralias dolomitique, mais celles qui s'élèvent au sud et au sud-ouest appartiennent exclusivement à l'étage du muschelkalk.
En suivant la route à partir du vallon de l'Estang, on marche constamment dans les marnes irisées et l'infralias, qui apparaissent et disparaissent plusieurs fois alternativement.
En arrivant au chemin de Sijan, on voit à gauche un petit vallon, et à droite les dolomies compactes de l'infralias. Si, au lieu de suivre la route qui tourne brusquement au nord un peu plus loin, on prend un sentier qui s'ouvre sur la gauche, on descend très-rapidement les couches de l'infralias. Aussi, quand on rejoint la route, on entre dans les marnes irisées, et bientôt on aperçoit de nombreuses couches de gypse faisant toujours partie du même étage.
A 500 mètres avant d'arriver à Seillans, la route, en se dirigeant vers le nord, contourne le pied des collines, et dans ce dernier parcours elle ne sort pas des marnes irisées. Ces dernières viennent d'ailleurs expirer brusquement par une faille à l'entrée même du village de Seillans. En s approchant de ce village, les marnes irisées, l'infralias et
890 DisoJàPAiv.
le reste du système se relèvent fortement ; aussi) ponr suivre la limite supérieure de l'infralias en partant du vallon de l'Estang, il faut s'avancer dans la partie moyenne de la montagne de Colle Rousse, puis remonter au nord vers le Cas^ et se rapprocher encore des escarpements vers la petite Aisse.
Toutefiois, à Seillans même, à l'ouest et au nord dâ village, on voit rinfralias compacte constituer en grande partie les collines séparant lé village des hauts escarpements qui, du côté du nord, bornent Thorizon. L'infralias dolomitique, fortement relevé, et dans plusieurs points devenu tout à fait vertical^ se trouve aujourd'hui beaucoup plus bas aux environs de Seillans que les marnes irisées dont nous suivions tout à l'heure les couches vers le nord.
* Dans l'espace que nous venons de parcourir, l'infralias^ dont l'épaisseur n'est pas très-considérable, sert toujours de base immédiate aux calcaires à silex de la 2one à Uma keteromorpka.
La coupe que nous avons suivie depuis Montferrat ne trace pas la limite la plus méridionale de l'infralias ; nous allons retourner à Draguignan et indiquer brièvement cette limite.
En sortant de Draguignan par la nouvelle route de Grasse, on marche dans le muschelkalk, et à un kilomètre de la ville on atteint les marnes irisées et Finfralias, qui constituent la partie moyenne des collines. On rencontre fréquemment dans tous ces points la lumachelle à Av. contorta^ mais nous signalons d'une manière toute particulière un gisement de ce fossile très-facile à retrouver. A 25 mètres au delà du poteau kilométrique n** 51, on voit des bancs marneux à Textérieur, très-compactes et presque noirs à l'intérieur : ils montrent incrustés sur leurs tranches do beaux et nombreux exemplaires de VAv. contorta.
Jusqu'à Saint-Martin, la route marque assez exactement la limite de Tinfralias et des marnes irisées ; mais alors l'infralias descend rapidement à droite dans la partie moyenne de la colline qui s'avance vers la Foux. Après avoir contourné cette colline, il remonte aussitôt vers le nord, sans même atteindre en ce point le méridien de Callas.
En venant à la chapelle nouvelle reprendre la route de
ZONE A AYICULÂ CONTOftTA ffT INFRALIAS. 391
Grasse, au point où elle tourne vers le nord pour descendre dans la plaine, on retrouve les marnes irisées^ et bientôt après bit entre dans le muschelkalk, dont les gros bancs bleuâU^es plongent en ce point, au sud, d'environ 20 degrés* Une carrière ouverte dans cette formation ^ au bord même de la route, montre ett abondance la Ter. communis^ et une prodigieuse quantité d'articles de YEncrinites lUiifofmis. On atteint bientôt le quartier de Saint-Pons et son ermitage, dont la chapelle abandonnée est encore pr^ue complètement debout.
Dans tout ce quartier t, les marnes irisées ont été mises com** plétement à nu ; de plus^ comme elles s'élèvent vers l'ouest à une hauteur assez considérable, elles arrêtent et amènent dans le vallon une partie des eaux pluviales qui tombent sur les hau-^ teurs voisines. Cette réunion dans un même point d'une argile plastique d'assez bonne qualité, et d'un courant d'eau assez permanent, a rendu ces lieux naturellement très-propres à la fabrication des briques^ des tuiles, etc. Aussi cette industrie existe-t-elle à Saint-Pons depuis un temps immémorial. C'est également de cette localité que sont tirées les argiles qui servent à alimenter la fabrique de poterie que l'on voit en sortant de Draguignan, du côté de l'esté
L'infralias contourne, à l'ouest, le vallon de SainVPons, suit la route de Figanière en se tenant toujours au sud^ passe à l'ouest de ce village, et constitue le sol sur lequel il est bâti. Au nord, vers Combebayarde, au pont même jeté sur le ravin, et à 30 ou &0 mètres plus k l'est, dans des calcaires marneux presque verticaux, VAv. amtorta et plusieurs autres fossiles de la même zone se montrent en abondance.
Toute la montagne du Piol appartient à l'infralias et aux marnes irisées.
L'infralias passe ensuite au sud de Callais et au village même, puis, s'étendant par Claviers, il va constituer la partie moyenne de la haute colline qui^ commençant au ravin de Gaviers, à l'ouest de la chapelle Sainte-Anne, se termine au col Saint- Àrnoux, qui sépare, comme nous l'avons dit» la vallée de Bargemont de celle de S^liws.
392 BDBULAFAIT.
En côtoyant cette colline sur le versant nord, on retrouve à très-peu près la même disposition générale que sur l'autre versant de la vallée; on constate seulement que le système dont nous nous occupons a été plus relevé que celui qui règne de l'autre côté et que nous avons suivi dans notre coupe précédente.
Après avoir reconnu à Touest et au nord-ouest de Seillans le très-grand relèvement des marnes irisées vers le nord, après avoir établi qu'elles vont se rattacher d'une manière complète au grand système de montagnes qui bornent l'horizon de ce côté, le géologue pourra prévoir à priori que le muschelkalk doit reparaître à l'est de ce village : c'est, en eflFet, ce qui arrive. Nonseulement cet étage constitue la base des montagnes du côté de l'est, mais il s'élève à une hauteur notable et forme toute la partie sud de la montagne de Couinier.
Si Ton s'avance par la route de Mons jusqu'au ravin de Combelongue, et qu'on remonte ce ravin, on marche d'abord dans le muschelkalk; vers Combelongue même, on rencontre les gypses et les marnes irisées, et, plus haut encore, la lumachelle à Av. contorta. En suivant cette lumachelle, on se rapproche du sud, et en marchant toujours sur le flanc est du ravin, on voit la base de l'infralias tourner à l'est, et franchir la colline de Couinier au hameau même. Si, à partir de ce hameau, on s'avance vers l'ouest , on retrouve presque aussitôt les marnes irisées reposant sur le muschelkalk. Les marnes irisées, et surtout l'infralias, sont très-développés dans les lieux qui nous occupent ; c'est ce qu'il est très-facile de constater en remontant à partir de Couinier vers le plan de Comps.
Du côté de l'est, à la hauteur du hameau, on voit, à une petite distance, formant escarpement, à gauche, les grands bancs dolomitiques de l'infralias, et, en continuant de suivre le sentier qui longe ces bancs, on se trouve exactement à la limite des marnes irisées et de l'infralias; à une petite distance, le sentier s'élève, et l'on se trouve porté sur les bancs dolomitiques eux-mêmes. On atteint, au delà, un ravin assez profoud qui s'ouvre à lest de Couinier, et Ton voit l'infralias se continuer
ZONE A AVICULA CONTORTA KT INFRALIAS. 393
encore vers le nord-est en plongeant sous la zone à JJma heteromorpha. On constate ensuite que c'est ce même étage qui constitue la presque totalité des collines comprises entre la route de Mons et celle de Fayence. Elles montrent fréquemment, vers leurs parties basses, la lumachelle avec Av. contorta, et parfois même des affleurements des marnes irisées.
En contournant le vallon de Banagon, on retrouve toujours la même disposition. Dans ce vallon, tout près et à Test de la propriété des Renaut, en suivant le sentier qui va rejoindre la route de Fayence, on commence à rencontrer la lumachelle très-fossilifère à Av. contorta^ puis les calcaires fissiles, qui la recouvrent immédiatement.
Ce sentier marque parfaitement la position de la lumachelle infraliasique ; on la retrouve^ en eflTet, constamment à cette hauteur, depuis la propriété des Renaut jusqu'à la maison de J. B. Lambert, nouvellement bâtie, et qui, isolée à Test du sentier, se reconnaît sans la moindre difficulté. Ce dernier point, en particulier, est à noter comme offrant en quantité prodigieuse les débris de la lumachelle à Av. coniorta. Les pierres du chemin, celles des murs de clôture, celles qu'on trouve en place sur le sol, appartiennent exclusivement à la lumachelle fossilifère de rinfralias. Elle s'annonce d'ailleurs ici, quand on est prévenu, par la couleur rouge foncé de ses assises.
En continuant à s'avancer vers le sud, on arrive bientôt sur le versant ouest du Riou. En remontant le vallon, on trouve à une grande hauteur les gypses et les marnes irisées, le tout recouvert à droite et à gauche par les dolomies blanchâtres de l'infralias.
On peut, d'un autre côté, partant de la propriété Lambert, remonter vers le nord, tourner à l'est, tout à fait au haut du vallon*, redescendre vers le sud sur l'autre versant, et toujours la lumachelle très-fossilifère viendra tracer de la manière la plus nette la ligne de séparation entre les marnes irisées et l'infralias.
En continuant à descendre le Riou, on arrive sur le muschelkalk, à une taible distance de la route de Seillans. Cet étage
â9& BIElJLilFilLlT.
s'fttance au sud et constitue toute la partie calcaire de la plaine de Fayence^ mais il ne s'étend pas au noixl et ne s'élè^d t)as tnème jusqu'à ce dernier village. En effet, en montant à partir du ravin du Riou, on rencontre bientôt les marnes irises, puis l'infralias dolomitique très-compacte qui constitue le sol même sur lequel s'élève en amphithéâtre le gros bourg de Fayénce. C'est le même étage qui, toujours avec les mêmes caractères, ê'étend au nord de Fayence jusque vers le quartier de Lubi, redescend en se tenant sur la rive gauche du torrent de Canide, passe au nord de Fontbouillante, au sud de Pinet, coupe le (^emin de Gaillan à Saint-^Cezaire, se dirige au nord de Vialaron, et arrive à la Siagne, où il est profondément entaillé, mais non interrompu , par la vallée au fond de laquelle te torrent rôuIe ses eaux extrêmement rapides.
Revenons maintenant à F)styence, et suivons les limites méri* dionales de l'infralias.
Fayence, nous l'avons dit, est bâti sur cet étage; aussi, à peine est-on sorti du village par le chemin de Tourette, qil'on rencontre la lumachelle à Av. contorta, et bientôt au-dessous les marnes irisées. Ces deux étages se voient très-bien, en partie culier, en face d'une énorme et étrange construction que l'on m'a dit être un château construit par un général russe, et qui, s'élevant dans une position magnifique du reste, ressemble beaucoup plus à une prison qu'à toute autre chose.
En descendant vers Tourette, on voit les marnes irisées au niveau de la route recouvertes par la lumachelle à Av. contorta et les dolomies compactes de l'infralias. Si, traversant le village dans sa partie nord, on s'avance droit à Test, on quitte bientôt lés marnes irisées, et Ton marche presque constamment dans l'infralias jusqu'au sommet de la colline qui sépare le vaUon de Tourette de celui de Caillan. En sortant au contraire de Tourette par le sud, on voit les marnes irisées partant du bord mtoie de la route, s'élever assez haut vers l'est. En suivant toujours la direction du sud, on ne sort plus de cette formation jusqu^à l'embranchement du chemin de Tourette sur la route de OrMse.
Mais si, à 100 mètres du village, on quitte ce chemin du sud
ZONE A AVIGULA GOmtmtA KT INFRALIAS. ^95
pour descendre à gauche par celui des moulins^ on trotfT6) eo face du ravin et des deux côtés, tes Uocs bleuâtres du mmohel^ kalk imt oaractérisés, formant un petit escarpement en fer à chetal autour du vallon. Il est bientôt recouvert par les marner irisées et Tinfralias, d'où s'échappent non-^seulement la source abondante utilisée par les moulins, mais plusieurs autres ayant un débit beaucoup moindre. La zone à AVé eonioria est recouverte par les bancs dolomitiques qui se continuent même pendant environ 600 mètres. Quand on redescend sur Tautre versant, mais du côté du sud, on retrouve, à la base des ter^ rains, la lumachelle à Ad. contort^i^ comme du côté des moulins* Un ravin qui s'ouvre un peu plus bas montre les marnes irisées com{riétement à découvert, entremêlées çà et là de couches de gypse rouge. Un peu plus au sud, on contourne l'infralias ddomitique, et Ton atteint la propriété Taxy. Elle est bfttie sur la sone à Av. contorta et les marnes irisées.
A 100 mètres à l'est de la maison d'habitation, on retrouve la lumachelle à Av. contorta^ et au-dessus les bancs compactes de la dolomie. En s'avançant vers le sud par le Gavaron, et contournant les hauteurs pour rejoindre la nouvelle route qui monte à Gaillan, on peut retrouver facilement la continuation de la lumachelle à Av. contorta.
Si, d'un autre côté, à partir dû ravin de Taxy, on monte vers le nord pour aller rejoindre le sentier de Tourelle, on marche pendant environ 200 mètres suivant l'inclinaison des couches; 6t comme ce sentier a été surtout creusé par l'écoulement des eaux d^hiver, il en résulte qu'il se trouve natUrelleuient tracé à la base de l'infralias^ là où les marnes irisées qui existaient au'desBous, et dont ou voit encore çà et là les affleurements^ ont été en grande partie entraînées. On monte ensuite pendant 400 mètres sans quitter l'infralias, et l'on atteint le petit pla-^ teau ouvert au nord du monticule qui supporte les ruines d'un vieuï château féodal (le Cartellet) .
En redescendant vers Oaillan, on retrouve sur le versant est la môme disposition que sur le versant ouest ; seulement les couches, bien que fortement dérangées encore, se Fi^>procbeut
d96 BIKIXAFAIT.
davantage de la position normale. En quittant Tinfralias du sommet, on retrouve bientôt Y Av. contorta^ puis les marnes irisées, et au-dessous les calcaires compactes et cristallins du muschelkalk. Ceux-ci s'élevant également sur Tautre flanc de la vallée, il en résulte que le lit du torrent de Canicle se trouve, sous Gaillan, creusé dans ce dernier étage, qui, du reste, se prolonge dans ce ravin assez loin vers le nord.
En montant vers Caillan, à Test du ravin, on constate que le muschelkalk se maintient au niveau de la route pendant environ 500 mètres. Au delà il est recouvert par les marnes irisées, dans lesquelles on marche pendant &00 mètres. On voit ensuite, sur une longueur de 100 mètres, les gros blocs dolomitiques de rinfralias, mais très-dérangés. On retrouve alors les marnes irisées pendant 260 mètres. Elles se terminent brusquement à un ravin au delà duquel se montrent, au bord même de la route, de gros poudingues rougeâtres appartenant à la formation quaternaire, le tout recouvert par la terre végétale.
On entre alors dans le village de Caillan.
Si maintenant on s'avance un peu à gauche de la route que nous venons de suivre, on retrouve partout, au-dessus des marnes irisées, la luraachelle kAv. contorta.
DE CAILLAM A MORTAUROUX ET A LA 8UGNE.
(Fig. 11.)
Caillan est bâti sur les dolomies compactes de Tinfralias.
En s'avançant à Test par le chemin de la vallée, on ne tarde pas à rencontrer les marnes irisées, avec la lumachelle à Av. contorta à la partie supérieure. Si Ton suit les affleurements de cette dernière, on fait le tour du vallon en fer à cheval qui sépare Caillan de Montauroux, et cela en se maintenant toujours très-près du sommet des Collines.
Quand on descend vers le fond de la vallée, on retrouve le muschelkalk qui, par le nord, va rejoindre les assises du ravin de Canicle, et, de Tautre côté, s'étendant vers le sud et lest, se montre isolé au quartier Saint-Michel, et constitue la base des collines vers Valeros, la Frestre et Narbonne.
ZONE A AVICULA CONTORTA BT INFRAUAS. 397
Le \îlIagedeMontauroux, comme celui de Caillan, est construit sur rinfralias dolomitique. On voit parfaitement, au-dessus de la première fontaine, les gros blocs de dolomies appartenant à cet étage. Il suffit, du reste, de descendre à une très-petite distance par le chemin de Gaillan, pour retrouver bien en place la lumachelle à Av. contoria^ et au-dessous les marnes irisées.
A peine est-on sorti de Montauroux par le chemin de Tournon, qu'on marcheen plein dans la lumachelle de Tinfralias. Elle constitue là toutes les hauteurs, et au point culminant, au sommet du grand Puy même, elle est tellement abondante, qu'il serait probablement difficile de se procurer en ce point une pierre qui n'en fit pas partie.
On descend à partir du grand Puy, et Ton atteint une petite vallée qu'on remonte, pour redescendre presque aussitôt dans une seconde dépression. Dans ces deux vallons et surtout dans le deuxième, on rencontre çn grande abondance Y Av. conforta^ dont les individus, parfaitement conservés, présentent en outre un développement tout à fait exceptionnel.
En quittant la deuxième dépression du grand Puy, on franchit un petit col, et Ton descend dans la vallée de Tournon, Toute cette partie delà colline, presque jusqu'au niveau de la vallée, appartient à l'infralias dolomitique.
Le fond de cette vallée est constitué par les marnes irisées. Quand on descend par le col dont nous venons de parler, on arrive, à l'ouest de la vallée, en un point où le chemin fait un coude d'environ 120 degrés pour s'avancer à l'est et passer à la maison d'habitation. A 100 mètres avant d'atteindre ce coude, on trouve en abondance, d'abord les calcaires fissiles, puis au-dessous la lumachelle à Av. conforta. Plus haut on voit lesdolomiescompactes, mais, commeellesplongentau nord-ouest, on n'est pas étonné de retrouver à 200 mètres plus loin la base fossilifère de l'infralias. A l'autre extrémité de la vallée (près du poteau kilométrique n" 88), les marnes irisées arrivent au bord de la route, et la lumachelle à Av. contorta se voit dans le ravin, à 10 ou 11 mètres de la route.
A partir de ce point, la route impériale s'avance pendant un
396 immi^AVArf .
kilomètre dans les marnes irisées, mm ^Q ^ tenant vers la Unûte supérieure, car on rencontre fréquemment la lumachelle à Av, contartUy et même ça et Ui des blocs de dolomies compactes; mais en général ils ne sont pas bien en {dace.
Bientôt la route tourne vers le nord pour longer la Siagne en la remontant. Ck)mme les couches plongent au nord, il en résulte qu'en suivant la route, et bien qu'eUe descende, on remonte la série des étages.
IMftPART«ll£NT DES AL^KS-KiiUTIMES.
Dl LA tIAfiiri ▲ OftASSI.
(Kg. 12,)
Après avoir franchi la Siagne au pont deXournon, on marche pendant quelque teinps dans un conglomérat brécbiforme appartenant à rinfralias, mais qui jn'est pas bien en place, A ^00 mètres du pont, on trouve les marnes irisées recouvertes par la lumachelle à Av. contorta^ puis au-dessus Tinfralias dolomitique. Au bord même de la route, les relations précédentes ne sont pas très-nettes, mais en montant un peu plus haut dans la oûUine vers le nord-est, tout rentre dans Tordre normal.
Pendant 2 kilomètres et demii on marche à peu près à la limite des marnes irisées et de Tinfiralias. VAv, conforta et quelques autres fossiles de la même zone se montrent toujours fré* quemment. On retrouve ensuite les marnes irisées, au milieu desquelles on s'avance pendant 200 mètres. Aux marnes irisées succède Vinfralias dolomitique, qui se prdo)^ jusqu'au point culnûnant de la route.
Parvenus en cet endroit, avançons-nous vers le sud-ouest, de manière à atteindre le commet d'un petit monticule qui, coupé par la route, s'étend dans cette direction. De ce point il sera facile de saisir l'ensemble des terrains que nous venons de ps^** courir, et d'entasser dans un même coup d'œil leur pvolûQge* ment vers l'est jusqu'à une assez grande distance.
Depuis le pont de Tournon la route monte assez rapidement, et cependant on suit presque constamment la limite supérieure
ZONE A AVICULA ÇmtQVt^ «T INFRALIAS. â99
des marnes îriaées. Cette disposîtioo nous montre que, dans toute cette étendue, les couches plongent fortement ^ l'ouest Yers la vallée de la Siagne. L'infralias, que nous, venonsrde ren* contrer au point culminant, est parfaitement en place au-dessus des marnes irisées ; il s'étend vers le sud-ouest, mais on voit très-bien les bancs dolomitiques de cet étage aller rejoindre, à une certaine distance, ceux qui recouvrent les marqes irisées dans toute la direction qpe nous venons de suivre.
Si maintenant on porte ses regards du c6té de l'est, on constate que le système général des couchea continue à s'élever de la manière la plus régulière, toujours dans le même sens. Gomme, d'un autre côté, à partir du point culminant, la route est à peu près horizontale pendant un certain temps, il en résulte qu'en la suivant, on doit redescendre la série, et retomber bientôt sur le muschelkalk. C'est aussi ce qui arrive.
£n effet, à 200 mètres au delà du poteau kilométrique n"" 3, on voit, dans le fossé même de la route, apparaître les couches fossilifères de cet étage. Un peu plus loin, au sud de la route, existe une fabrique de tuiles établie sur cet étage. L^ Ter. communis^ les articles d^Encrinites liliifomm surtout, sont là très-abondants. Si, du reste, on s'élève vers le Tinet, on retrouve bientôt les marnes irisées, les gypses, la lumachelle à Av. conr torta, et l'iufralias dolomitique.
En continuant à s'avancer par la route à partir de la tuilerie, et bien que, d'une manière générale, la route descende, on marche sur le muschelkalk jusqu'au delà de Pemeirade.En examinant attentivement les couches du muschelkalk, on arrive à cette conséquence, que les différences de niveau, les petits vallons qu'on observe à droite et à gauche, sont dus à de petits dérangements, ou à des ondulations des couches, et non à des éiTosions. Partout, en effet, on voit apparaître à la surface du aol les articles de VJEncrimiesi lilUformis que nous sÂgualions il ; a quelques instants. Or, comme nous l'avons établi ailleurs, l'épaisseur des bancs qui renferment ces débris ne dépasse pas quelques mètres.
On atteint le village de Pemeirade sans quitter le muschelkalk ,
llOO UlEtlLAFAlT.
et cet étage qui s'étend encore à 2 kilomètres plus au sud, est en outre relevé vers le nord, et forme, pour cette raison, jusqu'à unô hauteur notable, la base du premier escarpement qui supporte les villages du Tinet et de Cabris. Si, d'un point quelconque de la route, on fait une coupe perpendiculaire à la direction de ces escarpements, on retrouve toujours, sans qu'on puisse conserver de doute, la succession normale des couches, et une composition générale tout à fait analogue à celle que nous avons constatée jusqu'ici.
Quand on examine les escarpements d'un peu loin vers le sud, on voit parfaitement la place occupée par les marnes irisées et la base de l'infralias. Ce niveau, toujours pourvu d'eau, offre aux yeux une végétation vigoureuse. Cette bande, qui se voit particulièrement bien au-dessous de Cabris, rendue plus verte encore par le contraste de la blancheur et de l'aridité des hautes montagnes qui s'élèvent plus au nord, repose agréablement la vue du voyageur, et éveille naturellement en lui la satisfaction qu'inspire toujours l'aspect d'une belle végétation.
On voit, du reste, entre le Tinet et Cabris, un peu plus bas que la ligne qui joindrait ces deux villages, plusieurs hameaux, les Espéracèdes, les Moulières, les Jaisons, les Jacourels, et un grand nombre de propriétés isolées, qui tous sont venus s'établir à une très-petite distance de l'horizon aquifère.
Les hautes montagnes qui constituent le flanc gauche de la vallée de la Siagne jusqu'au pont de Tournon, puis, de là, remontent rapidement vers le nord pour s'élever au-dessus des >allages du Tinet et de Cabris, continuent à s'avancer vers l'est. Elles forment tous ces escarpements qui dominent, au nord, la ville de Grasse, et vont se terminer brusquement à la vallée de Le Bar.
Le plateau sur lequel s'élève Cabris est coupé brusquement vers le sud-ouest. Il l'est également du côté de l'est; mais une ramification puissante descendant vers le sud montre les couches toujours disposées dans le même ordre, et comme ces couches s'inclinent également vers le sud, il en résulte qu'à l'est de Pemeirade les marnes irisées et même l'infralias apparais-
ZONE A AVICULA CONTORTA ET INFRALIAS. ^Ql
sent de nouveau à une hauteur beaucoup moindre que dans la partie ouest et nord du cirque dominé par le Tinet et Cabris. Ainsi, pendant que les couches plongent généralement au nordouest depuis Tournon jusqu'à le Bar, le système secondaire dont il s'agit plonge au contraire vers le sud. II est très-facile de se rendre compte de ce fait.
L'axe de soulèvement du système qui nous occupe, part de la Siagne et passe par le Tinet, Cabris, le nord de Grasse, etc. De chaque cMé de l'arête, les couches plongent nécessairement en sens contraire. Dans l'espace que nous avons parcouru depuis le point culminant de la route jusqu'à Pemeirade, tout a été enlevé jusqu'au muschelkalk; mais, par une cause quelconque, la dénudation n'ayant pas été aussi complète entre Pemeirade et la rivière de Rives, on doit retrouver, ce qui a lieu en effet, les couches avec l'inclinaison qu'elles avaient à partir de l'arête, c'est-à-dire plongeant vers le sud. La petite chaîne qui, partant de Cabris, passe à l'est de Pemeirade, est donc un ancien témoin de ce qui existait à une autre époque, pour toute la vallée.
Au delà du col de Pemeirade, on atteint la rivière de Rives. En la remontant vers le nord, on voit, comme du côté de l'ouest, les couches s'élever et aller rejoindre celles du cirque de Cabris. On retrouve ainsi les marnes irisées et la base de l'infraliasà une hauteur considérable. Ce niveau, comme toujours, donne naissance à plusieurs sources, dont l'ensemble constitue la rivière de Rives,
Quand on a franchi le pont de Ribes, la route de Grasse s'élève assez rapidement. On marche d'abord dans l'infralias dolomitique très-bien caractérisé : au delà apparaissent les marnes irisées, et plus loin des calcaires bleus très-compactes, à pâte fine, dont tous les caractères extérieurs annoncent le muschelkalk. Mais bientôt de nombreux articles A^Encriniies liluformis, apparaissant sur les bancs, ne laissent plus de doute sur l'exactitude de cette assimilation. Une tuilerie établie en ce point exploite les argiles triasiques. Bien que la route continue à monter, on descend légèrement les couches du muschelkalk, et Ton ne quitte plus cet étage jusqu'à Grasse.
Aim. 8C. otOL. I, — 26
II y a dans ce canton un relèvement considérable du muschelkalk; mais il faut bien remarquer qu'en s'approchant de Grasse, on quitte le système secondaire que nous avons suivi depuis la Siagne, pour rentrer dans le grand système de premier ordre constitué par les hauts escarpements dont nous avons déjà tracé la direction générale.
Quand on sort de Grasse du côté de Touest par le chemin de la poudrière, on arrive bientôt, après avoir dépassé cet édiBce, au bord sud du vallon de Ribes. Si l'on suit alors Tancienne route de Grasse à Draguignan , on marche pendant quelque temps s^^ le muschelkalk, mais bientôt on rencontre Tinfralias dolomitique, puis la base de cette formation montrant en grande quantité VAv. contorta. On trouve la lumachelle infraliasique trèsfossilifère dans le chemin même, à la limite sud du grand mur que longe la route, au voisinage de la propriété Malcorin.
En s'avançant vers le ravin, on retrouve VAv. contorta bien en place sur plusieurs points.
En descendant davantage encore, on dépasse la chapelle Sainte-Anne, bâtie sur les marnes irisées; enfin, on atteint la route de Grasse, au pont de Rives, où, comme nous l'avons dit, on retrouve Tinfralias dolomitique.
L'infralias offre un énorme développement dans la partie de la France qu'il nous reste à examiner, c'est-à-dire dans l'espace compris entre le méridien de Grasse et la frontière d'Italie.
A partir de la ville de Grasse, nous avons à suivre l'infralîas dans deux systèmes bien différents : le premier, tout à fait secondaire au point de vue des masses, mais très-important dans }a question qui nous occupe, comprend toutes les collines calcaires qui s'étendent entre la Méditerranée et une ligne moyepne passant par Grasse, le Bar, Tourette et Vence ; le deuxième est constitué par les montagnes énormes qui s'étendent au nord et au nord-est de la ligne précédente. Nous commencerons par le premier, en menant nos coupes de manière à tracer la limite la plus méridionale de l'extension de l'infralias dans la partie de la France qu'il nous reste à étudier.
ZONE A AVlCU^i GGjirrqBTA ET INFRALIAS. kQj^
DE GRASSB A LA MÉDITERRANÉE EN PASSANT PAR MOUGINS ET LE ÇANNfiT.
* t '. ■ t i : .'i f.j .il
(Fig. 13.)
De Grasse à Mougins. — En sortant de Grasse par la route de Draguignan, on rencontre bientôt, à gauche, la nouvelle route d Antibes. Elle s'avance et descend à Test; mais au bout de 400 mètres, elle tourne brusquement ver§ le sud. Au point même où se produit le coude, les marnes irisées affleurent, et au-dessus d'elles, en marchant toujours à Test, on voit bientôt apparaître la lumachelle à Av. contorta^ reçouvertp eU&-piôme par rinfralias dolomitique. De l'autre côté de la coUinç, la même disposition se reproduit, et en outre le muschelkalk est trèsdé veloppé à la base.
n n'est pas nécessaire de quitter la route pour se convaincre que les marnes précédentes dépendent bien du keuper ; ou rencontre, en effet, \Av. contorta dans le fossé même de la routei, à 10 mètres du poteau kilométrique n** 6, et, en continuant à descendre, on voit la lumachelle, toujours très-fossilifère, recouverte, comme plus haut, par l'infralias dolomitique. Au-dessous reparaissent les marnes irisées, puis le muschelkalk qu'on ne quitte plus jusqu'au pont. Au delà, cet étage persiste, recouvert dans le vallon par la terre végétale ; c'est lui qui constitue tous les coteaux à droite de la route, celui en particulier qui supporte le village de Mouans.
En continuant la coupe, sans changer de direction, on laisse au village la route d'Antibes sur la droite, et l'on va passer au quartier des Crottes. La base de la colline est formée par le muschelkalk. On trouve ensuite les marnes irisées très-développées, puis la lumachelle infraliasique avec une grande quantité A' Av. contorta^ le tout recouvert par l'infralias calcaire et Tinfralias dolomitique. Si Ton remonte cette colline au nord, vers le Plan, on voit constamment les marnes irisées recouvertes par la lumachelle à Av. contorta^ de telle façon que les parties élevées de cette colline appartiennent a l'infralias et à la zone à Lima heteromorpha. Les filets d'eau qui coulent vers Plascassier, Massebœuf, Fontblanche, la Guipière, Plantier, Clavel; ceux
&0& DlBCULrAIT.
qui, de Tautre côté de la colline, descendent vers la vallée de la Bullide, et que nous rencontrerons dans une autre coupe, prennent tous leur origine à la base de l'infralias. Dans ces parages, VAv. contcrîa et les fossiles de cette zone sont extrêmement al)ondants.
D*a[Hrès ce que nous venons d'établir, il est évident que, pour retrouver rûifralias dans cet endroit, il n'y aura qu'à faire une coupe perpendiculaire à la direction de la colline ; on atteindra uécessairement cet étage.
Quand, du village de Mouans, on regarde la colline dont nous venons de nous occuper, on voit plusieurs maisons s'élever à miH)dte. Elles marquent très-sensiblement l'affleurement de la lone à Ar. coniorta. Toutes sont venues s'établir à la ligne d'eau qui sort de cette zone. Dans plusieurs points, surtout vers l'est par raj^pOTt à Mouans, on voit très-bien les marnes irisées se détacher par leur couleur blanchâtre et marneuse sur le fond rocheux, bien que cultivé, du reste du système.
Si, à partir de Mouans, on suit le chemin de Sartoux, on monte d'abord dans le muschelkalk. Le chemin s'avance pendant quelque temps vers le sud en loi^^nt le flanc ouest de la colline; puis, bientôt, reprenant la direction de l'est, il continue à monter droit vers le sommet. Vers le milieu de la hauteur totale, on trouve, dans le chemin même, la lumachelle infiraliasique et r.4r. contorta. 11 n'y a plus qu'à la sui\Te au nord et au sud pour constater l'exactitude des faits que nous avons précédemment établis. 11 faut bien noter ici, cependant « pour éviter toute erreur, que la lumachelle du muschelkalk est très-abondante dans ces collines, notamment vers Sartoux. Comme, d'un autre côté, elle est en général, dans Test de la Provence, très-près de la partie supérieure du muschelkalk. on conçoit que celte lumachelle étant sépan^ de celle île 1 infralias seulement par l'épaisseur tiuijours relativement très-faible di*s manies irisées, qui même manquent souvent d une manière à jieu près complète, une erreur capitale siérait extrênuMuent facile à commettre.
Au delà de la i\>lline prtxtHlente. en a>ntinuant à s'avancer vers MiHigius. on rvtrouw les manies irisées et le muschelkalk,
ZONE A AYIGULA CONTO&TA ET INFRALIAS. 405
ce dernier très-développé et fortement relevé au quartier Saint- Martin. A une petite distance avant d'atteindre Tembranchement de Cannes, la route traverse ce même étage dans lequel on a ouvert, à rentrée du vallon, une exploitation de chaux.
Dans l'angle formé par les deux routes d'Ântibes et de Cannes, s'élève un monticule au sommet duquel est bâti le pittoresque village de Mougins.
Par sa position, Mougins rappelle tout à fait Caillan et Montauroux ; c'est qu'il est aussi exactement dans les mêmes conditions. Le monticule de Mougins, comme ceux sur lesquels reposent les deux villages dont nous venons de rappeler les noms, ne doit son existence qu'à la présence des bancs compactes de l'infralias qui en constituent le sommet, et dont la résistance a prêtée les marnes irisées et empêché la dénudation.
Quand on a dépassé Mougins, si l'on continue à suivre la route de Cannes, on marche pendant un certain temps dans les marnes irisées, puis on rencontre le muschelkalk, et bientôt on atteint des masses porphyriques qui constituent la montagne de l'Esterel.
Mais si, en quittant. Mougins, on laisse la route à droite et qu'on s'avance, en se tenant toujours sur le premier relèvement des collines qui passent par la Nertassière, au nord du Cannet, et par Saint-Bernard, au nord de Vallauris, les choses se présentent autrement. Pour suivre, à partir de Mougins, le niveau des marnes irisées, on est obligé de s'élever constamment vers le sommet des collines à mesure qu'on s'approche de la mer.
A une petite distance de Mougins, on rencontre un ruisseau qui coule vers le sud. Descendant de la vallée de Mougins, son lit est creusé dans les marnes irisées : on voit un peu plus haut, sur les deux rives, la lumachelle à Av. conforta recouvrant les argiles bigarrées. On passe au-dessus de Notre-Dame de Vie, et l'on arrive au quartier Campane. Là le muschelkalk constitue la base et la partie moyenne des collines.
En montant par la propriété isolée de J. B. Ardisson (1), on
(1) La propriété dont il s'ag^it n'est pas située au point désigné sur la carte de Casi par les Ardiisms^ elle est au contraire à Vouest du village.
AOe îîiEijLAi^Àit.
trouvé d'abord le muschelkalk parfaitement reconnaissable, puis; à la hautbur dé la propriété, les marnes irisées bien apparentes. On a rencontré dans le jardin le gypse à 8 mètres, en creusant un puits.
Il est facile de se convaincre iqu'il y a eu dans ces collines des dérangements énormes. Déjà nous Tavions constaté dans nos courses des années précédentes, entre Vallauris et Biot, le canton de Grafflon, la Tour-Gazan, etc. ; mais ce que nous observons ici ne fait que confirmer la généralité de ce fait dans la régioh iqiiî nous occupe. En effet, la maison Ardisson est située sur lé versant d'une colline assez abrupte ; d'un autre cAté, la distance verticale qui sépare cette maison du niveau du chemin est de bien plus de 8 mètres, et cependant nulle part au-dessous on n'aperçoit d'affleurement de gypse. Quand on a un peu dépassé la propriété Ardisson, on commence à rencontrer une lumachelle compacte, dans laquelle, malgré de longues recherches, il ne me fut pas possible de rencontrer VAv. contoria. Je franchis une étendue verticale d'au moins 100 mètres sans quitter cette lumachelle, et sans trouver aucun fossile qui pûl me fixer suffisamment snr sa véritable position. La présence des marnes irisées à la base, l'absence de YEticrinites lilii/onnis, ne me permettaient guère de douter que je ne fusse dansTinfralias, mais je n'en avais pas la preuve. Sachant, par une expérience tant de fois répétée, que la partie la plus fossilifère de Tinfralias est dans le voisinage de la lumachelle compacte, je m'obstinais à chercher dans la partie moyenne de la colline cette précieuse ligne de fossiles. Mes recherches ayant été infructueuses, je me décidai à franchir les sommets afin de voir s'il ne serait pas possible, à l'aide du niveau infraliasique que j'avais rencontré dans mes courses des années précédentes, un peu plus à l'est, d'établir la position de cette lumachelle compacte, si développée au nord du village du Cannet.
Malgré une longue expérience de l'allure vagabonde des étages en Provence, ce ne fut pas sans une grande surprise qu'en approchant du point culminant, je rencontrai en abondance VAv. contorta. 11 faut môme noter ce point, c'est-à-dire le
ZONE A AVICULA CONTORTA ET INFRALUS. 407
sommet des collines, au nord du Cannet, comme pouvant fournir aux collections des échantillons du premier choix. Il fut facile de reconnaître que la lumachelle fossilifère, d'ailleurs trôs-déve- Idppée, plonge fortement vers le sud, et dès lors les difQcultés rencontrées jusque-là s'expliquaient d'elles-mêmes.
En s'avançant à Test, les couches prennent bientôt une autre disposition. Au lieu de plonger fortement vers le village, elles se relèvent et se rapprochent de Thorizontale ; aussi on quitte bientôt la lumachelle pour entrer dans les dolomies compactes, et un peu plus loin, dans les calcaires à silex de la zone à Lima heteromorpha.
En arrière des crêtes que nous venons de parcourir s'ouvre un vallon assez étendu, c'est le vallon de Foumarie. Comme l'infralias plonge à l'est, à partir du point culminant, le sol du vallon appartient en grande partie à cet étage. En franchissant ce vallon, entre la Colle Macquaille et la Colle Marin, on arrive, sans quitter l'infralias, au vieux chemin de Mougins ; en le suivant au sud-est jusqu'à la propriété Sardou, on marche presque constamment dans l'infralias dolomitique très-siliceux.
On se trouve alors ramené sur le versant sud de la chaîne ; on voit un peu plus bas le village du Cannet, au delà la ville do Cannes avec ses milliers de maisons de plaisance, et de l'autre côté le niveau bleu de la Méditerranée.
La propriété Sardou est bâtie sur les assises les plus basses de l'infralias dolomitique. On voit au-dessous, sortant d'une cavité probablement artificielle, une source assez abondante. Elle est due aux argiles de l'infralias et aux marnes irisées qui viennent affleurer manifestement en ce point, comme il est facile de s'en convaincre en examinant les environs. Du reste, une ancienne fabrique de poterie, établie à peu de distance, utilisait, comme en mille autres points dans la basse Provence, les eaUx de ce niveau. Si, du reste, on marche un peu vers le sud-ouest, on retrouve, au-dessus des marnes bigarrées précédentes, la lumachelle fossilifère à Av. coMorta.
bOS DIEIJLAFAIT.
DB MODGINS A LA BOUTE D'AMTIBBS, (Fig. 14.)
En continuant à s*avanc«r vers Test, et en ayant soin de contourner les ravins, on peut suivre Tinfralias sans interruption. 11 se voit très-bien à la propriété de Bellissin, et sa base, après plusieurs accidents qui affectent tout le système, va passer au col qui sépare, de ce côté, la vallée du Cannet de celle de Vallauris. Partout ici, sur une grande étendue, on voit la lumachelle compacte de rinfralias. Elle constitue à peu près exclusivement tous les fragments de roches employés à la construction des murs dans les environs, et qui sont en outre répandus ça et là sur le sol en très-grande abondance.
A 150 mètres du sommet, en descendant vers Vallauris, une source assez abondante sort de la colline, au bord même de la route, dans des argiles bleuâtres; à 80 mètres plus bas, une autre source apparaît à peu près dans les mêmes conditions. La couleur et Taspect général des marnes, la prodigieuse abondance de la lumachelle infraliasique qui les recouvre, ne peuvent laisser aucun doute : elles appartiennent à la base de la zone à Av. contorta.
En descendant, on voit ces marnes se prolonger pendant un certain temps, à gauche, en restant presque au niveau du chemin. Mais, en approchant de Vallauris, elles se relèvent brusquement pour s'abaisser bientôt de nouveau, au nord même du village. Elles offrent, à Touest, et tout près de Vallauris, un développement considérable.
On atteint bientôt, à l'est du village, le vallon au fond duquel s'enfonce le chemin de Vallauris à la route d'Antibes, et qui montre un grand développement de la lumachelle et des marnes à Av. contorta.
En sortant de Vallauris, du côté du sud, et marchant à Test, on trouve le muschelkalk très-développé ; c'est lui qui constitue la plus grande partie des collines qui s'élèvent d'abord dans cette direction. Pour retrouver l'infralias, il faut monter droit au nord du village, vers la tour Saint-Bernard. En approchant
ZOÎŒ A AVICULA CONTORTA ET IPÏFRALUS. 409
du sommet, on voit, à la propriété Narbon, la base de l'infralias avec de nombreux exemplaires de VAv. contoria^ et au-dessus les calcaires fissiles que nous avons signalés si souvent. La lumachelle, très-épaisse dans cette région, se maintient jusqu'au haut de la colline.
Les cultures ne permettent pas bien d'observer en place les couches fossilifères, mais l'abondance des débris appartenant à ce niveau est si grande, qu'on ne peut conserver le moindre doute sur la position moyenne de cette zone.
A partir de la propriété Narbon, la base de l'infralias s'abaisse très-rapidement vers le nord-est, et elle va passer à la propriété Carbonel, puis au nord de la propriété Jonchon.
Pour suivre l'infralias à partir de ce point, il faut s'avancer presque au nord, jusqu'à la propriété Gallon, près du quartier Saint-Maime, à l'ouest du petit ravin qui sert de limite aux deux communes de Vallauris et d'Antibes. On voit, en ce point, les marnes irisées dans le ravin même.
Quand on a franchi ce ravin et ces marnes, on se trouve, à 80 ou 100 mètres plus loin, devant un petit monticule (base de la colline) dans lequel on a ouvert des travaux de terrassement sur une longueur de 50 à 60 mètres. Ces travaux sont ouverts en plein dans l'infralias fossiUfère. Ce point est un des plus remarquables au point de vue des échantillons de collection.
L'infralias s'allonge un peu dans la direction du sud, mais remonte rapidement, pour contourner les collines, au nord du quartier Saint-Maime. Plusieurs fois interrompu par des fractures, caché à plusieurs reprises par la terre végétale, l'infralias peut cependant être facilement suivi dans sa marche générale.
Après avoir contourné les collines au nord-est de la tour Saint- Maime, il se dirige vers le sud pour reparaître avec un développement complet au quartier Saint-Jean.
En arrivant à ce quartier par l'ancien chemin, il reste, avant d'atteindre le vallon d'Antibes, à franchir deux petites collines, en approchant du premier sommet, celui de Saint-Jean proprement dit. En arrière de ce monticule, quand on commence
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h monter la pente, très-douce d'ailleurs, de la deuxième colline, on rencontre en abondance, à droite et à gauche du chemin, les calcaires marneux fissiles, et au-dessous la lumachelle friable de rinfralias très-fossilifère. Ix*s calcaires fissiles sont recouverts par des calcaires plus compactes renfermant encore VAv. contorta. En montant toujours, on arrive dans les bancs marneux durs et très-siliceux de l'infralias, et Ton atteint le point culminant.
Quand, de Tautre côté, les calcaires siliceux disparaissent, on retrouve la lumachelle compacte de l'infralias, et au-dessous lès calcaires fissiles recouvrant, comme du côté du nord, la couche à Av. contorta. Ces dernières couches se wient sur les côtés mômes du chemin, et elles ne disparaissent qu'à une trèspetite distance de la Méditerranée, sous les terres végétales et les dépôts tertiaires, à quelques centaines de mètres de la nlle d'Antibes.