DE GRASSE A LA BÉGCDE
(Fig. 15.)
En descendant de Grasse du côté de Test, on marche constamment dans les tufs quaternaires, sur lesquels la ville est bâtie. Dans la vallée, la terre, épaisse et parfaitement cultivée, ne permet pas d'observation régulière; mais la lumachelle du muschelkalk, très-abondante dans les murs de clôture, renseigne suffisamment sur la nature du sous-sol. Aussitôt que du côté de Test les terrains se relèvent, on voit apparaître le muschelkalk bien en place, recouvert par les cargnieules et les marnes du keuper. Ces deux étages constituent en particulier la base de la colline d'Oppio, qu(> nous allons rencontrer dans une autre coupe.
En franchissant, à Test d'Oppio, le ruisseau qui descend de Châteauneuf, et en suivant les parties élevées des collines pour arriver au château de la Bégude, on ne quitte presque pas Tinfralias en se tenant sur le versant sud.
Si, au lieu de suivre les coteaux, on s'avance par la route de Vallebonne, puis parcelle de Cagnes, les observations sont aussi concluantes et plus faciles encore.
En descendant, en effet, vers le sud, quand on a traverse la
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route de Vencc, on suit la base des collines dont nous venons de parler. Les marnes irisées, s'étendant à droite et à gauche sous la terre végétale, montrent leurs couches bariolées toutes les fois que le sol a été entamé, môme à une faible profondeur. La base de rinfralias n'est donc pas loin ; et, en effet, tous les murs de clôture, celui en particulier qui borde la route, sont à peu près exclusivement construits avec des matériaux empruntés à là lumachelle infraliasique.
A quelques centaines de mètres avant d'arriver à la t-outë de Grasse, le chemin que noua suivons s'éloigne un peu des collines infraliasiqucs. A une très-petite distance de Tenibràhchement, un vallon s'ouwe à gauche. Si on le remonte eh marchant vers le nord, on retrouve bientôt la lumachelle infraliasique avec de très-nombreux fossiles.
. Mais le point le plus favorable dans tout ce canton pour Volt la base de Tinfralias avec tous ses fossiles, Av. contorta^ Plica^ tules^ Myophorines^ Gastéropodes microscopiques^ etc., c'est l'endroit même où le chemin de Vallebonne coupe la route départementale de Grasse à Gagnes.
Dans l'angle sud-est formé par la route et le chemin, ôh trouve très-visible la lumachelle fossilifère. Elle est recouverte par les calcaires marneux fissiles, particulièrement remarquables en ce point. Ce n'est pas qu'ils soient là plus épais qu'ailleurs; mais, par le fait du mouvement général, ils s'élèvent en petits toits au-dessus du terrain, et d'ailleurs la route, qui les a suffisamment entaillés pour son passage, rend l'observation plus facile encore. D'un autre côté, l'abondance des restes organiques et la grande étendue de la zone à Av. contorta feront désormais de ces points les lieux les plus typiques de la base de rinfralias dans cette partie du midi de la Frahce.
En suivant la route de Gagnes, on rencontre bientôt rinfralias, puis rinfralias calcaire et dolomilique ; au bout de 300 mètres, au deuxième point culminant, on retrouve la base de la môme zone avec les mômes fossiles.
Jusqu'au poteau kilométrique n° 8, on s'avance dans l'infralias compacte. Toutefois l'apparition à diverses reprises des
&12 BIBIJIJUPAIT.
marnes irisées indique que la limite des deux étages est bien peu éloignée du niveau de la route.
Avant même d'atteindre le point que nous venons de signaler, la route est descendue à peu près au niveau du vallon. La lumachelle est très-visible pendant 200 mètres. Elle est ensuite recouverte par des calcaires dolomitiques très-cloisonnés, mais bien stratifiés, puis par d'autres bancs plus compactes, le tout appartenant à Tinfralias. Il y a eu, dans cette dernière partie, un dérangement considérable qui ne permet plus de saisir bien exactement les véritables relations des couches, ce qui est peu important, puisqu'à 60 mètres plus loin la colline se termine et la vallée s'élargit.
Les marnes irisées forment le sous-sol de ce vallon; et, si déjà l'aspect du terrain ne conduisait pas à cette conclusion, il suffirait, pour ne conserver aucun doute, d'explorer au nord et au sud les bords inférieurs des collines en\îronnantes. Ou retrouve partout à ce niveau la lumachelle à Av. contoria. Aussi, du côté du nord, quand on a traversé le ruisseau de la Bégude, on voit cette lumachelle dans le chemin même. En s'avançant vers l'est, la couche riche en Avicules disparaît, mais la lumachelle bleue compacte se montre toujours, et ce sont des blocs appartenant à peu près exclusivement à cette zone qui ont ser\i à la construction du mur qui borde la route. Il sufBt, pour retrouver la lumachelle friable, de descendre un peu à droite vers le ruisseau.
En approchant du château de la Bégude on voit la lumachelle s'enfoncer sous l'infralias dolomitique, et celui-ci est recouvert à son tour, en arrivant en face du château, par des calcaires bleus remplis de rognons de silex.
Ainsi la lumachelle infraliasique règne dans toutes les collines que côtoie le chemin de Vallebonne, depuis la route de Gagnes jusqu'à celle de Veiice ; elle se continue également sur les deux côtés du vallon, depuis l'embranchement du chemin de Vallebonne jusqu'au château de la Bégude.
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DE LA BÉGUDB A TALLEBONHE ET A M0DGIM8.
(Pig. 16.)
DelaBégude à Vallebonne, on ne rencontre plus Tinfralias, el surtout la base fossilifère, qu'aux environs de ce dernier village. Les terrains jurassiques se sont fortement abaissés, et Ton trouve, vers le point culminant de la route, un niveau fossilifère très-développé.
Vallebonne est bâti sur les parties basses des dolomies infraliasiques. Du côté de Touest, au village même, on trouve la lumachelle à Av. contorta. Elle est très-abondante, en particulier dans la cour de la maison Parisol.
La petite plaine qui s'étend de ce côté sous le village appartient aux marnes irisées, comme l'atteste la présence de la lumacbelle infraliasique à la base des coteaux ; la masse argileuse qu'on voit d'assez loin au bord de la Brague appartient encore à cet étage.
Il y a dans ces parages une rupture évidente, le lit de la Brague lui-même est dû à cette cause.
En s'avançant par l'ancien chemin de Mougins, on marche pendant 100 mètres sans quitter la limite inférieure de l'infralias, ce qui indique déjà un abaissement notable des couches vers le nord; puis on rencontre pendant 20 mètres les gros bancs dolomitiques siliceux de l'infralias. La route s'avance ensuite pendant 200 mètres dans la terre végétale, et l'on se trouve alors en présence de gros bancs de calcaires bréchiformes appartenant probablement au trias.
A partir de ces gros bancs jusqu'au pont à l'aide duquel se fait le raccordement de l'ancienne et de la nouvelle voie, la route est en général ouverte dans les marnes irisées, mais des débris fréquents de lumacbelle qui apparaissent ça et là indiquent le voisinage de l'infralias. Si en effet on s'élève un peu dans les cultures du côté de l'est, on rencontre bientôt en place l'infralias dolomitique. A 100 mètres du pont dont nous venons de parler, on voit la lumacbelle fossilifère au bord même de la route; seulement elle est devenue à peu près verticale, bien
qu'elle conserve parfaitement, par rapport aux marnes irisées et à rinfralias compacte, sa véritable position.
A partir de là, toujours en montant, on trouve dans le torrent que longe la route plusieurs barrages construits pour rompre la violence des eaux pendant Thiver, et à 400 mètres plus haut on arrive à un barrage naturel formé par des bancs compactes plongeant fortement vers le sud. Au-dessous de ces bancs apparaissent des argiles bleues, identiques avec celles qui plus bas se . montrent si abondantes sur la rive droite de laBrague. A la partie supérieure des bancs calcaires, on retrouve la lumachelle très-fossilifère de la base de Tinfralias.
En continuant à suivre la route qui monte toujours, on ne quitte pas la zone à Av. contorta. Ce fossile est particulièrement abondant à 50 mètres du barrage naturel que nous avons signalé plus haut.
A mesure qu'on s'élève, l'épaisseur des bancs devient moindre tout en conservant leur plongement vers le sud, et à 200 mètres plus loin on retombe sur la lumachelle à Av. contorta, bien qu'on n'ait pas cessé de monter. Il y a là très-probablement une petite faille, à moins que les couches infraliasiques se courbant, comme cela arrive souvent dans les pays qui nous occupent, la lumachelle ne se trouve ramenée à un niveau plus élevé par suite d'un plissement.
On atteint le point culminant du coteau qu'on monte depuis Vallebonne, on laisse à droite le monticule et la maison du Castelas, on marche pendant quelque temps dans les cailloux roulés, et l'on entre dans un petit vallon dont tout le sous-sol est constitué par les marnes irisées.
A 80 mètres avant d'atteindre le pont construit pour livrer passage à la route, au point le plus bas de la vallée, on trouve en abondance, sur la droite, la lumachelle infraliasique à Av. contorta.
A partir du pont, la route monte assez doucement pendant 400 mètres. On voit à droite les couches plissées et contournées en larges arcades ; la partie compacte et feuilletée n est pas autre chose que la lumachelle infraliasique. Aussi trouve-t-on en
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abondance, dans tout ce parcours, les fossiles les plus caractéristiques de cet étage. Dans Tintérieur des arcades, on voit trèsbien apparaître les ai^iles bariolées qui constituent la partie supérieure des marnes irisées.
Au sommet de la colline, on retrouve les nombreuses assises fissiles de la base de Tinfralias. Comme ces marnes fissiles se rencontrent au niveau de la route, quand on redescend vers le sud, on est averti que l'infralias plonge maintenant dans cette direction. On voit d'ailleurs, un peu plus bas, au-dessus des marnes fissiles, Tinfralias calcaire compacte, puis l'infralias dolo-
mitique.
En descendant toujours, la base fossilifère de l'infralias reparaît, et l'on atteint une petite vallée large d'environ 500 mètres, traversée à niveau par la route, et appartenant à la partie supérieure des marnes irisées. Quand on a rejoint les petits monticules sur les flancs desquels s'avance le chemin au delà de la vallée, on retrouve partout la lumachelle à Av. conforta^ et cela jusqu'à la vallée de Mougins.