III, 9. — ART. K
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ches étaient inclinées, les dépôts ont pris aussi cette inclinaison.
L'épaisseur considérable qui manque, des assises de la zone supérieure, et l'horizontalité des couches tertiaires, prouvent bien, du reste, que les premières avaient été disloquées et dénudées avant le dépôt lacustre, et il nous parait certain que ces calcaires inclinés servaient de falaises et de limite au lac miocène.
Cette première faille n'a que très-peu d'étendue ; elle vient mourir au chemin qui conduit d'Ârmissan à Ramade et n'a pas plus de 2 kilomètres de longueur.
Nous ne pouvons pas mieux comparer Teffet que produit cette fracture qu'à une boutonnière beaucoup plus longue que large, dont la lèvre gauche serait relevée, de façon à laisser voir Tétoffe qui se trouverait en dessous, et dont la lèvre droite serait au contraire surbaissée, de façon à cacher complètement cette même étoffe.
Les calcaires compactes qui constituent le fond de cette boutonnière naturelle se relient au nord-est et au sud-ouest, et appartiennent par conséquent au même niveau straligraphique.
Une faille qui a la même direction et qui donne naissance à une combe dirigée dans le même sens, est celle qui s'étend du Rouquet au sud-est de Crus.
La deuxième faille est une des plus importantes et des plus étendues de laClape: c'est celle que nous avons signalée dans la coupe de Ricardelle à la plage, et qui avait échappé complètement à M. Coquand.
Elle commence en effet au sud des Portes, passe à Figuières, à Pech-Redon ; au delà du Coffre, elle fait brusquement un angle droit en abandonnant la ligne droite du sud au nord, pour aller de J 'ouest à Test; mais bientôt elle abandonne cette direction perpendiculaire à la première, pour en prendre une parallèle, jusqu'au point où la route de Pech-Redon aux Colombiers commence à descendre, et où nous avons signalé le calcaire compacte se présentant sous Taspect d'une surface sidéritique de glissement.
Au delà du coffre de Pech-Redon, nous signalons deux plateaux dont le second est le plateau de Notre-Dame des Auzils; nous ne
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marquons pas de ligne de faille dans les deux courbes indiquées dans le diagramme ; mais il se pourrait bien qu'il y eût, en ces deux points, des failles de peu d'importance qu'il nous a été impossible de saisir, à cause des éboulis des pentes qui ont comblé le fond de ces deux vallons.
Mais au delà du plateau de Notre-Dame, la grande faille signalée dans la coupe de Ricardelle à la plage (fig. 5) se montre avec toute son importance. Mais comme elle a affecté la zone supérieure, nous y reviendrons tout à l'heure ; nous en dirons autant de la suivante qui met en rapport, plus au sud, les couches à Orbitolines avec les calcaires compactes.
Le plateau de calcaire compacte que l'on voit en ce point, et qui se trouve à un niveau plus inférieur que le précédent, doit cette différence à la faille 4 ; et ce qui prouve qu'il y a bien une faille en ce point, c'est d'abord la nature des assises en contact, leur différence d'inclinaison, et surtout la présence, à la hauteur de la faille 5, des couches inférieures au calcaire compacte.
En effet, ce calcaire repose sur l'assise à lumachelles d'Huîtres et sur les marnes jaunes à Echinospatagus CoUegnii, Pseudodiadema Malhosii, Osirea Aquila.
Puis viennent les excavations en forme de cirque des calcaires à Orbitohnes, en contact par faille avec les marnes jaunes.
Les trois failles qui suivent n'onl que peu d'importance, car on ne peut en connaître exactement la grandeur ; mais elle n'est certainement pas considérable, puisque nous avons affaire à deux assises immédiatement successives dans l'ordre straligraphique, d'une part le calcaire compacte n° 7, et d'autre part le calcaire à Orbitolines n° 8.
L'intervalle compris entre les failles 6 et 7 est occupé, soit par les eaux de l'étang de Pech-Maynaud, soit par les dépôts de la plaine ; il en est de même de la lacune entre les deux collines de Pech-Maynaud et de Gruissan. Si la première ne nous laisse pas voir les assises inférieures au n'* 7, il n'en n'est pas de même de la seconde, qui, à la suite d'une inclinaison plus considérable vers la mer, laisse voir même les marnes jaunes à Echinospatagus Collegnii^ Ammonites Cornuelianus,
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On voit donc que cette seconde partie de la Glape, c'est-àdire depuis Notre-Dame des Âuzils jusqu'à la mer, est bien plus faillée ; d'une part on ne compte que deux failles, et d'autre part jusqu'à sept, et pourtant les distances sont à peu près les mêmes.
Ces faits bien observés nous paraissent démontrer que ce n'est pas à la suite d'un soulèvement que les calcaires compactes se trouvent à l'altitude de 21 & mètres au Pech -Redon, mais bien que c'est à la suite de glissements et d'effondrements causés par des fractures ou failles qu'ils se trouvent à des niveaux inférieurs qui en font comme des degrés pour s'élever du niveau de la mer jusqu'au sommet le plusélevé de cette montagne, si digne d'intérêt au point de vue des faits de la dislocation.
PiG. ii. — Coupe du Pcch-Redou au Pech-Maynaud.
Kcbelle. — Lougneur, l/dOOOO*; liautenr, 1/45000*. S
lia
85 Ktan^
La figure 11 donnera une nouvelle preuve de cette succession en degrés des calcaires compactes, succession qui est due à une série de failles.
En parlant de Pech-Redon,214 mètres au-dessus du niveau de la mer, et se dirigeant vers le sud-ouest, on descend progressivement, et le calcaire occupe les hauteurs plus faibles de 197, 184 et 151 mètres, et cela sans qu'il y ait de faille bien apparente; car, nous le répétons encore une fois, il peut se faire qu'il y ait autant de petites failles qu'il y a de combes ou vallons.
Mais à partir de la cote 151 , sud de la métairie des Portes, on descend des gradins qui doivent leur origine à des failles.
Telle est celle de Pierre-Droite, qui part de la route de Narboune à Gruissan, ii l'embranchement qui va aux Enferrecb,
et qui, se continuant au Rec, passe au bas de Noire-Dame des Auzils, à Touest de Saint-Obre >el va mourir à la hauteur de la Vigie ou poste des Douanes.
Tout le long de cette faille et à l'ouest, règne une muraill» calcaire occupée par le calcaire compacte et limitant le vaste plateau de Notre-Dame de Bon-Secours.
Nous avons prouvé que le calcaire du plateau qui fuit suite à la combe de Pierre-Droite est le même que celui de Notre-Dame. On en a la preuve dans cette nouvelle coupe. Les assises 6 et 5 supportent en effet en concordance parfaite de stratification cette assise à Rudistes, qui se voit encore dans le plateau suivant, lequel est aussi supporté par les mêmes assises inférieures.
Nous sommes descendus à la cote 83 en passant par celle de 110 mètres, et enfin nous arrivons à la colline de Pech-Maynaud, entourée de tous côtés par Teau de l'étang qui porte le même nom. Cette colline n'a que 31 mètres.
La plage succède immédiatement à cette colline calcaire, et jusqu'à la mer on ne voit plus qu'un sable gris très-fin qui ne forme que des dunes d'une très-faible élévation.
Nous voilà donc parvenus du point culminant de la Glape au bord de la mer, en descendant par une suite de degrés naturels qui ont une hauteur moyenne de 30 mètres.
Il est probable que si, à Touest, les dépôts tertiaires ne recouvraient pas les dépôts secondaires, nous les verrions se terminer à un niveau correspondant au niveau de la mer, et disparaître comme dans la région qui avoisine la côte.
Comme on a pu s'en convaincre par tout ce que nous avons dit des assises de la zone supérieure, on a pu s'apercevoir qu'en général ces couches n'étaient pas dans la position normale où elles avaient été déposées; on a vu au contraire que, sauf quelques rares exceptions, elles se trouvaient à un niveau plus bas que les calcaires compactes qui les supportent : nous avons signalé la cause de celle différence, et nous avons dit que des failles seules pouvaient avoir agi sur elles et les avoir précipitées ainsj au-dessous de leur base naturelle.
I^ diagramme suivant (fig. 12), tout en donnant une nou-
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velle preuve du fait, nous permettra de voir ces assises en place d'uDe part, et butant en faille, d'autre part, contre les calcaires compactes.
Cette coupe est prise de Marmorières à Saint-Eugène, du N. N. 0. au S. S. E,
BN.O.
AlamujrUsrcs
FiG. 12. — Coupe de Marmorières à Saint-Euf^ne.
h:>helle. — Longueur, 1/60000*; hauteur, 4/10000*.
ComplajLens
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Binais
il). d.C
Le vallon de Marmorières est creusé dans les marnes jaunes du n* 5, contre lesquelles bute le calcaire compacte à Réquiénies.
Ce calcaire est le même que celui de Plan de Roques, quoique formant un plateau inférieur, puisqu'il est supporté par les assises qui servent de base au second, comme on le voit eu quelques points extrêmes de ce plateau de Marmorières.
Avant d'arriver à Complazeus, une deuxième faille met eu contact le calcaire compacte n*" 7 avec les assises à Orbitolines : la différence d'inclinaison est un fait bien constaté par nous en ce point, et jusqu'à la cote 180, on gravit une pente douce qui fait passer Tobservateur successivement sur les trois assises de la zone supérieure, et enfin sur le calcaire compacte, dont les arêtes saillantes forment au bord du plateau un mur abrupt et presque vertical, limitant le vallon, de Rivais au N. 0. et au nord.
L'assise inférieure n"* 8 repose en stratification bien concordante sur le n"" 7, comme nous lavons vu dans la coupe d'Armissan à la plage (fig. 7).
La faille que nous avons signalée au contact des deux zones supérieure et moyenne s'étend du bord occidental de la Clape au nord d'Armissau ; suit d'abord la direction à peu près recti-
ligne de rO. à TE., puis au delà de Gomplazens elle tourne brusquement vers le nord, et va se terminer à la hauteur de Courtal-Crémat, où elle met en contact les assises à Orbitolines avec les couches de la zone inférieure. Elle prend, à partir de ce point, une direction parallèle à la première, c'est-à-dire de Touest à Test, passe au Léger, à Tuffarel, et va se terminer, à la hauteur deMoyau, sur la plage orientale de ces montagnes de la Glape.
Comme on le voit par ce que nous venons de dire et par ce que nous avons dit de la faille de Figuières, les lignes de fracture et de dislocation dans ces montagnes se compliquent par leur réunion ; car la faille que nous venons de signaler est évi- ^ demment le résultat de plusieurs fractures, au moins au nombre de trois : la première allant de l'ouest à Test, la seconde du norau sud, et la troisième suivant la même direction que la première, mais plus au nord. Les variations très-inégales de niveau que l'on observe sont dues évidemment à la jonction de ces différentes failles.
Ce fait, observé par nous, se rapporte fort bien à ce que dit Lyell en parlant des failles: « En suivant la direction d'une » faille, on remarque parfois, en différents endroits, des varia- » tiens très-inégales de niveau : la différence est, sur tel point » de 90 mètres, sur un autre de 200 mètres ; ces variations pro- » viennent, dans quelques cas, de la jonction de deux ou plu- » sieurs failles. En d'autres termes, les couches disjointes ont » été, dans certains districts, soumises à des mouvements répétés 9 qu'elles n'ont point subis ailleurs. »
Il nous reste à mentionner la faille la plus importante qui ait affecté les assises supérieures de laClape, je veux parler de celle qui, sur notre coupe, met en contact, après le plateau inférieur de Rivais, les calcaires compactes avecles calcaires àRéquiénies. C'est la 5' faille figurée sur notre diagramme.
Elle suit une ligne sensiblement droite et parallèle à la direction du grand axe de notre ellipse montagneuse, par conséquent N. E., S. 0.
Au sud de la redoute de Saint-Pierre rocher isolé et formé
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de calcaire compacte noir marmoréen, plein de Réquiénies, el qui appartient à notre zone moyenne, apparaît le calcaire à Orbitolines.
Ce calcaire à Orbitolines constitue la falaise de cette côte, sauf aux endroits figurés dans deux de nos coupes où l'on voit la superposition de ce calcaire au-dessus de sa base naturelle, le calcaire compacte, sauf également le Mourel Rouge signalé déjà au sud de Tembouchure du ruisseau de Combe-rHabit. Il bute en faille, à la hauteur des Quarante, contre le calcaire compacte.
Cette faille est perpendiculaire à la côte et aussi à la faille qu'elle rejoint à la bergerie des Quarante. Celle-ci passe à Rouquette, longe un instant le ruisseau de Combe-Val, laisse les^ Abattutsàlesty ainsi que la Garde, Saint-Obre,etva se terminer au Rec. Mais, en fae« de cette métairie, elle se joint à une faille plus à Test, qui contourne la colline surmontée d*un plateau calcaire au sud du Rec, va passer à la Bergerie, à Masure, et va se terminer dans la plaine, où elle disparaît sous les dépôts qua* ternaires et sous l'étang de Pech-Maynaud. Ici encore nous avons complication et jonction de plusieurs failles de grandeur variée, comme on va le voir.
Dans notre note sur la Clape, publiée dans les Comptes rendus de r Académie des sciences (t. LXXIII, p. 51), nous disions, en parlant des assises que Ton observe à Notre-Dame des Âuzils : a L'assise u"* 10 atteint près de ilxO mètres d'altitude, alors que » le calcaire compacte n° 7 atteint 147 mètres. Il y a là une » faille de plus de 150 mètres. »
Il faut ajouter en effet aux 100 mètres environ d'épaisseur des trois assises de la zone supérieure, à peu près toute l'épaisseur des calcaires compacles. Car le contact a lieu, en ce point, avec la lumachelle de Réquiénies qui, avons-nous déjà dit, est la base de cette importante assise.
A la hauteur du Rec, la faille est aussi importante dans les rapports des couches à Orbitolines avec les assises qui forment la pente au nord de la métairie; mais la faille qui est au sud de cette campagne faisant buter ces calcaires contre ceux de la
zone moyenne, la différence de niveau est moins grande, puisque ce ne sont plus que les assises 8 et 7 qui sont en contact.
La faille n'a donc pas plus de 50 à 60 mètres.
Nous en dirons autant pour la faille parallèle au petit axe signalé à la hauteur des Quarante, et qui met en rapport les assises 7 et 8.
Gomme il est facile d'en juger, la faille des Auzils est bien la plus importante dans tout ce système de montagnes ; celles de Figuières et de Ramade n'atteignent pas cette importance. A Figuières, elle a 100 mètres au maximum, et à Ramade, liO ou 420 mètres.