‹ Annales des sciences géologiques (volume 4)Chapitre 25 sur 69 · C. S. Calcaœes ichistoldea ooiiitret · texte numérisé non relu

C. S. Calcaœes ichistoldea ooiiitret

Tr. Trias. Gypses et marnes irisées.

Gr.^Granit dé Lesquerde.

(Voyes la ùfpan i pour les autres aijpiei.)

Au sud de Lesquerde règne le granit, contre lequel bute le trias, représenté par le gypse très-tourmenté, offrant des couleurs irisées comme les argiles qui l'accompagnent. Le village de Lesquerde est construit sur le granit, contre lequel viennent buter en faille les calcaires compactes à Réquiénies, qui forment à eux seuls les murailles verticales de la chaîne de Lesquerde, murailles qui dominent au sud la grande vallée de Saint- Paul et de Caudiès,

11 & F. CAIROL.

Dufrénoy, en 1830, avait rapportée la formation crétacée inférieure les calcaires compactes dont nous parlons ; mais les relations des roches ignées et sédimentaires lui avaient paru telles, qu'elles ne lui ont pas permis de considérer les secondes comme s*étant déposées dans les anfractuosités ou les dépressions des premières ; et, à ce propos, M. d'Àrchiac ajoute que tout porte à croire que les roches granitiques, plus récentes, ont dérangé et modifié les roches crétacées, lors de leur arrivée au jour. Nous ne partageons pas en cela Topinion de nos savants devanciers, quant à ce qui concerne la postériorité du granit aux roches secondaires. En effet, nous n'avons vu nulle part le granit empâter des blocs de calcaire crétacé, comme cela arrive souvent pour les roches qui sont antérieures à Tépanchement des roches ignées.

Ce contact n'est dû, selon nous, qu'à des failles, et il n'est pas rare de voir, au contact du calcaire et du granit, des surfaces sidéritiques de glissement, et même de véritables amas de fer sulfuré, dans une gangue de quartz, ainsi que des veines de fer oligiste. Le calcaire compacte incline vers le S. et repose en stratification concordante sur des calcaires jaunes gréseux, remplis, en certains bancs, d'Orbitolines. Nous y avons trouvé aussi VOstrea Aquila, En un mot, ce sont les mêmes assises qui supportent partout les calcaires compactes. Mais bientôt, en descendant dans la plaine, on ne tarde pas à tomber sur un système de grès ferrugineux, de schistes noirs, de calcaires schistoïdes, qui appartiennent à rét.'tge du gault, et qui butent en faille avec une inclinaison plus marquée vers le sud, contre les assises précédentes. M. d'Archiac, les rangeant dans le néocomien, c'est-à-dire dans son étage inférieur aux calcaires compactes, les fait passer au-dessous de ces derniers, et les confond u -jours avec les assises de notre zone inférieure.

M. Leymerie nie Texislence du gault dans les Corbières, et dit : « Il ne suffit pas, pour établir rexistence d'un terrain dans o une région, de signaler en quelques points la présence de » fossiles plus ou moins caractéristiques. Il faut que ce terrain tt ait un corps, c'esl-à-dire qu'il puisse être distingué physique-

ARTiCLB n^ 2.

» ment par des caractères qui permettent de le suivre daus une » étendue suffisante, et d'en tracer les limites sur une carte. Or, » je ne pense pas que ces conditions soient remplies notamment 9 pour l'étage albien, qu'on voudrait introduire dans notre » chaîne. L'époque albienne peut s'y trouver, mais le terrain » n'y est pas. »

Nous ne savons pas si M. Leymerie a parcouru les Corbières comme nous l'avons fait ; mais sûremeut on ne peut qu'être frappé de l'importance de ces couches noires, qui s'étendent, dans notre coupe, entre la chaîne de Lesquerde et celle de Saint-Antoine, et dans lesquelles on trouve des fossiles qui, jusqu'ici, ont été regardés comme caractéristiques du gault.

Nous ne chercherons donc pas à combattre les assertions du savant géologue des Pyrénées ; elles crouleront d'elles-mêmes par le seul exposé que nous ferons de ce terrain. Cet étage présente à l'observateur une série de schistes noirs, avec des gâteaux brunâtres très-durs, comme ceux que nous avons signalés dans la vallée du Rieu (la Murelie), de grès ferrugineux contenant une faible proportion de phosphate de chaux, environ A ou 5 pour 100, de calcaires schistoïdes.

Quelques-unes de ces couches sont assez riches en fossiles.

A. Paillette avait recueilli dans les marnes noirâtres de ces régions des fossiles qu'Alcide d'Orbigny a déterminés, et parmi lesquels ce dernier a reconnu : V Ammonites Milletianus^ d'Orb., le Turritella Vîdray^awa, d'Orb., le Cardita tenuicosta^ Mich., le Nucula pectinata^ Sow., YOstrea Milletiana^ d'Orb., etl'OrWtoUna lenticulata^ d'Orb., qui n'ont été signalés que dans le gault.

Nous avons pu recueillir d'autres fossiles |qui augmentent le nombre des espèces citées, et qui serviront à caractériser davan« tage ce terrain, si intéressant par son allure et ses rapports avec les étages inférieurs à lui.

Nous citerons, outre les précédents : le Cucullea fibroaa^ Sow., le Cardita Comtantii^à*Ovh. , le Cyprina Ervyensis ^d'Orb. , Y Echinoconus mixtus^d^Orb.^le Catopygus q/lindricuSy Desor, le Trigonia Lamarckii, Math., le Tr. aliformis^ Parkins., Pseudo^

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diadema Malbosii^ Cott., Lima parallela, Sow., Nucula bmr-gata^ Fitton, Plicatula radiola, Lam., Natica Gaultma^ d'Orb. Voilà donc une petite collection d'une vingtaine de fossiles^ sans compter un certain nombre de moules de Bivalves, que nous n'avons pas pu déterminer, qui prouvent bien que nous avons le gault en présence. Nous devons dire que les Ammonites n'y sont pas rares; mais malheureusement, les échantillons complets sont d'autant moins fréquents, que le sol de cette riche vallée est totalement cultivé, et recouvert de vignes fertiles et productives d'un vin généralement très-estimé.

Quant aux idées émises par M. Magnan sur les rapports de cet étage avec les autres, nous y reviendrons dans Texposé de la coupe suivante, qui suit, à peu de chose près, la même direction que celle qu'il avait publiée déjà lui-même.

Nous avons hâte d*en venir au point important de notre diagramme, qui est le contact normal du terrain crétacé et du terrain jurassique.

Le gault bute par faille contre le calcaire compacte au N. de la vallée, et ce dernier constitue le plateau de la chatne de Saint-Antoine et de la montagne de Capronne.

La grande épaisseur que paratt avoir ce calcaire est due uniquement à des failles, et non à des bancs de calcaires passant au-dessous les uns des autres. Ce calcaire, très-corrodé, atteint ici 858 mètres d'altitude, tandis que dans la chatne de Lesquerde il atteint, en face, l'altitude de ASO mètres seulement.

Au nord, il plonge faiblement vers le sud, tandis qu'au sud il a une inclinaison de plus de k^^ et il repose sur toute la série de la zone inférieure.

Ici ce sont des marnes jaunes, des argiles bleuâtres, des bancs de calcaires renfermant des Orbitolines, et constituant toute la combe d'En-Jarnedy.

Nous ne saurions douter de Tâge de ces couches inférieures aux calcaires, puisque, à part les Orbitolines, nous y avons trouvé deux échantillons AËchinospatàgus Collegnii et l' Ostrea Aquila.

Ges couches ont subi une forte pression qui les a très-grande-

ARTICU no 2.

ment plissées et même renversées, comme l'indique notre coupe. En effet, Tinclinaison, qui n'est guère que de 15° à 20° pour les assises 5 et 6, augmente petit à petit jusqu'à 90% pour dépasser ensuite Tangle droit, et prendre une inclinaison opposée vers le nord.

C'est là que nous avons vu la superposition, par renversement, du calcaire jurassique avec dolomies, J, qui termine notre coupe au nord. Si nous n'avons pas trouvé de fossiles dans les couches marneuses qui supportent le calcaire jurassique, nous pouvons toujours dire que les couches J appartiennent à cet étage ; car ce sont les mêmes calcaires et les mêmes dolomies que nous avons vus, à Feuilla, reposer sur les schistes k Ammonites bifrons ^ Ostrea Maccidlochii^ Pecten œgiiivalvis, comme nous l'établirons dans la suite.

M. Coquand, dans sa Monographie paléontologique de t Espagne, donne aussi comme vraie la superposition des calcaires aptiens kPlicatules^ Ostrea Aquila^ etc., au-dessus du lias, à Montalban et au val d'Àrino, et au-dessus du jurassique inférieur, à Obon et à Josa.

Nous avons donc ici la clef de la grande question des niveauï différents de calcaires à Réquiénies.

Nous y voyons donc que ce n'est pas un calcaire à Réquiénies (Magnan, Coquand), calcaire à Dicérates (Dufrénoy) , qui repose sur le jurassique, mais bien un système de marnes et calcaires marneux qui n'est autre chose que notre zone inférieure.

Voilà par conséquent une nouvelle preuve en faveur de l'idée que nous émettions dans notre première partie, à savoir, qu'?/ n^y a qu'un seul niveau de calcaires à Réquiénies^ soit à la Clape, soit dans les Corbières.

La figure 20 donne la coupe de la chaîne de Lesquerde à celle de Saint-Antoine, en passant par Saint-Paul de Fenouillet*

Au sud, on voit le granit, reconnaissable àseséléments constitutifs Açi feldspath, quartz et mica. C'est un granit à grains uns, passant parfois à la leptinile.

En certains points, la roche est décomposée, et le mica ne se voit plus qu'en amandes : c'est alors une vraie pegmatite.

lis r. CAIBOL.

Ailleurs la roche paraît stratiflée et passer au gneiss ou au micaschiste.

Nous sommes très- porté à croire que dans ce cas nous n'avons plus affaire au granit primordial, mais bien à des débris granitiques remaniés par les eaux et déposés en strates plus ou moins régulières sous forme de gneiss ou de micaschistes.

FiG. 20. — Coupe de la chaîne de Saint-Antoine à celle de Lesquerde,

par le pont de la Fou.

Echelle. -« Lo&ifaeiir; 4/100000" ; hratour^ 1/60000*.

ri.

jb^ii

ÊflÉi

O.S. OèUoé lupériear à Mieratter brtvù,

a. Marnes jeuoee.

•'. Calcaire marneux blaoe avec Oonios.

b. Argiles avec bancs de calcaires subordonnés.

c. Argiles bleues et jaunes.

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