C. plenidens Meyer
Weisenan.
Cuisc-la-Motie.
Scwalik.
Weisenau.
Weisenan.
Argile de Londres.
Argile de Londres.
Croc, de Brentfort| Cut .
Sainl-Gérand le Puy.
Wics.
Bracklesbaro.
Sewalik.
Rive gauche de rira< ntadi.
Croc, des marnières d'Argenton,Guv. (1).
On voit que, défalcation faite des espèces douteuses ou nominales, le nombre desCrocodiliens tertiaires et mftme quaternaires se trouve réduit à douze ou quatorze. C'est à celles-ci que nous aurons à comparer les fossiles de Saint-Gérand le Puy ; encore cela peut-il dès Tabord se simplifier, en observant que ces derniers, quelle que soit Topinion qu on ait sur la valeur des espèces admises, se rapportent à la section des Crocodiles proprement dits, ou sont très proches des Alligators. Il est donc inutile d avoir égard aux espèces voisines des Gavials, tels que le Crocodilus crassidens^ Cautl. et Falc. , le Crocodilus Ungeri^ Prangner, le Gavialis Dixoni^ Owen ; il en est de même du Pie-
(1) Ce mémoire était déjà a l'impression lorsque j'ai eu connaissance d*un travail de M. Leidy, où se trouvent indiquées trois nouvelles espèces fossiles tertiaires du genre Crocodile : l'une, Crocodilus aptus, connue par une seule vertèbre; l'autre, Crocodilus Ellioiti, dont « le crâne a environ un pied et demi de long, et ressemble/pour la forme, à celui du Crocodile du Nil »; la troisième n'est pas nommée. Espérons que Tauteur, si même cela n'est déjà fait, ne tardera pas à donner des détails plus clendussur ces Reptiles, pour ne pas augmenter la liste, déjà trop longue, des espèces nominales. [Prdiminary llepurt o/'thc United States Geo/ogical Survey ofW'yoming, oXa Wasliiiif. ton, 1871, part. iv. Rrpovi on thc Vertebrflfe fus fils of the Tt'rtiary forrnnlion 0/ Hf West, p. 3G8.)
ARTICLE N*" i.
OROCODILIBHS P0SSILB8 TERTIAIRES. 15
rodan crocodiloides, H. V. Meyer, et du Pristichampsus RolUnati^ Gray, sp., genres que la conformalioD de leurs dents distingue suflBsamment. C'est donc avec les A//îgffltor Hantoniensis, Wood, Crocodilus Buticonensis^ H. de Meyer, Crocodilus champsoides ^ Owen, Crocodilus depressi frons ^ Blainville, Crocodilus Has^ iingsiœ^ Owen, Crocodilus S pencer i j Bnckhnd, enfin Diph^ çynodon Ratelli, Pomel , que nous devrons chercher à établir quelques comparaisons. Pour ce qui est de celte dernière espèce, elle se rencontre naturellement parmi celles que je vais avoir à étudier et provient du même endroit.
En faisant plus haut Thistorique général des Crocodiliens tertiaires, j'ai eu déjà l'occasion de citer les nombreuses recherches de M. Pomel, sur la localité même d où proviennent les échantillons que j'ai eus à ma disposition. Plusieurs naturalistes avaient auparavant examiné ces richesdépôts fossilirères en y signalant la présence d'ossementsdeReptiles; parmieuxon ne doit pas oublier Geoffroy Saint-Hilaire, qui a parlé un des premiers des débris de Crocodiles de Saint-Gérand. a Je puis citer, dit-il, à l'appui » de ces réflexions (sur les époques successives de la vie dans » l'univers), plusieurs nouveaux faits de mes récentes recherches : p ce sont de bien curieux débris de Crocodiles. J'ai trouvé des » parties de cesReptiles parfaitement caractériséesdans le calcaire » empâté A'Helix^ de Paludines et de petits Crabes qui consti-
9 tuent à Saint-Gérand le terrain indusien Le grand intérêt
» de ces morceaux tient, selon moi, à ce que ces nouveautés cro- » codilienneS) d uue part, ne rentrent point dans les formes qui » m'ont fait établir les genres Steneosaurus et Teleosaurus^ et, » d'autre part, lie se rapprochent point non plus des Crocodiles » actuellement vivants, dans un degré d'une identité générique. » Quelques échantillons frustes, trop rares, et par conséquent » incomplets et insufflsiiiits^ laissaient toutes ces questions dans » l'indécision ; les objets que j'ai rapportés de mon excursion » donneront au contraire toute satisfaction à cet égard (1 j. »
(1) Études progressives rtun nfifurnli^tc^ pf^ivhnt icî nnuées 1834 et 1835, faisuint mite à t^î publications' drtns Ic^ 42 volumes ffex Mémoires et Annales du Muséum d'histoire naturelle» Pm9j 1835, p. 101.
16 L. VAIIXAIVT.
Plus loin (1), dans un chapitre intitulé : Seconde remarque au sujet de la conformation crocodilienne^ après avoir indiqué qu'il établit pour les Crocodiliens d'Auvergne le nouveau sous-genre Orthosaurus^ il ajoute : a Ces Crocodiliens aux mâ- » choires droites sont analogues, pour les formes de leur tète, aux y» espèces vivantes auxquelles le nom de Crocodile, comme sous- » genre à part, est resté propre. Or, c'est dans les plus récents » terrains tertiaires qu'on les trouve ; en cela ils diffèrent des » Crocodiliens que renferme le sol oolithique de la basse Nor- D mandie, lesquels j'ai déterminés et nommés Teleosaums et » Steneosaums^ et que mes descriptions font connattre comme » plus voisins des Gavials. »
Ces remarques, importantes à l'époqueoù elles ont été publiées^ n'ont malheureusement pas été suivies d*autres travaux plus précis; aussi tout ce qu'on en peut conclure, c'est que Geoffroy avait sans doute trouvé le Crocodile de M. Pomel ou l'un de ceux dont je parlerai plus bas. Depuis, un grand nombre de savants ont visité ces dépôts de Saint- Gérand lePuy; mais leurs recherches ont eu surtout pour but la détermination de l'àge des couches lacustres qui les composent, ou l'étude d'animaux d'ordres supérieurs, lesquels jusqu'ici ont, au point de vue géologique, une plus grande importance que les Vertébrés des trois dernièr&s classes pour la distribution des terrains tertiaires* N'ayant pas ici à traiter cette question, je ne crois pas devoir entrer dans plus de détails à ce sujet (2).
Comme on le voit, les éléments relatifs à l'histoire zoologiquc des Crocodiliens de l'Allier se réduisent à très-peu de chose ; mais aux renseignements bibliographiques dont je viens de don* ner l'énoncé j'ai pu ajouter l'examen de deux pièces conservées dans les galeries du Muséum, rapportées toutes deux au Croco^
[i) Op. cit., p. 408*
(2) Pour ce qui est de Tàge de ces coiiclies^ on s^accorde généralement at^ourd'bui à les regarder comme se ropportant au terrain miocène inrérieur. Voyez, à ce sujet, rexposition très-complète qu'en a donnée M. Alphonse Milnc Edwards {Recherches analomiqttes et paléontologiques pour servir à Chistoive des Oiseaux fossiies de la France, Paris, 1867-1871, t. II, p. 560 et suiy.). ARTICLE N^ 1.
CHOCODI LIENS FOSSILES TE&TIAIRES. 17
dibis Ratelli^ Pomel, et provenant également de Saiut-Gérand le Puy. L'une, cataloguée : 1856, n° 78, est un modèle en plâtre du crâne figuré par M. Gervais, d'après Blainville, dans la Paléontologie française. L'autre est une portion de tête donnée par M. Pomel. Elle est brisée en avant au niveau de la suture prémaxillo-maxillaire ; en arrière elle est également incomplète, les portions situées au delà de la partie antérieure des fosses orbitaires étant enlevées. Cette pièce parait provenir d'un individu plus petit que celui dont je parlerai plus loin. Elle est cataloguée : 1870, n* 127. Sa longueur, mesurée sur la voûte palatine, est de O",!?.
La collection d'ossements fossiles de Saint -Gérand, que M. Âlph. Milne Edwards a bien voulu me confier pour ce travail, m'a permis d'examiner un nombre de pièces beaucoup plus considérable, les débris de Crocodiliens s'y trouvant en très-grande abondance. Je citerai, entre autres objets remar-* quables, un squelette presque entier provenant d'un même individu, et accompagné d'un très-grand nombre des écailles composant son armure dermique : cet écbantillon, unique, je crois, dans son genre, me servira de type, son bel état de conservation permettant une étude très-complète. Parmi les os du crâne isolés, j'ai trouvé des fragments qui me paraissent répondre aux caractères assignés par M . Pomcl a son Diplocynodon Ratelli^ et que je crois devoir y rapporter. 11 existe enfin une tète à peu près entière, qui appartiendrait à une troisième espèce.
Quant aux ossements provenant d'autres parties du sque-* lette que la tète, malgré leur abondance, je n'ai pu recon* naître entre eux aucune difierence assez saillante pour justifier des distinctions spécifiques ; aussi les quelques détails qu'ils m'ont fournis trouveront-ils leur place dans la description du squelette du Diplocynodon ^rad/^, par l'examen duquel je commencerai cette étude.
A>». se. GÉOL. IH. *i. — Anr. ^" 1.
18 L. ViUlXAIVT.
DiPLOCTNODON GRACILE.
(Fig. 1, 2, 3, 8, 10, 12, 17, 21, 22, 24, 27 à 35.)
Le crâne de cette espèce (1), pris dans son ensemble, est, comme chez les Crocodiles et les Caïmans, en triangle isocèle. Il présente un rétrécissement peu accentué vers le milieu du maxillaire, au niveau de la onzième ou douzième dent; un autre rétrécissement produit par une sorte d'échancure moins marquée que chez les vérilables Crocodiles, mais plus que chez les Caïmans proprement dits, se voit au niveau de la suture préinaxillomaxillaire : c'est là que se logent les deux dents de la mâchoire inférieure, sur lesquelles M. Pomel le premier a attiré l'attention. La plus grande largeur, au niveau de Tarticulation de la mâchoire inférieure, est à la longueur prise du condyle occipital à l'extrémité antérieure :: 5 : 9, un peu plus de moitié ; la largeur au niveau deTangle des orbites est à cette même longueur :: 3 : 7.
Les intermaxillaires (2), médiocrement relevés autour des narines externes, dont l'orifice supérieur est largement béant, s'unissent aux maxillaires en dessus par une suture obliquement dirigée de dehors en dedans et d'avant en arrière; la suture qui les sépare des nasaux se dirigeant en dedanset d'arrière en avant, il en résulte un angle en saillie, médiocrement aigu. La suture palatine est tout à fait transversale. Les dents sont au nombre de cinq sur cet os. Ce fait est en complet désaccord avec la description donnée par M. Pomel. L'intermaxillaire « porte, dit-il, » six dents, dont la seconde et la cinquième sont les plus grosses » et la sixième la plus petite » (3). Dans l'exemplaire que je décris ici en particulier, on trouve d'abord de chaque côté de la suture médiane une dent de moyenne grandeur, suivie d'une autre dent à peu près semblable pour le volume ; entre elles existe une profonde fossette (4) qui reçoit la première dent infé-
(1) Fijç. 2, 8 et 12.
(2) Fig. 2, 8 et 12, a.
(3) Loc, cit., 1853, p. 123,
(4) Fig. 12, a '.
ARTIGLK N" ^ .
CROCODILIËNS FOSSILES TERTIAIRES. 19
Heure; puis vienneut deux dents très-fortes, en arrière desquelles en existe une cinquième à peu près égale en dimension aux deux premières. La disposition a pu être vériOée sur plusieurs intermaxillaires droits ou gauches que j'ai eus à ma disposition. Une différence aussi importante entre les individus décrits par M. Pomel et ceux que j'ai eus entre les mains m'a d'abord fait hésiter à les réunir dans le même genre, d'autant plus que je ne connais pas de figure de cet intermaxillaire, et sur l'échantillon représenté dans les planches de M. Gervais, dont, comme je l'ai dit, le modèle en plâtre se trouve au Muséum, dans la portion du crâne venant de Saint-Gérand le Puy, qui y a été déposée par M. Pomel, les museaux étant précisément brisés en ce point, on ne peut voir les portions antérieures. Cependant ayant constaté plusieurs fois que la position de la fossette de réception de la première dent inférieure peut facilement la faire confondre avec un alvéole, si les pièces ne sont pas parfaitement nettoyées, méprise que j'avais été moi-même sur le point de commettre sur plusieurs échantillons, j'ai pensé qu'il fallait plutôt admettre une erreur de la part du savant auteur du genre, malgré son habileté et son coup d'œil si justement appréciés des paléontologistes. La position de cette fossette me parait en effet exceptionnelle ; en général, chez les Caïmans, où, comme on le sait, elle existe très-généralement, elle est assez reculée pour être tout à fait eu arrière du bord alvéolaire ; le môme fait se rencontre sur les Crocodiles, où les fossettes sont généralement converties en perforations; ici au contraire les fossettes, qui jamais d'ailleurs ne perforent Tintermaxillaire, sont situées presque sur le bord au niveau des alvéoles dentaires, quoique, vu leur largeur, elles débordent notablement en arrière les deux dents voisines peu développées, comme on l'a vu plus haut. Il est toutefois facile de reconnaître la véritable nature de cette dépression par un examen un peu attentif : le fond en est arrondi régulièrement en dôme, et les parois en sont lisses, presque polies, tandis que dans les alvéoles le fond est toujours plutôt plan et les parois anfractueuses sont criblées de trous, surtout à la partie profonde, pour le passage des vaisseaux nourriciers de Tupparoil
âO L. VAILLANT.
odoutogèiie. M. H. von Meyer, à propos du Crocodilm Buttconensis, dit également que dans cette espèce « le nombre des dents » sur chacun des intermaxillaires s'élèverait à plus de cinq » (1 ). Cette indication vague me paraît demander confirmation, tant le fait serait exceptionnel.
Le maxillaire supérieur (2) est allongé et étroit; sa dimension sur le bord dentaire est de O",! 78. Il montre seize dents à droite, il n'y en a que quatorze à gauche, Textrémité ])OStérieure et les deux dents qu'elle portait manquant. Ces dents sont aiguës, peu comprimées, à peu près toutes semblables comme chez les Crocodiles vrais; elles vont en augmentant jusqu'à la neuvième et la dixième, en comptant les dents de l'intermaxillaire, ce sont les plus fortes ; puis décroissent jusqu'à la douzième; vont en augmentant de nouveau jus(|u*à la quinzième ou seizième, à partir de ce point elles diminuent régulièrement. Il existe des fossettes de réception (3) pour les dents inférieures entre les dixième onzième, douzième, treizième et quatorzième dents ; ces fossettes sont à peu [)rès sur la ligne des alvéoles, avec une tendance très-peu marquée à être plus intérieure pour la dernière seule* ment.
Les os nasaux {h) sont dilatés ; leur largeur était à leur longueur : : 1 : 7 environ; ils s'avancent entre les intermaxillaires, mais ne font qu'une faible saillie dans l'orifice des narines.
Les lacrymaux (5) s'étendent assez loin, leur extrémité antérieure se trouvant à peu près à la réunion des deux premiers cinquièmes de la tète avec les trois cinquièmes postérieurs. Ils présentent une gibbosité très-mar(]uée, qui se retrouve également sur les deux exemplaires des galeries du Muséum.
La plaque fronlo-pariétale (^i; est rétrécie en avant, comme le montrent les dimensions données plus bas; ses angles posté*
;i) Loc, cit., iSbii, p. 68.
(2) Fig. 2, Set 42, 6.
(3) Fig. 12, b\
(4) FiK. 2 et 8, k.
(5) Kip. 2 et 8, /.
(6) Fig. 8, H, //, m, /i, ff.
ARTICLE N<» i.
CROrODILIENS FOSSILES TBRTIAIRBfi. 21
rieurs, rorim'^s par les mastoïdiens (1), sont un peu prolongés. Je reviendrai plus loin sur les orifices dont elle est percée. La cloison interorbitaire, formée par sa partie antérieure, équivaut, autant qu'on en peut juger, car elle est brisée sur un point, aux deux tiers de la largeur de l'orbite.
La jugal (2), le temporal écailleux («S) et Tos de la caisse (^i) ne présentent rien de spécial. Je dois seulement faire remarquer qu'il m'a été impossible de trouver l'os surnuméraire cité par M. Pomel (5), comme existant entre les deux premiers, dans le Diplocynodon Ratelli qu'il a décrit. J'attribue cette différence à quelque imperfection des échantillons que cet observateur a eus entre les mains, car il est difficile d'admettre qu'un caractère aussi singulier se présente dans un genre si semblable de tous points aux autres Crocodiliens.
La voâte maxillo*palatine étant fracturée en divers endroits^ il n'est pas facile de reconnaître la position des os d'une manière complète ; cependant on peut voir que les palatins (6) s'avancent jusqu'au niveau de la fossette située entre les septième et huitième dents du maxillaire (douzième et treizième avec les dents de l'intermaxillaire) ; ce qui correspond environ à la réunion des deux cinquièmes antérieurs aux trois cinquièmes postérieurs.
I^s ptérygoïdiens (7) ne s'étendent que peu en avant pour rencontrer les palatins. M. Owen a indiqué, pour le Crocodilm Uasiingsiœ, une disposition spéciale (8) que les figures de son mémoire ne me paraissent pas faire ressortir très-clairement ; en tout cas, d'après ces dernières, le Diplocynodon gracile ne paraît
(1) Fi?. 8, w.
(2) Fig. 2, 8 et 12, c.
(3) Fig. 2, 8 et 12, p,
(4) Fig. 2, 8 et 12, o.
(h) « Entre la suture du jugal et du temporal écnilleux est, ii la Tace inférieure, un petit 08 supplémentaire étroit, mai» trè^t-allongé et qui parait un démembrement de ce dernier os. i> {Loc, cit,^ 1853, p. l!23.,
(6) Fig. 12. e.
(7) Fig. 10etl2, /•.
(8) lor. dt,y 1850, p. AO.
22 L. vailla:\t.
pas différer en cela de Tespèce duHanipshiro. Les oritices nasaux sont à peu près aussi hauts que larges, et bieu visibles eu regardant la tête par sa partie postérieure.
Les grands trous crâniens sont tous très-nettement béants. L'arcade jugo- frontale (1) est à très-peu près au milieu de la plus grande longueur de roriflee orbito-temporal. Les trous fronlo-pariétaux sont ovoïdes et aussi largement ouverts que chez un grand nombre de Crocodiles proprement dits. Les trous palatins sont très-développés et remontent en avant jusqu'au niveau de la quatorzième dent.
La mâchoire inférieure (2), dans sa portion du côté droit, est assez complète, il ne manque que Toperculaire et le complémentaire. Le dentaire (3) porte dix-huit dents (il y en a une de plus en arrière du côté gauche). Le grand trou externe (4) est proportionnellement développé, il mesure 0",021 de haut et 0'",050 de long : cette dernière dimension est peut-être un peu trop forte ; les parties, ayant été brisées en ce point, n'ont pu être affrontées d'une manière exacte. L'angulaire (5) n'off*re rien de remarquable : la suture qui le séparait du dentaire est peu visible à cause de la cassure ; celle qui le sépare du surangulaire commence vers la partie moyenne et postérieure du grand trou externe et décrit une courbe assez régulière à concavité supérieure. Le surangulaire (6), plus rugueux, comme cela est ordinaire, qu'aucun des autres os composant la mâchoire inférieure, offre en haut, au point où il remonte pour doubler la portion postérieure de la surface d'articulation de l'articulaire, une dépression (7) assez curieuse, très-prononcée et parallèle à son bord ; je Tai retrouvée sur tous les os séparés (cinq droits et trois gauches) que j'ai examinés.
(i) Fig. 8, d.
(2) Fig. 17.
(3) Fiff. 2, u.
(4) Fig. 2.
(5) Fig. 2, V,
(6) Fig. 2, X.
(7) Fig. 17, a.
CROCOUIUfiNS FOSSILES TKRTIAIRES. 2S
Les dents sont obliquement dirigées en dehors à la partie antérieure, mais se redressent à partir à peu près de la septième ou huitième, pour devenir alors verticales. La première est assez forte (1), la seconde notablement plus faible ; les deux suivantes sont de beaucoup les plus développées, surtout la quatrième, et ce caractère est celui sur lequel s'appuie M. Pomel, comme je l'ai déjà dit pour caractériser son genre Diplocynodon. Elles décroissent ensuite jusqu'à la neuvième, qui, à en juger par son alvéole, est remarquablement petite. Cet alvéole luimôme est conique, et ses parois lisses pourraient, au premier abord , le faire prendre pour une fossette de réception, n'était sa profondeur et la gouttière légère qui se trouve à son niveau en dehors, indiquant en ce point le passage de la dent supérieure correspondante ; les trois suivantes vont en augmentant de taille, la onzième et la douzième sont les plus fortes; elles diminuent ensuite un peu pour se maintenir à une taille presque égale jusqu'à la dernière. Les quatorze ou quinze premières dents sont coniques, les autres sont surbaissées avec une sorte de collet, différence que je n'ai pu saisir à la mâchoire supérieure. En résumé, la formule dentaire serait t^^ztÎ:-
En examinant des crânes provenant de diverses espèces de Crocodiles, on est frappé des différences évidentes qu'ils présentent dans la plus ou moins grande largeur de la face : c'est ce que tous les auteurs ont remarqué et qu'on a toujours cherché à faire ressortir d'une manière plus sensible par Texpression des rapports de différentes dimensions. On a aussi voulu apprécier ces caractères par la mesure d'angles, et plusieurs anatomistes se sont servis, dans ce but, de Técartement angulaire résultant de la rencontre des deux branches de la mâchoire inférieure ; ce qui saute aux yeux le plus naturellement et exprime d'une manière assez exacte la forme de la lace en général. Malheureusement, la plupart se sont contentés de dire que dans telle espèce les branches de la mâchoire étaient plus ou moins écartées que dans telle autre. M. Planté est le seuU à ma connaissance, qui ait
(1) Fig. 3.
"Ik L. V%ILL
cherché à apporter plus Je précision dans celle éUule, en donnant numériquemenl récartement angulaire des mâchoires: chez le Crocodilmdepressifronsy il l'évalue à IT ou 28" (1), sans indiquer d'ailleurs la méthode qu'il a suivie pour celte mensuration. Comme la comparaison de ces angles pourrait peut-être être utile par la suite, j ai essayé, en l'appliquant aux espèces que j'ai pu me procurer, de régulariser cet examen, et il ne sera peut-être pas inutile d'indiquer ici brièvement le résultat de ces i-echerches.
Le procédé qui, au premier abord, peut paraître le plus simple, consiste à placer la mâchoire sur une feuille de papier et à en suivre le contour aussi exactement que possible, puis à prolonger les deux côtés jusqu'à leur point de rencontre; ou encore à placer une règle le long d'une des branches, et, après avoir tracé cette direction, de répéter la môme opération de l'autre côté. Dans l'un et Tautre cas, il sufOt de mesurer langle formé parla rencontre des deux lignes au moyen du rapporteur. Mais en employant le premier moyen, on peut facilement reconnaître que le tracé des contours n'est pas aussi aisé à bien exécuter qu'on le croirait tout d'abord, surtout pour le côlé externe, dont la forme arrondie se prête mal à cette opération. C'est aussi une difficulté lorsqu'on veut poser la règle par la seconde méthode ; de plus, dans celle-ci se présente un autre inconvénient, à savoir la saillie que forme d'ordinaire la quatrième dent, surtout chez les sujets un peu âgés; ce qui donne à la règle des inclinaisons très-variées, suivant que son extrémité postérieure est reportée plus ou moins loin. Cette manière de mesurer l'angle d'écartemenl des branches de la mâchoire est donc assez imparfaite ; cependant, lorsque les os reposent bien sur un plan dans toute leur longueur, que la face interne est verticale, comme cela est habituel, le tracé direct de celle-ci pourrait donner des résultats
faciles à obtenir et à comparer, mais cela n*est pas applicable à tous les cas.
Je me suis demandé si l'on ne pourrait pas employer, comme
(1) hoc. cit., 1869-70, p. 208.
ARTICLE ^" i.
CROGODIUBNS FOSSILKS TKRTIAIRES. 25
on Ta fait pour les m(»sures crâniennes chez THomnie, des points fixes qu'on retrouverait toujours aisément. Sous ce rapport, les dents m'ont paru susceptible de fournir des indications précieuses. On sait que dans les Crocodiles et les Caïmans, quoique leur nombre soit sujet à varier, plusieurs d'entre elles présentent cependant des caractères d'une constance remarquable : ainsi la onzième est très -développée, ordinairement même la plus développée ; j'ai pensé qu'on pourrait la prendre comme point de repère, et la distance qui sépare ces deux organes de l'une à l'autre branche de la mâchoire doimerait la base du triangle à mesurer. Je ferai remarquer que la position delà onzième dent la rend très-propre à servir utilement pour cette mensuration, qui a surtout pour objet, comme je l'ai dit, de juger de la largeur de la face ou plus exactement du museau ; elle est en effet toujours située sur les parties droites de la mâchoire qui répondent à celui-ci, plus loin il existe souvent des courbures qui modifient beaucoup la forme des mandibules. Pour trouver un troisième point fixe qui permette d'obtenir tous les éléments du triangle, on peut prendre l'extrémité antérieure de la symphyse, et l'on aurait ainsi un triangle isocèle, facile à construire graphiquement ou à calculer par la formule trigonométrique très-simple ,
sin 1/2 A = -^, dans laquelle A représente l'angle à connaître
compris entre deux côtés égaux du triangle et que je désigne sous le nom Aanglesymphysaire; a, la distance qui sépare les onzièmes dents ; b, la distance mesurée de la onzième dent à la partie antérieure de la symphyse. Dans les mesures que j'ai eu l'occasion de calculer, les dislances pour les dents sont toujo urs prises du point antérieur el médian du collet de celles-ci, c'est-à-dire sur le bord de l'alvéole pour le cas où la dent ellemême viendrait à manquer.
Les deux côtés égaux du triangle ainsi tracé ne répondent pas exactement à l'axe des branches de la mâchoire, et se trouvent situés un peu plus en dedans ; j'ai cherché à obtenir une autre mesure en me guidant sur la ligne dentaire ou plutôt sur des points fixes appartenant à celle-ci. En reprenant comme hase la
2û L. V.%ILL.%!«T.
première mesure de récartementdeii onzièmes deub, ou peut, je crois, trouver un autre point de repère dans la situation des cinquièmes dents. J'ai choisi de préférence celles-ci à des dents plus antérieures, malgré l'inconvénient qu'il y a pour le calcul à avoir un aussi faible intervalle que celui qui sépare la onzième de la cinquième dent : mais les quatre dents qui répondent à Tintermaxillaire ont une position beaucoup moins fixe, vu la saillie variable que fait le dentaire à partir de la canine ; cet inconvénient existe même pour la cinquième chez les vieux individus. Avec les mesures de la distance qui sépare les dents d'une même paire, onzième et cinquième, et celle qui sépare ces mêmes dents sur une des branches de la mâchoire, il est facile de construire graphiquement un trapèze régulier, dont les deux côtés non parallèles prolongés se rencontreront, en formant un angle qui exprimera récarienienl angulaire de la ligne dentaire : j'ai désigné cet angle, toujours situé en avant du précédent, sous le nom à! angle présymphysaire. On peut le calculer par la formule
trigonométrique sin 1/:2D=-^, dans laquelle D représente
l'angle présymphysaire; rf, la distance qui sépare les cinquièmes dents; c, la distance qui sépare le point précédemment indiqué pour la onzième dent du point analogue sur la cinquième ; la valeur a est la même que dans la formule relative à l'angle symphysaire (1).
Je ne présente d'ailleurs ces données que comme un premier essai, n'ayant pas encore pu les contrôler par l'expérience un nombre de fois suffisant, pour être assuré de leur utilité zoologique; mais je n'ai pas cru inutile de les exposer ici, ne fût-ce que pour fixer sur ce point l'attention des anatomisles et dans l'espérance qu'on pourra arriver un jour à des résultats plus satisfaisants. C'est également à titre de simples renseignements que je cite ici des mensurations angulaires, calculées par les méthodes ici exposées, pour cinq Crocodiles appartenant à trois
(i) Pour plus de détails a ce sujet, voyez les Bulletins des séances de la Société philomathiquey séance du 8 juin 1872.
ARTICLls; fi° 1.