‹ Annales des sciences géologiques (volume 4)Chapitre 6 sur 69 · CROCODILIENS FOSSILES TERTIAIRES. AS · texte numérisé non relu

CROCODILIENS FOSSILES TERTIAIRES. AS

ne se distiDgaeraient pas, sous ce rapport, àxx Diplocynodon gracile. À un certain point de développement, celle similitude cesse d'exister, et sur l'individu décrit plus haut en détail, qui pour la taille, je n'en connais pas de plus grand, correspondrait à peu près à l'individu moyen du Diplocynodon Batelli, il n'eiiste pas trace appréciable de la fossette, et les dents inférieures occupaient certainement, par rapport à la mâchoire supérieure, les relations dont nous avons l'exemple aujourd'hui chez les Gro-< codiles proprement dits.

Le maxillaire (1) présente des caractères concordants si ana*^ logues, qu'il n'est pas douteux qu'il n'appartienne à la même es* pèce, sinon au même individu, l'état de conservation étant assez difiërent pour l'un et ppur l'autre échantillon. Il est remarquable également par la profondeur des rugosités de sa surface, surtout eu avant; en arrière, il est presque lisse, caractère qui a été signalé chez le Crocodilus Buticonensis et se retrouve chez la plupart des Grocodiliens que j'ai pu examiner ; des bosselures marquées rendent sa courbure générale moins régulière, l'épaisseur des tablettes osseuses est aussi notable ; mais, on le sait, ces particularités paraissent être surtout en rapport avec l'âge et n'ont qu'une faible valeur spécifique. Le bord dentaire montre dix-sept dents ou alvéoles, ce qui porte le nombre total de ces organes, pour la mâchoire supérieure, à vingt-deux, une de plus que dans l'espèce précédente; particularité d'une importance relative, puisque pour cette dernière on a vu, à la mâchoire inférieure il est vrai, une différence de même ordre entre les deux dentaires du même animal. Le fait qui me paraît le plus remarquable est, comine pourTintermaxillaire, la disposition des fossettes de réception. En avant de la première dent on en voit une qui devait recevoir la quatrième dent inférieure ; elle est en partie brisée avec la portion antérieure de l'os, mais ce qui en reste suffît pour montrer qu'elle était profonde avec une paroi extérieure élevée. Sur l'intermaxillaire de taille moyenne cité plus haut (2) , auquel se trouve jointe une bonne partie du maxil-

(1) Fig. 15 et 16.

(2) Fig. 20 •.

laire correspondant, on peut fort bien voir ces deux fossettes en rapport.

Plus en arriére existent d'autres enfoncements (1 ) ; seulement, au lieu d'être placés entre les alvéoles, ils sont reportés plus en dedans et ne se trouvent pas sur le bord dentaire : aussi les dents, plus rapprochées que dans Tespèce précédente, sont-elles contigues les unes aux autres. Il existe une de ces fossettes assez forte au niveau de l'intervalle qui sépare les cinquième et sixième dents ; on en voit une autre au niveau de l'intervalle précédent, elle est moins marquée ; plus en avant et en arrière, il y en a d'autres, mais ce sont de simples dépressions. Ce caractère dans la position des cavités de réception est aujourd'hui tout à fait propre aux véritables Caïmans, et, d'après ce que j'ai pu observer sur des Alligator mississipensis d'âges variés, m'a paru constant à toutes les périodes de la croissance. La longueur de ce maxillaire est de0",221.

La mâchoire inférieure que j'ai pu examiner est, comme je l'ai dit, réduite à sa partie dentaire (â), même un peu incomplète, puisque en avant la portion qui portait les deux dents antérieure.s manque : à gauche, elle est brisée en arrière, au niveau de la onzième dent ; à droite, elle doit être entière, et l'on peut compter dix-neuf dents en y supposant la première. On n'observe qu'une fossette de réception située en dehors, au niveau de l'intervalle qui sépare les quatorzième et quinzième dents ; c'est un simple enfoncement arrondi en cupule. J'ai à peine besoin de faire remarquer que comme daus les pièces précédemment étudiées, ces os se font remarquer par leurs formes lourdes et massives. L'angle sympbysaire serait de 39 degrés et le présymphysaire de 3 degrés ; mais ces deux dentaires ayant été fracturés en avant et disjoints, la portion restante de la symphyse ne permet pas une coaptation assez exacte pour qu'on puisse regarder comme sufQsamment précises ces mesures de l'écartement angulaire des deux branches de la mâchoire. La longueur de la portion de droite est de ,2&0.

(l) Fig. 15 •.

(î) Fig. 18.

ARTICLE N* i*

CROCODILIENS FOSSILES TERTIAIRES. J^Ô

La formule dentaire, conime on le voit, serait en résumé 7^^. En haut, les troisième et surtout quatrième dénis à Tinter-

maxillaire sont les plus fortes, la cinquième est la plus petite ; elles vont ensuite en croissant jusqu'à la neuvième et dixième, celte dernière est la plus développée; puis elles décroissent jusqu'à la treizième, augmentent de nouveau jusqu'à la seizième, pour de là diminuer jusqu'à la vingt-deuxième et dernière. A la mâchoire inférieure, les troisième et quatrième dents sont les plus développées, puis les onzième et douzième; les plus petites sont les huitième et neuvième et la dernière ; pour les dents intermédiaires, la croissance ou décroissance se fait régulièreuieiit. Je dois faire remarquer que pour beaucoup de ces organes le volume est jugé d'après les dimensions des alvéoles qui seuls existent. Au point de vue de la forme, on remarque, au moins à la mâchoire inférieure, les organes correspondants manquant en haut, une différence marquée entre les dents antérieures et postérieures. Les premières, quel que soit leur volume, sont en cônes allongés, régulièrement décroissant de la base au sommet, avec deux arêtes nettes, l'une en avant, l'autre en arrière. La dix -huitième dent (1) est étranglée légèrement en un véritable collet au point de séparation de la racine et de la couronne; celle-ci forme un cône beaucoup plus surbaissé à côtés arrondis et ne présente pas d'arête bien visible. Cette différence entre les dents se trouve très-marquée chez les Caïmans, mais elle existe, quoique à un degré moindre, chez les Crocodiles ])ioprement dits.

Ces particularités justifient-elles une distinction spécifique? Quel est le nom qu'il convient d'attribuer à cette espèce? Telles sont les questions qu'il nous reste à traiter actuellement.

Les diflerences que j'ai signalées plus haut entre le Diplocy^ )wdon gracile et le Dipiocynodon Ratelli sont assez saillantes, mais ne pourraient-elles pas être mises avec autant de raison sur le compte de l'âge ou du sexe? Pour ce qui est du premier point,

(1) Fig. 7, « et 6.

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