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CONCLUSIONS

Nous allons résumer en quelques pages les conséquences qui doivent résulter de l'étude à laquelle nous venons de nous livrer.

Laissant de côté les opinions anciennement émises par Petiver, Volkmann, Sternberg, Corda, etc., d'après lesquelles ces divers savants comparaient les Stigmaria à des plantes plus ou moins rapprochées des Crassulacées, Cactées, Euphorbiacées, etc. , en se basant sur la forme extérieure ou des recherches anatomiques insuffisantes, nous admettrons comme suffisamment démontré par les recherches de MM. Binney, Goeppert, Richard Brown, Dawson, Grend'Eury, etc. : i*» que les Stigmaria du type ficoïdes, tels que le St. undulataj St. stellata. St. conferta. St. rimosa; 2** que les Stigmariopsis, sont des oi^anes liés intimement aux Sigillaires, mais à divers titres.

ARTICUB M* 1 .

STI6MARUIZ0MES.

L'examen des figures publiées par MM. Brongniarl, Hooker d'une part, par MM. Goeppert, Williamson, Binney deTautre, nous ont porté à admettre l'existence de deux systèmes distincts par leurs caractères anatomiques, pour les faisceaux vasculaires qui se dirigeaient vers les appendices, Tun des systèmes appartenant à des organes foliaires, l'autre, au contraire, présentant les caractères des faisceaux radiculaires. Nous nous sommes livré à des recherches directes pour reconnaître jusqu'à quel point ces déductions étaient fondées.

Quelques Stigmariade Falkenberg nous ont montré les deux sortes d'organes coexistant sur le même échantillon : les faisceaux foliaires nombreux et disposés en spirales régulières dans l'épaisseur même du bois, les faisceaux radiculaires rares au contraire à l'intérieur de ce dernier, mais fréquents dans Técorce. Nous avons conclu que ces échantillons devaient être considérés comme des portions de rhizomes, présentant dans la tige et les appendices les principaux caractères des plantes phanérogames submergées.

Les Stigmaria de Manchester nous ont fait reconnaître de même que les deux systèmes d'organes pouvaient être réunis sur le même fragment, mais qu'ils pouvaient aussi être séparés et groupés sur des portions distinctes.

De plus, que le cordon foliaire était incontestablement formé de deux parties différentes : l'une primaire avec formation de bois centripète ; l'autre au contraire avec formation de bois secondaire centrifuge, mais ne se développant seulement qu'au bout d'un certain temps après le bois centripète.

Enfin que les organes radiculaires étaient de véritables racines d'où partaient de nombreuses radicelles.

Les Stigmaria d'Autun sont venus confirmer ces résultats, c'est-à-dire : 1** que certaines portions de rhizomes ne portaient que des appendices foliaires, tandis que d'autres offraient réunis les deux sortes d'organes ; 2" que dans certains échantillons, la partie centrale était occupée par un cylindre de bois

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centripète analogue h celui du Diploxylon ou du S. vasadari^, et qu'enfin les faisceaux foliaires et radiculaires pouvaient prendre un accroissement très sensible de bois secondaire soit centripète, soit centrifuge.

Dans tous les échantillons provenant de ces trois localités, les caractères phanérogamiques de la tige et des appendices soit foliaires, soit radiculaires, sont évidents. D*où la conclusion inévitable que si les Stigmaria rhizomes ou Stigmarhh zomes appartiennent réellement aux Sigillaires, ces dernières plantes déjà établies phanérogames par leurs feuilles et leurs tiges, le sont encore par leurs rhizomes^ de plus, comme nous l'avons vu, par leurs racines ^ et ne peuvent être rapprochées systématiquement des Cryptogames que par des fructifications qu'aucun paléontologiste rje voudrait affirmer leur appartenir.

Dans un fascicule posthume (1), M. Schimper amaintcnules Sigillaires parmi les Cryptogames dans le voisinage des Isoëtes, se fondant sur le peu de développement de bois centrifuge des Sigillaires, et sur une formation centrifuge également reconnue dans les Isoêtes.

Les échantillons de S. Menardi et S. spinulosa^ seuls actuellement connus avec cicatrices de Sigillaires certaines et indiscutables, appartiennent à des rameaux de 4 à 7 centimètres ; il serait bien téméraire d'affirmer que dans les troncs de Sigillairede 1 mètre et plus de diamètre, le bois 3econdaire centrifuge n'eût conservé que l'épaisseur de celui que nous trouvons dans les rameaux.

Quant à la formation centrifuge secondaire des Isoctes, étant composée en grande partie de tissu subéreux et parenchymateux cortical^ elle ne peut être assimilée au système ligneux parfaitement caractérisé centrifuge des Sigillaires.

M. Schimper fait en outre ressortir le peu d'analogie existant entre les Cycadées et les Sigillaires, et ne peut admettre l'opinion que j'aurais avancée que les Cycadées actuelles sont des Sigillaires dégénérées.

(1) Handbttch der paléontologie ^ 1880.

ÉTUDE Stm LES STIGMâRIÂ. S&

Je ne sais si cette opinion a été soutenue par quelque paléontologiste, mais il suffirait de rappeler que le Cycadites taxodinm Goep., le Nœggerathia foliosa Sternb, vivaient en même temps, ou même plus anciennement que beaucoup d'espèces de Sigillaires, que les Pterophyllum, les Sphenozamites ont été rencontrés récemment dans les terrains houillers de Blanzy et d'Autun et étaient contemporains des Sigillaires {S. elegans^ Menardi; S. spinuhsa) de ces localités, pour réduire à sa juste valeur cette idée de descendance dégénérée (1).

Quant à en faire des Acotylédones, par la raison que ce ne sont pas les ancêtres des Cycadées actuelles, et qu'on leur rapporte des fructifications cryptogamiques douteuses, laissant de côté l'ensemble concordant des caractères phanérogamiques tirés des feuilles, des tiges, des rhizomes et des racines, c'est une conclusion par trop difficile à admettre.

Le dernier échantillon que j'ai signalé et décrit succincte-^ ment provenant d'Âutun appartient, comme je l'ai déjà fait remarquer, non plus à un rhizome de Sigillaire, mais à une racine proprement dite (Stigmarhize). L'accroi$sement consi*3

(1) Ce qui a pu faire croire à M. Schimper que j'admettais la filiation directe des Cycadées et des Sigillaires, c'est que je les ai placées d ans la même section.

En effet, divisant en deux groupes les Gymnospermes, caractérisés par l'organîsation spéeiale de leurs graines nues, qui toutes renferment une cavité polli nique plus ou moins développée, destinée à recueillir et à retenir les grains de pollen, pu à leur fournir un abri pour achever leur développement, j'ai compris sous le nom de Monoxylées celles de ces plantes dont le fkiseeau vasculaire de la tige et des feuilles était simple, c'est-à-dire uniquement formé de boi^ eenUifuge, telles que les Abiétinées, CttpressiiMfi, Toânn^fi, Gnétacéeê^ et squs celui de Diploxylées {^vk^jhç, (uXov), les Cycadées, Zamiées, Cycadoxylées, Cordaîtées, Poroxylées, Sigillaires, familles offrant ce caractère conunun de présenter, dans les faisceaux foliaires, deux cordons ligneux juxta-* posés dans un plan vertical, à accroissement inverse Tun de Tautre, Tun centripète, le second centrifuge. Les quatre premières familles offrent ce caractère dans les feuilles seulement ; les deux dernières, au contraire, le présentent dans la structure même du cylindre ligneux de la tige. Mais il n'y a pas la moindre raison pour faire deseendre, en se fondant sur cette particularité, les Cycé^ déts. des Sigillaires ou des Poroxylées; ou de toute autre famille classée daqs la mâme section, la plupart d'entre elles étant contemporaines, comme je Tai fait remarquer. Les Cycadées représentent à l'époque actuelle les Sigillaires des temps houillers, mais n'en sont pas les descendants dégénérés.

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dérable du bois secondaire indique suffisamment la nature phanérogamique de la plante dont elle dépendait, et complète, à ce point de vue, l'histoire des organes hypogés des Sigillaires.

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