À MOCQUARD. — ARMATURE STOMACALE DU BIRGUS
peut douter qu’il en soit de même chez le Birgus ; cependant je n’ai pu constater le fait, n’ayant pas eu l’animal entier à disséquer. Par la contraction de ces muscles, les disques sont tirés en dehors et en avant ; ils sont ramenés à leur position première par l’action des muscles constricteurs de l’estomac et même par la seule élasticité de l’appareil. Ils jouent donc le rôle de valvules ouvrant et fermant alternativement l’orifice œsophagien supérieur. Je les désignerai sous le nom de valvules sus-æsophagiennes. Or, lorsque ces valvules sont tirées en avant et en dehors, il en résulte une amplification considérable de la cavité stomacale et, par suite une aspiration énergique à l’orifice buccal ; et comme l’entrée de l’œsophage dans l'estomac est devenue libre, les aliments solides peuvent pénétrer dans cette cavité, en même temps que les liquides qui leur servent de véhicule. La déglutition se fait donc par” succion. La contraction des muscles dilatateurs ayant cessé, les disques reviennent à leur situation première ; leurs pointes sétigères se rapprochent, puis s’entrecroisent. En même temps, le contenu de l’estomac est pressé de toutes parts, par suite de la diminution de volume de cet organe; le treillis formé par les pointes des disques permet aux liquides de s’échapper au dehors, tandis qu'il retient les aliments solides : il joue le rôle de filtre. En résumé, ce jeu de l’estomac du Birgus est exactement celui d’une pompe aspirante et foulante, avec cette différence que le tube d'aspiration sert aussi à l'expulsion et que si les solides aussi bien que les liquides sont aspirés, ceux-ci seuls sont rejetés, les premiers étant retenus par les valvules sus-æsophagiennes comme sur un filtre.