NE TE I EE FRE PE ET PE PEINTRE
FAUNE PROFONDE DE LA MÉDITERRANÉE. 15 tous les deux étaient très gonflés à cause du changement de pression. En effet, on sait que les poissons qui vivent dans lesgrandes profondeurs ne peuvent pas dépasser certaines limites bathymétriques, et s'ils en sortent, ils se gonflent et reviennent à la surface morts ou mourants avec le ventre en l'air. C’est de la sorte qu’on a pris jusqu’à présent les plus nombreux poissons des abimes de la Méditerrannée qui se trouvent dans nos musées. Dans le filet 1l y avait en outre cinq jeunes Gonostoma; deux Willemæsia, deux Palémonides et deux Décapodes dont un est voisin des Galathea; un Géphyrien et deux belles Hyalomena qui très probablement sont la H. lusitanicum que quelques auteurs considèrent comme étant la même chose que la A. mirabilis du Japon.
J’ai observé que dans ces exemplaires les longues spicules du faisceau radiculaire n'étaient pas spiralées et sur un seul exemplaire j'ai trouvé un seul individu de l’Alcionaire parasite Palythoa qui est bien connu; en outre, ces exemplaires sont tous plus petits que ceux du Japon. Dans la boue du fond du filet se trouvait deux becs de Céphalopode, des fragments de coquilles d’Argounauta, de Carinaria, et plusieurs Ptéropodes (spécialement de Hyalea) des Térébratules, et ausssi des Foraminifères discoides.
Le soir nous nous approchâmes des côtes de la Sardaigne (Capo-Ferato) et l’on établit la 18° station par 39°20” 58"6” de latitude nord et 937 02" 6” de longitude E. G. La sonde indiqua une profondeur de 381 mètres avec un fond de boue. À deux heures vingt-cinq minutes on descendit la drague (dragage n° 22) en déroulant 820 mètres de câble, quelques minutes après, la drague s’accrocha au fondet s’étant cassé, y resta. Le même soir la mer était forte, cependant Je descendis deux filets de tulle, l’un à la surface l’autre audessous; jy trouvai un fragment d’Arygropelecus, une jeune Gonostoma, quatre Scopelas, deux Leptocephalus et quelques autres poissons.
Le matin du 16 août on établit la 19° station par 39° 40° 40” de latitude nord et 95412" de longitude E. G. La sonde
16 GIGLIOLI.
nous donna une profondeur de 1553 mètres avec un fond jaune. À six heures cinq minutes nous avons immergé le ganco (dragage n° 23) en déroulant 2000 mètres de câble; le gango travail la pendant trois quarts d'heure et fut remonté à neuf heures trente minutes à moitié plein de boue; dans le filet jai trouvé : un Willemæsia, trois Palémonides de deux espèces, dont le plus grand était coloré en rouge très vif aussi bien que les nombreux poils marginaux; une Térébratule; de très nombreuses spicules de Myalonema dont un paquet couvert de Polythoa; quelques-unes de ces spicules étaient longues de près de vingt-cinq centimètres. Dans la boue, je trouvai des tubes calcaires d’annélides, des coquilles et fragments d’'Argonauta, des Carinaria, des Ptéropodes (et spécialement des Cleodora en énorme quantité), des Brachiopodes, et des Foramifères en assez grand nombre. Il y avait aussi des Zostera.
Les observations thermométriques nous donnent les résultats suivants :
Profondeur. Température.
Mètres. Degrés centigr, MIO ENE. SRE NN SE fact a 14,0 BOOT. NAN EE Gr, VIRUS 14,4 DOS Ar. ou toit sin M. sait MOUrTES OO ML ON SO Ar RERO IQURE tot 15,0 AUS. RR CE GATE PL. DE. dei. Hits ( 14,5 FL MS MN PANNE OM MALI ET URL LES 15,1 OUPS NS Le SEVRES AE, APN MERE 16,6 00e. OI: 80 EN LL, Où TURIN. 20,0 DONS CE SERIE. nié. féure. agtefl. à 20,2
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Nous nous rapprochämes ensuite de la Sardaigne à la hauteur du Capo Sferracavallo; la 20° station fut établie par 89° 43/98" latitude nord et 9°50'22" longitude E. G. La sonde nous donne d’abord 623, puis 856 mètres de profondeur; le fond était formé par de la boue. Les observations thermométriques nous donnèrent les résultats suivants :
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Profondeur. ‘Température.
Mètres. Degrés centigr.
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Le gango fut descendu à onze heures du matin (dragage n° 24), avec 2000 mètres de càble : à une heure cinquante minutes 1l était à bord. Il contenait de la boue jaune avec des nodules d'argile bleue. Il y avait deux Wallemeæsia, toujours de la même espèce; un jeune Hyalonema; trois Annélides transparents avec l'extrémité caudale comme les Sagotta, et quatre jeunes Gonostoma, certainement pris en remontant le gango. La boue contenait des fragments des parties dures de Dorociduris, des mollusques, Argonauta, Ptéropodes (Cleodora et Hyalea er grand nombre) des Bryozoaires et quelques Foraminifères. |
Après ce dragage nous nous sommes rapprochés encore des côtes de la Sardaigne et nous avons établi la 34° station par 39° 49 40" de latitude nord et 9°49'08" de longitude E. G. La sonde donna une profondeur d'environ 60 mètres avec un fond de sable et cailloux. À trois heures cinq minutes du soir, la drague fut immergée et 340 mètres de câble furent déroulés. À quatre heures vingt minutes, aprèsune grande résistance, elle fut remontée à bord, mais absolument brisée. Évidemment la drague, même celle perfectionnée de Sigsber, ne peut pas servir pour les dragages des abîmes ni pour ceux du littoral, au moins dans la Méditerranée, et nous primes la résolution de ne plus en faire usage. Dans les housses de chanvre, j'ai trouvé d'assez nombreux Crustacés, entre autres, des Galathea, des Echinodermes et des Bryozoaires. Ayant l'intention de pêcher dans ces environs, à six heures quarante-cinq minutes du soir on descendit le gango à une profondeur de 395 mètres en déroulant 640 mètres de câble.
La température à la surface était de 25 degrés centigrades
18 GIGLIOLE.
et à 340 mètres de profondeur de 14 degrés centigrades. Dans cet endroit on établit la 22° station par 39°58°32" de latitude nord et 9°48'08" longitude E. &. C’est notre 26° dragage. À huit heures cinquante minutes du soir, le gango était à la surface au milieu d’une magnifique phosphorescence. Il contenait un Chlorophthalmus Agassizi singulier poisson abyssale avec des grands yeux vert émeraude; un Gadiculus argentus? six Therberatula vitrea gros, et très beaux exemplaires; de très nombreux Palémonides au moins de deux espèces; deux Crustacés voisins de la Galathea; d’autres Décapodes Brachyures et Macroures que je ne connais pas. Plusieurs mollusques dont plus de cent Péeroceras; trois Annélides, trois Échiures d’un blanc rosé; deux Okiocoanu, deux jeunes Virgularia, six Éponges. Dans la boue, qui contenait beaucoup de Zostera qui pour nous furent toujours un indice certain d’un riche dragage, il y avait aussi une quantité énorme de coquilles de Ptéropodes, surtout des C/eodora et Hyalea; les premiers nous piquaient horriblement les doigts lorsqu'on touchait à la boue. Je fus toujours surpris de cette grande quantité de Cleodora au fond de la Méditerranée où, avec quelques autres espèces, ils doivent former une couche assez épaisse. Avec ces coquilles il y avait, outre d’autres mollusques morts, des piquants de Doricidaris et des tubes d’Annélides.
Le soir nous avons fait une série d'observations thermométriques :
Profondeur. Température.
Mètres. Degrés centigr.
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La nuit, les filets de tulle, placés comme d'ordinaire, prirent ARTICLE N° 9.
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deux. jeunes Scopelus, un autre jeune poisson et un très grand nombre de formes pélagiques cosmopolites.
Pendant la nuit nous avons navigué vers le nord et le matin du dix-sept août nous étions à peu près à la hauteur du cap Comino (Sardaigne).
La vingt-troisième station y fut établie par 40°3216" de latitude nord et 10°12 36" longitude E. G. Le sondage indiqua d’abord une profondeur de 740, puis de 514 mètres. A cinq heures vingt-cinq minutes du matin le gango fut immergé en déroulant 1950 mètres de cable (Dragagen° 27). À sept heures quarante du matin on commence à le remonter, mais comme il s'était pris au fond, il a fallu toute l’habileté du commandant Magnaghi pour le retirer seulement un peu déchiré. Il contenait quelques fragments d’une roche grisbleuâtre extrêmement dure, quelques Caryophyllies vivants et des fragments d’une Annélide. Si en réalité, ces Madréporaires sont des espèces abyssales, c’est très singulier et en même temps intéressant de les avoir pêchés dans la Méditerranée, à une profondeur relativement petite.
Les observations thermométriques nous donnent les résultats suivants,
Profondeur. Température.
Mètres. Degrés centig.
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À trois heures du soir on établit la vingt-quatrième station par 40° 37 08" de latitude nord et 10°50°05" de longitude LE. G. Les sondages nous donnent une profondeur de 1790 linètres. Nousnous servimes cette fois de la sonde du commantdant Magnaghi qui a un long poids vertical. Elle revient char-
90 GIGLIOLI.
gée de boue tenace contenant beaucoup de coquilles de mollusques Ptéropodes.
Nousnous trouvons entre le cap Gomino et l’île de Ponza. Le sango est descendu et l’on déroule 2500 mètres de cable (dragage n° 28), il traîne au fond pendant quarante-cinq minutes et il revient à la surface, à six heures cinquante-cmq minutes du soir, avec le filet déchiré et par cela même vide ; dans les mailles du filet il y avait un Annélide pélagique, l’Alciope.
Les filets de fulle sont plongés le soir et on y trouve les formes pélagiques ordinaires, un jeune Exocète, un Balistes et un Curieux Scopelus.
Le dix-huit Août au matin, on établit la station n° 95 par 40°4%4 40" jatitude nord et 11°22°00” longitude E. G. La sonde donna d’abord une profondeur de 2390 et-ensuite de 2188 mètres. À sept heures vingt minutes du matin le gango fut immergé (dragage n° 29). Il resta deux heures au fond et à une heure trente minutes de l’après-midi, il apparut à la surface absolument propre et ne contenant qu’une Palemonide d’un rouge vif et trois coquilles d’Hyalea, peut être on avait navigué avec trop de vitesse.
On fit une série d'observations thermométriques dont voici
les résultats :
Profondeur. Température, Mètres. ; Degrés centig.
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Nous nous sommes dirigés ensuite vers l'Est où la 26° sation fut établie par 40° 44 20" de latitude Nord et 11° 33' 22"
a térmime or
de longitude E. G. Le gango fut immergé à deux heures cinquante minutes du soir, à une profondeur de 2247 mètres (dragage n° 30). On déroula 3200 mètres de cäble jusqu’à quatre heures trente-cinq minutes du soir, et à cinq heures cinquante-cinq minutes on commença à le retirer. Après de très grands efforts 1l apparut à la surface, déchiré autour de la bouche. Il contenait de la boue remplie de coquilles de Ptéropodes. Le soir, je descendis les deux filets, qui en outre, des formes usuelles prises toutes les autres fois, prirent un Leptocephalus et un curieux Radiolaire.
Le 19 août, on établit la 27° station par 40° 29° 00" de latitude Nord et 12° 34 00” de longitude E. G. La sonde nous indique une profondeur de 3115 mètres. À dix heures trente minutes du matin, on descend le gango en filant 4000 mètres de câble, à deux heures on commence à le remonter et à quatre heures cinq minutes du soir il apparaît, ne contenant au fond du filet qu'un os de Sapia et quelques morceaux de ponce. Dans les mailles, il y avait quatre Annélides transparentes, certainement pélagiques.
Les observations thermométriques nous donnèrent :
Profondeur. Température, Mètres Desrés centig.
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Pour pouvoir établir la plus grande profondeur de cette région de la Méditerranée, nous nous dirigeñämes là où la carte du bord indiquait une profondeur de 3700 mètres. On arriva vers sept heures du soir et par 40° 1015" de laiitude Nord et 12° 96 de longitude E. G.; avec l'appareil de
929 GIGLIOLX.
M. Magnaghi on trouva une profondeur de 3630 mètres, la plus grande de toutes les profondeurs rencontrées pendant l'expédition du Washington.
Un accident étant arrivé au cabestan, nous nous dirigeammes vers Naples pour y faire réparer l’avarie.
J'ai écrit tout de suite au journal Nature, de Londres, pour annoncer nos dernières découvertes ; cette lettre a été publiée dans le fascicule du 25 août.
Pendant notre séjour à Naples, on fit construire un gango et trois dragues de la forme de celles inventées par le commandant Magnaghi.
Le matin du 26 août, près de Capri, par 40°3732" de latitude Nord et 14 0952” de longitude E. G., on établit la 29° station. La sonde donna une profondeur de 430 à 407 mètres. Il s'agissait de mettre à l’épreuve la nouvelle drague du commandant Magnaghi, qui était tout en fer, fusiforme et munie d'un filet suspendu dans une sorte de cage en fer. Autour de cette drague étaient appendues quatre houppes de chanvre.
À dix heures dix minutes du matin, la drague Magnaghi fut descendue en déroulant 600 mètres de càble (dragage n° 39).
Elle resta au fond pendant une demi-heure et à midi elle était .
à bord. La drague avait bien travaiilé, mais le filet intérieur était trop court. Parmi les animaux qu’elle contenait, il y avait vivant : un œuf de Scyllium; des tiges de Pavonaria quadrangqularis, le corail blanc (Isis?) pris précédemment et un Asteropecten. I y avait, en outre, des coquilles de Mollusques et Ptéropodes morts et des fragments qui tout d’abord semblaient être des morceaux de ponce, mais qui me parurent être des squelettes roulés de certaines Éponges siliceuses déjà trouvées par Petersen, en dehors des îles Galli, dans le golfe de Salerne, à une profondeur comprise entre 120 et 140 mètres, et qui ne furent Jamais trouvées vivantes.
Le filet intérieur de la nouvelle drague étant réparé, nous nous approchons de Capri, presque en face, à la Grotta
Azzurra. La sonde nous donna d’abord une profondeur de ARTICLE N° 9.
em mn“
300 mètres, ensuite de 159 mètres. La drague fut descendue à douze heures cinquante minutes de l'après-midi; on déroula 550 mètres de câble (dragage n° 33) et à deux heures trente minutes du soir, elle était à bord. Nous y trouvâmes encore un œufde Scyllium, des Palémonides, un Décapode brachyure, une petite Terebratule, plusieurs Annélides, quelques Asteropecten, un Ophiure et plusieurs Pavonaria quadrangqularis. Au milieu des fragments, il y avait des coquilles de Ptéropodes, et des Brachiopodes, ainsi que quelques Madréporaires.
La 30° station fut établie par 40° 26° 52” de latitude Nord et 14 07 15” de longitude E. G., tout près de l’entrée du golfe de Naples. En ce point, nous avons trouvé une profondeur de 1070 à 1074 mètres. À quatre heures trente minutes du soir, le gango fut descendu en déroulant 1500 mètres de câble (dragage n° 34). T1 resta au fond pendant trois quarts d'heure et à six heures cinquantes minutes il était à bord, mais comme le poids s'était mis en travers de la bouche, la poche remonta tout à fait vide.
Le matin, 27 août, on établit la 31° séation par 39° 90° 928’: de latitude Nord et 13° 10° 38" de longitude E. G. La sonde donnait une profondeur de 362% mètres, avec un fond de boue. Le gango fut descendu à cinq heures trente-cinq minutes du matin en déroulant 4500 mètres de câble. Pendant que le gango traïnait au fond, le commandant et moi descendîimes en chaloupe sur la mer pour pêcher à la surface ; nous trouvâmes des très belles et nombreuses Velella et Porpita, tandis que, à quelques centimètres au-dessous, 1l y avait des masses sphéroïdales ou allongées d’un Collozoaire ou Thalassicole et quelques Hétéropodes nus, parmi lesquels je remarquai deux exemplaires dont un est probablement un Firola ; Vautre très grand, incolore et très transparent, m'est inconnu. On prit en outre, les Crustacés pélagiques ordinaires que je connaissais bien parce que je les avaient pêchés sur l'Océan, lors du voyage du Wagenta. Pour cette pêche, le nouveau et gros filet, au fond duquel est fixé un bocal, nous a donné de bons résultats.
94 GEGLEOLE.
À neuf heures vingt-cinq minutes du matin, on commença à remonter le gango qui, à douze heures cinq minutes de l'après-midi était à bord. Ce dragage n° 33 fut le plus profond de toute la campagne. Avec une très grande anxiété nous. attendimes le gango, qui revint chargé de boue tenace, jaune et bleuâtre, contenant en très grand nombre des coquilles de Ptéropodes. Dans cette boue tamisée soigneusement, je trouvais huit singuliers animaux ayant des caractères communs aux Géphyriens et aux Holotharides qui me sont tout à fai inconnus; pour le moment, je ne pourrai même pas indiquer l’ordre auquel ils appartiennent. Certainement ils vivent dans le fond; leur corps est recouvert par des appendices d’apparence vitreuse en forme d’entonnoir, avec l'extrémité élargie dirigée au dehors et étant très facile à détacher. Il y avait, en outre, trois de ces Palémomides d’un rouge intense trouvés bien d’autres fois et trois Annélides qui étaient pris dans les mailles du filet. Ce dragage était irès important puisqu'il nous démontrait l’existence d’une faune, même dans les plus grandes profondeurs de la Méditerranée. Dans la boue, il y avait par milliers les coquilles de Ptéropodes, représentés presque exclusivement par des Cleodora et Hyolea; il y avait, en outre, des fragments de Janthina et d’Argonauta, beaucoup de coquilles de Carinaria et quelques Foraminifères.
Depuis onze heures du matin jusqu’à trois heures quarante minutes du soir, on fit des observations thermométriques dont voici les résultats :
Profondeur. Température.
Mètres. Degrés centig.
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208 Anne da boot AGE AU D 25,3 DOTÉ CET LR AMEL MER EM nr 2 BOOT GENE 19,5 OUR à PS OP 0 D 1e D EE MS LEE On 16,8 SR ed ut dd 14,9 DO ARU AMEN QE AP ANER EURE EUR 14,5 AU SHROETAS DEA CEA PONE ER OMAN POUSSE US à Op OL DORE 14,3 2ODPEL ALERT 4 EE HAN EL ete 14,0 DUO PR EE PETER. fu +... t US 14,0 DÛD à do RAA. à défi fee SRE Lau Rs. 14,2 DOUÉ CAR TNRRE | HS HRPRMENL RER. c'e 14,1
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De l’eau fut prise avec les hydrophores. Enfin le dragage terminé, le Washington se mit à l’ancre avec 3624 mètres de profondeur, se servant d’une petite ancre attachée à un câble en acier et garnie d’un sac en toile comme l’indique Buchanan. On se mit à l’œuvre à cet endroit pour pouvoir étudier un courant dirigé du S. à l'E. se mouvant avec une vitesse de 1200 à 1300 mètres par heure. À 100 mètres au-dessous 1l y à un courant allant dans le sens opposé (N. 0.) et marchant avec une vitesse de 150 à 200 mètres par heure; à 500 mètres il n’y avait aucun courant appréciable.
En remontant la petite ancre, on trouva dans le sac une quantité de boue profonde de couleur bleuâtre, tandis que la superficielle est jaunâtre : cette boue hleuûtre est très tenace et en apparence azoïque, puisqu'elle ne contient même pas les coquilles de Ptéropodes, si nombreuses dans la couche jaunâtre.
Le matin du 98 août nous étions près des Égadi. A six heures vingt-cinq minutes du matin on établit la 32 station par 38°05' latitude Nord et 11°39'40" longitude E. G.; la sonde donnait une profondeur de 400 mètres avec un fond de boue et sable. Le gango fut descendu en déroulant 760 mètres de cable (dragage n° 36); à huit heures vingt minutes du matin 1 était à bord. Il était rempli de boue jaune mélangée avec du sable. Il contenait une sorte de scorie remplie de Foramimifères et parmi les animaux vivants : un Arygropelecus hemigymnus ; plusieurs petits Décapodes brachyures ; deux espèces de Palemonides colorés en rouge clair; trois Pagurus; trois Tuniciers ; plusieurs Terebratules (peut-être 3 espèces) ; 6 Dorocidaris papillata ; deux Echinus d’un rouge clair; emq Spatan-
26 GIGLIOLY.
zoïdes grisâtres qui, placés dans l’alcool, se colorèrent en vert pois; deux Ophiocoma? et chose qui nous a surpris beaucoup, quatre de ces êtres singuliers pêchés les jours auparavant à 3024 mètres de profondeur! Il y avait encore plusieurs Annélides; des Éponges siliceuses peut-être de deux espèces et quelques Madrépores de deux espèces aussi. Entre les débris il y avait beaucoup de coquilles de Mollusques appartenant à plusieurs espèces, des Brachiopodes, quelques Bryozoaires et de très nombreux Madrépores. Celui-ei fut un riche et intéressant dragage par le fait d'y avoir retrouvé des animaux qui vivent à des profondeurs si diverses.
La 33° station fut établie par 37°55/50" de latitude Nord et 44°5315" de longitude E. G. La sonde nous donne une profondeur de 823 mètres. À dix heures cinquante-cinq minutes du matin le gango fut descendu (dragage n° 37) et l’on fila 4300 mètres de câble ; à une heure quarante minutes du soiril remonta complètement vide. Évidemment il n’avait pas touché le fond, et comme celle-ci était notre dernière station nous voulûmes recommencer. En effet, dix minutes après le gango était dans l’eau et d’üne profondeur de 823 mètres passa à 760, avec un fond de boue. On déroula 1500 mètres de câble (dragage n° 38) et à trois heures ceimquante-cinq minutes du soir le gango était à bord. La position géographique prise à une heure était de 57°52 59" latitude Nord et 11°56'40" longitude E. G. Dansle filetil y avait : deux Macrurus sclerorhynchus, un jeune et l’autre adulte, un Macruride absolument semblable à celui pêché dans la sation 13 le 13 août. Il y avait encore un Arnogloffus Boscii et de magnifiques Crustacés Décapodes, entre autres : un Nephrops ou type voisin; six Palémonides d’unrouge vif; cinq Crabes voisin des Amathia ; trois Pagures ; deux Terebratula vitrea ; plusieurs Mollusques ; quatre Holothurides de forme extraordinaire et de deux espèces ; un Sipunculide; un Plumularia, et beaucoup de corail blanc, Ce beau dragage termina notre exploration abyssale.
Le lendemain nous étions à Seiacca et pendant le 29 août
et le 2 septembre nous fimes des dragues au-dessous de ARTICLE N° 9.
200 mètres, dans les bancs coralliens entre la Sicile et l'Afrique ; nous avons aussi visité Pautellaria et Solinunto. Le 2 septembre au soir on commença le voyage de retour, et le 6 du même mois nous entrions dans le port de Gênes.
J’ai ainsi donné un aperçu très rapide de l’histoire de notre première campagne talassographique; je dirai encore une fois, que cette relation pour tout ce qui se reporte aux espèces prises n’est qu'un travail tout à fait préliminaire et que les noms des animaux que J'ai donnés sont absolument provisoires. Je suis pourtant certain que le caractère atlantique et même océanique de la Faune abyssale de la Méditerranée, sera confirmé lorsque toutes les espèces seront déterminées. Du reste lorsque l’on voit la Faune pélagique superficielle dans la Méditerranée, vivant dans un milieu où les conditions thermiques sont des plus différentes, avoir des caractères absolument océaniques, il ne faut pas nous étonner en voyant la même uniformité dans la Faune abyssale, qui se trouve dans des conditions thermiques à peu près constantes. Quant à la distribution bathymétrique de la Faune pélagique et abyssale de la Méditerranée, je crois que la première doit s'étendre jusque là où les rayons du soleil exercent leur influence. Il est bien plus difficile de déterminer les limites bathymétriques de la Faune abyssale, quoique le fait plusieurs fois rencontré pendant notre voyage, de l’existence d’animaux vivant à des profondeurs relativement petites et qui peuvent se trouver à une profondeur même huit fois plus grande, soit très important. Ce fait serait expliqué par ce que, au delà de 250 à 300 mètres de profondeur, on trouve une température presque constante. De nos observations résulterait que dans la Méditerranée la Faune abyssale peut déjà être représentée à une profondeur de 400 à 500 mètres; au delà, elle est limitée par lefond même | de la mer qui dans la Méditerranée ne dépasse pas, je crois, 4000 mètres. Parmi les représentants de la Faune abyssale il y a certainement des animaux nageurs et parmi eux des pois- :sons ; il serait très intéressant de pouvoir déterminer quelles isont les limites dans lesquelles ils peuvent nager selon une
98 GIGLIOLI.
une ligne verticale. Je crois que ces limites existent et on en a une preuve dans le fait que ces poissons une fois pris dans le gango arrivent à la surface gonflés, morts ou mourants ; dans le petit nombre de ceux que nous avons pris, notamment l’Hoplostethus, donnait encore quelques signes de vie.
Un autre problème intéressant à résoudre serait celui de connaître la quantité de population qui se trouve dans les abîmes. Je crois que dans les localités favorables, cette population doit être nombreuse; puisque dans certains endroits, avec un seul dragage fait avec le gango, qui est un petit instrument et sur une surface explorée, également très petite, le nombre des animaux était grand et même il y avait quelques poissons.
Le problème d’une zone intermédiaire azoïque entre les zones occupées par les Faunes pélagique et abyssale, fut déjà discuté pendant le voyage du Challenger, mais comme on ne pourra pas avoir un instrument capable de se fermer à une profondeur donnée, il sera difficile de pouvoir résoudre cette question d’une manière satisfaisante; pourtant je serais, dès à présent, disposé à admettre une zone azoïque ou presque intermédiaire entre les deux Faunes.
Les résultats obtenus par le Washington dans cette première campagne talassographique sont très intéressants. Le but de notre exploration fut complètement atteint et je crois qu'à présent personne ne doutera de l’existence d’une Faune abyssale dans la Méditerranée. »
En terminant le rapport très circonstancié dont nous venons de traduire la totalité de la partienarrative, M. Giglioli exprime l'espoir que le gouvernement Italien ne lui refusera pas les moyens de continuer en 1889, les explorations sous-marines si bien exécutées en 1881 et ses désirs à cet égard doivent être partagés par tous les amis des sciences naturelles. M. Giglioli ajoute qu'il se propose de procéder promptement à l’étude zoologique des objets recueillis pendant l'expédition du Washington et qu'il en fera bientôt l’objet d’une publication spéciale.