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CHAPITRE III

Diluvium.

$ XXIIL. Les alluvions anciennes, ou qui n’appartiennent pas à l’état actuel de la surface terrestre, m'ont paru ici, comme partout oùj'ai eu occasion de les observer, différer trop essentiellement par leur gisement et leur nature pour pouvoir être attribuées à une mème époque et à une même cause, comme on a coutume de le faire.

Le diluvium des hauts plateaux, entre la Chiers et la Meuse , n’a point de rapport avec celui des bassins de ces deux rivières : celui-ci, en outre, a dans les deux bassins des caractères distincts et variés dans chacun d’eux en raison de sa hauteur, se rapprochant graduellement des produits de l’époque actuelle.

S XXIV. Sur les hauts plateaux. Lediluvium des hauts plateaux consiste en une argile ferrugineuse, légèrement sableuse, contenant beaucoup de petits grains de fer oxidé et hydroxidé compacte , de couleur rouge ou rouge brun, de forme irrégulière. Il couvre les plateaux etles monticules les plus élevés, remplit les cavités et les fissures nombreuses de la grande oolithe.

Il donne lieu à de riches exploitations dans les envirous de Longwy, au nord de Montmédy (320 ou 340

mètres) à la montagne Saint Walfroy, partie orientale (380 mètres ) ; sa position exclusivement sur les parties | culminantes , quel que soit leur isolement, démontre que son dépôt est antérieur au creusemert des vallées.

SXXV. Bassin de la Chiers. Dansl’intérieur du bassin de la Chiers, des monticules de 25 à 30 mètres accompagnent fréquemment le eours de la rivière ; ils consistent, dans la partie supérieure, en une terre argilo-sablonneuse contenant beaucoup de rognons de fer hydroxidé compacte, souvent de la grosseur du poing et au-delà : ces argiles et le fer qui l'accompagne n’ont jamais la couleur rouge des alluvions des hauts plateaux.

Ces amas forment des monucules qui raccordent les flancs de la vallée avec le lit alluvial actuel. Je les ai vus exploités au grand Verneuil, près Montmédy, à Margut, eic. , etc.

Ces dépôts sont évidemment postérieurs au principal creusement de la vallée, et se rapportent à un état de choses peu différentde l’état actuel.

Enfin ja Chiers, depuis ses sources au-delà de Longwy jusqu'à son confluent dans la Meuse, roule encore aujourd’hui dans ses eaux de couleur d’ocre une telle abondance d'argile et de fer qu’il se forme le long de son cours de grands dépôts argilo-ferrugineux.

Le fer et l'absence des cailloux roulés caractérisent les alluvions du bassin de la Chiers.

SXXVI. Bassin de la Meuse. SiVon quitte les bords de la Chiers pour se rendre de Montmédy à Stenay, on aperçoit, en arrivant au point de partage (280 mètres)

quelques galets quarzeux. Disséminés au milieu de la terre

Gr%) végétale , ils sont très-rares et au plus du volume d’un œuf ; mais n’en ayant pas vu dans tout le bassin de la Chiers, on ne peut manquer d’être frappé de leur apparition.

Leur rareté, la manière dont ils sont disséminés, au milieu de la terre végétale, peut faire présumer qu’ils ne sont là qu’accidentellement. Maïs, en descendant vers la vallée de la Meuse (240 mètres ), ils se présentent réunis en grand nombre dans le lit des ravins, et on juge qu'ils doivent provenir de la destruction d’amas qui reposaient à cette hauteur sur le flanc oriental de la vallée.

Sinous traversons la Meuse , nous retrouvons ces dépôts de galets couvrant, à la même hauteur, des plateaux étendus et surbaissés à l’ouest et au sud de Beaumont ; ici, ils sont en place et donnent quelque lumière sur le mode de leur dépôt. Des lits de cailloux roulés variant peu dans leur volume (ovulaires ou pugilaires), alternent avec des lits de sable. À la succession des dépôts, à l’homogénéité de chacun d’eux (sous le rapport du volume), on reconnaît l’action d’un volume d’eau d'équilibre, ou d’une action assez prolongée et d’une puissance assez constante pour s’être établie en équilibre avec la résistance des matières meubles du fond.

Des dépôts argileux avec bois silicifiés se rencontrent à la même hauteur (235 mètres, forêt du grand Dieulet), et doivent appartenir à la même époque.

1°. Cuilloux roulés de Beaumont. Les cailloux roulés que j'ai examinés avec soin depuis Beaumont jusqu’à Verdun, présentent, dans leur grande majorité, les variétés de quarz qui appartiennent aux terrains de cristallisation.

Ce sont les quarz hyalins des terrains de gneïss et de

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