‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 21 sur 232 · HO · texte numérisé non relu

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granite, les quarz aventurinés et semicristallins du micaschiste , les quarz gras translucides en amas et en filons dans les schistes luisans. Enfin les quarz compactes que j’ai placés (Mémoire sur la Bretagne) à l'étage inférieur des terrains de transition.

Si on remonte le cours de la Meuse, on retrouve ces mêmes cailloux roulés sur les collines qui bordent, avec une élévation de 45 à 5o mètres , les deux rives du fleuve; mais leur volume croît progressivement, et il en apparaîit quelques-uns d’une nature nouvelle. Ainsi, à Verdun, leur grosseur moyenne est double de celle du poing; ils sontemployés au pavage : ce qui serait impossible de ceux de Beaumont; mais, en outre, on rencontre fréquemment, au milieu des Le quarzeux, des roches feldspathiques et amphiboliques, d'un volume moindre à la vérité; ce sont des diorites, des syénites, des porphyres dont je n'avais pas trouvé de traces dans la partie inférieure du bassin de la Meuse. ;

20 Sables et graviers diluviens. Des alluvions composées de sables et de graviers siliceux, sans matières terreuses interposées et sans galets volumineux, forment une seconde zone plus rapprochée de la Meuse et d’une hauteur moindre que la zone précédente (25 à 30 mètres au-dessus du fleuve) ; on la voit régner sur tous les boïs de la Neuville, et se raccorder par une pente douce avec les produits actuels du lit majeur.

3° Grève et marnes sableuses. Enfin la partie plane de la vallée de la Meuse, qne l’on désigne quelquefois sous le nom de lit majeur, et à laquelle j'ai donné le nom plus simple de prairie, esi formée, au-dessous de la terre végétale , de très-petits galets calcaires, quelquefois légèrement agglutinés par un ciment de mème naiure.

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Les coquilles roulées qu’on y rencontre souvent font voir que la formation jurassique en a fourni les matériaux.

Ces grèves ont une grande profondeur dans les environs de Stenay, de Mouzay et de Mouzon; elles forment le lit d'équilibre de la Meuse : ce fleuve, dans ses débordermens actuels produit deux effets ; 1°transportdes grèves. 2°. Dépôt jusqu'aux limites du lit majeur d’une marne légèrement sableuse. Ces deux effets sont très-faibles ; le second particulièrement tend sans cesse à s’annihiler par l'élévation graduelle du lit majeur.

4°. Une bande de terrains recouverts de matériaux d’éboulemens plutôt que de transport, mérite encore de fixer notre attention ; elle s'étend à 4 ou 5oo mètres du pied des falaises escarpées de l'argile oxfordienne : ce sont des argiles dont les fragmens de gryphées dilatées indiquent suflisamment l’origine. A la surface du même terrain , et quelquefois, quoique très-rarement, à une distance beaucoup plus grande, se montrent des blocs très-volumineux d’un grès compacte très-dur , à éclat lustré, sans coquilles. Les fragmens ont souvent plusieurs pieds de diamètre ; ils ne sont point roulés , mais seulement émoussés sur les bords. On les a employés avec succès pour paver la ville de Stenay.

J'ai cherché l’origine de ces blocs erratiques, et je . crois l'avoir trouvée dans les bancs de grès subordonnés à la formation argileuse de Fossé. ( Green sand , peutêtre Kimmeridge-clay.)

Dans cette hypothèse, ce seraient des matériaux d'éboulemens dont le déplacement aurait eu lieu dans le

sens de la verticale et qui dateraient de la dénudation

du sol sur lequel ils reposent. Je n’attache pas, au reste, une grande importance à cette opinion que je n’ai pas eu le temps d’asseoir sur des bases assez solides.

XXVIT. Je crois pouvoir conclure, r° de l'existence des divers étages d’alluvion et de leur nature, qu'on ne peut les attribuer à une seule cause, ou à des causes instantanées.

2° De la nature des galets et de leur augmentation graduelle en remontant vers les Vosges, que c’est dans cette direction et non dans l’Ardenne qu'il faut en chercher l’origine.

3° Que ces alluvions ne sont pas le produit d’une catastrophe instantanée, mais bien de l’action d'un volume d’eau d'équilibre.

De plus, attendu qu’il résulte, de l’examen minutieux des flancs de la vailée de la Meuse, qu'ils ont subi dans leur création l'influence d’une cause puissante et prolongée , agissant dans le sens actuel du cours du fleuve (1), on doit conclure enfin que le creusement des vallées et les diverses alluvions sont liés par une seule et même cause, à action continue, diminuant graduellement dans sa puissance et dans ses effets, mais analogue, quant à sa nature et à sa direction, aux causes de l’époque actuelle (2).

(x) Je n’attache à ces conclusions qu’une faible importance, à raison de l’espace trop limité sur lequel ont porté mes observations , et du peu de temps que j’ai pu leur consacrer.

(2) Cette preuve résulte principaiement de ce que, dans les contournemens du fleuve, c’est dans la partie des flancs qui répond à l'incidence , que se trouve toujours lescarpement le plus rapide ; eflet analogue à celui produit de nos jours sur les berges du fleuve. ( 7’oyez fig. 3.

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