‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 26 sur 232 · Os unguis ou grand lacrymal · texte numérisé non relu

Os unguis ou grand lacrymal

3. Nouvel os de la face, ou petit unguis ou lacrymal externe.

3 bis. Nouvel os de la face , détaché pour faire voir la manière dont il est contourné ; on aperçoit en bas sa face externe , et en haut sa face interne criblée de petits pores.

Lerrre sur quelques points de la géologie de l'Auvergne , adressée aux Rédacteurs par M. JoserT aîne.

J'ai lu, dans le cahier de décembre 1828 de vos Annales, une Note de M. de Laïzer qui contient quelques observations sur divers gisemens de fossiles que nous avons décrits dans le 1° volume de nos Recherches sur les Ossemens fossiles du département du Puy-de-Dôme. Comme il se trouve, parmi ses observations, quelques points qui intéressent la science , elles me paraissent exiger une réponse ; je vous serai donc infiniment obligé d'accorder place à cette lettre dans un prochain numéro de votre savant journal. |

Je passe sous silence la réclamation que M. de Laizer a adressée à ia Société philomathique, ñ’attachant aucune importance à des allégations tout-à-fait gratuites et dépourvues d'intérêt.

Voici les seuls points de la Note auxquels je crois devoir répondre :

1° M. de Laïizer dit que nous n'avons pas indiqué le gisement des fossiles des terrains meubles dans les tufs ou alluvions trachitiques qu'il nomme tufs volcaniques remaniés Ou tufs pépérinos ;

2° M. de Laïzer dit encore qu'il n’a jamais rencontré d’ossemens d'oiseaux dans les couches calcaires de l’Auvergne qui contiennent des Planorbes , des Lymnées et des œufs d'oiseaux ; il désigne ces couches sous le nom de calcaire inférieur.

Il a trouvé, au contraire, beaucoup de ces ossemens

D. ° pre .

d'oiseaux dans le calcaire supérieur, qui est, en outre,

(90) caractérisé par la présence des Hélices, des tubes de Friganes, des Paludines , des Bulimes et des Cyclostomes. « M. de Laizer ne conclut pas de là que l’on ne puisse « rencontrer ces ossemens avec les œufs ; il observe seu- « lement comme un fait que cela ne lui est pas arrivé. »

Répondant d’abord à la première observation, je ferai remarquer que l'expression de tuf volcanique remanié indiquerait une roche reprise par les eaux après qu'elle aurait d’abord existé à l’état de tuf, dernière circonstance qui n'est appuyée d'aucune preuve et nous parait bien difficile à établir.

La seconde version, tufs pépérinos, renferme une erreur qu’il est important de signaler. Les matériaux qui forment la base, ou si l’on veut la pâte de ces tufs, sont tout-à-fait trachitiques, tandis que les tufs pépérinos sont plutôt basaltiques, et caractérisés par l’abondance du pyroxène qu on ne rencontre que rarement, et toujours par accident, dans les premiers.

Nous considérons ces tufs tout simplement comme des alluvions volcaniques ; le mélange de tous les produits est tel, qu'il est impossible de leur assigner une dénomination plus exacte ; nous les avons décrits avec assez de détail dans le 1°’ volume de nos Recherches sur les fossiles (pages 82 à 86 ); et quant aux faits du gisement des fossiles dans ces déblais, nous avons indiqué ( pages 88 à 89 ) un os d’éléphant encore en place et recouvert par le tuf qui a pénétré jusque dans le tissu cellulaire. On trouve d’ailleurs des ossemens dans la couche n° 11 de notre tableau , couche qui est supérieure à une partie des tufs, et il n’est par conséquent nullement étonnant

qu'on eu rencontre dans ces derniers.

(gr)

La seconde observation de M. de Laizer m'a tellement surpris que j'ai cru devoir en écrire à mon collaborateur, pensant qu'il serait utile de réunir son témoignage au mien pour détruire une allégation aussi extraordinaire et qui, comme on va le voir, indique des recherches faites bien légèrement.

Je me contente de transcrire ici la réponse de M. l'abbé Croizet sans aucun commentaire.

« Quant aux œufs et aux os d'oiseaux que M. de Laïzer « prétend de gisemens divers, vous avez à Paris deux « œufs, le plus gros et le plus petit qui viennent de Cor- « non, de la même couche qui a fourni plusieurs os « d'oiseaux, des carapaces de Tortues , la mâchoire de « Canis et l'os de Crocodile; c’est le mème ouvrier qui « a recueilli tous ces échantillons ; Cornon est mon pays « natal, j'ai vu plusieurs fois la carrière. Le four à chaux « de La Sauvetat a fourni plus de quinze œufs ou frag- « mens d'œufs dont quelques-uns sont écrasés, et en par- « ticulier celui de moyenne grosseur qui est à Paris. On « a recueilli dans cemêème gisement , avec des dents de « reptiles et de pachydermes, un grand nombre de restes « d'oiseaux ; j’en ai plus de trente échantillons de cette « carrière de La Sauvetat. Tout récemment encore j'ai « apporté de Cornon et de La Sauvetat des fragmens « d’os d'oiseaux, etc. , etc.

Nous ne connaissons aucun ouvrage, mémoire ou travail quelconque de M. de Laïzer ; la division qu’il propose n'est appuyée que sur les observations consignées dans sa Note , et le fait principal qui lui a servi à l’établir est tout-à-fait erronné. Les Hélices et les Planorbes se trouvent d'ailleurs, en graud nombre, dans cette série qu'il appelle supérieure.

Nous persisions donc dans l'opinion que nous avons émise à la page 21 de nos Recherches sur les fossiles.

« Les couches tertiaires de la Limagne sont tellement « liées entre elles , qu’elles ont, de toute évidence , été « déposées dans une période non interrompue et sans « qu'aucun événement géologique un peu important soit « venu morceler leurs points de contact ou altérer leur « régularité. »

Cette proposition a été citée textuellement dans un Rapport de M. le baron Cuvier à l’Académie des Sciences (1), et il faudra des faits positifs et des observations plus précises que celles dont je viens de démontrer l’in-

suflisance pour nous y faire renoncer.

Sur l’emploi des effets électro-chimiques pour former des combinaisons ;

Par M. BEecquerez.

(Extrait d’un Mémoire lu à l’Académie des Sciences le 23 février 1829 (2)).

L'enveloppe de notre globe, depuis sa surface jusqu’à la plus grande profondeur où l’homme soit parvenu, se compose de quatre formations distinctes, qui ont été étudiées chacune séparément sous le rapport des minéraux et des débris d’êtres organiques qu’elles contiennent.

(1) Voyez les {nnales des Sciences naturelles, tom. XV, p. 218.

(2) Ce travail doit paraître incessammeni dans les Ænnales de Chimie

. et de Physique, maïs nous avous cru que, par ses applications à la miné-

ralogie et à la géologie, il pouvait intéresser les naturalistes. (R.)

Les substances renfermées dans les grandes masses ont cristallisé aù moment même où celles-ci étaient en liquéfaction ; elles sont par conséquent d’une époque contemporaine et l’on ne peut rien savoir sur les causes qui les ont produites, mais ces mêmes substances ont pu être remaniées par les eaux, puis déposées à côté de métaux qui ont dû exercer depuis des actions électriques , d’où sont résultés probablement de nouveaux composés. Le physicien peut donc ajouter des notions importantes à l’histoire de la terre, en cherchant à déterminer les forces qui ont amené ces changemens. Il peut se faire aussi que, lorsque les grandes masses étaient encore à l’état liquide, la plupart des substances cristallisées qu’elles renferment aient été produites par des forces semblables.

Au surplus, quelle que soit l’origine de la plupart de ces substances , si l’on parvient à prouver que l’on peut arriver à en former de semblables, par l'emploi seul de forces électriques très-faibles , si faciles à produire dans l’état actuel de la science, on aura rendu probable la supposition que les autres ont eu la même origine ; surtout si la méthode découle d’un principe général. Cette méthode repose sur les effets électriques quivse produisent dans l’action chimique des corps en contact, principalement dans celui des dissolutions. Il est donc important d'analyser la nature de ces effets.

Le Mémoire est divisé en deux parties : la première comprend les effets électro-chimiques produits principalement dans le contact des liquides entre eux et dans celui de ces derniers avec les métaux ; et la seconde, les applications qu'on peut en faire à la combinaison des

corps. Dans celle-ci on s’est borné à donner des règles générales, qui sont propres à faire connaître toutes les ressources que l’on peut tirer de cette nouvelle chimie.

Quand un métal est attaqué par un acide ou un liquide quelconque, il y a dégagement de chaleur, puis formation d’un composé qui exerce une réaction non-seulement sur le métal, maïs encore sur le liquide qui l’environne et avec lequel il se mêle insensiblement; voilà donc quatre causes , en y comprenant l’action chimique, qui concourent à la production d'effets électriques, dont la résultante est rendue sensible par le galvanomètre. C’est cette résultante qu'il est important de déterminer dans les phénomènes de combinaison. L’action des dissolutions les unes sur les autres ou sur les acides, étant souvent une des causes prépondérantes, quand l’action chimique a peu d'énergie, c’est celle dont M. Becquerel s’est d’abord occupé. Quoiqu'il ait traité antérieurement cette question , il y est revenu en ajoutant de nouveau faits à ses observations. Il rapporte plusieurs expériences qui prouvent l'influence de la réaction des liquides.

Les forces électriques développées dans l’action des liquides lui ont servi à produire des combinaisons. Le carbone, qui est l’un des corps simples le plus répandu dans la nature, et qui y joue un grand rôle, a été l’objet de ses recherches. La propriété dont jouit ce corps de se combiner en diverses proportions avec l’hydrogène, lui a servi à former les chlorures, les iodures métalliques insolubies ; si l’on met par exemple dans un tube, de l’acide hydro-chlorique, une lame d'argent et du carbone : l’argent étant le pôle positif, attire le chlore

avec lequel il forme du chlorure d’argent qui cristallise en octaèdres ; l'hydrogène se porte sur le carbone, et le produit gazeux se dégage, etc. Pour former les doubles chlorures, les doubles iodures, elc., on prend un tube recourbé en U , rempli dans sa partie inférieure de sable ou d'argile imprégné d’eau. L'on verse dans une des branches une dissolution de nitrate de cuivre, et dans l'autre une dissolution d’un hydro-chlorate alkalin ou terreux ; puis l’on établit la communication avec une lame de cuivre. Le bout plongé dans la dissolution de nitrate, et qui est le pôle positif de la pile, se recouvre de cuivre à l’état métallique ; l'acide nitrique reste dans la dissolution jusqu’à un certain point, et l’oxigène seul se rend à l’autre bout, pour oxider le métal ; il se forme alors de ce côté des cristaux de doubles chlorures.

L'analyse de ces cristaux a été faite avec soin : les hydro-chlorates d'ammoniaque , de chaux , de potasse, de barite, etc.,donnent avec l’oxi-chlorure de cuivre des produits qui ont le même système crystallin; ce sont précisément les sels qui ont la mème composition atomistique : ce résultat est une vérification de la loi trouvée par M. Mitscherlich.

D’autres métaux ont été substitués au cuivre ; dans les premiers momens de la cristallisation , le cristal est complet, mais, quand l'appareil a fonctionné pendant long-temps , les troncatures commencent à paraître sur les angles et les côtés. Pour former les oxides métalliques cristallisés, on suit uné autre marche. Pour le protoxide de cuivre par exemple, on verse dans un tube une dissolution de nitrate de cuivre , au fond duquel on met du deutoxide de cuivre, puis l'on y plonge une

lame de cuivre : peu à peu il se forme des cristaux cubiques de protoxide de cuivre sur la partie de la lame qui ne touche pas au deutoxide. Cet eftet est dù à l’action de la pile formée par la lame de cuivre, la dissolution saturée du nitrate de cuivre , et celle en contact avec le deutoxide, qui l’est moins, en raison de l’acide qu’elle lui cède.

L'action de cette pile doit être d’abord excessivement faible , attendu que le deutoxide étant anhydre agit difficilement sur l'excès de l’acide du nitrate ; la différence

entre les deux liquides se trouve alors très-petite , mais, . avec le temps, le nitrate perdant peu à peu son acide,

qui n’est remplacé que difficilement par celui de la parte supérieure , il s’ensuit que la différence entre le degré de concentration des deux liquides augmente, l’action chimique de la pile doit suivre le même rappert ; aussi, à la fin de l’opération, aperçoit-on des cristaux de cuivre à l’état métallique , surtout dans le haut du tube: comme cette marche est graduelle , on doit obtenir cristallisées toutes les bases depuis le protoxide jusqu’au métal, excepté celles qui peuvent réagir directement sur le nitrate de cuivre; suivant la quantité de deutoxide , il se passe des phénomènes différens. On sent bien que l’accroissement des cristaux n’est pas indéfini, car il arrive un instant où les élémens qui se trouvent

dans les liquides ont été tous employés ; il faut donc dis-

poser les appareils de manière à en remettre de nouveaux sans trop déranger la marche de l'opération. Quand on fait usage d’un tube en U, il faut essayer de temps en temps , à un excellent galvanomètre , si le sens du courant n’est pas changé; s’il l'était, il se formerait de nou-

veaux produits. Cette condition est facile à remplir, en disposant l'appareil de manière à pouvoir séparer les deux lames de métal qui plongent dans les branches du tube; le changement de sens du courant est assez fréquent , en raison de la réaction des premiers produits sur le liquide au milieu duquel ils ont été formés. Pour obtenir d’autres oxides, on suit un procédé à peu près semblable.

- L'influence de l’action de la lumière ou du magnétisme terrestre se fait remarquer quelquefois dans les phénomènes précédens , attendu leur faible intensité : l'exemple suivant ne laisse aucun doute à cet égard. On mit dans un tube du deutoxide de cuivre , une lame de cuivre et une dissolution saturée d’hydrochlorate de cuivre : le tube fut fermé hermétiquement ; peu à peu la dissolution s’est décolorée, et il s’est formé un produit qui a cristallisé sur Îa lame. Les cristaux de la face en regard de la lumière se sont recouverts de protoxide de cuivre en filamens soyeux , tandis que ceux qui étaient sous la face opposée ne présentaient pas le même effet ; mais, comme cette lame se trouvait dans un plan perpendiculaire au méridien magnétique , il pourrait bien se faire que la production du protoxide füt due à action du magnétisme terrestre. Les faits consignés dans le Mémoire sont le résultat de deux années d’expériences ; ils indiquent le rôle que peut jouer le fluide électrique dans un grand nombre de phénomènes qui dépendent de l'attraction. M. Becquerel s’est appliqué à faire connaître les moyens de le mettre en mouve-

ment pour opérer la combinaison des élémens inorganiques.

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