EXPLICATION DE LA PLANCHE VII
Fig. 1-2. CANNA INDICA.
Fig. 1. — À, ovaire; B, trois sépales extérieurs soudés ; ©, C, C, trois sépales intérieurs ; D, D, deux staminodes extérieurs dressés ; D', un troisième staminode extérieur intermédiaire plus petit, manquant quelquefois; Æ , un staminode intérieur révoluté; Æ, un staminode intérieur soudé avec le filet anthérifère ; G, anthère terminant le filet soudé avec le staminode F; A, style.
Fig.2. À ,ovaire; B , trois sépales extérieurs ; C, C, C, trois sépales intérieurs ; D, D, deux staminodes extérieurs dressés : le troisième est avorté ; Æ, un staminode intérieur révoluté; F, un staminode intérieur soudé avec le filet anthérifère ; G, anthère terminant le filet soudé avec le staminode F; A, style ; I, J, bractées.
Fig. 3-7. HEDyYCHIUM CORONARIUM.
Fig. 3. A, bractée renfermant plusieurs fleurs, et cachant le tube formé par les sépales extérieurs ; B, une fleur fanée; C, tube formé par les sépales intérieurs et les staminodes ; D, D , D, trois sépales intérieurs canaliculés , irrégulièrement contournés ; Æ, trois staminodes extérieurs soudés en un appendice bifide, cuculliforme; F, F, deux staminodes intérieurs, élargis au sommet et coupés obliquement ; G, filet de l’étamine formant une gouttière très-étroite , dans laquelle le style est caché; A, anthère présentant aussi entre ses loges une gouttière pour le style ; Z, stigmate.
Fig. 4. Fleur dépouillée de ses bractées et des trois sépales intérieures. — A, ovaire; B, tube tridenté, formé par les trois sépales extérieurs; C, cicatrice des trois sépales intérieurs qu’on a enlevés; D, appendice cuculliforme formé par les trois staminodes extérieurs; E, E, staminodes intérieurs ; F, filet de l’étamine ; G, anthère ; A , style extrait artificiellement de la gouttière de l’étamine; 7, stigmate.
Fig. 5. Tube formé par les trois sépales extérieurs , vu par le dos.
Fig. 6. Le même vu par l’autre face, pour montrer qu’ilest fendu d’un côté,
Fig. 7. 4, ovaire ; B, portion du tube formé par les sépales intérieurs et les staminodes rabattue; C, disque épigyne ; D , style; Æ, deux tubercules soudés en un seul corps sillonné.
Sur une méchoire inférieure d’Antracothérium trouvée dans les gres tertiaires de la Limagne ;
Par MM. j’abbé Crorzer et Joserr aîné.
Le troisième volume des Recherches de M. le baron Cuvier contient la description de plusieurs fossiles qui
(140 ) Giit appartenu à un genre de Pachyderme , auquel lil: lustre auteur a imposé le nom d’Æntracothérium, et dont trois espèces ont été trouvées , soit dans les lignites de la Ligurie, soit dans les terrains d’eau douce des environs d'Agen.
Depuis la publication de ce volume, plusieurs autres débris ont été envoyés au Jardin du Roi, où il nous a été permis d'en prendre connaissance.
La position de ces ossemens , dans les lignites de Cadibopa ou dans des couches tertiaires bien caractérisées , a déjà fixé l’époque géologique à laquelle on doit rapporter l'existence de ces antiques quedrupèdes, et le gisement du fossile que nous ayons à décrire confirme entièrement les données précédemment acquises.
La mâchoire inférieure, dont M. le baron Cuvier a présenté la branche gauche à l’Académie , a été trouvée au milieu des grès tertiaires qui alternent avec les calcaires, les marnes et les argiles de la Limagne. C’est sur la rive droite de l'Allier, entre la commune de la Montgie et celle de Nonette, près des bords et vers l’extrémité méridionale du bassin , que l’un de nous l’a recueillie: le bloc qui lui sert de gangue est un grès quarzeux cimenté par le calcaire siliceux ; la dureté de cette pierre est telle, qu'il a fallu plusieurs semaines d’un travail assidu , pour mettre à découvert toutes les parties dont nous produisons ici des figures.
Ces circonstances de gisement étant établies , nous allons examiner les analogies que présente le fossile d’Auvergne avec ceux que M. Cuvier a décrits, eu ajouter aux faits qu'il a constatés ceux que nos propres rechcr-
ches nous ont fait reconnaître.
* Les seuls débris d'Anthracothérium que nous puissions rapporter à la grande espèce de la Montgie, sont ceux qu'on voit dans la planche rxxx de M. Cuvier (fig. r, 2, 3,6 et 7, Oss. foss., t. 3). Il existe de plus, dans les galeries , le modèle en plâtre d'un fragment de màchoire qui contient la dernière molaire inférieure gauche. Tous ces morceaux viennent des lignites de Cadibona; nous rappellerons sommairement les caractères qu'ils présentent. Le tronçon de canine (fig. 3, Cuv.) est tellement mutilé et écrasé, qu’on ne peut savoir précisément s’il se rapporte à notre espèce ou à une autre plus grande encore ; un pareil fragment ainsi isolé offre d’ailleurs peu de caractères et d'importance.
Si la dent à deux tranchans fig. 6 et 7 , est une canine ou une incisive , elle n’a point appartenu à la mâchoire inférieure comme on peut s’en convaincre par la branche complète dont nous donnons un dessin (fig. 1 ). Dans celle-ci la canine est ronde, conique, très-peu comprimée , et un simple coup-d’œil sur les figures suflira pour écarter toute idée d’analogie entre les deux fossiles : cette dent, fig. 6 et 7, n'est pas non plus la dernière incisive ; car, indépendamment des alvéoles qu'on remarque sur le fragment et qui n'existent pas dans la grande màchoire , la position oblique et la forme de la dent de Cadibona , n'ont évidemment de rapport ni avec la forme, ni avec la direction de la nôtre , dont les tranchans sont placés, parallèlement aux tables des molaires , aux bords interne et externe (voyez fig. 2, h).
Au moment où nous avons découvert ce fossile, M: Cuvier n'avait donc pu décrire sur la mâchoire infé-
rieure de la plus grande espèce que les deux dernières
(142) molaires; elles ressemblent parfaitement à leur correspondantes dans les fig. 1 et 2, à la seule exception d’un petit talon qu’on voit au-dessous du mamelon postérieur de la dernière, talon qui n'existe pas dans le second fragment de Cadibona, non plus que dans le fossile d'Auvergne.
Mais , si au lieu de nous attacher simplement à cette grande espèce, nous étudions dans les petites ce qui était précédemment connu, nous trouvons encore de nouveaux renseisnemens sur le genre entier.
La figure 5 (pl. citée, Cuv.) montre une portion de branche avec les trois dernières molaires inférieures que M. Cuvier n’a pas hésité à rapporter à l’Antracothérium, elles offrent le même nombre de pointes et des formes exactement semblables à celles de la grande espèce; les diflérences existent seulement dans les dimensions.
M. le baron Cuvier a reçu, en outre, un assez grand nombre de morceaux dont il est parlé dans les supplémens du 5€ volume (p. 506), et qui nous présentent un double intérêt, en ce qu'ils appartiennent à l’Antracothérium , et qu'ils viennent d’un département voisin du Puy-de-Dôme, de la Haute-Loire; la pierre qui les renferme est un calcaire d’eau douce de la même époque que les formations tertiaires de la Limagne. On remarque parmi ces fossiles une molaire fort petite qui nous paraît évidemment une troisième inférieure de lait, parce qu’elle a trois paires de pointes bien complètes , tandis que dans les cerfs et les bœufs, la dernière dent de l’adulte n'a réellement que deux paires de pointes ou doubles croissans , ayec un cylindre conique en arrière.
Mais le débris le plus complet est une branche gau-
(143 ) che , dont le côté interne est entièrement à découvert ; il contient cinq molaires qui sont les postérieures.
La dernière est usée presque jusqu’à la racine; on juge seulement , par la forme de la table, qu'elle devait ressembler à celle du grand Autracothérium.
La pénultième est à deux paires de pointes , mais les deux pointes internes sont plus aiguës et séparées par un sillon plus profond que dans la grande espèce. Les deux externes sont moins arrondies en dehors.
L’antépénultième molaire est également à deux paires de pointes ; elle est fort usée et endommagée , et devait, quoique plus petite, ressembler à la pénultième.
Celle qui la précède n’a qu’une seule pointe. Comme sa correspondante de la grande espèce, elle est seulement moins régulière, sa surface présentant de fortes rugosités,
Enfin , la première du fragment, qui devait être la seconde dans la mâchoire, offre les mêmes formes que sa correspondante dans nos fossiles, et n’a qu’une seule pointe.
On a encore trouvé à Lobsan, près de Vissembourg (Bas-Rhin) , une portion assez considérable de mâchoire inférieure qui se rapporte au même genre. M. Cuvier en a donné un dessin dans son quatrième volume ( voy. PI. 39), et nous en avons vu un modèle en plâtre au Jardin du Roi. :
Ce fossile contient quatre molaires qui paraissent les antérieures. Il serait cependant possible qu’il y en eût encore une en avant, car on voit une trace d'alvéole qui nous semble trop rapproché de la première pour être celui de la canine.
La première est à un seul lobe comprimé aux bords antérieur et posterieur ; et, quoique beaucoup plus petite, elle ne manque pas d’une certaine ressemblance avec celle dont nous avons parlé (fig. 6 et 7 de M. Cuvier ). Elle est séparée de la seconde par un intervalle vide de 0,005 ; celle-ci a un grand lobe conique tranchant , avec un lobule au bord antérieur, et en arrière un autre lobe assez fort en forme de pyramide.
La troisième molaire est à trois paires de pointes; elle diffère de la sixième de la grande espèce, qui w’a qu'un seul cylindre en arrière , comme la troisième de lait du jeune cerf diffère de la dernière de l’adulte : ce qui confirme ce que nous avons avancé au sujet d’une dent semblable à celle qui nous occupe.
Cette mâchoire a donc appartenu à un animal jeune :
les trois premières molaires sont des dents de lait , et la dernière, qui est entièrement sortie de l’alvéole, est une molaire de remplacement, à deux paires de pointes, comme celle du grand Antracothérium. C'est probablement la quatrième de seconde dentition.
. Quant à l’os maxillaire , qui est très-mutilé, ce qui reste de sa partie antérieure montre à peu près les mêmes formes que.dans le cochon ; les incisives étaient couchées sur un plan qui faisait, avec les tables des molaires, un angletrès-petit. On voit qu’il n’y en avait pas plus de six ; mais M. Cuvier lui-même n’a pas pu déterminer exactement leur nombre.
Entrésumé, il résulte de l’examen rapide que nous venons de faire, qu’avant la découverte du fossile de la Montgie on n'avait encore rencontré que des fragmens fort incomplets de la mâchoire inférieure des Antraco-
(14) thérium. On peut juger, par les figures qui sont jointes à ce Mémoire, des matériaux que nous avons à notre disposition pour le rétablissement de cette partie importante du squelette.
La figure 2 représente la branche gauche qui a été mise sous les yeux de l’Académie ; il y a six molaires qui occupent un espace de 0",234.
Les trois premières ont entr’elles beaucoup de rapport ; elles sont à un seul lobe, oblongues d’avant en arrière , pointues , tranchantes à la face antérieure, aplaties du côté opposé, et couvertes d’aspérités qui forment à la face interne une espèce de bourrelet assez régulier. La première est la plus petite, et la troisième a plus d'épaisseur que les deux autres ; la seconde et la troisième ont la même longueur.
M. Cuvier a en quelque sorte deviné la place de semblables molaires recueillies par M. Greenough; car il cite, d’après un dessin de Mademoiselle Morland ( page 4or, 5° volume) , deux dents isolées qu'on avait d’abord prises pour des dents d’Hyène, mais que, selon ses expressions, il se hasarderaït presque à regarder comme des molaires d’Antracothérium ; et la description qu'il en donne convient parfaitement à celles-ci.
La quatrième molaire est fort usée ; on voit cependant qu'elle ressemblait à la cinquième, c'est-à-dire qu’elle avait deux paires de pointes très-distinctes.
La cinquième, plus grande que la précédente, est aussi fort usée; elle a en arrière un petit talon qu'on retrouve dans celle que M. Cuvier a décrite (fig. 2).
Enfin, la dernière a deux paires de pointes pyramidées et un fort tubercule en arrière , celui-ci est bifide,
XVIT. 10
comme l’a dit M. Cuvier de sa fig. 2 ; un sillon descend obliquement de la pointe de ce tubercule, et va en s’abaissant vers le côté interne; un autre, plus profond , se termine à la base de la deuxième pointe externe : entre les deux est une arête mousse qui se relève contre cette pointe, et se confond avec le bord. On voit, par la figure 2 , que la table des pointes externes prenait par l’usure la forme de croiïssans.
Les quatre pyramides antérieures sont d’ailleurs exactement semblables à celles de la dernière molaire, que M. Cuvier a décrite (pag. 399, 3° vol.}), et nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer à sa description.
La fig. 1 montre une canine qui se trouve au point g, à 0,082 de la première molaire. L’extrémité de la màchoire, uu, f, a été ajoutée d’après des mesures prises fort exactement; car, bien que cette partie soit en place, nous n'avons pu la voir que par les faces postérieure et externe (fig. {et 6), parce que la pierre dans laquelle la branche est encore engagée n'aurait pu être enlevée sans qu'il y eüt danger de briser toute l'extrémité antérieure. Nous avons indiqué, en u, u, u, un fragment de cette pierre.
On voit en p la racine de la canine dont l'extrémité inférieure a été brisée; cette dent , d’une forme conique, un peu coudée et comprimée vers la base, a , comme dans le cochon, la pointe dirigée en dehors (voy. fig. 7); c’est, au surplus, le seul rapport qu'on puisse lui trouver avec les canines de ce pachyderme. La forme est toute différente , et ce qui reste de sa racine suflit pour faire juger qu’elle se fermait complètement lorsque l’animal avait acquis tout son développement.
Nous avons éprouvé quelque embarras pour déterminer le nombre des incisives ; cependant, en examinant
CR DT ee AN» PE
avec attention les deux branches , les traces conservées sur la pierre des incisives moyennes, et les fragmens qui subsistent encore, nous avons reconnu :
1° La dernière incisive droite (g, fig. À).
29 La pénultième du même côté (e), dont il reste l’ex-
. trémité bien complète.
3° La dernière (A, fig. 2) du côté gauche.
4° L’extrémité antérieure de la pénultième du mème côté ; à la vérité il n’en reste plus qu’un petit fragment, mais elle a été dessinée lorsqu'on voyait encore sur la pierre le débris indiqué en f (fig.2); elle s’y trouvait même tout entière, et nous l’avons sacrifiée pour dégager la dernière.
Voilà donc quatre incisives dont l'extrémité est bien complète ; or, il existe encore en d (fig. 4) un fragment supérieur et antérieur d’une autre incisive qui, de toute évidence, n'a pu appartenir à aucune de ces quatre ; d’où il résulie qu’il y en avait au moins trois de chaque côté. ;
On a vu que la petite espèce d'Alsace n'avait pas plus de six incisives, et il serait dès-lors permis de croire que ce nombre appartient au genre entier. Mais sans conclure par analogie , nous arrivons au même résultat.
En effet , la direction de la dernière incisive (X, fig. 2), la position des trois du côté droit (fig. 4), et les traces de la symphyse qu’on remarque à la branche gauche (en s, fig. 2), s’accordent parfaitement avec ce nombre, et, quoique nous n’ayons pas pu rapprocher bien exactement les deux branches, le morceau de grès qui se trouvait entre elles, et qui nous a donné leur écartement , nous a en même temps permis d'évaluer à om, 1 la distance des deux dernières incisives, mesurée au bord exierne.
Cette mesure étant justifiée par l’espace de 0,05 qu’occupent les trois du côté droit, il devient évident qu'il y avait six incisives. Ainsi , les lettres g, e, d(fig. 4), représenteront les trois de droite; h, f(fig. 2), les deux dernières de gauche, et & l’empreinte de la première du
même côté.
De même que dans la petite mâchoire d'Alsace, ces dents sont couchées , dans le sens de leur longueur, sur un plan presque parallèle à la table des molaires. Les quatre premières sont un peu carrées, comme celles du cheval, mais plus droites et plus aliongées ; les dernières ont une forme différente; la partie émaillée est plus large et plus aplatie en dessus : il y a , aux bords interne et externe, deux renflemens qui produisent un rebord saillant de chaque côté. (Voyez une de ces dents, fig. 2,
tee AL obiel fie. 00)
Les descriptions qui précèdent ayant fait connaître toute la partie antérieure de la màchoire, nous l'avons
rétablie dans l’esquisse (fig. 7) qui montre la disposition des canines et des incisives.
Pour terminer ce que nous avons à dire sur les dents, il nous reste à faire mention d’un indice d’alvéole qu’on remarque sur ja branche gauche , en avant de la molaire que nous avons regardée jusqu'à présent comme la première.
La cavité indiquée en r (fig. 2) paraît effectivement trop régulière et trop bien circonscrite pour qu’on n’y voie assez distinctement un alvéole ; on aurait même pu croire qu’il indiquait la place de la canine , si, dans la branche opposée, cetté dent n’était beaucoup plus éloignée de la molaire, et sa racine plus profoñdément engagée dans la branche. De plus , quoique la branche
gauche soit brisée sur ce point, on remarque plus bas, (enn) la place d’un autre alvéole dans lequel le grès paraît s'être moulé après la disparition de la canine.
Si, donc, cette cavité est réellement un alvéole , nous serions portés à croire qu'il renfermait une dent semblable à celle de la planche 80 de M. Cuvier (fig. 6et 7); cette dernière se rapproche assez, par sa forme, des molaires antérieures de notre fossile, et la portion de branche qui la renferme ne nous paraît pas s'opposer à celte opinion, car le fragment est très-mutilé, et, d’après le moule en plâtre que nous avons vu, on peut croire que la branche est brisée en avant de l’alvéole.
Cette dent ne serait, suivant toute apparence , qu'une molaire persistante de la première dentition, qui, de même que son analogue dans le cochon et l’hippopotame, n'aurait pas de dent de remplacement. Son existence ne repose , au surplus, que sur des conjectures , et la branche droite, qui n’a pas encore pu êire entièrement dégagée de la pierre, nous fournira peut-être à cet égard quelques nouvelles indications, que nous ferons connaître plus tard.
Si l’on cherche à établir, par l'usure de la couronne, l’ordre d'éruption des cinq premières molaires, cet ordre devra être établi de la manière suivante :
0 Ja 4°:
pp 5e 30la 2e ES Solar
Quelques recherches sur la dentition du cochon, nous ont fait voir que, dans ce pachyderme, cet ordre est absolument le même , tandis que dans l’hippoporame,
( 150 ) d'après l’excelleni travail de M. Emmanuel Rousseau, la première, la seconde et la troisième sortent dans leur ordre numérique , après la quatrième et la cinquième; on sait d’ailleurs que, chez ces animaux, la molaire postérieure de seconde dentition ne sort qu'après toutes les autres.
La branche moniante (fig. r et 3) est très-large, son bord inférieur descend plus bas que dans les anoplotériums et paléothériums. Le condyle , que nous n’avons pas complet, nous a cependant paru plus arrondi et moins large transversalement, que dans aucune espèce de pachydermes, si on en excepie l'éléphant. L’'apophyse coronoïde forme le bec en arrière, comme celle de l’anoplotérium, mais elle est située plus en avant, à peu près comme chez les palæothériums : la branche est aplatie à la face interne; elle se renfle, au contraire, à la face externe, vis-à-vis la première molaire, se resserre vers la quatrième, et se renfle de nouveau pour produire, au-dessous des seconde et troisième, une apophyse très-remarquable (t. fig. 2) qui descend beaucoup plus bas que le bord inférieur ; il est probable que cette protubérance servait à retenir Îes attaches des muscles qui meuvent les mâchoires.
Nous avons décrit, dans le premier volume de nos Recherches sur les fossiles d'Auvergne , une mâchoire inférieure de Félis, qui présente aussi une apophyse très-singulière ; c’est un prolongement extraordinaire du menton au-dessous de la symphyse, qui nous a fait assigner à cette espèce le nom de Mésantéréon. Ici, l’apophyse est placée d’une autre manière , et rejetée au bord externe. Nous ne voyons rien de semblable dans les animaux vivans, on peut seulement remarquer que