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(usr)
la mâchoire inférieure de l’hippopotame se renfle plus en avant, et se porte à l’extérieur pour former les alvéoles des canines (1).
Si maintenant nous considérons les deux branches dans leur ensemble , pour les rétablir dans leur situation première, nous éprouvons des difficultés semblables à celles qui se sont présentées lorsque nous avons déterminé le nombre des incisives, parce que les branches se sont brisées vers leur point de contact, ei qu'on aperçoit tout au plus de légères traces de la symphyse : cependant on voit, par le tableau qui accompagne cette description, qu’au moyen des empreintes conservées sur le grès qui se trouvait entr’elles , nous avons pu apprécier l'intervalle qui les séparait. Ces mesures nous: paraissent devoir inspirer d'autant plus de confiance que les deux dernières incisives se trouvent de chaque côté à une distance égale de la première molaire, et que les deux branches montantes ont aussi laissé sur la pierre des empreintes qui se correspondent parfaitement. À l’aide de ces renseignemens, nous avons donc pu rétablir la mâchoire inférieure telle qu’on la voit dans l’esquisse n° 9.
Les lignes de chaque série des molaires opposées faisaient entr'elles un angle irès-petit ( environ 10 degrés ); les premières se jetient un peu en dehors, et les postérieures sont inclinées en dedans, ce qui prouve que le plus grand écartement des branches avait lieu en arrière, vers le bord inférieur. En effet, on voit par le tableau des dimensions, que les condyles sont distans de o” 172; le milieu de la branche (a’, fig. 3) de 0"230 , tandis
(x) Le trou sous-mentonnier est situé au côté externe, un peu en
avant de la première molaire.
que les bords inférieur et postérieur (au point p ) sont éloignés de 0,2go.
Cette disposition qui est tout-à-fait l’inverse de ce qu'on observe dans le Tapir, se retrouve dans l’hippopotame, et nous avons déjà indiqué quelque rapports entre cet animal et celui que nous décrivons.
Pour donner une idée des proportions de cet ancien quadrupède , il suffira de dire que les molaires occupent un neuvième de moins que dans l’hippopotame , et environ deux fois plus d'espace que dans le tapir. On sait, d’ailleurs , que ces calculs ne sont qu’approximatifs , car les proportions relatives varient non seulement entre les différens genres; mais même entre les espèces les plus rapprochées , ainsi que nous croyons l'avoir établi en décrivant le rhinocéros d'Auvergne , dans le premier volume de nos Recherches sur les fossiles.
Très-près de la grande mâchoire , et dans le même bloc, se trouvaient quelques autres débris dont un seul a pu être déterminé , encore est-il fort incomplet; c’est une portion inférieure du cubitus gauche.
Le corps de l’os avait une forme triangulaire vers son milieu , à peu près comme dans le rhinocéros, le tapir, le cochon, tandis que dans l’hippopotame l'angle de la face antérieure est effacé, ou du moins très-obtus.
La tête articulaire présente une facette assez semblable à celle qui lui correspond dans les pachydermes dont nous venons de parler ; on y remarque cependant quelques-unes de ces différences qu'il serait difiicile de faire valoir dans une description , mais qui n PR pas à l’œil attentif.
Quant aux dimensions , nous n'avous pu prendre que la plus grande sargeur de la 1ète inférieure; elle est
SRE se
de 0,041 dans notre fossile, de 0,028 dans le tapir des Indes, de 0,054 dans le Rhinocéros bicorne de Sumatra, et de 0,"05o dans l’Hippopotame du Cap, d'où l’on pourrait conclure que notre fossile surpassait de moitié la grandeur du Tapir , avait un cinquième de moins que l’Hippopotame, et un quart de moins que le Rhinocéros de Sumatra. On a vu que l’espace occupé par les molaires ne fournit pas tout-à-fait les mêmes rapports, mais il n’en résulte pas moins que cet animal ne s’éloignait pas beaucoup des proportions de l'Hippopotame.
En dernière analyse, la plus grande espèce connue du genre Antracothérium se rapprochait du Rhinocéros et du Daman par les croïssans simples de ses molaires inférieures ; elle avait, par le nombre et la disposition de ses incisives , la direction oblique des canines, et l’ordre d’éruption des molaires, des traits frappans de ressemblance avec le cochon , tandis que l’apophyse située au côté externe de l’os maxillaire inférieur, aussi bien que la direction de la branche montante, semblent indiquer une espèce de passage à l’Hippopotame.
Cet animal était donc un véritable pachyderme : contemporain des Anoplotérium , des Lophiodons, des Pa- Iæothérium, c'était un des plus grands mammifères de l’époque tertiaire; il vivait sur le bord des grands lacs où se sont déposées les formations qui nous ont conservé ses dépouilles. Avec lui , d’autres Herbivores, des Rongeurs, des Carnassiers , des Oiseaux, des Reptiles, que nous décrirons par la suite, peuplaient nos montagnes et nos rivages. Sans doute une riche végétation couvrait alors l'Auvergne : c'était la quatrième période des végétaux fossiles de M. Adolphe Brongniart.
Nos volcans n'avaient pas encore éclaté.
li ère molaire...
TABLEAU des dimensions de la maächoire inférieure
du grand Antracothérium.