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( 168 ) des nids par la haine des oiseaux pour les chats est fautive. Après avoir passé cette chaîne, Agathocle se trouva dans une contrée remplie de singes , mu9#fxwv, dont trois villes tiraient leur nom et pouvaient, dit Diodore, se traduire en grec littéralement par le mot de ri@nroooac.
Le poëte Némésien (1), qui habitait à Carthage, nomme le chat sauvage comme un objet de ses chasses, avec le renard, le loup , l’ichneumon et le hérisson. Nos &midos lepores, imbelles figere damas , Audaces quelupos , vulpem capiare dolosam Gaudemus ; nos flumimeas errare per umbras Malumus , et placidis ichneumona (2) queærere ripis , Inter arundineas segetes , felemque minacerm Arboris in trunco longis præfigere telis , Implicitumque sinu spinosi corporis, Erern ferre domum.
M. Abel Rémusat m'a fourni ce document précieux. Le chat est connu à la Chine depuis un très-srand nombre de
siècles, sous le nom de 240 (5), tiré du miaulement de cet
(1) Cynegetic., v. 51.
(2) On voit que l’ichneumon existait alors près de Carthage.
(3) Le chat , en chinois Mao ou Miao, en japonais Vegoma ; son nom (chinois) vient de son cri. C’est un petit quadrupède qui prend les rats ; il y en a de jaunes, de noirs, de blancs, de tachetés z il a le corps du renard et la face du tigre, le poil doux et les dents aigues. Les meilieurs sont ceux qui ont la queue longue , les reins courts, les yeux comme de l’or.ou de l'argent, et beaucoup d’épis (poils) audessus des yeux. Sa pupille peut servir à marquer le temps : elle est comme ua fil à 11 heures du soir, 11 beures du matin et à 5 heures id. ; comme un noyau de jujubier à 1 heure du matin, r heure après midi, à 7 heures du matin et à 7 heures du soir ; et comme la pleine lune à 3 heures du matin, à r heures, à 9 heures et à 8 heures du soir. Le bout de son nez est toujours froid, à l’exception du jour du solstice d'été, où il devient tiède. Cet animal craint le froid et recherche la chaleur ; il se nourrit suivant les mois, et mange des rats dans la premiére et dans la dernière décade de chaque lunaïson. Sa tête et sa queue ressemblent à celles du tigre. La durée de sa gestation est de deux
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animal, et qui, comme celui qui en français exprime son cri plaintif, est une véritable onomatopée. Après avoir fixé la patrie ou du moins l'habitation du chat, je poursuis l’histoire de ses mœurs, de ses habitudes, et je réunirai les traits divers qui formeront le portrait exact de l'espèce. Les-circonstances de l’accouplement des chats, du nombre de leurs petits, de la durée de leur vie , de leurs chasses aux oiseaux rapportées par Aristote (1) avec le nom d’&houpor, désignent posilivement le méme animal dont Hérodote a peint les mœurs el auquel ïl a appliqué le même nom.
Je donnerai , en passant, l’étymologie des divers noms du chat : celui d’lovpos est fondé sur l’une des habitudes les plus frappantes de cet animal, qui remue et replie sans cesse sa queue. Je le ferai dériver d’aishho et d’oùpe. Le chat était donc pour les Grecs le mouve-queue.
Le nom d’hovpos vient, selon Saumaise (2), du vieux mot grec aikoc , le flatteur , avec le digamma eolique Fœcs, d’où les latins ont formé le mot Jélis ; d'ailos vint athoupos, caudä adulans. Cette étymologie me semble fausse ; elle n’est point fondée sur les mœurs de l'animal, qui n’est guère caressant mois, et d’une portée il engendre plusieurs petits ; mais il y en a qui les mangent, Il y a des gens qui croient que la femelle peut concevoir seule , par le frottement d’une brosse de bambou sur le dos, etc. ( Encycl. japonn., XXX VIII, 19.
Il est parlé du chat dans le Choue-wen , dictionnaire de l’époque de de notre ère.
Dans le Li-ki, l'un des cinq Æing , dont Confucius fit la révision au sixième siècle avant notre ère.
Dans le Eul-ya, dictionnaire dont quelques auteurs font remonter l'antiquité au douzième siècle avant Jésus-Christ, mais dont l’authenticité est contestée.
Dans le Chi-king , collection d’odes faite par Confucius, mais dont les différentes parties sont beaucoup plus anciennes que ce philosophe. »
(1) ist, anim. , V,2, VI, 20, 35, et IX, G.
(2) Plin., Æxercit., 10, B.
(170) ni flatteur. Elle s’appliquerait mieux au chien , qui est l’un et l'autre, et auquel sa queue sert à exprimer ce double sentiment.
Suidas (1) ajoute aux noms vnlgaires du chat, athoupoc el Ja, ceux de xépdo et d'ikzpia , qui semblent deux épithètes ; le rusé ei le gai, et sont tirées des mœurs de l'animal. Kuster corrige à tort, je crois, thæpiæ en æoupos, car ce premier nom est donné au chat par Artémidore, et la gaîté des jeunes chats est passée en proverbe.
Le mot catus, avec la signification de chat, ne se trouve d’abord que dans Palladius (2); mais ladjectif catus , qui signifie aigu, perçant, est employé par Ennius : Caia signa sonitum voce dare parabant. Varron, qui le cite, le croit un mot de la langue sabine. Plus tard, le mot a pris l’acceplion de solers , callidus , acutus , comme nous Papprend Cicéron (3). Le mot catus ou chat, d’où les Grecs du Bas- Empire ont pris leur mot xatroc (4), et les Arabes leur nom de cat, si ce mot ne dérive pas d’une souche plus ancienne, est donc tiré soit du cri aigu, soit du caractère rusé, prudent et fin de cet animal, comme l’ailos des Grecs, le jelis des Latins.
J'ignore la racineoul’étymologie des nomsde hir, dsaiwan, ginda, chaittal et dim que les Arabes ont donnés au chat. Mais la variété elle-même de ces noms semble indiquer que:
(1) V. ainspos. :
(a) IL, 9 (37 Varro, L. L.,6, 3).
(3) De Leg. , 1, 16.
(4) xærroc ü nærorxid'ièc æinspos. Ce nom est employé dans Le Schol. de Callimaque, Æ. ad Cer., 111; dans un poëte latin (in Catalog. Püh.,l. 1v. Catusin obscuro capit pro sorice picam, — Sextus Platonicus (De Medicina animal., part. 1, c. xviir ) emploie quatre fois le mot catam pour felem, Vid. Wexheik ad Antonis. Liber. xxvim, p- 186.
(171) l'animal était ou commun dans leur pays, ou anciennement apprivoisé.
Je poursuivrai maintenant la description des mœurs el de l’organisation du chat, connu chez les Grecs depuis Hérodote sous le nom d’xioupoc.
Ælien (1) décrit exactement plusieurs des habitudes et des
mœurs du chat, qu'il appelle æéhoupoc : « Le mâle, dit-il, est très-lascif ; la femelle, mère très-1endre. Elle fuit le coït du mâle, car la semence de celui-ci est, dit-on, très-chaude et brûle comme du feu les parties génitales de la femelle. C’est pour cela que le mâle tue les nouveau-nés , car le désir d’avoir d’autres petits force la femelle à se soumetire aux désirs du mâle. On dit que les chats abhorrent toute mauvaise odeur, et que c'est pour cela qu’ils creusent la terre pour y enterrer leurs excrémens. »
Cette description d’Ælien contient, de même que beaucoup de celles des anciens, des faits observés exactement, et une explication fausse de ces mêmes faits.
La chate ne fuit pas le coït du mâle parce que la semence de celui-ci lui brûle les parties génitales ; mais elle l’évite , le craint, et en souffre parce que, dans l’érection, le gland du mâle est couvert de papilles cornées très-aiguës. C’est la cause des cris perçans de la femelle pendant l’accouplement.
Ce n’est ni par propreté ni par haine pour la mauvaise odeur qu’ils enterrent leurs excrémens, mais par un instinet de défiance résultant de leur état sauvage et rebelle à l’expérience de la domesticité, parce que la forte odeur de leurs déjections pourrait décéler leur retraite, la demeure et l'asile de leurs petits, qui doivent rester cachés.
Il subsiste encore un rudiment de cette habitude et de cette défiance , commune au loup et à d’autres animaux sauvages , dans l’action du chien, qui, civilisé par l’homme bien plus
(x) De Naitur. anim., VI, 25.
‘complètement que le chat, jette encore, avec ses pieds de derrière , après s'être vidé, quelques parcelles de terre sur ses excrémens. C’est évidemment chez le chien domestique un reste des mœurs de son éltal sauvage qui a résisté à la domestication.
Si la date des fables conservées sous le nom d’Esope pouvait se rapporter à l’époque de fa vie du fabuliste, il serait constant que le chat était connu à une époque très-ancienne dans la Grèce et l'Asie mineure. Sa domesticité , ses mœurs, son caractère, son emploi dans les habitations pour détruire les rats et les souris sont décrits dans quatre fables d'Esope, qui lui donne le nom d’aïloupoc. #
La fable (1) du chat rusé, qui, pour attraper les rals, fait le mort et se poudre de farine, me semble devoir étre appliquée au chat ei non à une espèce de mustela, quoique Phèdre (2) ait dans cetie occasion traduit le mot cthoupos par celui de mustela.
À la vérité, La Fontaine, qui a traduit Ésope, fait d’un véritable chat le héros de son apologue, et c’est une chose assez remarquable que le poëte français ait mieux déterminé le sens du mot grec et le genre de l’animal que le traducteur latin.
L'autre fable ésopique (3) de cet officieux ætloupos qui, dans une épidémie dont la basse-cour est affligée, se déguise en médecin et va leur offrir ses services dans le dessein de les croquer, peint avec beaucoup de naturel les mœurs perfides et traîlresses du chat, et prouve en même lemps, contre l’assertion des naturalistes cités plus haut , que cet animal devait avoir été soumis depuis un certain lemps à la domeslicité qui offrait des moyens continuels d'observer ses ruses, ses habi-
tudes el son caractere.
(1) XXVIIL, éd. Coray.