IX
(:) De Generat. anim., XIE, 3.
Ainsi c’est la belette qui est désignée sous le non de yxñ , qui était aussi celui de la nourrice d'Hercule, dans fa fable citée par Elien (r). C’est cet animal qu’adoraient les Thébains, et qu’on doit reconnaitre sur leurs monumens représentant l’histoire de la naissance d’Hercule. C’est la belette que nous reconnaissons dans la fable de Nicandre (2), conservée par Antoninus Liberalis (3) : « Galinthias facilite par un mensonge l’acconchement d’Alcmène , et est changée par Junon en une perfide belette. Elle est condamnée à vivre dans un trou et à une reproduction infâme, car elle est engrossée par les oreilles et accouche par le gosier. Hercule, devenu homme , lui éleva une chapelle près de sa maison et lui institua des sacrifices que les Thébains continuent encore. Ils font même la fête de Galinthias avant celle d'Hercule. »
C’est la belette qui est peut-être désignée dans Pline sous le nom seul de mustela rustica.
C’est elle qui est indiquée posilivement dans Aristeas (4) comme immonde et réprouvée par les lois des Juifs, à cause qu’elle concoit par l'oreille et accouche par la bouche. Je ne connais pas d’autres passages de l’antiquité où l’on puisse reconnaître posilivement celte espèce. J’indiquerai pourtant ce passage d’Horapollo (5), car il peut nous fournir le moyen de distinguer exactement plusieurs galés ou mustèles des an ciens. Il dit : « Que les Egyptliens , pour désigner une femme, viri operam facientem , peignent une gale, car la verge du mâle de cette espèce est comme un pelit os. »
La verge est osseuse chez toutes les mustèles, les chiens,
les chats et beaucoup d’autres mammiféres. Les hiéro-
(1) De Wat. anim. , XIX, v.
(2) Lib. 1v, Alterat.
(3) XXIX, p. 189-195, ed. Verheick. — Xylander, le traducteur latin , met Oo\spær yaauv , fraudulentam felem , à tort comme on le voit. (4) De leg. div, translat. Hist. , p.118, Flav. Joseph ed. Haverc,
(5) IL, 36, cap. ri yæxnv ; quomodo mustelam ?
glyphes et les anaglyphes égyptiens peuvent offrir un moyen de reconnaître les diverses espèces de yx\%, si on en a des dessins exacts et coloriés, surtout maintenant que la connaissance de l'alphabet hiéroglyphique égyptien met à même de lire les noms propres.
L'histoire du furet (1), chez les anciens , est moins détaillée ; mais Strabon et Pline fixent avec précision sa patrie, ses mœæurs, son emploi.
Je cite le passage : « La Turdétanie, dit Strabon (2), produit une espèce de peuits lièvres (Ar6npidas lisez Aeropidus (3)) qui creusent sous terre et que quelques-uns nomment léborides ; ils détruisent les semailles et les arbres dont ils rongent les racines. Ce fléau est commun à l’Ibérie presque entière et s'étend jusqu’à Marseille et méme jusqu’aux îles. On dit qu’autrefois (4) les habitans des îles Gymnésiennes (Majorque et Minorque), ne pouvant plus résister à la grande quantité de ces animaux, députèrent vers les Romains pour leur demander des terres à habiter. Il est possible qu’on soit forcé de prendre ce parti dans une semblable extrémité, comme en effet il y a des exemples de pays abandonnés à cause des serpens et des mulots. Mais ces cas, dus à une constitution pestilentielle de l'air, sont très-rares. Pour les cas ordinaires , les Ibères ont inventé plusieurs moyens de faire la chasse aux lapins , et entre autres celui des furets , que produit la Libye,
(1) yann dygix Strab., ’iverra. Pline.
(2) LIL, p. 144, ed. Casaub.; [, 412, 413, trad. franc.; 1, 185, ed. Coray.
(3) Delà lemot Lapin, de aér06, vieux mot éolien, déjà abandonné pour A&y0s du temps d’Homère, et conservé dans lepus leporis des Latins. C’est un fait curieux transmis par Varron. Ling. lat., IV, 25, ct Re rust., LIL, 137. Vid. Salmas, Plin., Ex., p. 200, sqq.
(4) moe ne signifie pas autrefois, mais un jour. — Pline dit que oe fut sous Auguste, VIE, 55, o1 Strabon était contemporaiu de ee
prince.
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et qu’ils nourrissent soigneusement exprès (yalks àypias &s % AtGün péper, Tpépouour émirndes. Lâchés dans les terriers après avoir été muselés , ils tirent dehors avec leurs griffes les léporides qu’ils rencontrent ou les forcent à quitter leurs terriers. Les chasseurs les prennent à la sortie. » Ge passage , un peu long , que j'ai cité en entier , est très-curieux pour l’histoire du furet et du lapin. Pline (1) nomme wiverra les furets , que Strabon appelle yak& &ypiu , et abrége le passage classique du géographe grec. Il ajoute pourtant à l’histoire du lapin, qu’il nomme epus , et que l'Espagne appelait cuniculus , ce fait singulier : « Que les Baléares demandèrent à Auguste des troupes pour les défendre contre les lapins. (Certum est Balearicos adversus proventum eorum (cuniculorum ) auxilium militare à Divo Augusto pettisse. ) »
Strabon dit que le furet est originaire de la Libye. Cette assertion est confirmée par Shaw, qui a vu le furet sauvage en Barbarie , où il se nomme riimse , et a été fortifiée pour moi du témoignage d’un Anglais instruit, M. Dusgate , qui a passé huit mois dans ce pays.
Je dois relever encore une erreur de Dei qui, dans sa note (2), dit que le y«\ä &ypiz de Strabon, le viverra de Pline est le même animal que les Grecs nommaient ya«hñ reprnoix, belette de Turtesse , sans faire attention au lieu natal d’où les Tartessiens le faisaient venir pour l’employer à la chasse aux lapins. L'erreur est palpable ; car le furet n’est que de peu de chose plus gros que l’hermine , et le galé de Tartesse était Pun des plus grands animaux de ce genre.
Suidas l’assure (3) : « Tartesse, dit-il, est une ville sur l'Océan , hors des colonnes d'Hereule , où naissent les plus grandes galés. »
(1) VIII, LXXX ,t. 1, p. 483, ed. Hard.
(2) L. c. Strah.