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(4) La gerboïse se reconnaît aisément avec le silphium sur les monnaies
de Cyrène. Vid. Thes. brit. ,t. 11, p. 124. Shaw, €. E, p. 321.
phinm, et qui ressemblent beaucoup à celles de Tartesse. Telles sont, ajoute Hérodote, autant que jai pu le savoir par les plus exactes recherches , les espèces d'animaux sauvages que possède le pays des Libyens nomades. »
Ce pays est la partie de l’Africa des Romains, au sud de la petite Syrie et du lac Triton , le royaume de Tunis actuel avec la portion de l'Atlas qui s’étend vers le midi au-delà de Tozzer et du lac Pharaon , nommée le pays des dattes.
Or la civette, viverra civetla, nous vient des contrées chaudes de l'Afrique, et les espèces citées par Hérodote, comme cohabitantes de son galé, sont propres aux contrées les plus chaudes de l'Afrique , et y vivent encore avec la civelle.
La civette serait la plus grande des galés , puisqu'elle a deux pieds quatre pouces de long, sans compter la queue, et dix à douze pouces de hauteur au garrot, tandis que la fouine , la marte et le putois , les plus grandes espèces du genre 723 ou mustela, n’ont que douze à dix-huit pouces de long. Celte espêce est très-remarquable par le parfum que produit sa bourse, organe particulier aux civeltes , silué entre l'anus et les parties de la génération.
« On élève beaucoup de civettes en esclavage pour leur parfum. L’Abyssinie est un des pays où l’on nourrit le plus de civeltes , el Poncet assure qu’à Enfras on en élève une quantité si prodigieuse, qu'il y a des marchands qui en ont jusqu’à trois cents. (1) »
Or l’Abyssinie possède presque toutes Les espèces qu'Hérodote décrit comme vivant avec sa galé africaine.
L'identité da nom et du parfum serviront à nous faire reconnaitre celte espèce chez les anciens.
Nicétas (2) réunit au nombre des parfums le muse, la ci-
(1) F. Cuvier, Dict. des Sc. nat.,t.1X, q. 338, 339. {2) En Isaciv, cité par Saumaise. Plin. , £xercit., 237. E.
l'US
(499) vette et l’ambre : uôcyov, Cumérut, Gu6ap; et Achmèés, dans l'Onérocrite, appelle ce parfum galæum : « #eibaro posyw xoù yalaio mpos vo évodéw. Il se faisait oindre de muse et de galœum pour sentir bon. » Il nomme aussi yx)% l’animal qui fournit le musc, appelé par Avicenne (1) galia et algalia , que le lexique grec-arabe explique ainsi : yœhio 0 Caméras.
Voilà donc les synonymies des mots zapelès el yahia , Curéruov, et galœum, yaXñ el Gaxer’, bien établies. Le caractère de grandeur tend à nous faire reconnaître la civette dans le yx13 d'Hérodote.
Celle de Tartesse, taprnoia yalñ, élait peut-étre la civette élevée en esclavage pour son parfum, que cette ville com— merçante tirait de l’intérieur de l'Afrique, du pays des dattes {les Libyens nomades), et qui, dans la domesticité, avait subi quelques changemens peu considérables soit pour la taille, soit pour la couleur du poil.
Cette conjecture, appuyée sur d’assez grandes probabilités, a l’avantage de concilier et de coordonner tous les textes anciens et les caractères tirés de la grandeur , de l’origine et du parfum de cet animal très-remarquable.
Maintenant on pénètre aisément la cause du vague et de la confusion qu'a produits dans l’interprétation des auteurs anciens la généralité du mot ya, qui désigne seul tantôt le chat, tantôt la fouine domestique , tantôt la belette, et, avec une épithète le putois, la marte et le furet, et même une espèce de viverra aussi remarquable par son odeur que la civelte.
On sentira, je crois, qu’il était assez difficile d'établir, d’après les textes anciens , une délerminalion exacte des espèces, de fixer avec une certaine précision leurs caractères
spécifiques et leur synonymie.
(a) Cap. 327.
Cependant il résulte, à ce qu'il me semble, des passages que j'ai recueillis, des rapprochemens que j'en ai faits, des inductions qu’ils présentent :
1°. Que le mot yakñ était générique et s’appliquait anciennement chez les Grecs, soit au chat, soit aux mustèles qui avaient un emploi semblable, ou des mœurs et des habitudes analogues , soit encore à une espèce du genre wiverra de Linné, la civette.
2°, Que plus tard, même quand le nom d’aoupos eul éte appliqué au chat, ce nom désigne plus communément le chat sauvage , el le nom de «A3 fut encore attribué au chat domestique et à une mustela, la fouine (raustela foina, Linné), apprivoisée et employée conjointement avec le chat, par les Grecs et les Romains, à la destruction des rongeurs qui infeslaient leurs maisons.
30. Que le ya% seul, depuis Hérodote, désigne tantôt la fouine , tantôt la belette, tantôt le putois , comme le nom latin mustela, qui a une acception générique presque aussi étendue, laniôt avec une épithète indiquant l'espèce, la marte el la fouine sauvages , le furet et même la civette, espèce du genre viverra. En effet toutes les espèces de ces genres d'animaux carnassiers et vermiformes ont une grande analogie et un air de famille très-remarquable.
4°. Qu'il faut attribuer à la patrie du chat une zone beaucoup plus étendue que celle qui lui est assignée par les naturalistes modernes , qu'il existait dans l’état sauvage et domestique depuis la Chine et l’Inde jusque dans l’Asie mineure, la Syrie , l'Egypte et la Libye septentrionale , et que le chat de nos forêts n’est peut-être qu’une espèce redevenue sauvage comine les chevaux du Paraguay.
6°, Que l’époaue de la domesticité du chat remonte chez les Chinois, les Egyptiens, les Indiens, les Grecs et les Hé-
breux à des temps très-reculés ; que peut-être il a suivi , ainsi
que le cheval, dans leurs migrations , les peuplades indo-scythiques, dont l'invasion en Europe est antérieure aux siècles historiques, mais dont la trace irrécusable reste dans les rapports de leur ancien langage avec les diverses langues de l’'Eu. rope.
6°. Que les Grecs et les Romains avaient rendu privée une espèce de znustela , qui est certainement lafouine , et l'avaient associée au chat dans la fonction de chasser les rats , les souris et autres rongeurs ; qu’elle leur servait de plus à détruire les serpens et les reptiles.
7°. Enfin, qu'une monographie, une synonymie exacte des espèces décrites ou indiquées par les anciens sous les noms vaoues de ya} , de mustela, de viverra , était utile pour l'histoire naturelle et pour l'intelligence des auteurs anciens , puisque les traducteurs modernes ont toujours rendu , par le mot belette , les mots yx\ñ et mustela , tandis que ces noms designent presque toujours des animaux du même genre , mais d’espèces très-différentes pour la taille , la couleur, les habi-
tudes et les propriétés. :
Des Formations jurassiques dans le sud-ouest de la France ;
Par M. Durrenoy,
Ingénieur des mines.
(Fragment d’un Mémoire lu à la Société philomathique, dans sa séance du 23 mai 1929)
Les montagnes anciennes du centre de la France, qui . s'étendent depuis la Bourgogne jusqu'au Haut-Langue-
doc , sont enveloppées de tous côtés par une ceinture
de calcaire jurassique. Ces formations, étudiées avec beaucoup de soin par M. de Bonnard , dans la partie de cette ceinture qui forme le sol de la Bourgogne, sont généralement peu connues sur la plus grande partie de sa longueur ; ilest vrai que M. Boué , dans un Mémoire fort intéressant sur le sud-ouest de la France, a donné quelques détaïls sur ces calcaires, mais sans indiquer leurs rapports avec les formations déjà connues, rapports assez difficiles à saisir dans un pays presque sans escarpemens et d’une grande fertilité. Les voyages que J'ai été obligé de faire dans cette partie de la France pour la confection de la carte géologique , m'ayant fourni l’occasion de l’étudier avec détail , je me propose d’indiquer dans ce Mémoire les caractères principaux que possède le calcaire jurassique sur la pente méridionale du vaste plateau primitif qui occupe le centre de Îa France , et qui forme une bande presque continue depuis le Rhône jusqu'à l'Océan. La circonstance la plus remarquable que ces formations présentent est d'admettre les quatre grandes divisions (1) que l’on observe dans les terrains correspondans en Angleterre, et dans le nord de la France. Ces divisions y sont également marquées par des couches argileuses et par des calcaires marneux.
Les fossiles répandus dans les différentes assises qui composent ces terrains , sont en grande partie analogues à ceux que l’on trouve en Angleterre, dans les couches correspondantes ; malgré le rapprochement que
nous annonçons , il n'existe pas cependant une identité
(1) Nous avons regardé le calcaire à gryphites, ou le lias, comme formant la division inférieure du calcaire du Jura. On indiquera bientôt les raisons qui conduisent à adopter cette opinion.