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complète entre ces formations. Ainsi plusieurs des nombreuses sous- divisions, adoptées par les géologues anglais, se voient rarement dans cette partie de la France , et quelques fossiles sont dans des positions un peu différentes. Ces nuances entre des terrains semblables ne doivent pas étonner, en réfléchissant que nous comparons des bassins éloignés , et séparés l’un de l’autre par un massif considérable de terrains anciens. Des circonsiances locales doivent en eflet avoir toujours eu quelque influence sur des dépôts formés , il est vrai, à la même époque et par les mêmes causes, mais n’appartenant probablement pas à une seule nappe qui aurait recouvert à la fois toutes les parties des continens alors existans , et dont le niveau était le même.
La limite entre ces différens étages est souvent difficile à établir, surtout celle entre le lias et les formations oolithiques ; peut-être cela tient-il à ce qu'il n’existe pas de couches argileuses qui marquent cette séparation. On ne peut , ilest vrai, avoir de doute, quand on irouve de nombreuses Gryphées arquées comme dans quelques lieux; mais souvent cette formation n’est représentée que par des marnes qui n'en contiennent pas, et dans lesquelles on trouve à la fois des fossiles appartenant à deux assises contiguës. Ce mélange nous annonce qu'il n'ya pas une plus grande différence entre le lias et les formations oolithiques qu'entre les divisions de ces mèmes formations, et quon ne doit pas l'en isoler. Aussi nous proposons-nous de regarder les formations Jurassiques comme composées de quatre étages, dont le premier serait le Zias.
Le détroit qui sépare les terrains anciens de la Vendée
de ceux du centre de la France pourrait faire naître une pensée différente de celle que je viens d'émettre. En effet, dans cet espace entièrement occupé par les formations Jurassiques, elles constituent une double chaine, dans laquelle on observe une double pente, l’une vers le nord , et l’autre vers le sud. Sur chacun de ces deux versans on retrouvé les trois étages de l’oolithe, le centre étant occupé par la partie inférieure de ces formations ; quant au lias , que l’on voit presque constamment former une lisière étroite à la limite des terrains anciens , il ne se montre pas au centre de cette chaîne, ce qu'on pourrait présumer si réellement il formait , ainsi qu'on vient de le dire, la base de tout ce terrain calcaire.
Les différens étages des formations jurassiques ne sont pas également abondans dans toute l’étendue que nous venons d'indiquer.
Sur le versani qui regarde le Rhône, c’est la partie la plus basse de toutes ces formations qui constitue une grande partie de l’espace compris entre ce fleuve et les montagnes de l’Ardèche.
L’analogie de position, et les fossiles que l’on y trouve, nous font rapporter le calcaire et les marnes de cette assise inférieure au lias des Anglais. Toutefois, en faisant ce rapprochement , nous n’avons pas l'intention de dire qu'il existe une identité complète entre les caracières et les fossiles de deux contrées aussi éloignées, nous voulons indiquer seulement que le lias , les caicaires et les marnes, que nous allons décrire, se sont déposés
à la mème époque, et dans des circonstances sem-
blables.
À cette extrémité du bassin secondaire, le calcaire oolithique ne forme que quelques lambeaux. Du côté de l’ouest au contraire , le terrain de lias ne présente qu'une bande très-étroite , et les formations oolithiques ÿ recouvrent une grande surface : elles sont surtout trèsdéveloppées dans la zone comprise entre une ligne qui joindrait Cahors , Angoulème et Rochefort, et une autre qui passerait par Figeac, Poitiers, et les sables d’Olonne.
Pour faire connaitre avec détail la bande de calcaire jurassique dont on a indiqué la position , l’auteur décrit la succession des couches qu'il a observée à des distances assez éloignées les unes des autres ; nous nous bornerons à donner celle que l’on voit en suivant les côtes, depuis Jes sables d'Olonne jusqu'à Rochefort. Cette coupe naturelle est l'exemple qui donne l’idée la plus complète de ces terrains.
La régularité des couches , leur inclinaison de trois à quatre degrés vers le S.-5.-O., la disposition des caps qui s'avancent au loin dans la mer, et permettent de voir en même temps sur une grande étendue les couches inférieures et les couches supérieures , sont autant de circonstances favorables pour reconnaître la position relative des différentes assises des formations oolithiques. On observe aussi , le long des côtes , les couches marneuses , que leur peu d'épaisseur et la fertilité qu’elles communiquent au terrain , empêchent d'étudier dans. des pays peu montueux, où les carrières sont presque les seuls moyens d'observation que le géologue possède.
Sur le terrain ancien, qui se voit à une petite distance des sables d'Olonne, reposent des couches de grès sili-
ceux possédant tous les caractères de l’arkose ; les grains, en général de quarz hyalin, sont quelquefois de feldspath décomposé ; ce grès contient des veinules et des cristaux de baryte sulfaté, quelques veinules métalliques ; enfin il passe à des jaspes qui n’ont plus aucune apparence arénacée : il paraît associé au lias qui le recouvre. Des marnes que l’on rapporte à cette formation , quoique cependant un peu différentes des marnes qui existent à la partie superieure du lias, forment une bande sur ces grès.
Ce sont ces marnes qui servent de base aux formations oolithiques , avec lesquelles elles ont peut-être autant de relation qu'avec le lias ; elles alternent , à leur partie supérieure, avec du calcaire compacte en couches de 6 à 8 pouces d'épaisseur, légèrement coloré en bleu. Les premières couches de la formation oolithique sont composées d’un calcaire compacte terreux, paraissant un peu sableux , et que l’on pourrait regarder comme un grès , à cause de son àpretié ; il contient des silex peu nombreux qui se fondent dans la pâte. Il est quelquefois oolithique, mais les grains d’oolithe y sont rares et se distinguent assez difficilement de la pâte; plus souvent on y voit des parties compactes assez irrégulières, se détachant en jaune rougeâtre sur la pâte du calcaire : il est probable qu'elles’ sont dues aussi à une texture oolithique imparfaite. Ces parties jaunâtres sont fort petites et peu nombreuses , mais assez constantes dans toute cette bande calcaire. Les couches sont d’épaisseur fort variable ; quelquefois elles sont minces et schisteuses , d’autres fois elles ont de 6 pouces à 1 pied de puis-
sance , comme celles que l'on exploite dans les carrières
de Lucon. Elles sont en général marneuses, et les pierres de taille que ces couches fournissent sont d'assez médiocre qualité. On trouve dans ce calcaire des T'érébratules , quelques Peignes à grosses côtes, des Plagiostomes , et des Ammonites peu nombreuses et difficiles à déterminer. Ce calcaire se prolonge jusqu’à peu de distance de la Rochelle: il disparaît pendant plusieurs lieues sous les sables et les marnes qui forment les marais situés entre Luçon et la Rochelle; sa présence est cependant indiquée par l’existence de quelques ilots calcaires qui surgissent au milieu de ces marais; l’un d'eux est désigné dans les caries sous le nom de Pile d’'Elle. On voit le caleaire former de nouveau des esearpemens de 70 à 80 pieds de hauteur à*Ennandre, peu distant de la Rochelle ; la partie dominante de ces escarpemens est un calcaire compacte, jaunàtre , terreux, solidifié par un mélange presque invisible de calcaire cristallin ; il alterne avec des couches de calcaire compacte marneux , d’un gris bleuâtre dont les angles s’arrondissent facilement. Je n’ai pas rencontré de fossiles dans ces couches calcaires, maïs J'ai vu à la Rochelle, chez M. d'Orbigny, des Ammonites et des Bélemnites qui en provenaient : ces dernières m'ont paru assez différentes de celles qui existent en si grande abondance dans les marnes du las.
La baie de la Rochelle est ouverte dans des couches de calcaire plus tendre et plus marneux que celui des environs d'Ennandre ; on le voit dans les deux escarpemens avancés qui forment les pointes des Bains et celles des Minimes, ainsi que dans Îles carrières des environs
de la Rochelle, On trouve dans ce calcaire nn assez
(199 ) grand nombre de moules de coquilles , dont les princi-
paux se rapportent aux espèces suivantes.