‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 48 sur 232 · NOMS DES FOSSILES · texte numérisé non relu

NOMS DES FOSSILES

dans lesquelles on trouve les mêmes

trouvés dans le calcaire. fossiles en Angleterre.

Astarta elegans , Sowerby--°-.:.| Grande oolithe. | Astarta pumila , id.-:..+-....+.| Oolithe inférieure. Area pulchru,id...:: *....:....| Grande oolithe.

Cuculea elongata ,id..---........ Id. FA Terebratula perovalis , id.--+..... Id. inférie MO di LE RES Se ee ele aies D IRETICU Modiole : . .... 2.00... 2. »

Lutraria ovalis + --............ .. Corn-brash.

Lucine (moule imparfait) --...... »

ÆAmmonites annulatus..+ +:.-....| Oolitheïinférieure. Pholadomia protei. :..........e. . Id.

Mrytilus pectinatus.-............| Kelloway-rock.

Turritella muricata.. ®.......... Coral-rag. Etage Trigonia très-petite, inédite... » rs Eh Dicerate ( moule imparfait): ++... » ni Cardium inédit -: es... »

ÆAmmonites Lamberti.-........ «| Kelloway-rock. Caryophrytllee. Ai oleNoic Perbnc Dent Ale »

La nature du calcaire, celle d’une partie des coquilles, nous ont fait naître l’idée que nous étions dans le second étage des formations oolithiques. La petite couche qui contient des coquilles spirées qui se rapportent à l'espèce Turritella muricata , et des empreintes d’une Trigonie très-petite, paraissent surtout appartenir à cet étage. Cependant , d’après la succession des couches que nous allons indiquer, nous verrons qu’il est recouvert par une argile qui, par sa position au-dessous de masses énormes de Polypiers , parait représenter largile d'Oxford. On pourrait peut-être supposer qu'une grande faille, eu

traversant le terrain, en aurait fait deécendre une partie

et que la succession de couches que l’on observe , serait une espèce d’illusion ; mais, outre que rien dans le pays ne donne l’idée d’une pareille dislocation , le retour de fossiles semblables dans les couches immédiatement en contact avec celles que nous décrivons , fait rejeter cette supposition. Il est plus naturel de penser que le second étage oolithique commence plutôt que nous ne le croyons, et que les premières couches , au lieu d’être composées de marnes, comme à Oxford , le sont de calcaires assez marneux; ce serait alors une extension du phénomène que cet étage présente au pont de Kelloway près Chippenham dans le Wiltshire, où l’on voit, subordonnées à l'argile d'Oxford , des couches irrégulières de calcaire, auxquelles on a donné le nom de Kelloway -rock. M. Desnoyers a indiqué un calcaire semblable dans les terrains oolithiques des environs de Mamers. Cette supposition , nullement contradictoire aux faits observés, expliquerait d’une manière plausible la présence de certains fossiles.

Aux couches de calcaire compacte et marneux, que je viens d'indiquer, succède une argile bleuâtre dans laquelle est creusée la baïe qui sépare la pointe du Ché de celle des Minimes. Elle occupe un espace peu eonsidérable, et est recouverte immédiatement par des marnes blanches qui renferment quelques parties dures, et forment des escarpemens dégradés par étage. Il existe souvent dans ces marnes blanches des parties solides et plus résistantes qui saillent au milieu de ces escarpemens. Elles renferment quelquefois des parties arrondies analogues à des oolithes grossicres et quelques moules de Nérinées.

L'argile bleue réparaît de nouveau entre la pointe du

{ 2or )

Ché et celle d’Angoulin, situé au sud de celle-ci; elle y forme encore une petite baie. On la voit ici ressortir de dessous le calcaire qui contient des Polypiers. On ne peut l’apercevoir qu'à marée basse , tandis que dans la baie au-dessus on la voit jusqu’à marée haute, ce qui tient à l’inclinaison des couches. D’après sa position on devrait la retrouver à la partie supérieure de la pointe des Minimes, mais on ne la voit pas dans cet escarpement , il est probable qu’elle passe par dessus.

Les marnes blanches et bleues que nous venons d’indiquer, renferment un assez grand nombre de fossiles. Nous avons recueilh :

Des Pholadomies ( Ph. protei, Brong.) analogues à celles qui existent dans le calcaire exploité près de la Rochelle.

Des Isocardes ( Zsoc. concentrica ; Sow.; tranversa, d’Orbigny, brevis, d'Orbigny).

Des Cardium ( Cardita obtusa).

Des Huîtres pinigènes de M. d'Orbigny. Elles sont abondantes ; leur têt, conservé , est fibreux. .

Des Pinnes marines , très-courtes , mais dont le têt est analogue à celui de la Pinna granulata.

Des Modioles.

Des Piérocères.

La pointe du Ché et celle d’Angoulin présentent à peu près la même composition. Dans la première on voit immédiatement au-dessus des marnes bleues des couches marneuses blanches, au milieu desquelles il en existe une très-rugueuse fort dure, contenant une énorme quantité de Férébratules de plusieurs éspèces (Zerebra-

tula triquetra, ornitocephala, acuta, ete.) ; les Téré-

Pratules lisses sont à beaucoup près les plus abondantes. On trouve avec ces Térébratules des Encrines en assez grande quantité, des Huîtres très-grandes, mais fort 1mparfaites, qui m'ont paru assez analogues à certaines Huîtres que nous avons recueillies dans une roche, près de Portland, que nous avons rapportée au Calcareous-grit ; des coquilles turriculées de différens genres, notamment des Nérinées; on y trouve aussi quelques Polypiers. Le calcaire est souvent mélangé de mica, une couche en contient particulièrement une assez grande quantité et passe un peu au grès.

À ces couches à Térébratules succède un calcaire contenant une énorme quantité de Polypiers, et en étant presque exclusivement composé. Ceite couche est assez épaisse , la dureté qu’elle présente dans certaines parties, tandis que dans d’autres elle est tendre, fait que les falaises sont couvertes d'énormes rochers détachés : ce désordre pourrait faire croire au premier aspect que le terrain est irrégulier ; maïs , en examinant avec un peu de soin, on voit ces couches comme celles qui les recouvrent ou qui sont dessous, plonger vers le Sud-Sud-Ouest sous un angle de 3 à 4°. Le point de séparation entre ces couches et celles caractérisées par les Térébratules est difficile à établir; cependant les Polypiers sont beaucoup moins abondans sur le revers nord de la pointe du Ché que sur les escarpemens du sud et sur ceux qui regardent la mer. Les Polypiers sont de nature assez variable, on peut les grouper en trois classes. Les plus abondans forment des masses radiées composées de baguettes accolées les unes aux autres, perpendiculaire-

ment à la couche. Tantôt elles sont creuses et remplies

d'argile plus ou moins colorée, tantôt au contraire, l’intérieur est remplacé par du calcaire spathique blane qui contraste beaucoup avec la couleur de ‘la roche. On n'y aperçoit pas d’autres traces d'organisation que quelques

stries longitudinales.

Le second genre de Polypiers constitue des masses rondes entièrement spathiques plus ou moins considérables , ayant communément de 8 pouces à un pied de diamètre. Dans la cassure en long on aperçoit des lignes parallèles assez faiblement tracées et des étoiles dans l’autre sens. Ces Polypiers analogues à ceux du Coralrag d'Oxford contiennent comme ceux-ci des coquilles lithophages qui ont vécu en mème temps que Îes Polypiers.

Le troisième genre de Polypiers ressemble à des

COTAaUX.

Les Serpules sont aussi fort abondantes , elles forment comme les Polypiers des masses assez considérables ; ces corps , ordinairement de la grosseur d’un tuyau de plume, sont quelquefois presque aussi déliées qu'une : épingle ; outre quelques rochers entièrement composés de ces fossiles, on voit souvent des Serpules attachées sur les autres coquilles. Les Encrines se trouvent également en très-grande quantité, dans la partie de la côte comprise entre la pointe du Ché et celle d'Angoulin; elles sont uniformément répandues dans les couches de cet étage. On y voit quelques têtes, une quantité prodigieuse de tiges ordinairement assez courtes, quelquefois au contaire très-longues , el des racines de plusieurs pouces

de long sur un pouce de diamètre s'étendant dans pla-

sieurs sens et fixées dans le rocher de la même manière

que la racine des végétaux.

Les Encrines sont toutes à l'état spathique , les tiges sont ordinairement jaunâtres , tandis que les racines ont une teinte violacée. Parmi les têtes peu nombreuses que j'ai recueillies, j’en ai vu quelques-unes qui nv’ont parues semblables à celles de l’'Encrine pyriforme, fossile que les Anglais regardent comme caractéristique de l'argile à Encrines (1), placé entre la grande oolithe, le Forest-marble et le Corn-brash. Cette Encrine s’est retrouvée dans une position semblable dans les formations jurassiques du Calvados, de facon que nous voyons ici des fossiles regardés comme appartenant essentiellement à l'étage oolithique inférieur, exister dans l’étage moyen. Mèlés aux Encrines, on voit beaucoup de poinies d'Oursins et de Cidarites.

Outre les différens fossiles que je viens de décrire on trouve une très-grande quantité d’Huîtres peu distinctes et tellement incorporées avec le rocher qu'on ne peut en avoir que des fragmens. La plupart sont grandes, semblables à celles de la pointe du Ché et analogues, ainsi que je l'ai indiqué ci-dessus, à celles que le Calcareousgrit contient près de l’île de Portland. Il existe aussi en assez grande abondance des coquilles à têt lisse, assez épais, présentant un pli, ou espèce d’aile sur le côté droit ; n’ayant jamais pu les voir avec leur charnière, Je ne puis assurer le genre auquel ces coquilles appar-

tiennent, mais je présume que ce sont des Gryphites,

(1) On a donné le nom d’argile à Encrines à cette couche, parce qu’elle coutient une très-gräande quantité de ces Encrines qui ne s’étaient

encore trouvées que dans cette position.

qui se rapprochent beaucoup de la Gryphæa dilatata.

Au-dessus de cette masse énorme de Polypiers on irouve des couches régulières de calcaire oolitique, un peu terreux. Les oolithes y sont clair-semées dans la pâte calcaire; tantôt les grains qui soni toujours irréguliers sont assez fins, tantôt au contraire plus gros qu'un pois. Ces couches oolitiques peu épaisses, sont recouvertes d’autres couches contenant encore des Encrines en assez grand noimbre, quelques Polypiers et des coquilles bivalves.

Nous avons recueilli dans ces couches calcaires supérieures et dans celles qui contiennent des Polypiers, plusieurs autres fossiles qui viennent, concuremment avec les Polypiers et les Encrines , confirmer l'opinion que les couches calcaires comprises entre la pointe du Ché et celle d’Angoulin appartiennent à l'étage oolithique moyen.

Nous allons donner la liste de ces fossiles , et nous récapitulerons en même temps les noms de ceux qui se trouvent dans Îles couches que nous regardons comme appartenant à cet étage.

Page 1