EXPLICATION DE LA PLANCHE VI C
Fig. 1. Protococcus nivalis de grandeur naturelle, formant des taches rouges sur des rochers,
Fig. 2. Le même grossi.
Fig. 3. Le même très-grossi, avec la matière mucilagineuse qui lui sert de base,
Fig. 4. Le même à une époque plus avancée, au moment de la dissémipation des globules intérieurs.
Fig. 5. Quelques globules à diflérens âges.
Fig. 6. Globules complètement développés.
Fig. 7. Globules crevés , vides et décolorés.
Fig. 8. Globules intérieurs isolés.
(Wem6)
Remarques sur une espèce particulière de Neige rouge observée dans les glaces arctiques ;
Par Wizz. Scoresey (1).
Le capitaine Parry , dans sa narration d’une tentative pour atteindre Je pôle, fait mention d’une espèce particulière de neige rouge qu'ils rencontrèrent accidentellement durant leur expédition. Comme je suis porté à croire que le capitaine Parry s’est mépris quant à la nature de la substance colorée qui donne cette apparence à la neige des glaces arctiques, je me permettrai de faire les remarques suivantes sur ce sujet, afin d’éclairer l’histoire naturelle de cette curieuse production. ayant vu moi-même l'espèce de neige rouge , observée par le capitaine Ross sur les rochers cramoïisis , ainsi que la neige orangé et couleur de saumon que le capitaine Parry a observée sur les glaces flotiantes, je n’hésite pas à dire que la nature de la matière colorante des glaces fixes et celle des glaces flottantes était totalement différente. La première provenait de végétaux qui y croissaient, et la dernière du dépôt de ce que Je regarde comme une substance animale. Diflérentes considérations m'empèchèrent de regarder celle-ci comme étant aussi une production végétale. D'abord: il y avait du rapport entre la couleur de la mer sur laquelle la glace flottait, et celle de cetie glace elle-même. La partie colorée de la glace n’était que sur les bords ou dans les parties plates et peu élevées où les vagues pouvaient atteindre ou s’introduire au moyen d'ouvertures dans la masse de glace, et enfin cette neige dissoute et brülée produisait une odeur animale. ;
Je me suis assuré, par des observations répétées, que quelques-unes des eaux de la mer arctique avaient la propriété de colorer les-substances blanches ei poreuses qu'on y plongeait (telle que la glace poreuse ou la neige compacte) spécialement d’une teinte orangée. Get effet
* Jameson, Ædimb. new Philos. Journ. , octobre-décembre 1828, p.94.
est presque constant dans les endroïts où la mer a une couleur d’un vertolive sale, et cette qualité d’eau est trèscommune sur les côtes du Spitzhberg et du Groenland. Elle est décrite dans la description des régions arctiques (vol. 1, 175, 180); et dans le journal d’un voyage au Groenland en 1822 (page 130, 353, 355), et il y est dit que son action sur la glace est tellement forte qu'elle teint les bords des masses contre lesquelles elle bat, d’une teinte d’un jaune orangé; et lorsqu'on la jette sur le côté de morceaux de glace détachés la matière colorante, restant attachée à la neige, s’y incorpore, et le reste de l’eau se trouve filiré. L'animal qui produit cet effet singulier sur la mer et sur la glace, appartient à la classe des radiaires et semble très-voisin du Beroë globuleux de Lamarck. Il est environ de la grosseur d’une tête d’épingle, transparent, marqué de douze taches distinctes ou amas de petits points d’une couleur brunâtre. Ces points, qui paraissent produire la couleur particulière de la mer, sont disposés par paires, quatre paires ou seize paires composent alternativement chaque tache. Le nombre de ces animaux est immense; dans les endroits où la mer est d’un vert olive, on a calculé qu’un pied cube en contenait environ 110, 592. Lorsqu'on fait chaufter de l’eau qui contient de ces animaux, elle répand une très-forte odeur qu'on pourrait comparer à. celle d’huitres jetées sur des charbons chauds, mais plus désagréable; l'odeur de la neige orangé est la même. C’est d’après ces considérations que j'ai acquis la certitude de Ja nature animale et (de l’origine marine de la coloration de la glace, et je ne crois pas m'être trompé.
Mais comme la neige observée par le capitaine Parry est désignée sous les divers noms de couleur de rose, couleur de saumon et de neige rouge, nuances qui diffèrent toutes de la teinte orangée que j'ai vue le plus fréquemment, il est évident que, si l'origine de la matière colorante est la même, l’animal qui la produit doit être d’un genre ou d'une espèce différente. J'ai pourtani vu de la neige couleur de saumon dans des circonstances de situation, etc., tout-à-fait semblables à l’autre, et Je l'ai attribuée sans hésitation à la mème cause:
j'ai particulièrement examiné, à mon dernier voyage à la côte du Groenland en 1823, un animalcule capable de produire la couleur rose ou rouge. La description qui suit est tirée du journal manuscrit de mon voyage.
10 juillet, latitude, 71° 15”, longitude 13° 20’ W. Durant le trajet de ce jour nous fümes principalement dans des eaux d’un vert sombre. Nous passämes plusieurs
laques-barres ou taches d’eau d’un brun rougeûtre, semblables à celles que jai observées sur la côte d'Islande, l’année dernière (1). Je mis une goutte de cette eau sous le microscope pour m'assurer de la nature de la matière colorante , bien que je ne doutasse guère d’après'mes premières observations qu’elle ne füt animale. En l’examinant, jy trouvai des animalcules, principalement d'une espèce, vivans et doués mouvemens actifs. Ils ressemblaientpar leur forme paraboloïdale à un dé à coudre. La longueur de l’animalcule était d'environ —— de pouce, ce doni je m’assurai au moyen d’un micromètre de verre placé sous un fort microscope, et son diamètre de" de pouce. Je calculai, au moyen du micromètre, que la quantité d'animaux contenus dans une seule goutte d’eau était de 12,960, et mon calcul est plutôt au-dessous de la vérité; cependant quelque nombreux qu'ils soient, ils ne sont pas serrés. Leurs nageoires, frangées , étant iransparentes, on ne peut les apercevoir. Quand on éxarnine une goutte de cette eau au soleil, chaque animalcule forme une tache brillante; quelques-uns sont lumineux et irisés, comme la Mouche de feu. Ils étaient tous dans un mouvement rapide, étant probablement troublés ou gënés par la forte action des rayons du soleil que le miroir réfléchissait.
Malheureusement je ne pus observer de glace sous l'influence de cette eau, et découvrir si c'était elle qui donnait réellement cette couleur à sa surface; mais on ne peut douter que ces animalcules , donnant une teinte d’un brun rougeâtre à la mer, ne puissent également la donner à la glace que cette eau baigne:
Outre ces deux couleurs particulières d’eau de mer,
GAP DeeNe dans le Journal d’un voyage au Groenland en 1822, .- P: Jde
CA
j'en ai observé aussi de brune et d’un vert Jaunâtre ; la dernière avait l’air d’un mélange de fleur de soufre ou de moutarde, de manière qu'on peut penser que c’est une de ces teintes ou la combinaison de plusieurs d’entr'elles qui produisent les différentes variétés de neige rouge décrites par le capitaine Parry. En toutcas, comme l'effet de l’eau colorée sur la glace, dans les cas connus, est très-analogue à ce que rapporte le capitaine Parry , la teinte seule en étant différente , nous croyons fortement que ce cas était le même, et comme la situation particulière des neiges rouges du capitaine Parry s’est toujours montrée telle qu’elles se présenteraient si la matière colorante était retirée de la mer et jetée sur les glaces par les vagues, ou introduite vers sa surface à travers des orifices intérieurs , nous ne pouvons douter que la couleur ne soit animale et non végétale; car le capitaine Parry remarque que la substance colorée était généralement enlevée dans la neige molle par le passage des barques en traîneaux, etque, dans les cas où onen vitsur des glaces flottantes, c'était toujours près des bords; et telles sont en effet les circonstances dans lesquelles une matière animale , en suspension dans la mer, se déposerait vraisemblablement sur les glaces flottantes environnantes.
Sur lInfluence de l'acide hydro-cyanique, du camphre et des substances extractives sur les plantes ;
Par H. R. Gorprert.
(Extrait.)
L'auteur de ces recherches, déjà connu par plusieurs Mémoires sur l'influence de ces mêmes substances et de quelques autres sur la vie et l’irritabilité des végétaux(r),
(1) Voyez Pextrait de ces recherches, Ann. des Sc. naturelles,
. tom. XIV, p. 385 et tom. XV, pag, 60.
(mobi)
s'est proposé dans ces nouvelles expériences d’éclaireir plus complètement la manière d'agir de l'acide hydrocyanique et du camphre. Il résulte de ses premières recherches que ces substances, les huiles essentielles, l'alcool, l’ammoniaque et quelques autres n’agissent sur les parties des végétaux qu’autant qu’elles ont été portées par l'absorption et la circulation jusque dans ces parties, et que, dans ce cas , leur contact avec le tissu cellulaire de ces organes détruit sans retour ce tissu , détermine son affaissement , et la mort de cesparties ; mais l’auteur remarque que cette action des liquides vénéneux ne se propage de bas en haut qu'avec beaucoup plus de leneur que l’absorption de l’eau pure ; ainsi , en peu de temps une plante flétrie recouvre, lorsqu'on l’arrose, la turgescence même des parties supérieures, tandis que l'influence léthifère ne parvient à ces parties qu'au bout d’un temps beaucoup plus considérable, et l’on ne peut pas penser que l'absorption soit rapide , mais l'influence sur le tissu cellulaire lente; car, dans ce cas, les parties supérieures , qui sont plus molles et plus tendres, se détruiraient les premières.
L'auteur pense donc que, dans les dissolutions de substances vénéneuses dans de l’eau , l’eau est absorbée beaucoup plus rapidement que la matière qui y est dissoute; qu'il y a une force élective qui ne permet que très-lentement le passage de ces substances des vaisseaux : dans le tissu cellulaire. Il le prouve par les expériences suivantes.
En plongeant, soit des tiges coupées , soit les racines de plantes fanées, dans une dissolution étendue d’acide hydro-cyanique dans de l’eau , les plantes commencent
ar reprendre leur vigueur et leur turgescence, comme si elles étaient plongées dans de l’eau pure, et ce n’est que plus tard qu’elles commencent à éprouver les effets de l'acide hydro-cyanique, plus ou moins promptement, suivant le degré de concentration du iiquide. La même chose avait lieu pour les mélanges d'huiles essentielles, de camphre, d'alcool et d’ammoniaque ; mais il fallait que les dissolutions de ces deux dernières substances fussent très-étendues.
Cette absorption élective n’a lieu que dans les plantes vivantes, let dépend d’une véritable influence vitale ; car, en mettant dans la même liqueur des rameaux de la mème plante, les uns morts, les autres vivans, mais légèrement fanés, on pouvait, avec des réactifs, reconnaître l'absorption rapide du liquide vénéneux, tandis qu'aucun phénomène n’annonçait eacore l'influence de cette substance sur la plante vivante.
Par d’autres expériences l’auteur s’est assuré que le cantphre n'avait aucure propriété excitante sur les végétaux, ainsi qu'on l'avait prétendu, mais que cette substance agissait tout-à-fait comme les huiles essentielles , auprès desquelles ses propriétés chimiques la placent.
! Le camphre, soit absorbé en dissolution, soit répandu en vapeur autour des végétaux, loin d’exciter leurs facultés vitales, détermine bientôt la mort des parties avec lesquelles il se trouve en contact ; et, comme les huiles essentielles , l'acide hydro-cyanique, etc. , il fait cesser la sécrétion des sucs laiteux , et la contractilité des organes doués de cette propriété.
La vapeur de camphre n'avait aucune action sur les feuilles de la sensitive ( Mimosa pudica) Susqu' ao ment où , par son absorption , ‘elle détermine la dessiccation de ces feuilles ; jusque-là on n'observe pas que l'irritabilité de ces feuilles soit diminuée ou augmentée, et, suivant que la mort arrive la nuit ou le Jour, les feuilles restent étaiées ou repliées.
D'autres recherches de M. Goeppert sur l'influence des poisons narcotiques sur les végétaux l’ont conduit à des résultats bien différens de ceux obtenus plus anciennement par M. Marcet.
Car des expériences comparatives faites avec des extraits de plautes dont l’action vénéneuse est des plus marquées sur les animaux, telles que l’opium, la belladone, la ciguë, le datura, la jusquiame, l’aconit, la laitue vireuse, la digitale, la fausse angusture, la noix vomique et la coque du Levant, et avec des extraits de plantes tout-à-fait innocentes, telles que le Zeontodon taraxacum, Ve Tussilago farfara, lui ont prouvé que la
matière extractive était dans tous ces extraits végétaux la matière réellement nuisible aux plantes , et il paraît attribuer cette action nuisible à l'influence, pour ainsi dire, mécanique de ces substances extractives qui se déposent à la surface des racines dans le tissu spongieux des radicelles, ou dans les parties coupées des branches qu’on plonge dans ces dissolutions.
La mort des végétaux n’a pas lieu plus tôt dans les extraits de plantes vénéneuses que dans ceux des végétaux les plus innocens ; elle est plus prompte, lorsqu'on opère sur des plantes coupées, que sur celles avec leurs racines; mais il y a des plantes qui peuvent supporter bien plus long temps que d'autres, l’action de ces substances extractives.
Des plantes de Mimosa pudica, arrosées avec ces substances vénéneuses et avec des extraits de végétaux
non vénéneux , devinrent également faïbles et malades au bout de quelque temps, et reprirent leur vigueur lorsqu'on les arrosa abondamment avec de l’eau pure.
Des feuilles de cette mème plante plongées aussi dans ces deux sortes de liqueur, se déployèrent et se replièrent régulièrement pendant plusieurs jours, maïs perdirent plus promptement cette faculté que celles qui étaient dans de l’eau pure.
Ces liquides n'ont aucune influence sur l’irritabilité des parties de la fleur, soit qu'on plonge ces fleurs dans
: les dissolutions , ou qu’on en verse sur les organes irritables.
Enfin, les exhalations de ces substances ou des plantes vénéneuses elles-mêmes , mortes ou vivantes, qui sont plus ou moins nuisibles pour les animaux , n’ont aucune influence sur la végétation des plantes qu’on expose dans des vases fermés à ces exhalations. L'auteur conclut de ces diverses expériences , que ces matières narcotiques , ou agissant sur les animaux d'une manière analogue aux narcotiques, ont une action spéciale sur le sysième nerveux, et n’ont aucune influence sur les végétaux qui sont privés de ce système.
(Ann. de Chim. et de Phys. de Poggendorf, octobre 1828.)
Sur les yeux et la vision des Insectes, des Arachnides et des Crustacés (1);
PONT DU Murcen,
Professeur à l'Université de Bonn.