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XVII

(242) née. Ainsi les cristailins des yeux simples, mais isolés, n'ont fait ici que devenir plus nombreux.

D’autres Oniscoïdes n’ont en effet que des yeux simples et isolés, tels sont les Z'yphis , les Expheus. Les Cyamus ont des yeux simples en mème temps que des yeux composés, si toutefois ces derniers ne sont pas formé par l'agrégation de plusieurs yeux simples.

Les Myriapodes ont aussi, suivant M. Treviranus, des yeux simples comme les Oniscoïdes. Chez les Scolopendres, cet observateur a vu, outre les yeux déjà connus (1), un œil plus grand, de chaque côté; il est de forme allongé et plus large d’un côié, mais il est également simple (2).

Dans le genre Julus, les yeux semi-lunaires sont siltués derrière les autres et se composent de cinquante à soixante petits yeux simples (3). C’est à tort que M. Marcel de Serres désigne les yeux des Oniscus, des Scolo-

pendra et des Julus, comme des yeux à facettes. Des Insectes à yeux simples (Stemmates.)

Le tableau suivant rend compte de l'existence des

stemmates chez les Insectes des différens ordres. Les ArTèrrs, 1° sans métamorphose, ont

(a) Des stemmates seulement. Il faut rapporter ici les Podures , de la famille des Thysanoures, ayant des yeux

à doubles granulations, et la famille des Parasites ayant

deux à quatre stemmales.

(1) L. c., tom. If, pl. 4, fig. 6,0, o; pl. 7, fig. x, P- (a) Zbid, pl. 7, fig. 7, 0. k \3)dvid., pl, fig. 1, 0.

(b) Des stemmates, à côté d'yeux composés ; les Lepisma ayant trois stemmates. Les yeux composés sont petits et se composent d'un petit nombre de granules , qui ne sont peut-être qu'une agrégation d’yeux simples. Le genre voisin des Machilis a des yeux composés fort

gros, presque continus entre eux, avec des stemmates ? 2° À métamorphose, Suceurs.

La larve de la puce ayant des yeux simples, suivant Rosel , et dépourvue d’yeux suivant M. Latreille (x).

Les Coréoprëres. Les insectes parfaits sans stemmates , les larves des Coléoptères carnassiers ayant deux stemmates, comme les Cicindèles et les Aristes. Il n’y a que les larves des Dytiscus, qui aient douze stemmates, six de chaque côté.

Les larves des Microptères, très-semblables aux insectes parfaits, ont probablement des yeux composés. Les larves des autres Coléoptères, autant que je les con-

nais, sont dépourvues d’yeux.

Les OrraopTires (à métamorphose incomplète) ont deux ou troïs stemmates à côté des yeux composés ta l'exception des Forficula.

Les larves (aptères) n’ont pas de stemmates, ou bien ces organes sont très-peu distincts.

Les Hémiprenes (à métamorphose incomplète) ont des stemmates et des yeux composés. Les trois stemmates de l’insecte parfait chez les Cicada , sont indiqués chez les larves par des taches blanches , à une époque où

(1) Rudolphi, Physiologie, toi. 11, p. 188.

les facettes des yeux composés ne sont point encore formées,

Les NévroPrÈnes ont des stemmates en mème temps que des yeux composés, à l'exception des genres Hemerobius et Myrmeleon. Cependant l’Æemerobius maculatus ( Osmylus maculatus, Lair.) a trois stemmates.

Parmi les larves, les unes ont des yeux composés sans stemmates, telles sont celles des carnassiers à métamorphose demi-complète, qui vivent dans l’eau, les larves des Libellulines et des Éphémères ; les autres ont deux stemmates sans yeux composés, telles sont les autres Névroptères ? — Les larves des Termites sont aveugles.

Les HyménorrTères, ont trois stemmates à côté des yeux composés. Le mâle dela Mutilla sibirica n’a qu’un seul stemmaie, et la femelle n’a que des yeux composés. Les larves sont pour la plupart aveugles. Celles des abeilles ont deux stemmates.

Les LéPinoprères ont des yeux composés.

Les Sphinx et les Phalènes seuls ont, peut-être tous, deux stemmates, mais qui sont cachés sous les écailles.

Les larves ont six à huit stemmates.

Les Ruarparprères n’ont que des yeux composés , gra-

nulés, sans stemmates.

Les Drprires ont des yeux composés , rarement accompagnés de stemmates, comme chez les Mycéiophiles, etc. Les larves sont pour la plupart aveugles;

quelques-unes à tête écailleuse ont des yeux , notamment

( 245 ) les aquatiques. Les yeux des larves aquatiques du Culex

pipiens sont fort gros , à facettes ? Les yeux des larves

des Siratiomys sont plus petits, et probablement simples.

Le nombre des stemmates, chez les insectes parfaits qui en possèdent, est ordinairement de trois. Toutefois M. Marcel de Serres se trompe lorsqu'il avance que les Acheta et les Blatta sont les seuls qui n'aient que deux stemmates. Chez les Membracis auxquels M. Marcel de Serres en aitribue trois, chez les Flata, les Tetyra, les Pentatoma, les Coreus et les Nabis, je n'ai également pu en trouver que deux.

Les dimensions des stemmates varient beaucoup chez les insectes, même chez différentes espèces d’un même genre. Chez les petites espèces de Gryllus, les stemmates sont quelquefois d’une grandeur extraordinaire ; mais , en revanche, je n'ai vu sur aucune espèce du genre des stemmates plus petits que chez le Gryllus mola de Klug, espèce gigantesque, sans élytres ni ailes.

D’après mes nombreuses observations , les stemmates des insectes sont toujours convexes, pour la plupart ronds , rarement elliptiques ; il n’y a que celui du milieu qui présente quelquefois cette dernière forme. M. Marcel de Serres parle de stemmates à cornée concave; et, dans un autre endroit, il dit, en passant, que le stemmate du milieu est quelquefois concave, mais il n’indique pas les espèces sur lesquelles eette disposition se rencontre. Je n'ai jamais pu voir rien de semblable, et je'ne crois pas à l'exactitude de cette observa-

tion. Les stemmates sont situés ordinairement sur le haut

( 246 ) de la tête, tantôt sur un seul rang, et tantôt en triangle.

Les indications de M. Marcel de Serres sur la structure des stemmates , sont fort incomplètes et défectueuses. Il dit que dans les stemmates l’enduit intérieur de la cornée est très-variable dans sa couleur, qu’il est noir chez les Hyménoptères, blanc chez les Orthoptères, noir, jaune, rouge et quelquefois vert chez les chenilles des Lépidoptères. Mais il reste douteux si M. Marcel de Serres a examiné ces pigmentum dans l’intérieur des yeux , ou s’il n’en a jugé que d’après l'apparence extérieure, Lorsqu'il fait ressortir l'avantage d’une cornée épaisse , il confond probablement la cornée et Îe cristallin qui y adhère, en un seul tout; car, d’après mes recherches , le cristallin existe dans les stemmates des insectes.

L’enduit de la cornée dont parle M. Marcel de Serres, ne peut êue que cette partie du pigmentum qui, situé entre le corps vitré et le cristallin, forme sur le bord du corps vitré une zone de pigmentum , ou qui se voit à travers les milieux transparens dans la profondeur de l'œil.

Les nerfs optiques des stemmates, suivant M. Marcel de Serres, naissent directement du cerveau si les yeux sont distans entre eux ; mais lorsqu'ils sont rapprochés, comme chez les chenilles (1), les nerfs optiques ne sont plus que les rameaux d’un tronc commun, comme ceux des yeux marginaux des scorpionides.

Chez les chenilles, une membrane propre réunit les six branches du nerf optique, destinées à autant de stem-

(1) Lyonnet, Traité sur la chenille qui ronge le bois de saule, pl-18 ,b.

mates, jusqu'à l'endroit où ils se perdent dans le tronc commun. Si ce fait est exact, les stemmaies des larves des insectes se distinguent des yeux marginaux des scorpionides, en ce que les nerfs optiques particuliers se se réunissent pas, comme chez ces derniers, en deux troncs latéraux. M. Marcel de Serres refuse aux scorpionides cette réunion en deux troncs latéraux, mais il ne pouvait parler que des grands yeux, qui étaient les seuls dont il eût connaissance.

La fig .7 de ka pl. r2 représente les stemmates et les nerfs optiques d’une chenille dans leur ensemble. Cette figure est empruntée à l'ouvrage de M. Marcel de Serres (x).

a) Le tronc commun du nerf optique. b) Les nerfs optiques, dont chacun se rend à un stemmate. c) Les stemmates. d) La choroïde commune.

M. Marcel de Serres décrit encore une choroïde située derrière le nerf optique; elle serait plus large que la cornée , et sa couleur, tantôt rouge, tantôt noire, tantôt blanche, changerait chez les différentes espèces.

Toutes ces indications ne donnent pas une idée suffisante de l’organisation des stemmates chez les insectes ; et cependant M. Marcel de Serres est le seul qui les ait examinés. D’après mes recherches répétées sur de grandes espèces, j'attribue aux stemmates des insectes

la même organisation interne qu'aux veux des araï-

(x) Nous ferons observer que cette figure, reproduite par M. Muller, est assez différente de celle que M. Marcel de Serres a donnée dans son Mémoire sur les yeux des Insectes (PI. 3, fig. 5) imprimé à Montpellier, in-80, 1813. Mais la disposition générale des parties est la même, et, quelle que soit la cause de la différence que nous signalons, elle ne nuit en rien à l'intelligence du sujet. (R.)

gnées et des scorpions. Ils ont un cristallin, un corps vitré et une choroïde externe. Si la forme extérieure de l'œil est elliptique, celle des parties internes est ellipsoïde. Chez la Mantis ægyptiaca, le cristallin du stemmate médian, elliptique, est allongé ; dans les stemmates latéraux du même insecte, qui sont ronds, les cristailins sont aussi parfaitement sphériques. La couleur du cristallin , chez les individus conservés dans lalcool, est jaunâtre, comme chez les scorpionides. Le cristallin est d’ailleurs assez dur, et parfaitement transparent. Îl est toujours uu peu plus petit que la circonférence de la cornée. Lorsque celle-ci est enlevée , il reste ordinairement adhérent à sa surface concave. Chez le Grillus hyeroglyphicus , j'ai pu facilement séparer le cristallin de la cornée.

Je n’ai pu trouver nulle part le pigmentum de la cornée , dont parle M. Marcel de Serres ; c’est, ou bien le cristallin lui-même , où bien le pigmentum de la choroïde , formant la zone autour du bord du corps vitré, que M. Marcel de Serres a nommé ainsi; ou peut-être n’a-t-il jugé de la couleur du pigmentum que d’après l’apparence extérieure , qui est en eflet fort trompeuse.

Les siemmates des insectes ont aussi leur corps vitré, et celui-ci n’est pas plus concave à sa face antérieure que celui des Scorpions. La choroïde qui revêt les parties internes de l’œil, comme chez les Arachnides, a ordinairement la couleur du premier pigmentum dans les yeux composés.

Les nerfs vptiques des stemmates, chez les Insectes parfais, ne se réunissent pas, mais aboutissent tous

au même point du cerveau.

(ao)

3° De la vision des Arachnides, des Scorpionides, et

des Insectes, par les yeux simples.

Il résulte, de toutes ces recherches, que les yeux simples des Araignées, des Scorpions et des Insectes, se rapprochent surtout dans leur structure, des yeux des poissons. Le cristallin arrondi, séparé du corps vitré et rapproché de ja cornée, se ressemble dans ces animaux; mais, dans les stemmates des animaux articulés, la chambre antérieure de l’œil manque complètement, et l'iris, dont le bord interne embrasse le cristallin chez les poissons, est réduit, chez les animaux articulés , à une zone de pigmentum , formant une bordure à la face antérieure du corps vitré ; de plus, le cristallin n'est pas enchâssé dans le corps vitré, dont il ne fait que toucher la face antérieure et convexe. L'espace compris entre le cristallin , la cornée et la face antérieure du corps vitré, est probablement rempli, à l’état vivant, par un liquide propre. Quoi qu’ii en soit, la réfraction de la lumière doit être très-considérable dans les stemmates des animaux articulés; car, si la masse sphérique du cristallin est à peu près de la même densité que la cornée et les tégumens extérieurs, et si, par conséquent, sa surface antérieure n’augmente guère la réfraction déjà opérée par la convexité de la cornée ,il n’en est pas moins vrai que la face postérieure du cristallin fera subir une forte réfraction à la lumière, par rapport au milien moins dense qui l’environne. La réfraction doit toujours être beaucoup plus forte que chez les poissons, parce

que, chez ces derniers, la force réfringente des milieux

(12501) réfringens doit être diminuée par la densité plus grande du fluide environnant.

La lumière subit une quadruple réfraction dans les stemmaies des animaux articulés, savoir, par la convexité de la cornée, par la convexité plus forte et la densité plus grande du cristallin , par la convexité postérieure du cristallin sur le trajet de l’espace creux en forme de canal , compris entre le corps vitré et le cristallin, et enfin par la surface antérieure et convexe du corps vitré. Cette organisation indique l’absence d’une vision bien nette pour les disiances un peu considérables ; mais elle doit faire conclure à l'existence d’une vue nette et distincte pour les objets rapprochés, comme les Arachnides la possèdent en effet.

Des expériences faites sur les siemmates des Insectes, n'ont rien appris sur leurs fonctions; peut-être leur composition peut-elle nous conduire à quelques conclusions. Danse genre Empusa , le siemmate du milieu, situé sous un prolongement de la tête, ne peut voir que les chjets les plus rapprochés. Dans la Zocusta cornuta, le même stemmate est aussi situé sous un prolongement de la tête : Ia même chose a lieu dans le genre 7ruxalis. Chez le Gryllus vittatus, Fabr., le troisième stemmate est situé très-bas : la même chose a lieu chez la plupart des Grillons à tète conique, par exemple chez le Gryllus serrulatus , le Gr. crenatus. Chez le Gryllus lithoxylon, Klug., le siemmate médian esi caché tout-à-fait dans une gouttière entre les antennes, en sorte que son horizon ne peut être que très-borné. Chez lÆcheta monstrosa , les stemmaies sont à peine visibles ; ils sont situés presque dans larticulation du premier article des

(28 un.)

antennes avec Ja tête. En général, la position très-inclinée de la tête, chez les Orthoptères, dirige encore davan-

tage les stemmates en bas. Chez la plupart des Hyménoptères, au contraire, les yeux sont situés plus en arrière, comme on le voit dans les genres Malaxis, Cimbex, Tenthredo, Leucopsis, Sirex, Ichneumon , Chrysis, Lasius, etc. |

Si on songe de plus que les larves, qui, par leur mode d'organisation , ne vivent que pour ce qui les entoure de près , n’ont que des stemmates, et que la vision doit leur manquer pour des distances dans lesquelles elles n’ont pas à se mouvoir ; il devient très-probable que les stemmates des Arachnides sont myopes , de même que ceux des insectes. Les stemmates se rapportent dèslors aux yeux composés , tout-à-fait comme les palpes se rapportent aux antennes sous le rapport du sens du toucher. Les Larves n’ont pas d'antennes, mais elles ont, en général, des palpes ; elles n’ont pas d'yeux composés, pour la plupart , mais elles ont ordinairement des stemmates. Lorsque les siemmates offrent des grandeurs différentes , comme chez les Scorpions et dans les genres Salpuga et Phalangium, les petits stemmates marginaux du cephalo-thorax paraissent plus spécialement destinés à la vision la plus rapprochée et notamment aux organes de la manducation.

L'horizon des stemmates ne peut être que fort petit ; la lumière qui leur arrive latéralement subira à la vérité une forte réfraction , mais elle doit être interceptée jusqu’à un cerlain point par la zone de pigmentum du corps vitré. Ce n’est que la petitesse du champ visuel de chaque

stemmate particulier, et la position toujours plus ou

moins divergente de ces sitemmates entre eux, qui empêche ces champs visuels multiples de se recouvrir en partie les uns les autres, et de donner lieu à la vision double. Il résulte, de là, que la petitesse des champs visuels, le défaut de mobilité, la pluralité des stemmates, et leur divergence, sont des qualités nécessairement réunies.

Chez les Scorpions, les So/puga eiles Phalangium, les deux grands stemmates divergent entre eux sous un angle fort considérable, qui atteint 90° chez les So/puga; chez les mêmes animaux, les yeux divergens sont séparés par une saillie des tégumens extérieurs : ces yeux correspondent, par conséquent, toujours à des parties différentes du champ visuel extérieur. Les deux yeux n’aperçoivent probablement jamais que des objets différens, et leurs images ne pourront pas se recouvrir. On peut conclure, de cette supposition, que langle visuel de chaque œil, chez la Sofpuga, est tout au plus de 90°, et que dans les autres Arachnides , où les yeux sont moins divergens et moins convexes , il est encore beaucoup plus petit.

Chez les Araignées , les stemmates sont toujours situés sur une ligne formant un arc sur Îles tégumens extérieurs ; presque jamais ils ne se trouvent sur un même plan: leurs axes divergent sous des angles différens. Chez celles où deux yeux se trouvent très-rapprochés, comme dans les genres Ætypus, Linyphia, Epeira, les difiérentes paires sont cependant fort éloignées entre elles, et situées dans des rayons difiérens d’un segment de sphère , qui contient tous les yeux ; mais les yeux, réunis

par paires, divergent souvent considérablement par leurs

CBS axes. Je ne connais qu'un seul cas où les stemmates soient situés tout-à-fait sur un même plan : ce sont les petits yeux pédicellés- de la Solpuga ægyptiaca. Dans cette espèce , les deux petits champs visuels doivent nécessairement se croiser ; les deux stemmates sont probablement destinés à cette partie de l'horizon extérieur, qui est exclue des champs visuels des grands yeux. Il faut admettre qu'avec cette position des yeux, les bornes de la vision sont très-circonscrites.

Les yeux des Arachnides étant de dimensions si diflérentes chez le même individu, on peut admettre qu'ils doivent différer, non-seulement par létendue de leur champ visuel, mais aussi sous le rapport de la distance de leur vision distincte, c’est-à-dire qu'ils sont plus ou moins myopes. Les grands yeux si divergens des Scorpions, des Solpuga, ont sans doute un champ visuel plus étendu , et voyent à une plus grande distance. Les petis stemmates des Scorpionides, au contraire, et les yeux de la plupart des autres Arachnides étant peu divergens, se distinguent probablement par la petitesse du champ visuel, autant que par leur myopie. On conçoit aussi que, si la distance de la vision diffère pour

- différens yeux, un croisement partiel des champs visuels n’entraîne pas un trouble marqué de la vue, attendu que la vision n'est distincte que dans l'œil, à la portée duquel les objets viennent s’ofirir.

(La suite dans un des prochains numéros. )

Nore sur l’uniformité qui règne dans la constitution de la ceinture jurassique du grand bassin géologique qui comprend Londres et Paris ;

Par M. I. Ezre De BErAumonr.

Des travaux récens ont fait reconnaître que les diflérens termes de la série colithique des géologues anglais peuvent être reconnus presque trait pour trait eu différens points de la partie française de la ceinture jurassi-que du grand bassin géologique qui comprend Loadres et Paris.

La constance de ces faits géognostiques, dans toute l’étendue d’une si vaste circonférence, serait un résultat trop intéressant pour qu'on ne doive pas attacher une importance particulière à toutes les exceptions qu’on pourrait y indiquer. Dans le Mémoire qu’il vient de publier dans les Annales des Mines , Sur la Constance des fais géognostiques qui accompagnent le gisement du terrain d'Arkose, à l’est du plateau central de la France, M. de Bonnard présente , comme une conclusion qu'on tirerait peut-être d'observations ultérieures, la superposition immédiate dans cette contrée , de l’oxford-clay sur le Zias. Bien que cette conclusion ne soit ainsi présentée par M. de Bonnard que d’une manière très-dubitative et en quelque sorte hypothétique, je crois devoir, en raison de son importance, signaler quelques localités dont la détermination géologique doit nécessairement faire partie de toute solution complète des ques-

tions que peut encore ofrir la géologie de ces contrées.

Je chercherai d’abord à faire voir comment ces localités se raitachent à l’ensemble des terrains calcaires de nos départemens du N.-E. et du centre.

Un vaste plateau calcaire s'étend dans l’intérieur de la France, de Longwy à Saint-Léger sur Dheune, et des bords de la Saône, près de Gray, à ceux de la Cure, près d’A vallon.

Ce plateau se fait remarquer, au premier abord, par l'aspect uniforme qu'il présente dans toute son étendue. Il n'offre généralement à sa surface qu’une couche peu épaisse d’une terre rougeâtre , mêlée de plaquettes d’un calcaire schistoïde , dont la cassure , le plus souvent terreuse , est fréquemment parsemée de petites parties miroitantes et d’colithes plus ou moins grosses , plus ou moins régulières. On croirait voir la plaine de Caen supportée par le calcaire à Polypiers ou les plateaux qui, entre Bath et Cirencester, en Angleterre, sont supportés par la grande oolithe. Les couches qui composent ce plateau, aussi bien que les diverses assises calcaires et marneuses qui les supportent, se montrent au jour sur les flancs des différentes vallées qui le découpent et dans les escarpemens et les pentes rapides qui le terminent de plusieurs côtés, particulièrement du côté du sud-ouest, sur la circonférence des plaines basses de l’Auxois.

De quelque parte de ce plateau qu’on se dirige vers Paris, on voit les couches de calcaire plus où moins oolithique, qui forment sa surface , s’enfoncer et disparaître sous le pied d’une falaise qui se présente comme un long rideau en face du voyageur, et que la Seine et tous ses affluens traversent dans des coupures assez pro-

fondes. Commencçant dans le département des Ardennes,

cette falaise se continue à travers ceux de la Meuse, de la Haute-Marne, de la Côte-d'Or et de l'Yonne; elle se poursuit ensuite à l’ouest, dans le département de la Nièvre, où M. Dufrenoy l’a suivie jusqu'aux environs de la Charité; il a même retrouvé son prolongement sur la rive gauche de la Loire, dans Le département du Cher.

Cette longue falaise, qui traverse nos départemens du nord-est et du centre, forme un des traits les plus saillans de la configuration extérieure de leur sol. Elle n avait pu échapper à la sagacité de Guetiard, et elle se trouve très-fidèlement exprimée sur l’atlas minéralogi que que la France doit à ses travaux, réunis à ceux de Monnet. Cette partie de leur travail m’a fourni un point de départ, dont je ne sauraïs assez reconnaitre l’uulité, lorsque j'ai été chargé de travailler à l'exploration géologique de la France. Ce fut vers cetie falaise que je dirigeai mes premières courses, presque sür d'avance d'y trouver le point de départ le plus commode pour le travail dont je m’occupais.

En effet , la présence, dans Îes couches argileuses qui forment la base de cette longue série de coteaux, de la Gryphea dilatata et des espèces de Bélemnites , d'Encrines , de Serpüles > d'Ammonites , etc., propres à l’argile de Dives, m'y fit reconnaître immédiatement l'oxford-clay des Anglais. Il me fut également facile de reconnaître le coral-rag dans les bancs calcaires , pétris de Polypiers , qui se trouvent au-dessus de cette argile.

Ces couches ne sont en effet que le prolongement non interrompu des couches d'oxford-clay et de coral-rag des coteaux de Stonne, de Beival et de Dun, st bien décrite

par M. Puillon Boblaye dans son excellent Mémoire sur le système Jjurassique du nord de la France. (V. p. 35)

Les couches qui composent cette série de coteaux correspondent exactement à celles que, dans le Jura, M. Charbaut a désignées sous le nom de deuxième étage de la formation oolithique.

Les caractères qui m'’avaient fait reconnaître l’oxfordclay et le coral-rag en plusieurs points de la longue falaise dont je viens de parler, sont devenus moins complets, mais ne se sont pas démentis dans la portion de cette falaise qui regarde la Bourgogne ; portion qui est en même temps moins escarpée, ei se dessine moins nettement que le reste. À la partie inférieure des coteaux à pente très-douce , qui s'étendent d'Ancy-le-France vers Joux-la-Ville et Bois-d’Arcy, la marne qui se trouve habituellement à cette hauteur n’est représentée que par un calcaire marneux grisätre, à cassure terreuse, et avec les couches argileuses , semblent avoir disparu , d’une part les pentes abruptes, et de l’autre la Gryphée dilatée, ainsi que les Bélemnites et les Encrines, qui ont coutume de l'accompagner. Mais je me suis assuré que ce calcaire marneux est recouvert par un calcaire blanc, souvent presque crétacé, qui renferme des fossiles fort analogues à ceux du groupe de couches dont fait partie le coral-rag des ‘Anglais.

Cette superposition m’a paru évidente aux environs de Vermanton et d'Ancy-le-Franc.

À la sortie de Vermanton, du côté du nord, les escarpemens de la route mettent à découvert un calcaire grisätre marneux , qui contient la Pinne-marine , habituelle aux assises supérieures de l’oxford-clay. Le même

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