‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 59 sur 232 · D EP · texte numérisé non relu

D EP

OSSEMENS OSSEMENS OS FOSSILES des cavernes d’Argou. des cavernes de Lunel-Vieil. | des sables marins tertiaires. Phosphate de chaux. 64 |Phosphate de chaux. 74 |Phosphate de chaux mélé Carbonate de chaux. 20 |Carbonate de chaux. 10,5] d’oxide de fer. 78,5 Eau. 10 |Eau. 8,8|Carbonate de chaux. 14 Gélatine et matière orga- Silice colorée par l'oxide Eau. 7 nique. 3 de fer. 4,1| Matière colorante organi- Carbonate de magnésie, Matière organique et fluate que , des traces. »,» silice , alumine, oxides de chaux, des traces, »,» |Carbonate de magnésie deferetde manganèse. 4 |Perte. 2,6] et fluate de chaux. 0,5 Total, 100 Total. too Total. x00

as ne ——

Les ossemens fossiles des cavernes d’Argou ent pris, après leur calcination, une couleur légèrement bleuâtre. sur leur surface la plus extérieure, couleur que: nous n'avons pas pu développer , chez les os frais, par une calcination même long-temps prolongée. Cette nuance tiendrait-elle à la présence du fluate de chaux, qui, ainsi que l’un de nous l’a prouvé depuis long-temps, existe dans les os fossiles, fait que M. Morichini a aperçu le premier? c’est ce qui est assez probable. Quoi qu'il en soit, ces ossemens, exposés à Ja flamme d’un corps en combustion , prennent une couleur brunâtre qui n’est guère plus foncée que celle qui se développe dans les mêmes circonstances sur les os des sables marins; mais elle est moins foncée que celle qu’acquièrent alors les os des cavernes de Bize et de Lunel-Vieil.

Ainsi l’état de conservation des corps organisés, eten particulier des ossemens, dépend beaucoup plus de la, nature des couches qui les ont enveloppés, que de l’époque de leurs dépôts ; car les ossemens. ensevelis dans

les cavernes l’ont été après que les mers se sont .re-

urées de dessus nos continens , et par conséquent bien après ceux entraînés sur le bord des rivages de l’ancienne mer avec les sables, les huîtres et les balanes qui les accompagnent ou les recouvrent par fois, et ce-

pendant les uns et les autres ne sont souvent pas plus altérés. 1

Section Il. De la détermination des ossemens de la

caverne d’Argou.

Nous avons déjà dit que les ossemens qui existent dans les différens limons de la caverne d’Argou sont tous brisés et comme rompus à plaisir ; comme il en est de même des dents, l’on ne peut en déterminer qu’un fort petit nombre. Ainsi, malgré la grande quantité que nous en avons découverte, l’antique population qui y a été entraînée paraît bornée à sept ou huit espèces. Parmi celles-ci, les chevaux sont de beaucoup les plus nombreux, à en juger par les débris qui nous en restent, débris qui se rapportent pour la plupart à des chevaux de la plus grande taille. Après les chevaux viennent les ruminans des genres bœuf, mouton et cerf, ainsi que deux pachydermes qui se rapportent aux sangliers et aux rhinocéros. Un seul os y a signalé le premier de ces genres; c’est une des dernières vertèbres lombaires ; qui d’après ses dimensions annonce un sanglier d’une forte stature. Ces espèces ne signalent donc que des animaux herbivores: en effet , malgré toutes nos recherches, nous n'avons pu découvrir aucune trace de carnassiers parmi les nombreux fragmens osseux que nous avons

retirés des limons sablonneux des cavernes d’Argou.

Malgré cette absence de carnassiers, certains ossemens de ces cavernes présentaient des empreintes sillonnées transversalement, où des sillons transversaux plus ou moins profonds, et très-apparens sur les bords des os. Ces empreintes, comparées à celles qui existent sur les os des cavernes de Lunel-Vieil, et que M. Buckland croit être les marques des coups de dents des carnassiers qui ont rongés ces os, ont paru lout-à-fait analogues. Si donc les unes et les autres ont été produites par les carnassiers, il est évident que, pour celles des os de la grotte d'Argou, elles ont dû être opérées avant que les animaux auxquels ces os se rapportent aient été entraînés dans les lieux où gisent aujourd’hui leurs débris. Dèslors n'est-il pas probable qu'il en a été de même des marques, supposées des coups de dents, que l’on observe sur les os fossiles des cavernes de Lunel-Vieil.

C’est, du reste, une question que l’un dé nous a traitée trop au long dans son Mémoire sur ces dernières cavernes, pour exiger de nouveaux développemens.

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