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et respirent par des expansions vasculaires de la surface de leur corps.
M. Dugès , professeur de la Faculté de Montpellier, a présenté un Mémoire sur cette famille d’Annélides sans
branchies , et principalement sur sa respiration (1).
M. Dugès a traité dans un autre Mémoire d’un genre d'animaux encore peu connu, et que les naturalistes désignent sous le nom de Planaires (2).
MM. Audouin et Milne Edwards, qui ont associé leurs efforts pour enrichir de nouvelles observations l’anatomie et la physiologie des Crustacés, et dont nous avons déjà fait connaître les recherches sur les organes de la circulation daus ces animaux, ont présenté cette année à l’Académie, des Mémoires sur leur respiration et sur leur système nerveux (3).
MM. Audouin et Milne Edwards , dans la vue d’observer de plus près les Crustacés, les Mollusques et les Zoophytes de la Manche, sont allés s’établir- pendant quelque temps sur les îles ou plutôt sur les écueils de
Chaussey (4).
M. Milne Edwards a fait connaitre quatre peuts Crustacés, qui, parmi un grand nombre de ces animaux découverts par lui sur nos côtes occidentales, lui ont
paru offrir un intérêt particulier, parce qu'ils forment
(x) Voyez les Annales des Sciences naturelles , tom. XV, p. 284. (2) ibid, tom. XV, p.139.
(3) Ibid , tom. XIV, p. 77; et tom. XV, p. 85.
(4) Ibid , tom. XV, p. 15.
(562) de nouveaux liens entre les formes génériques de cette
classe, déjà consignées dans les ouvrages des naturalistes (1).
C’est aussi un crustacé que M. Guérin a décrit sous le nom d’Æurypode , maïs de grande taille, et appartenant à la famille des Crabes, et mème voisin des [nachus, vulgairement appelés Araignées de mer. Son principal caractère est que l’avant-dernier article de ses pattes ambulatoires est dilaté et comprimé vers le milieu de son bord inférieur. Le même auteur a décrit un crustacé de la famille des Chevrettes , remarquable surtout par de très-grands yeux qui occupent presque toute la
surface de sa tête. Il le nomme 7 hemisto.
M. de Blainville a fait aussi, pendant un voyage sur les côtes de la Méditerranée, un grand nombre d’observations nouvelles et importantes sur les animaux, et il a communiqué à l’Académie celles qui concernent la Physale, cette singulière production composée d’une vessie ovale, surmontée d’une crête, et d’où pendent une infinité de filamens , non moins variés pour leur longueur que pour leur structure , auxquels les zeologistes ont attribué différens usages. On a considéré cet animal comme un zoophyte, et M. Cuvier en a fait le type d’un ordre de cet embranchement , qu’il nomme Æcalèphes libres. M. de Blainville , apercevart dans sa conformation, une sorte de symétrie, a jugé qu'il devait être, placé plus haut dans l'échelle ; et l'examen lui ayant montré , comme à M. Tilesius, à chacun des bouts de
(1) Voyez les Annales des Sciences naturelles, tom. XIIL, p. 287.
la vessie un très-petit orifice entouré de fibres rayonnantes, il a regardé l’un comme la bouche, l’autre comme l'anus ; le sac intérieur et muni de cœcums, déjà décrit par M. Cuvier, lui a paru l'intestin; la crête de nature toute musculaire répondrait au pied, qui, dans les mouvemens ordinaires de l’animal, se dirigeait en dessus , comme ceux de beaucoup de gastéropodes nageurs. Deux petites ouvertures percées au côté droit en avant, qui paraissent avoir été aperçues par M. Oken, mais que l’on ne retrouve pas toujours, seraient les orifices de la génération; enfin , M. de Blainville considère les filamens innombrables et variés, qui pendeni sous le Corps ; comme des branchies. L'auteur conclut, de cette disposition des parties extérieures, que la Physale est un mollusque, ou, selon sa terminologie, un malacozoaire, et doit être rapprochée de ceux qu'il nomme Polybranches ét Nucléobranches, c’est-à-dire, des Tritonies et des Ptérotrachées. Pour confirmer cette classification , il serait nécessaire que la Physale possédàät un système nerveux , un cœur, un système vasculaire, un foie , des organes mâles et femelles de la génération avec leurs accessoires, toutes parties que M. Cuvier y a cherchées en vain. M. de Blainville n’a point encore traité de son anatomie , mais il annonce qu'il s’en occupera par la suite.
Dans ce même voyage, M. de Blainville s'est. assuré de plusieurs faits importans , qu’il a communiqués sommairement à l’Académie, et dont nous croyons devoir consigner ici les principaux , en attendant que l’auteur les publie avec les détails nécessaires. L’animal des mi-
liolites n’a point d'indice de tentacules, et ne peut, en conséquence, appartenir aux Céphalopodes , comme on l'avait soupçonné d’après sa coquille. Dans les Gastéropodes à sexes séparés, la coquille des femelles diffère souvent assez de celle des mâles pour que les auteurs en aient fait des espèces différentes. Les œufs de plusieurs de ces Mollusques contiennent chacun un nombre de germes, comme cela arrive aussi dans le calmar. Trèssouvent la coquille dans l’œuf est très-diflérente de celle de l’animal adulte. Ce que, dans les T'érébratules , en a regardé comme des bras, ne sont que des branchies. Les Acéphales à coquilles, Huîtres , Cames, etc. , etc. , n’ont absolument que le sexe femelle , et chaque genre a une terminaison particulière de ses oviductes. Les Ascidies simples ont , pendant quelque temps, la faculté de changer de lieu. Les animaux des eschares, ainsi que MM. Audouin et Milne Edwards l’ont 6bservé de leur côté, ne sont pas des polypes , mais se rapprochent plutôt des Ascidies, etc.
La zoologie continue de recevoir des accroissemens prodigieux des grandes expéditions nautiques ordonnées par le gouvernement, et les services que lui rendent MM. les officiers de santé de la marine sont dignes de toute la reconnaissance des naturalistes. Cinq envois successifs , faits par MM. Quoy et Gaimard,, embarqués avec le capitaine Durville, et qui ont visité avec lui plusieurs parties de la mer du Sud , et surtout les côtes de la Nouvelle-Guinée , présentent par milliers des animaux de tous genres, et l’heureuse arrivée de leur navire
à Toulon assure désormais leurs riches récoltes pour la
(1365) science. La gabarre du roi /4 Chevrette, commandée par M. le capitaine Fabré, et qui a parcouru le golfe du Bengale et les îles de la Sonde, a fait aussi de riches acquisitions , grâce surtout au zèle du chirurgien-major M. Reynaud , qui a été parfaitement secondé par les
officiers militaires (1).
Sur les yeux et la vision des Insectes, des Arachnides et des Crustacés ;
Par M. F. Muzrer,
Professeur à l’Université de Bonn.
(Suite et fin.)
4° Des yeux composés des Insectes et des Crustacés.
Les yeux composés sont communs à tous les Crustacés , à l’exception des Oniscoïdes , et à tous les Insectes ailés , dans leur état parfait. Dans l’ordre des Apitères, on les trouve chez les*deux genres Wachilis et Lepisma, appartenant à l'ordre des Thysanoures.
Ces yeux manquent aux larves des Insectes à métamorphose complète , c'est-à-dire, aux larves des Coléoptères, des Hyménoptères, des Diptères, des Lépidopteres, et de la plupart des Névroptères à métamorphose complète et semi-complète.
(x) Voyez les Annales des Sciences naturelles, tom.X,, pag, 5, 172 et 225, pour les premiers travaux de MM. Quoy et Gaimard, provenant de cette dernière expédition; et le Rapport de M. Cuvier sur l'expédition de la Chevrette, Ibid, tom. XVI, p. 331.
Ïs existent, dès le plus jeune âge, chez les larves aquatiques des Névropières à métamorphose semicomplète, tels que les Libellulines et les Ephémères ; ensuite chez les larves des Orthoptères (Insectes qui ont tous une métamorphose incomplète ); enfin chez les larves des Hémiptères, qui se distinguent également par une métamorphose incomplète.
I] est des insectes aveugles ; telles sont parmi les Coléoptères toutes les espèces de Claviger ; parmi les Diptères, le genre Braula Nitzch, qui vit en parasite sur les abeilles, et auquel se rattachent quelques espèces parasites de Pupipara , de Nycteribia et de Melophagus , dont les yeux sont très-peu distincts, ou manquent totalement; enfin , parmi les Hyménoptères, les neutres de cinq espèces de fourmis (1).
Parmi les crustacés, je ne connais de dépourvus d’yeux que les Bopyres, de l’ordre des Isopodes, auxquels se rattachent les Ergynes , dont l’œil est à peine visible.
Les yeux composée des insectes sont toujours immo-. biles, et quoique chez les Æchias ei les Diopsis, Dipières des pays chauds, les yeux ,se trouvent implantés sur un filament contracté, ils ne changent cependant jamais leur position réciproque.
Dans les crustacés , les yeux sont mobiles sur des pédicules chez les Crabes et Les Squilles ; immobiles chez les Amphipodes, et rarement pédiculés comme chez les Phasmatocarcinus. Dans les Entomostracés, les yeux sont ordinairement sessiles et immobiles ; il y a deux yeux pédiculés chez le Monoculus apus L.(4pus productus Lmk.
| (x) Rudolphi, Physiologie, tom. IT, p. 156, 158.
Les yeux composés sont presque toujours au nombre de deux. Chez les mâles de quelques Éphémères il y en a quatre; il en est de même chez les deux sexes du genre Æscalaphus.
Il est fort rare que les deux yeux se confondent en un seul, comme cela arrive chez Îes mâles de quelques Hyménoptères et Diptères, et parmi les Entomostracés chez les Lophyropodes : Cytherina, Cyclops, Polyphemus." Plus fréquemment ils se rapprochent fortement l’un de l’autre comme chez quelques Diptères, et notamment chez les mâles des genres Culex et Tabanus.
La plupart des auteurs qui ont écrit sur les yeux composés des insectes, s'accordent à dire que ces organes se composent du bulbe sphérique du nerf optique; des fibres nerveuses de ce nerf, qui sortent en rayonnant de son bulbe ; du pigmentum coloré répandu entre ces fibres ; et d’une cornée divisée en facettes, qui correspondent aux filamens du nerf optique. M. Marcel de Serres a décrit en détail les yeux composés des insectes, dans une monographie spéciale. Je n’entrerai pas dans une longue critique de ses recherches, qui sont en partie très - instructives , et en partie de peu d'importance pour la physiologie de la vision. Les nombreuses erreurs qu'elles contiennent ne permettent pas d'établir une théorie de la vision chez les insectes, etles observations multipliées, mais défectueuses qui en font la base, n’ont fait que détourner de recherches ultérieures.
Il est certain que, si la structure de l’œil des insectes est telle qu'on l’admet, nous devons complètement rce-
noncer à connaître jamais la physiologie de la vision
chez ces animaux. L’œil composé des insectes exigeait donc un nouvel examen. Depuis long-temps, familiarisé avec les avantages et les défauts du microscope, je l'ai entrepris avec une confiance toute particulière. Je fais connaître mes résultats en ayant toujours en vue la physiologie de la vision, et en supposant connues les notions générales sur l’organisation de l’œil des insectes.
La cornée.
Chez les insectes, les facettes sont hexagones; chez les crustacés, elles sont tantôt hexagones , comme chez les Entomostracés, et tantôt quadrangulaires, comme chez les véritables écrevisses *
Nombre des facettes, d'après des calculs approximatifs, selon les observations de Swammerdam,
Leuwenhoœæk, André, Baster, Réaumur, Lyonet , Gœtze,
Puget, Schelver (x).
Mordella. 25088 Libellula. é 12544 Papilio. 17395 Sphynx convolvuli. 1300 Phalæna cossus. 11300 Bombix mort. 6236 Musca domestica. Âooo
(x) Jersuch einer naturgeschichte der sinneswerkzeuge bei den Insecten und wurmern, &est-à-dire, Essai d’une Histoire naturelle des organes des sens chez les Insectes et Les Vers. Gottingue, 1708: pag. 66,
Formica. 5o Limulus polyphemus. 1000 Cancer gammarus. 2500
L’étendue des facettes varie infiniment chez les différens animaux. Chez la Libellula vulgaris, le segment supérieur et vert du même œil aurait mème des facettes plus grandes que le reste, d’après M. Marcel de Serres.
Chez un petit nombre d'insectes il y a des-poils dans les interstices des facettes ; les Hyménoptères et les Diptères sont de ce nombre; lorsque ces poils se rencontrent , ils sont plus nombreux à la partie inférieure de la cirvconférence de l’œil.
La structure de la cornée et de ses facettes varie beaucoup chez différens insectes. Chez un grand nombre d’entre eux, notamment chez les Hyménoptères et les Lépidoptères, chaque facette est une lentille biconvexe ; je me suis assuré de ce fait de la manière la plus certaine, mais on ne le reconnaît bien qu’en observant sous le microscope le bord d’une section de la cornée.
Chez les sphinx , l’axe de la lentille est à sa largeur, comme 1:2 { PI. xvir, fig. 1). Chez beaucoup d’autres insectes, et, à ce qu'il me paraît, chez tous ceux qui renouvellent plusieurs fois leur cornée dans leur métamorphose incomplète, comme les Orthoptères et les Hémiptères, les facettes de la cornée sont moins convexes, et ordinairement plates à leur surface interne. Chez les Orthoptères , l'épaisseur de la cornée, par rapport à de la grandeur des facettes, est si considérable, que souvent elle en surpasse de beaucoup la largeur,