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Qu) comme chez les Sauterelles, les Grillons, et les Mantides. Chez le Gryllus hieroglyphicus , la largeur de la facette est à son épaisseur, ou à celle de la cornée, comme I : 7 (1).
Les facettes quadrangulaires de la cornée des écrevisses ne sont plus convexes, mais seulement un peu échancrées sur leurs bords, et aplaties à leur surface interne (2).
Le pigmentum manque ordinairement derrière les
facettes de Ja cornée; il.ne se monire qu'aux bords des
facettes , où il s’avance entre les parties imtérieures. M. Marcel de Serres a le mérite d’avoir prouvé que
le pigmentum ne tapisse pas uniformément la surface
interne de-la cornée, puisque les fibres naissant du
bulbe du nerf optique pénètrent à travers le pigmentum, et se mettent en contact immédiat avec la cornée, en sorle que le pigmentum se trouve accumulé dans les imersiices de ces fibres. M. Treviranus (3) prétend , à la vérité, que, si chez les insectes nocturnes le pigmentum ne se trouve accumulé, et ne touche la cornée que sur les bords de ces filamens , il n’en est pas moins vrai que chez les insectes diurnes il en recouvre aussi l'extrémité antérieure , et s'étend uniformément sur la surface interne de la cornée. Mais, malgré l'estime que je dois avoir pour les recherches anatomiques de Treviranus, notamment sur ces poinis, je suis cependant obligé de contredire cette assertion. J’ai confirmé , dans mes re-
(x) Voyez pl. xvui, fig. 6, l'œil du Mantis religiosa ; a, facettes de la
cornée.
(2) PL. xvur, fig. 5, une portion de la cornée de l’écrevisse; fig. 6, la partie interne de l’'œilide Pécrevisse après l'enlèvement de la cornée.
(3) Biologie, tom. VE, p. 432.
C 371) cherches sur les yeux des insectes, les observations de M. Marcel de Serres, pour ce qui concerne la distribution du pigmentum.
Toutefois le pigmentum ne manque pas toujours sous les facettes de la cornée, comme le veut M. Marcel de Serres. J’ai vu des espèces où il y avait, entre les parties intérieures et la surface interne de la cornée, une couche très-mince, d’un pigmentum d’une teinte claire, qui se distinguait très-bien du pigmentum plus foncé des parties intérieures. Il en est ainsi chez les Phalènes et chez les Mantides. Dans ces dernières, une couche mince du pigmentum plus clair s'étend aussi un peu entre les parties filamenteuses intérieures, et s’y perd dans le pigmentum plus foncé.
M. Marcel de Serres avance que les filamens du nerf optique vont jusqu'à la cornée ; mais ses recherches, plus étendues et laborieuses qu'exactes dans leurs détails , lui ont laissé échapper un organe, qui seul peut faire un appareil visuel de l'œil des insectes, et sans lequel ces
A , . . En êtres n'auraient que la sensation vague de la lumière. Les cônes transparens du corps vitré.
Swammerdam (1), dans sa description d’ailleurs assez inexacte de l’œil de l'abeille mâle , a déjà appelé l’at- ” tention sur des organes transparens de forme conique, qui occupent le milieu entre la terminaison des fila mens du nerf optique , et les facettes de la cornée.
Will. André (2) a décrit les mêmes cônes chez le
(x) Biblia nat. , tab. xx, fig. 1, 5.
(2) Philosoph. Trans act., tom. LXXII , p. 448. — Schelver ( L. c.
p+ 69). C’est par erreur qu’on dit dans ce dernier ouvrage que, d’après
Limule. Leur base est tournée vers la cornée, et leur sommet vers l’intérieur de l'œil. Ils ont pour la plupart une direction oblique, à l'exception d’une trentaine environ, qui tombent perpendiculairement sur la cornée. André fait aussi la remarque que les cônes sont transparens dans leur axe. Les plus longs sont ceux qui occupent la périphérie de la cornée; ceux qui se trouvent vers Île centre, sont de moitié moins longs.
Les corps coniques sous la cornée de l’écrevisse fluviatile ont eté mentionnés par Leeuwenhoek, Swammerdam et Cavoiini.
Les mêmes organes ont été décrits par Schoœffer, dans l'œil du Mfonoculus apus (1). Chez ce crustacé on voit, à l'extrémité de chacun , des cônes pointus qui viennent aboutir aux facettes de la cornée , un nerf optique d’un blane de lait à demi transparent, qui entre dans le cône.
M. Cuvier (2) fait également mention des corps coniques dans l’œil des insectes , mais il les regarde comme des continuations du nerf optique.
Dans les temps plus modernes, l'autorité de M. Marcel de Serres a fait qu'on a généralement négligé ces organes; en sorte que M. Treviranus les a décrits dans la Blatte orientale, comme un fait d'organisation
André, les sommets des cônes sont tournés en haut. Cette assertion est rectifiée dans l’original par une note ; elle n’a été occasionée que par la position accidentelle de l’objet sous le microscope. La même erreur défigure aussi, dans Schelver, les observations de Swammerdam, Leuwenhoek , Cavolini.
(1) Vaturgeschichte des Krebsartigen Kiefenfusses. Hist. nat. du Monoculus apus. Ratishonne , 1956, p. 68.
(2) Mérmn. de la Soc. d'Hist. nat., au vit, p.41; et Lecons d’Ana-
tomie comparée, tom. fl, p.443.
particulière (1), en ajoutant qu'ils se retrouvent peutêtre chez presque tous les insectes nocturnes. M. Treviranus trouva chez la Blatte orientale , sous la cornée des yeux composés, une masse d’un violet foncé, qui sous un fort grossissement se montrait comme un agrégai d'autant de corps coniques qu'il y avait de divisions de l’œil. Chaque division avait son cône propre, qui y adhérait par sa base arrondie. Les sommets de ces cônes étaient très-rapprochés entre eux; chaque cône se composait de deux substances , savoir d’une masse analogue au corps vitré, qui lui donnait sa forme, et d’un pigmentum violet foncé, qui en recouvrait les faces latérales. Le pigmentum manquait à la base du cône, et en cet endroit le corps vitré aboutissait directement à la cornée.
Dans un autre ouvrage (2) M. Treviranus fait remarquer que cette organisation qu'il n’avait d’abord attribuée qu'aux insectes lucifuges est peut-être commune à tous les insectes.
En effet, d’après mes recherches, ces organes appartiennent aux yeux composés de tous les insectes et de tous les crustacés; et, si on ne les a pas remarqués jusque R, cela ne tient qu’à la manière dont on a examiné. Si on examine les yeux des insectes et des crustacés à l’état frais, les cônes, quoique distinciément séparés par le pigmentum de leurs parois, sont cependant si mous et si gélatineux, qu'il est dificile de faire une section de l’œil sans mélanger par la friction la majeure