‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 71 sur 232 · SEE TEMPS · texte numérisé non relu

SEE TEMPS

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b représente le segment des parties intérieures ou nerveuses, avec le troisième pigmentum plus foncé.

Chez le Gryllus hieroglyphicus, on trouve trois couches différentes de pigmentum : une extérieure d’un oranger pâle, semblable au pigmentum des stemmates, plus mince que la cornée ; une moyenne, d’un rouge vif, plus mince encore, et une intérieure, d’un violet foncé.

Dans l'Écrevissé commune la variété des couleurs du pigmentum est encore plus grande. Immédiatement derrière la cornée, les parois des cônes ne paraissent pas être revêtues des pigmentum (PI. xvir, fig. 6, d). Ensuite commence un.pigmentum bleu noir, répandu en petite quantité seulement entre les cônes très -rapprochés entre eux, et se perdant vers les sommets de ces cônes. (Fig. 6, b. e. Fig. 8, a) Aux extrémités des filamens optiques commence un pigmentum plus foncé encore, et d’un bleu violet; ce pigmentum accompagne les filamens optiques

jusqu’à une petite profondeur (Fig. 8, d.); puis ül

s'éclaireit peu à peu (Fig. 8, c.). À une distance des extrémités des filamens optiques, moindre que la longueur des cônes transparens, commence, par une limite très-nelle, dans les interstices des cônes transparens; une troisième couche de pigmentum , bleu, violet foncé, qui pénètre très-profondément , et se perd peu à peu vers le bulbe du nerf optique (Fig. 8, d.).

La couleur du pigmentum Île plus rapproché de la cornée varie aussi quelquefois dans le sens de la largeur. Chez le Gryllus lineola, le pigmentum sous la cornée, ou plutôt dans les interstices de la base des cônes, est rayé de brun verdâtre, ce qui donne à l'œil un aspect

strié à l'extérieur. La mème chose à lieu chez le Gryllus

vittatus, Fabr., dont l'œil très-grand, peu convexe, et elliptique , est rayé de jaune brun de haut et de devant en bas et en arrière. Mais il est remarquable que cette variété de couleurs superficielles ne se rencontre habituellement que chez les Orthoptères, dont la métamorphose est incomplète, et qui, dans l’accroissement de leurs yeux, renouvellent par conséquent plusieurs fois la cornée ou une de ses lamelles. Cette organisation ne se retrouve hors des Orthoptères, que chez quelques Dipières , chez les Chrysops, dont les yeux sont dorés avec des points d'un rouge pourpre, et chez les Tabanus, qui ont des yeux verts dorés avec des bandes rouges pourprées. On remarque aussi clairement chez les Orthopières, que le pigmentum logé dans les interstices des cônes immédiatement sous la cornée, prend plus de part aux propriétés du pigmentum de l’enveloppe extérieure de l’animal, qu’à celles des pigmentum plus profonds de l'œil. C’est ainsi que l’œil est souvent d’un brillant doré lorsque le corps l’est aussi, comme chez l'Orthochile ungulata de l’ordre des Diptères.

M. Marcel de Serres a appelé l'attention sur une autre différence de couleur du pigmentum externe chez quelques Nevroptères et Orthoptères ; chez la Libellula vulgaris, les Locusta falcata , gigantea. Les ÿeux de la première , sont verts sur leur segment supérieur et postérieur, et rouge sur le segment intérieur et inférieur ; chez la Zocusta gigantea une bande rouge sépare un segment brun et un segment vert. De plus, M. Marcel de Serres a vu une bande de couleur différente sur le

milieu de l’œil chez la Phasma rossia , et chez les

(1385) Syrphus; chez ce dernier, cette bande est aussi garnie de poils.

Pour expliquer cette variété de couleur, M. Marcel de Serres rappelle le fait, que la lumière verte a plus de réfrangibilité que la lumière rouge. Maïs dans un pigmentum il ne peut être question de réfrangibilité.

Si, d'après Herschel, la lumière verte est presque aussi claire que la lumière jaune, il ne peut s'agir ici que de savoir si les paroïs du cône revêtues d’un pigmentum vert, absorbent moins les rayons lumineux, arrivant dans une direction oblique, que ne le font les parois revêlues d’un pigmentum rouge. Au reste, les variations dans les couleurs superficielles, me paraissent plutôt être en rapport avec la robe de l'animal, qu'avec le sens visuel. Il n’y a que les Libellules chez lesquelles un rapport. plus intime existe peut-être , puisque les facettes du segment vert sont plus grandes; chez les animaux mentionnés , la variété de couleurs du pigmentum extérieur est réelle; maïs chez quelques insectes, l’intensité des couleurs du pigmentum ne diffère extérieurement qu'en apparence. Chez le Papilio cardui, l'œil vert et luisant est plus clair en haut qu'en bas, ainsi que l’a déjà fait remarquer M. Marcel de Serres. Mais cette circonstance ne dépend probablement que de la profondeur plus ou moins grande de la couche superficielle du pigmentum, sur l’un des côtés de l’œil; car l’on voit extérieurement non seulement le pigmentum qui s’avance dans les interstices des facettes, mais aussi, sous des angles obliques, celui qui revêt les parois des cônes transparens, et dont la couche superficielle, comme nous avons déjà vu, diffère sonvent de différens côtés. En

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