XXL
la veine parcourant le même trajet, côtoyant les mêmes organes et allant s’insérer dans les veines iliaques. Il y avait deux veines , et point de foie.
Pareïllement , dans l'observation d’anencéphalie de Cartius , la veine, entrant dans l'abdomen , se contourne autour de l’ouraque, se dédouble pendant ce trajet, puis devient simple en l’abandonnant pour aller se perdre au-dessus du bassin. Le foïe n'existait pas. Il en était de même dans l'observation rapportée par Arantius, où l’on voyait les deux veines côtoyer le prolongement de l’ouraque.
Sur un fœtus réduit au tronçon pelvien avec les membres inférieurs, la vessie et l’ouraque existaient, les artères ombilicales, moins développées qu’à l’ordimaires, suivaient leur trajet accoutumé. La veine ombilicale, très-grèle, se divisait, avant son entrée dans le bassin, en deux branches; l’une plus courte, l’autre plus longue ; elles se dirigeaient , sans se réunir et sans communiquer l’une avec l’autre , dans les veines iliaques. Évidemment, dans ces divers cas , la dualité de la veine résulte de ses rapports avec la vessie et l’ouraque. Car , si au milieu des aberrations organiques que présentent ordinairement ces êtres, la veine s'éloigne de ces organes , elle reste simple comme de coutume. C’est ce qui avait lieu dans les fœtus décrits par Gæller, Mery et Winslow.
On voit ainsi pourquoi et comment la veine ombilicale se dédouble quelquefois dans l’intérieur de l’abdomen ; mais il est d’autres exemples de veines ombilicales doubles sans rapport avec l’ouraque et la vessie; il en est même où il existait trois troncs, et que l’on a décrites sous
(35) le nom de veine ombilicale triple. Ces faits, qui infirmeraient ce que nous venons d’éxposer, méritent uné attention spéciale , afin de montrer en premier lieu que, dans ces aberrations, la veine ombilicale était simple et unique , et de déterminer en second lieu les autres vaisseaux qui l’accompagnaient.
Il n’est pas d’anatomiste qui ne sache que, chez le jeune embryon, la vésicule ombilicale communique avec l'abdomen par deux vaisseaux nommés omphalo-mésentériques (1); ces vaisseaux sont une veine et une artèré. La veine , logée entre les deux lames primitives du mésentère , se porte de la vésicule à la veine mésentérique supérieure. L’artèré , placée en dehors de ces replis, est toujours supérieure à la veine et se rend à l'artère mésaraïque. Enfin la veine ombilicale, située sur un plan un peu plus antérieur , s’abouche , comme de coutume, avec le
sinus hépatique. Tout embryon , observé à cette époque,
{x) Cette vésicule a été d’abord observée par Æ/binus, Annot. æadem ,\b. 1, tab. 1, fig. x11, litt. C: Il a bien vu et décrit son pédicule, comme l’avait déjà indiqué Voortwik ; mais ce n’est que depuis Wriberg que cet organe, qu’il nomme vesicula secundinarum, est bien connu. Ce célèbre anatomiste l’a fait représenter dans sa position dans un embryon de la septième semaine : trois figures parfaitement exactes la représentent , ainsi que la description l'indique, située entre le chorion et l’amnios. Un auteur moderne a dit le contraire ; mais il a bien vite reconnu et redressé lui-même son erreur. Wriberg représente aussi la veine et l’artère omphalo-mésentériques , qu’il conduit jusqu’à l'entrée du cordon dans l’ombilic. C'est à M. Oken que nous devons des notions précises sur cet intéressant appareil, dont l'existence ést si fugace chez l’homme et les Mammifères. Jusqu’à présent, on n’était pas parvenu à faire passer le liquide de la vésicule dans les premiers rudimens du canal intestinal; M. Velpeau est parvenu dernièrement à suivre cette communication.
( 36) offre donc trois branches vasculaires dans la direction de la veine ombilicale : 1° celle-ci, qui rejoint le foie; 2° l'artère omphalo-mésentérique , qui rejoint l'estomac; 3° et la veine du même nom, qui rejoint les intestins grêles.
Dans le cours ordinaire des formations organiques, les vaisseaux omphalo -mésentériques s’atrophient et disparaissent avant la fin du premier tiers de la gestation ; la veine ombilicale survit seule à cet ordre de vaisseaux. C’est l’état régulier et normal du fœtus. Mais supposez que Îles vaisseaux omphalo-mésentériques persistent audelà de leur terme accoutumé, le fœtus alors se présente avec trois vaisseaux au lieu d’un ; il y aura avec la veine ombilicale, la veine et l’artère omphalo-mésentérique. Ce sera la veine ombilicale triple des auteurs. Supposez encore que l’un des vaisseaux omphalo-mésentériques persiste tandis que l’autre disparaît , vous aurez dans ce cas, toujours la veine ombilicale , et de plus un vaisseau insolite qui sera ou l'artère ou la veine omphalo-mésentérique. C’est ce qui a souvent été décrit sous le nom de veine ombilicale double. Et remarquez que la description ième des auteurs ne laisse aucun doute à ce sujet ; car, dans les premiers cas , ils notent avec soin que la veine ombilicale se rendait , comme dans l’état normal, dans le sinus hépatique , et que des deux troncs surnuméraires, l’un se portait à l’estomac et l’autre aux intestins grèles. Observez aussi que, dans les ombilicales doubles, le vaisseau insolite se dirigeait vers l’un ou l’autre de ces organes, selon que c'était la veine ou l'artère omphalomésentérique qui avait persisté.
Ainsi, dans les cas de veines ombilicales triples ,
décrits par Voortwik et Besler, vous voyez le tronc supérieur se porter à l'estomac , l’inférieur se rendant à l'intestin grèle, et l’antérieur, qui est la veine ombilicale , suivre sa direction vers le foie. L'observation de Fabrice d’Aquapendente est surtout précieuse sous ce rapport: car il a fait représenter très-exactement les parties , et quiconque a vu une seule fois les vaisseaux omphalo-mésentériques, ne peut les méconnaître dans les deux vaisseaux insolites qui coïncident avec la veine ombilicale. Réduisez ce fœtus au trentième de sa grandeur , et vous aurez la représentation fidèle des vaisseaux omphalo-mésentériques et de la veine ombilicale dans leur état normal (1). Il en était de même du cas rapporté par Zrew.
Dans les cas de veine ombilicale double, tantôt, comme dans l'observation de Kerkring et d'Arantius, l’ombilicale insolite va rejoindre la veine mésentérique supérieure, ce qui correspond exactement à la veine omphalo- mésentérique ; tantôt, comme dans le cas rapporté par Needham , le vaisseau anormal rejoint l’estomac , et correspond parfaitement à l'artère du même nom.
En lisant ces descriptions dans les auteurs , vous les voyez frappés d’admiration à l'aspect de ces aberrations de leur prétendue veine ombilicale ; les expressions leur manquent pour rendre le merveilleux qu'ils croient entrevoir dans ces jeux de la nature. Aujourd’hui que nous avons fait un pas de plus dans l’étude de l’organisation , tout ce merveilleux se dissipe , nous ne voyons que ce
(1) Une des meilleures figures que nous ayons de la vésicule ombilicale et de ses vaisseaux, est celle de Wriberg , fig. 3, D , £.
( 38 ) qui est, une persistance des vaisseaux omphalo-mésentériques au-delà de leur terme accoutumé. Nous ne saurions trop le répéter pour les progrès de l’anatomie pathologique. Le merveilleux n'est que dans notre esprit ; l’ordre, la constance, l'assujettissement aux
A ®, A ji °1:
mêmes lois, aux mêmes règles , voilà la nature. S XVI.
De l'Allantoïde rudimentaire, de l'embryon de l'homme.
Ces considérations nous conduisent à l'examen de l’allantoïde chez l’homme. Quoique cette membrane ait été vue, décrite et représentée, sa présence dans les enveloppes de l'embryon humain est encore mise en doute. Cette persistance des anatomistes à nier son existence est fondée, d’une part sur son état d’imperfection , de l’autre sur les rapports si long-temps méconnus des enveloppes fœtales des mammifères et des oiseaux. Pour apprécier ces raisons ; et déterminer ce point d'anatomie, il est nécessaire de reprendre l’histoire des opinions émises à ce sujet. Cet exposé montrera qu'en cette occasion, comme en beaucoup d’autres, l’anatomie de l’homme est souvent éclairée par les données de lanatomie comparée.
Sessertus est le premier qui, renecnirant une substance gélatiniforme située entre le chorion et l’amnios et vers l’origine des vaisseaux ombilicaux , ait considéré cette substance comme l'analogue de l’allantoïde des mammifères ; bien qu'il dise que cette substance , en se
( 39 ) coagulant , donne naissance à la membrane allantoïde , il ne paraît pas toutefois qu’il l'ait observée dans cet état chez l'embryon humain.
Il n’est pas de même de Ruysch; éclairé par les notions précédentes , cet habile anatomiste reconnut aussi dans cetie lame gélatineuse lallantoïde, qu’il nomma pseudo-allantoides , à raison de cet état d’imperfection ; il la vit aussi sous forme membraneuse, l'insuffla et la fit représenter (Eh. anat. V, fig °°, C). Sa position entre le chorion et l’amnios, et sur les confins des vaisseaux ombilicaux, fut mieux déterminée qu'elle ne l'avait été
par Sessertus.
Avant Ruysch, Graaf avait d'autant mieux précisé
ses rapports chez l'embryon humain, qu'il avait pris pour point de départ l’allantoïde des mammifères et plus spécialement celle du lapin. Il l’insuffla en perforant le chorion , et la montra en place sur un embryon de trois mois (PI. XXII, f. 1, H H). Il constata de plus son adhérence intime avec le chorion, tandis que l’amnios ne lui parut que superposée; sa planche représente même une portion d'allantoïde dénudée de l’amnios (PI. XXII, G). Ainsi se trouva vérifiée l’assertion de Needham , qui avait dit que, chez l’homme , l’allantoïde adhèreintimement au chorion (De format. fœtu , cap. 3). Il est à remarquer que tous ces auteurs sans exception n'avaient entrevu aucune communication avec cette allantoïde et la vessie urinaire, de là même le nom de pseudo-allantoides qui , dans le langage des anatomistes, peut se traduire par allantoïde rudimentaire. Hebenstreit chercha néanmoins les rapports que cette
allantoïde pouvait avoir avec le cordon ombilical ; il n’en
Pa 1
remarqua aucun de sensible ; et toutefois , en l’insufflant par les cellulosités interposées entre l’origine des vaisseaux ombilicaux , il développa, par ce procédé, une bourse plissée, renfermant dans son intérieur un fluide gélatineux ; cette bourse lui parut l’allantoïde rudimentaire de Ruysch. ( Funiculi umbilicalis humani , eic., PI. I, fig. 8, B. B. B. B.)
J'ai passé sous silence l’opinion de Diemerbrock et de Hoboken , par la raison que ces anatomistes ont parlé de ce qu'ils n’ont pas vu. Il n’en est pas de même de Littre; la description qu'il en donne, d’après un fœtus monstrueux de huit mois, se rapporte exactement à ce que ces anatomistes ont représenté. « Dans l’arrière - faix de « ce fœtus, outre le chorion et l’amnios , il y avait une « troisième membrane faite comme les deux autres, et « non pas en boudin, de même que celle qu’on trouve « en certains animaux, et qu on appelle allantoïde. Je « séparaï entièrement avec le doigt ou par le souffle cette « membrane de celle de lamnios, et je la séparai du
CS
« chorion jusqu’à l'endroit où celui-ci est adhérent au « placenta, et mème d’une partie de cet endroit, mais « avec un peu plus de peine. Cette troisième membrane « était un peu plus mince que l’amnios et aussi épaisse « que le chorion ; elle n’avait aucun vaisseau sensible, « je n’observai aucune liqueur entre elle et le chorion ; « maïs entre l’amnios et cette membrane particulière , « il y avait une demi-once de liqueur mucilagineuse et « jaunâtre..... Depuis ce temps - là j'ai trouvé la même « membrane dans plusieurs fœtus humains parfaitement « formés. » On aura sans douie remarqué que dans cette préparation, Litire à rompu la lame amnique de l’allan-
toïde , ce qui fait qu’il place le liquide dans les plicatures de l’amnios , où il fait rendre aussi et l’urine de l'embryon et l’ouraque qu’il suppose devoir exister dans toute la longueur du cordon.
Enfin, je terminerai ces premiers aperçus de l’allantoïde de l’homme par les observations de Rœderer, que nous verrons bientôt se prononcer fortement: contre l'existence de cette membrane.
D'abord , sur un fœtus à terme, hydropique, et mort quelques jours avant l'accouchement, il trouva entre ie chorion et l’amnios une couche gélatineuse d'épaisseur inégale et très-semblable à l'humeur vitrée de l’œil ; cette couche , coagulée par la chaleur et l'alcool, resta en place après la séparation du chorion et de l’amnios ; elle put même être séparée huit jours plus tard, ayant été conservée avec les autres membranes. Mais cette gélatine était-elle enveloppée par une membrane? On ne le voit pas dans cette observation , tandis que dans la seconde l’allantoïde formait une véritable vessie.
« Le placenta était sain ; sur le côté du cordon ombi- « lical qui regarde le fœtus , il y avait une vessie ovale « à demi pleine de liquide, dont le plus grand diamètre « avait environ trois pouces et le plus petit un pouce et « demi. Le liquide , pressé vers le cordon, faisait saillie « dans cet endroit; il en était de même quand on lin- « sufflait. On aurait ainsi pu la prendre pour une véri- « table allantoïde; il n’y avait cependant aucun conduit « qui se rendit vers la vessie urinaire. La liqueur qu'elle « contenait était flavescente , assez semblable à du pus,
« sans aucun caractère de l’urine; placée entre le chorion
(#2) « et l’amnios , son fond adhérait à la substance même « du placenta. »
Quiconque a vu l’allantoïde des mammifères, mais surtout celle de l'embryon du cheval , du veau et de ja brebis, ne peut méconnaître son analogue dans ces diverses descriptions , à l'exception toutefois et de la forme qui est différente, et de l’ouraque qui n’existe pas dans l’allantoïde de l'embryon humain.
Pour concevoir maintenant comment son existence a été niée jusqu'à ce jour, il est nécessaire de rappeler que les bases des déterminations anatomiques reposaient sur la forme et la fonction présumées. On avait dit que l’allantoïde des mammifères servait de réservoir à l'urine sécrétée pendant la vie utérine; d’après cette fonction , une allantoïde sans communication avec la vessie devenait sans but. À quoi eût servi un tel organe? Pour décider, d’après cette donnée , si l’allantoïde existe où n'existe pas chez l’embryon humain, il suflisait donc de rechercher s’il y a ou s’il n’y a pas d’ouraque dans l’intérieur de son cordon ombilical. Ainsi posée , la question devait promptement être résolue par la négative ; ce fut ainsi que procéda Haller ; ne irouvant point d'ouraque, il conclut à l’absence de l’allantoïde.
« Qu'il me soit permis d'ajouter à ceci les observa- « tions que J'ai faites sur huit femmes mortes pendant « la grossesse, dont j'ai fait l'ouverture : il n'est pas « étonnant qu’on trouve deux sortes d'eaux , ni qu après « avoir ouvert l’amnios et l'avoir évacué, on trouve « une seconde vessie qui, après que l’amnios est vidé, « reste tout entière et pleine. La membrane mitoyenne, « les feuillets de l’amnios, les vaisseaux , tout cela ne
(4) « m'a point échappé; mais comme je n'ai jamais wu « d’ouraque sortir du cordon, je n'ai pas vu non plus « de vessie dans laquelle il püût aboutir. »
Il est curieux , et non sans intérêt pour la philosophie de l'anatomie , de voir Haller nier chez l’homme l’existence de l’allantoïde, parce qu’elle manque d’ouraque, et trouver, chez les oiseaux, cet ouraque en communication avec la vessie, sans reconnaître , pour l’allantoïde, la membrane vasculaire qui en est douée. La fonction présumée le trompe chez l’homme ; la forme, l'étendue et la structure l'égarent chez les oïseaux ; car, pour reconnaître dans l’allantoïde, si grande et si vasculeuse des oiseaux, la membrane si ténue et si invasculaire des mammifères , il fallait faire abstraction de la forme et de la fonction , et s’atiacher principalement aux connexions des membranes entre elles, comme l’ont fait MM. Dutrochet et Cuvier dans leur admirable travail (x).
Quoi qu’il en soit, cette opinion de Halier fut adoptée par Rœderer, et introduite par lui dans la science à cause de l’ardeur qu’il mit à poursuivre et à combattre tous
ceux qui avaient vu ou cru voir l’allantoïde. Peu s’en
(1) C’est en restant invariablement attachés à ce principe, que les anatomisles sont parvenus à fixer ce point si difhcile de l'anatomie de l’homme. M. Velpeau est le seul, à ma connaissance, qui s’en soit écarté. Considérant l’amnios comme une dépendance de l’épiderme , et le chorion comme appartenant au derme , cet anatomiste a dù être conduit à placer la vésicule ombilicale , l’allantoïde et leurs prolongemens, entre le placenta et le chorion { Archives générales de E#édecine, t. VI, p. 595-596); mais il a promptement abandonné cette hypothèse, et, dans son ouvrage remarquable sur les accouchemeus , ilest revenu à l’opinion commune, Ce qu'il a dit de l’allantoïde est con-
forme à la description de Rœderer et de Wriberg.
faut que son zèle ne l'emporte jusqu’à contester à Albinus l’une de ses plus belles découvertes, celle de la vésicule ombilicale. Il s'arrête toutefois devant la description précise de cet anatomiste, et ses remarques sur le pédicule de la vésicule qu’il prend pour l’ouraque, ont cela de curieux qu’elles font ressortir un fait nouveau, dont ne se doutent ni Albinus ni Rœderer. Ce fait est celui de la première description de la vésicule ombilicale et de ses vaisseaux.
Lorsque, plus tard, cette vésicule fut connue, et qu’on fut convaincu qu’elle en avait imposé à Albinus pour l’allantoïde, on ne manqua pas de dire que tous ceux qui avaient parlé de cette membrane avaient pris pour elle la vésicule ombilicale ; objection que l’on trouve encore dans les livres les plus modernes, et que le plus léger examen suffit pour dissiper.
En effet , la vésicule ombilicale n’a qu’une existence passagère dans les enveloppes de l'embryon humain ; on ne la trouve guère passé le 4° ou 5° mois de la gestation. Or, la plupart des embryons sur lesquels les auteurs disent avoir observé l’allantoïde avaient dépassé ce terme. Nul d’entre eux ne parle de pédicule, quelques-uns supposant l’ouraque, mais sans avoir observé de prolongement à la vessie qu’ils regardent comme l’allantoïde.
Si du reste on pouvait conserver des doutes à ce sujet, les observations de Wriberg sont de nature à ne plus les permettre ; car c’est de cet auteur que date la véritable connaissance , chez l’homme , de la vésicule ombilicale, et la détermination précise de l’allantoïde (1), ce qu'il a
(1) On peut faire la même observation sur Graaff, car le passage suivaut prouve que la vésicule ombilicale ne lui était pas tout-à-fait
écrit sur la première est connu de tous les anatomistes, il me reste à exposer ce qu'il a dit de l’allantoïde.
En premier lieu, sur un embryon de trois mois , Wriberg distingue, entre le chorion et l’amnios, une couche gélatineuse tremblante, de quelques lignes d’épaisseur, qu'il regarde, de même que Hebenstreit , comme l’allantoïde de Ruysch. Il ne peut toutefois lui reconnaître de membrane propre, ce qu’il attribue à un commencement de putréfaction de l'embryon.
Guidé par cette première recherche , il en donne, sur un embryon du cinquième mois, la description la plus exacte que nous en ayons encore aujourd'hui. « Entre le « double voile membraneux de l’amnios et du chorion «était contenu un sac très-tendre, rempli de gélatine « tremblante. Ce réceptacle de gélatine, gisant entre «ces deux membranes , se trouvait situé aux dernières « limites du placenta. La membrane amnios étant déta- « chée, ce sac conserva sa figure, ce qui prouve que «ceite gélatine était douée de sa membrane propre. Elle «ne put cependant être séparée du chorion; mais, dé- « tachée de force, cette membrane, qui est l’allantoïde, « continuée avec la lame du chorion , s’enleva , et, ainsi « isolée, elle avait beaucoup de ressemblance avec la « vessie produite par l’action des cantharides. »
Il est à regretter que Wriberg n’en ait pas donné
inconnue. Après avoir décrit les vaisseaux ombilicaux , il ajoute : « Præter hæc vasa , in quibusdam animalibus reperiuntur alia a mesen- « terio orta, quæ postquam umbilicum pertransierunt , non ad plaa centam, sed ad chorion , ac peculiarem membranam expantiantur. »
Cette vésicule avait aussi été entrevue par Needham { Exp. 3, De Format. fœtu ), comme l’ont dit MM. Meckel et Béclard.
la figure ; car, ainsi isolée, cette allantoïde est la répétition de celle trouvée par Hales sur un embryon du même àge , et représenté dans son Mémoire (x).
Sur deux embryons, l’un de la fin du troisième mois, le second au commencement du quatrième, j'ai trouvé l’allantoïde au même degré de développement que Wriberg, et j'ai remarqué de plus la disposition celluleuse et aréolaire que lui avait reconnu Rœderer sur un fœtus du quatrième mois (2). Cette vésicule gélatineuse, interposée entre l’amnios et le chorion, comme chez tous les mammifères, était isolée entre ces deux membranes ; elle n’avait aucun prolongement qui püt faire soupconner l’existence d’un ouraque.
L’allantoïde rudimentaire de l’homme est donc privée de communication avec la vessie urinaire, et de cette absence de l’ouraque dans le cordon provient l’unité de la veine ombilicale.
Si telle est la cause de cette unité veineuse , on conçoit que la présence de l’ouraque dans le cordon de l'embryon humain devrait être suivie de l'existence de deux veines ombilicales. L’homme se trouvant alors dans les mêmes conditions que les mammifères qui l’avoisinent, la duplicité de la veine devrait en être le résultat.
Or, c’est sous ce point de vue que l’observation de
(1) Transact. philos., vol. V, fig. 163, AR, G, D.
(2) J'ai suivi dans cette recherche le procédé indiqué par Rœderer, procédé qui consiste à soulever l’amnios à 6 ou 8 lignes du cordon, en choisissant de préférence le côté gauche, à cause de la moindre adhérence en cet endroit. L’amnios soulevé , on introduit un tube de verre très-délié , et on insuflle. Je crois devoir observer cependant que Eur quelques embryons où je l’ai cherchée avec M. le docteur Manet , nous n6 l’avons point rencontrée.
1088.) Hales est remarquable. L’allantoïde est très-développée, l’ouraque se prolonge dans le cordon, et sur chacune de ses côtes se trouve une veine ombilicale. C’est la reproduction du cordon ombilical des mammifères.
Mais cette observation est-elle exacte? On sait que Vésale, qui jamais n'avait eu occasion de disséquer l'œuf humain , le représenta néanmoins en plaçant un petit embryon dans les enveloppes du chien. Cette erreur , que répétèrent Etienne et Spigel , est-elle commune à Hales? son observation doit-elle être placée à côté de celles de ces anatomistes ? C’est l'opinion de Roœderer, et nous n’avons pas de raison pour en adopter une différente.