CONCLUSION DE CE MÉMOIRE
Dans le Mémoire précédent, nous avons vu le système sanguin primitif, procédant manifestement de la circonférence au centre conformément à la loi générale des formations organiques ; nous venons d'établir dans celuiei, qu’en parcourant la série de ses transformations, pour arriver à son état permanent, il suit des règles non moins constantes ; d’abord celle de symétrie, et puis enfin celle de conjugaison.
Conformément à la loi de symétrie, 1 y a d’abord deux aortes, deux spinales antérieures, deux basilaires , comme il a constamment aussi deux veines primitives pour former des troncs uniques.
Ces deux artères et ces deux véines primitives marchant de dehors en dedans , finissent par être amenées au point de contact, et se réunissent en vertu de la loi
de conjugaison. Ces règles sont invariables chez l’homme et les deux classes supérieures des vertèbres.
Elles sont invariables également dans les classes inférieures ; maïs, chez les êtres formant ces dernières, la force rec, quelle qu "elle soit, ayaut une impulsion moins énergique que chez les animaux supérieurs , les organes ne parcourent qu’une partie des transformations qu'éprouvent ceux des êtres supérieurs ; et de là vient qu’ils nous offrent d’une manière permanente des dispositions organiques qui ne sont que passagères chez l'embryon de l’homme et des vertébrés supérieurs. De là ces doubles aortes , ces doubles veines caves que lon observe d’une manière plus ou moins constante chez les reptiles.
De là vient aussi que si la force formatrice de l’homme ou des vertébrés supérieurs est arrêtée dans son impulsion , elle nous reproduit les dispositions organiques des animaux inférieurs. Il y a alors arrêt de formation, symétrie permanente , et répétition d’une organisation inférieure. Nous en avons rapporté plusieurs exemples.
Ces cas d'anatomie pathologique ne sont donc que la reproduction de l’embryogénie, ou de l’organisation des êtres intérieurs ; ils s’expliquent les uns par les autres en même temps qu'ils confirment l'exactitude des règles générales de l’organogénie. Ce sont ces rapports des diverses anatomies que je développe sous le nom d’anatomie transcendante.
La formation et les aberrations des vaisseaux ombilicaux nous ont donné des preuves d’un autre genre. Nous avons expliqué pourquoi le plus constamment il y a dans le cordon ombilical deux artères ; comment la per-
sistance de ces deux artères a lieu jusqu’au moment de leur insertion. La cause qui produit cette duplicité venant à manquer , l’anité de l'artère en est aussitôt la conséquence.
Cette cause, c'est l’allantoïde , l’ouraque et la vessie ; chez les animaux où ces trois parties sont portées au maximum de leur développement, il y a également deux veines ombilicales dans le cordon; mais si l’ouraque disparaît dans le cordon, il n’y a qu'une veine ombilicale ; c’est le cas de l’embryon de l’homme. Les deux veines congénères, marchant l’une vers l’autre, se réunissent et se confondent en une seule.
C’est aussi par la même raison que les deux veines ombilicales des mammifères se réunissent et se confondent en un seul tronc dans l’abdomen. L’explication de ces faits demandait que nous pussions déterminer, comme nous l'avons fait, l’état d’imperfection de l’allantoïde chez l’homme.
Enfin nous avons expliqué les cas de veines ombilicales doubles ou iriples, rapportés par divers auteurs, en montrant que ces aberrations ne sont autre chose que les vaisseaux omphalo-mésentériques persistant au-delà de leur terme ordinaire ; ou, en d’autres termes, que ces cas d'anatomie pathologique ne sont qu'une embryogénie prolongée. |