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rassemblé sur les fragmens calcaires, si un ne voulait pas admettre l'influence de ces fragmens sur lé ciment. Or, on doit faire remarquer que , d’après analyse de M: Ranieri, lé ciment ne renferme pas 0,02 de rhagnésie. |
Cette disposition semble donc présenter en petit uu phénomène analogue au passage du calcaire saccharoïde à la dolomie ; passage ou altération qui résulte’, suivant M. de Buch, de l’action des roches pÿroxéniqués (et la wakite en est une) sur le calcaire saccharoïde ; altérätion qui produit la dolomie qu’on voit si fréquemment dans le contact de ces deux roches. La dolomie cristallisée, ou peut-être le tale ( car cet enduit, quoique nacré et indissoluble comme le talc, n’en à pas l’onctuosité ), semble une altération de la surface des fragmens de calcaire saccharoïde, dans leur contact avec la pâte de wakite. els sont les faits et les apparences : on ne‘peut aller au-delà ; c'est une question trop délicate, qui demande des observations locales et des recherches chimiques trop nombreuses , trop difficiles et trop longues pour être suivies et résolues par l’auteur de cette note.
M, Savi a fait remarquer que beaucoup de fragmens de calcaire offraient à leur surface des traces évidentes. de l’action d’un liquide dissolvant. M. Brongniart a reconnu ces apparences sur plusieurs des : échantillons envoyés par ce naturaliste ; mais , en examinant les surfaces attaquées, on y voit des parties saïllantes qui semblent avoir offert plus de résistance queile reste de la ! masse à l’action dissolvante , et on reconnaît bientôt que ces parties appartiennent presque, toutes à des débris
organiques ; on y. voit mème. assez distinçtement ,des
(72) coupes transversales d'Entroques; et, en observant avec le même soin les fragmens de calcaire saccharoïde , on croit ÿ avoir aperçu des fragmens de ces corps.
Or on sait que cette association , si curieuse et si rare qu'on l'avait cru absclument incompatible avec l’origine et la texture cristalline de ces calcaires, s’est présentée de la manière la plus évidente dans des circonstances géologiques à peu près semblables dans un calcaire saccharoïde , et même lamellaire , de Swangstrand , entre Drammen et Christiania en Norwége, en Bretagne, etc.
Aperçu de quelques Observations nouvelles sur les Planaires et plusieurs genres voisins ;
Par M. Axr. Ducës.
(Lu à V’Académie royale des Sciences, le 5 juillet 1830.)
Encouragé par les suffrages récens qu'ont obtenus mes premières recherches sur les Planariées (1), j'ai continué cette étude, d’ailleurs par elle-même très-attrayante , et j'ai rassemblé de nouveaux matériaux pour une monographie, que peut-être je pourrai compléter par la suite. En attendant ce momeni , il m’a paru avantageux de livrer à la discussion des zoologistes quelques observations assez intéressantes, et dont plusieurs même pourraient appeler le doute, si je n'eusse mis dans mes
(1) Annales des Sciences naturelles, octobre 1826, t. XV, p. 130.
investigations toute l'attention, toute la patience dont J'étais capable.
ARTICLE Ier.
PROSTOMES.
Le genre Prostoma, que j’ai cru devoir établir pour des êtres en partie nouvellement connus , en partie confondus avec les Planaires, a été conservé par MM. Cuvier et de Blainville ; mais ce dernier l’écarte de la famille des Planariées , pour le réunir avec les Némertes ou Borlasies , les Cérébratules , etc., dans une famille plus voisine des Annélides , celle des Zérétulariées.
Je ne puis qu'applaudir à cette séparation ; la présence d’un canal intestinal à deux ouvertures, la forme du corps, la disposition des organes génitaux , etc., etc., éloignent les Prostomes des Planaires , et ils ne leur ressemblent que par leur mollesse ( quoique bien moins grande dans certaines espèces ) , leur mode de progression , l’absence d’anneaux distincts et d’un système nerveux isolé , enfin par la présence d’un système circulatoire à sang blanc et à parois plus ou moins contractiles.
Je n'en connaissais d’abord qu'une espèce ; j'en ai maintenant observé quatre, deux marines, deux d’eau douce , et l’une des quatre est, comme je l’ai pressenti, une espèce déjà décrite sous le nom de Planaria ; les trois autres sont nouvelles. En voici l'énoncé succinct.
1°. Prostome clepsinoïde , Prostoma clepsinoideum (Nobis). -— Corps en massue , mou, jaune d’ocre ; six yeux noirs sur deux rangs longitudinaux. Habite sous les pierres dans les rivières. Longueur extrème, 5 lig. ;
2°. P. lombricoïde , P. Zombricoideum (Nobis). — Corps vermiculaire , très-allongé, mou , jaune , marbré de rouge vif; les yeux noirs, disposés en carré. Habite dans les ruisseaux. Longueur extrème , 15 lign.
3°. P. blanc, P. candidum (Planaria candida , Muller ). — Corps fusiforme , assez résistant, jaunâtre, marbré de blanc; quatre yeux noirs , disposés en carré ; une ligne brune allant des antérieurs aux postérieurs. Trouvé sous les pierres, près d'un rivage rocailleux dans la Méditerranée. Longueur extrème, 10 lig.
4°. P. armé, P. armatum (Nobis). — Beaucoup plus grand que le précédent; corps vermiculaire , trèslong, coriace, blanc ; tête semée en dessus de nombreux points noirâtres, laissant libre seulement une bande médiane , offrant en avant et en dessous trois points oculiformes près de chaque bord latéral. Trouvé au même lieu que le précédent. Longueur extrême, 18 lig.
C’est surtout ce dernier qui, en raison de sa taille, de la facilité avec laquelle son corps se prêtait à la compression , sans s’écraser, de la transparence de la peau, et du temps considérable pendant lequel je lai conservé vivant dans de l’eau de mer ; c'est celui-ci, dis-je, qui m'a permis d'observer les détails anatomo-physiologiques que je n'avais vu qu'inparfaitement, mais que javais déjà en partie constatés néanmoins, dans les autres espèces, depuis la publication de mon premier travail.
1°. Je me suis assuré sur les trois premières espèces que le tube digestif, très-susceptible d’élargissement, d’élongation , de mouvemens vermiculaires , et trèsmobile dans le centre du corps, se termine en arrière
par un véritable anus, et peut se renverser, par son ou-
verture antérieure ou la bouche , jusqu’à une longueur considérable , en formant une sorte de trompe; maïs, chez le Prostome armé seulement, j'ai trouvé à cette portion exsertile une structure assez compliquée, et dont la description m'entraînerait trop loin (voyez PI. », fig. 5): Je mentionnerai seulement six pointes dures et transparentes , disposées en deux groupes, et une pièce oblongue , cornée , de couleur brune , placée au centre, et terminée par un dard' aigu et transparent. Cette pièce sert à percer sans doute la peau des Annélides dont le Prostome veut faire sa proie, et que retiennent les groupes de pointes dont j’ai parlé d’abord. Cet appareil singulier ne peut être rapproché que des crochets dont sont armés quelques vers intestinaux ou parasites , comme les Polystomes , les Echinostomes , etc. , etc.
2°. Dans tous les Prostomes que j’ai examinés, on peut voir, à la partie antérieure , les systoles et les diastoles d’une arcade vasculaire transparente , et l’on voit aussi, dans tous, deux poches pellucides plus ou moins rapprochées, et de forme variable, communiquer avec cette arcade.
J'ai pu , dans le Prostome armé , observer un système circulatoire complet dans toute l'étendue du corps, système composé de plusieurs ordres de vaisseaux, les uns plus , les autres moins contractiles , comme cela se voit dans les Annélides à branches ; il y aurait pourtant cette différence que, chez le Prostome, les renflemens vésiculaires et les vaisseaux qui en partent, quoique bien évidemment contractiles, le seraient moins que les autres parties du système vasculaire, tandis que c’est le contraire danis les Lombries et les Naïs.
La figure 6 donnera une idée de cette disposition anatomique , et de la marche que j'ai dû supposer aux fluides circulans d’après la progression des contractions et dilatations visibles des vaisseaux.
3°. Pour ce qui regarde l’appareil reproductif , les Prostomes m'ont offert des particularités non moins remarquables que les précédentes. Tout le long des côtés du corps est une série de poches à col étroit, ouvertes à l'extérieur, et même susceptibles de se renverser par la compression. Chez le Prostome lombricoïde , ces poches renfermaient trois à quatre vésicules contenant une substance pulpeuse , et un point ou globule transparent ; il m'a paru qu'on ne pouvait voir dans ces vésicules que des œufs pourvus de leur germe, et dans les poches que des ovaires ou matrices singulièrement multipliées. Ceci rappellerait les ovaires des Ténias, qui en ont un ouvert à extérieur pour chaque segment du corps.