‹ Annales des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 16 sur 78 · ARTICLE LI · texte numérisé non relu

ARTICLE LI

DÉROSTOMES.

Le genre Derostoma , bien caractérisé par un sac alimentaire uniloculaire, visible à travers la peau, à une seule ouverture toujours infère, doit, selon mes nouvelles remarques , être divisé en deux sections d’après la situation de la bouche. Les uns en effet , et ce sont les plus nombreux , ceux à qui convient surtout le nom de Dérosiomes , ont cet orifice situé au voisinage de l’extrémité antérieure ; les autres, qu'on pourrait nommer Meésostomes , Vont, comme les Planaires, placé au milieu du corps, bien qu'ils diffèrent de ces animaux par l’absence

(77) d'une trompe exsertile , par la simplicité de leur cavité digestive , parleur forme plus ou moins cylindroïde.

À la première section appartiennent les D. notopse, leucopse , squale, lancéolé, plature et polygastre (Nobis), tous six déjà décrits dans mes premières recherches. Il faut y joindre les espèces suivantes , dont j’accompagnerai l’énumération d’une brève caractéristique.

1°. Dérostome changeant, D. mutabile (Nobis). — Corps irès-contractile , susceptible de devenir alternativement linéaire et presque ovale ; tête et queue élargies ; bouche allongée, fort éloignée de l’extrémité antérieure; couleur blanchâtre; sac alimentaire verdätre. Longueur extrème , 2 lig.

2°. D. large tête, D. laticeps (Nobis ). — Fort étroit, souvent comme chiffonné, toujours linéaire ; tête élargie en disque ; bouche ronde , immédiatement derrière cet élargissement ; couleur blanchâtre, Longueur, 1 lig. =.

30. D. à tête étroite, D. angusticeps (Nobis). — C’est celui que j’ai nommé ailleurs lineare , maïs qui ne peut guère plus que les deux précédens , ni le leucopse, le notopse, etc. , être rapporté au Planaria linearis de Muller, ni d’Abildgaard. Il est plus régulier, moins étroit que le précédent ; sa tête est lancéolée : ni l’un ni l’autre n’a de points oculiformes , non plus que le mutabile. ;

4°. D. sélénopse, D. selenops (Nobis). — Epais, fusiforme, pointu en arrière, mais sans prolongement caudal; pourvu de deux très-grands points oculiformes écartés, noirs, et en demi-lune; bouche située immédiatement derrière les yeux , et à peu près au-dessous ; couleur blanchâtre. Longueur, = de lig.

5°. D. tronqué, À. truncatum ( Planaria truncata ? Muller). — Aplati, pointu en arrière, tronqué et-un peu échancré en ayant; œsophage volumineux ; , deux points oculiformes très-écartés ; presque divisés chacun en deux.(de.là sans doute les quatre que donne. Muller à sa Planaire onquée );-.couleur brune; bords transparens. Longueur, : lig. 10H Jul ETS TER

6°, D. grisätre,, D.:griseum. ( Planaria grisea Muller ). — Fusiforme, pointu en :arnière, :obtus: en avant ; bouche presque terminale ; couleur jaune grisàtre. Longueur, ; de lig.

7°. D. mégalopse ,, 2). Ee CNohis — C’ est le plus grand des Dérosiomes à moi conmus. Aplai, élargi en arrière/, atténué. en avant , pourvu d’une masse œsophagienne placée derrière les yeux ; ceux-ci écartés, intérieurs comme ,chez la plupart des Dérostomes ; sont irrégulièrement arrondis, très-grands, et d’un roux clair. Le sac alimentaire, rempli sans doute d’infusoires, m’avait paru d'abord un arbre gastrique à ramifications confuses. | Couleur blanc sale. Longueur, 2 lig. Largeur, dela dre LE DITOUGBE D'AO + 2010 à |

Je l'ai trouvé, une fois lon dans l’eau platiahe d’ Me bourbeux. Les précédens oût été pris parmi les Conferves, dans des eaux,assez pures , mais stagnantes.

La deuxième section ( Mésostomes ) comprend jusqu'ici quatre espèces seulement; savoir: les D. gros,

verdâtre,, rostré et fusiforme: : NT

&. Le Derostoma grossum ( Planaria. Fun Muller) a été décrit ailleurs , , mais la bouche indiquée à tort comme beaucoup plus rapprochée de l'extrémité antérieure que de la postérieure. J'en ai vu une variété ver-

dâtre. Le plus grand nombre est roussätre , et l’abondance des individus a pu quelquefois faire paraître l’eau de-quelques ruisseaux comme remplie de gouttelettes de sang. Longueur extrême, 3,lig. =.

0° Le D. viridatum (P. viridata , Muller ) avait été dubitativemient rangé, dans les Planaires. Il n’a point d'arbre gastrique, mais un sac ;, il est aussi épais , quoique un peuyaplati : peut-être est-il pourvu d’une sorte de trompe fort large. Mes observations sur ce point auraient besoin de nouvelles lumières.

10°. Le D. rostratum (P. rostrata?.: Muller ). est large, épais, terminé en pointe et même en queue étroite en arrière ; en ayant, il offre une tète séparée du corps par: un léger étranglement, et prolongée en un angle plus ou moins saillant, Deux yeux presque contigus , d’un; rouge vif, et de forme peu régulière. Corps demitransparent et rosé. Longueur, plis...

11°. Enfin le D. fusiforme (Nobis), rougeätre comine le précédent, en diffère par sa forme,allongée , ses deux yeux écartés, noirs, sa tête non séparée du, corps, etc. Il diffère du grossum par ,sa forme allongée, l’écartement de ses yeux, sa tête plus aiguë, ses œufs ovales, etc. Longueur,;: ANCIENNE W

Dans un bon nombre des espèces. que je,viens de passer en revue, j ai pu reconnaître des organes génitaux analogues à ceux des Planaires ; savoir : un, pénis volumineux et une matrice avec deux longs oviductes contenant des ovules et des œufs déjà tout formés : ces oyiductes garnissent les côtés du corps , et remontent souvent jusque vers la tête. Les œufs varient en nombre, en forme, en volume et en couleur. Je n’en ai généralement trouvé

qu'un de parfait, de forme oblongue, de couleur rougeâtre , et situé vers la queue dans le D. lancéolé ; un seul aussi, ovale et grisätre, situé de même en arrière chez le D. tronqué; un seul encore, maïs rond, rougeâtre , et situé derrière l’œsophage du D. mégalopse. Chez le D. fusiforme, un œuf brun clair et ovale était logé vers la queue; quatre à cinq œufs oblongs et rougeâtres occupaient le milieu du corps du D. grisàtre ; ceux du D. rostré, à peu près en même nombre, un peu plus arrondis, et d’un brun rouge, étaient placés de mème ou plus en arrière; beaucoup plus nombreux (jusqu’à quarante-cinq), ils étaient également disséminés vers le milieu du corps chez le D. verdâtre. Leur forme était ovale ; leur couleur tantôt rouge, tantôt d’un vert foncé. Enfin, presque aussi nombreux en germe, mais rarement au nombre de plus de sept à huit à l’état parfait , ils sont plus régulièrement disposés sur les côtés du sac alimentaire , exactement arrondis , et d’un rouge assez vif chez le D. gros. C’est ce dernier qui m'a permis les observations les plus suivies et sur la ponte de ces œufs, qu’un peu de mucosité colle aux végétaux submergés, et sur l’accouplement que j'ai vu maintes fois s’opérer ici comme chez les Planaires. Le point de communication des deux individus dans Île coït, c’est-àdire, le pore génital, était placé immédiatement derrière la bouche, située, chez ce Dérostome , au milieu du corps (fig. 15). Je n'ai point vu d'œufs chez les D. trèsallongés et qui, comme la Planaire subtentaculée, se partagent spontanément par le milieu de leur longueur (D. ‘angusticeps , leucops, etc. ). Peut-être, comme cette Planaire , sont-ils privés d'organes génitaux.

Page 1