Leiodina crumena ( Bory de Saint-Vincent
(PI. 3, fig. 1.)
L. corporeventricoso-cylindrico, tereti, interdüm ovato. segmentis obscurè distinctis , crispo vel transversim plicato , colore flavo vel fusco; anticè vel transversim vel obliquè truncato ; apertur& orali amplé, circulari sæpiüs patente munito ; organo vibratili distincto, parvo, ad partem anteriorem segmenti intermedii sito; interaneis visibilibus, mobilibus, fuscis ; caud& long&, simplici , tereti, albidä, continud, plicatili ad basim et omnes versus sensus
devergenti, apice cuspidibus binis brevibus terminata.
Longueur effective de l’animal entier, — de millimètre. 8 DITES
Habite les eaux douces et marécageuses du nord de l’Europe ; très-commune dans les étangs d’'Ixelles, près de Bruxelles, au mois de juin.
Synonymes.
CErCARIA CRUMENA, Mull., Ænimalc. infus., p. 129, fig. 4 à 6 à tab. 20. — Brug., Encycl. meth., Vers, t. E, p.26, PL. o, fig. 19à 21.
FurcocerA CRUMENA , Lamk, Anim. sans vert. ,t. {,p. 447.
LeropiNA cRuMENA, Bory de Saint-Vincent, Æncycl. iméth., Vers, t. Il, p. 484, no 1, et p. 527.
(x) Si nous en jugeons d’après ce qne l’un de nous a observé, conjointement avec M. Edwards, sur plusieurs polypes marins , cet organe vibratile n’est autre chose que l'organe digestif. ( Vote des Rédacteurs.)
Observations.
Cette espèce, qui sert de type au genre, a un corps fait comme un petit tonneau, quelquefois contracté en avant, de manière à offrir un cou sans tête, maïs ayant le plus souvent une troncature brusque à cet endroit. Sa forme varie par les contractions dont il est susceptible ; il simule tantôt üne fève, tantôt un pelit panier semilunulé en avant. Sa couleur varie beaucoup. Ses”"petits plis, ou lignes transversales , changent avec les mouvemens, qui dépendent d'un mouvement de glissement particulier des molécules qui composent la gaine. La boucle parait souvent transparente EU on voit ses bords nus et arrondis se replier en dedans , dé manière à diminuer singulièrement lé volume du corps. L’organe vibratile est arrondi ; les valvules sont brunes , et les muscles qui lentourent sont très-visibles : chaque valvule est semi-globuleuse; on ne peut plus le distinguer dans les fortes contractions, moment où il cesse tout mouvement. La queue de l'animal est égale à un tiers de la longueur du corps dans quelques Lite ét à la moitié dans d'autres.
Les mœurs de ces animaux sont simples. {ls vivent en aps mais, isolés au milieu D PRES et UE Re qui entoure ues ET RRR ARE” cés d’animalcules ; car, quand'on voit un individu, la bouche béante, engoufirer par un vif mouvement tcirculaire une foule de ces petits points vivans , on s'aperçoit qu'ils ne se font que précipiter dans le trou où ils sont
entrainés par une force irrésistible , y glisser sur le fond
( 195 ) pour en sortir tout-àa-coup, lancés avec une vitesse proportionnelle à celle avec laquelle ils furent engloutis. Quand l'animal , exécutant ce manége , demeure à la même place, ce sont ordinairement les mêmes monades qu'il avale et qu’il vomit tour-à-tour ; maïs cette méprise ne dure pas long-ttmps , car il change bientôt de position , soit en s'avançant, soil en sé tournant sur sa queue couime sur un pivot, pour être à mème d'attraper une proie nouvelle. Ce qui est bien étrange, c’est qu’au moment où ces légions de monades se précipitent ainsi dans sa bouche, pour en être éjaculéees aussitôt, l'organe Vibratilè se met en mouvement. Cetie conjonction de phénomènes n’est certes pas en faveur de l'opinion de ceux qui croient que l’organe dont il s'agit est un premier rudiment de cœur; idée que je crois entièrement fausse. On remarque aussi que, lorsque les monades ont passé par ce gouffre, elles n'ont rien perdu de ieur. vitesse, et s'en vont comme si rien n avait eu lieu, nageant iout paisiblement dans lé Tiquide qui les nourrit. Ces diverses observations me portent à croire que les Zetodinea crumena ne font que lécher pour ainsi dire la surface des monades, peut-être pour en enlever une substance particulière, comme les fourmis le font à l'égard des pucerons, Dureste, il est inutile, je crois, de faire remarquer qu'il est très-difhicile de savoir la vérité sur-un iel point ; maïs Je crois que, ces considérations ne sont pas sans fruit pour la connaissance qu’il nous importerait fort de posséder, d’une manière fixe, de la véritable
nature de l’organe vibratile, dont les anatomistes ne,sont
guère occupés.