‹ Annales des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 32 sur 78 · SAME · texte numérisé non relu

SAME

( 185 ) la première vue pour des Æilæcetus. L'unique espèce qui constitue ce genre, C. laterale, Dej., n’est pas commune au Brésil.

Saperda (Fab.).— On en trouve un assez grand nombre au Brésil qui vivent sur les feuilles, et ont les mêmes mœurs que leurs congénères d'Europe. Quelques-unes seulement à corps cylindrique et plus étroit postérieurement au repos , portent leurs antennes en avant comme les //ypopsis, et diffèrent en outre des autres Saperda en ce que les premiers anneaux de ces organes sont velus (1). S. aulica, Deï., strigosa , patruelis , ejusd. AV. Sp.

Je ne connais aucune espèce de ce genre à Buénos- Ayres.

Euryptera (Lepel. et Serv.), Saperda(Fab.).— Longicornes très-singuliers par la dilatation postérieure de leurs élytres, la forme de leur tête et de leurs antennes. On les trouve volant dans les bois ou sur les feuilles , et on les prendrait à la première vue pour des /ycus avec lesquels ils ont quelque ressemblance par leur couleur. Æ£. latipennis , Dej., Lacordairei, ejusd. , N. Sp. Tous deux très-rares.

Cometes ( Lepel. et Serv.), — C. hirticornis; seule espèce connue de ce genre, se trouve fréquemment au Brésil sur les feuilles et les plantes basses.

Leptura (Geofiroy). — Je n’en ai rapporté qu’une espèce qui est rare au Brésil et qui vit comme celles d'Europe. L. sellata, Dej.

Outre les genres dont je viens de rendre compte , j'ai

(x) Elles constituent le genre Ptericoptus , Lepel. et Serv.

rapporté plusieurs autres Longicornes qui ne peuvent entrer dans aucun de ceux ci-dessus ; mais comme les coupes nouvelles qu'ils doivent former ne sont pas encore créées, j'ai préféré de ne pas en parler, pour ne pasm’exposer à n'être pas compris.

CHRYSOMÉLINES:

Je comprends sous cette dénomination , ainsi que Va fait M. le comte Dejean dans son catalogue, les trois dernières familles établies par M. Latreille dans les Chrysomélines, à savoir, les Eupodes , les ni et les Clavipalpes.

Ils présentent peu de différences sous le rappoñt des mœurs. Tous fréquentent les plantes, à un petit nombre près qui vivent sous les écorces ou dans le bois en décomposition. Plusieurs séerètent , soit par la bouche, soit par d’autres parties du corps, une liqueur d’une odeur particulière qui ne se rencontre que dans cette famille, et chez quelques Trimères. Tous, sans exception, sont ailés, et c’est la seule famille où existe la faculté de sauter au moyen des pattes, postérieures, Le vol et la démarche sont à peu près les mêmes dans toutes les espèces.

Megalopus. (Fab. ). — Nos LoilEtianes en renferment déjà un grand nombre d’espèces, et sur quinze que j'ai rapportées, neuf ne sont pas décrites dans la belle monographie de ce genre publiée par M. Klug. Toutes les espèces vivent sur les plantes et les arbrisseaux peu élevés. Leur vol est lourd et n’a lieu que pendant la forte chaleur du jour ; quand on les saisit, ils

fléchissent un instant leurs antennes, et répandent par les articulations des pattes une liqueur, jaune d’une odeur analogue à celle des Coccinelles. Ils produisent, comme les Lema, un bruit aigu par le frottement de leur corcelet contre le pédicule de l'abdomen. Les plus communs sont les AZ. cinctus , Mac Leay, et limbatus , Dej.; les autres, sans être bien rares , se rencontrent moins fréquemment. On n'en trouve point à Buénos-Ayres.

Lema (Fab. ).— Insectes plus nombreux en espèces dans l'Amérique que dans nos pays; ils ont, du reste, les mêmes habitudes , et ne fréquentent que les plantes basses. L. variabilis, fasciata, festiva, Dej.; nigricornis; Fab.; cincta , limbata , variegata, Dej., N. Sp., etc., du Brésil. On en trouve communément un à Buénos-A res, L. bilineata , Dej.

Alurnus (Fab.). — 4. marginatus , Lat. Très-commun au Brésil et'au Paraguay jusqu’à Corrientes. [vit sur les feuilles, et répand par la bouche une liqueur jaune, semblable, pour l'odeur, à celle des Megalopus. On’trouve fréquemment une variété. qui a sur les élytres une ligue courte , transversale, de la même couleur que la suture; maïs, comme :ellé s’accouple: indistinctement avec l'espèce ‘ordinaire et des. individus pareils à elles! je-crois qu’on ne peut l'en séparer.

vfdispa (Fab. ).:— Genre mombreux en espèces au Brésil, et ayant les habitudes de leurs congénères d'Europe. On les 1rouve assez communément sur les feuilles des’ plantes ‘et des arbrisseaux. J'en ai rapporté ure vingtaine d'espèces, la plupart nouvelles.

Imatidium (Fab.).de joins ce genre au suivant,

AL, 1e

( 188 ) dont il ne me paraît pas pouvoir être séparé , l’échancrure antérieure du corcelet, qui a servi pour l’établir, se retrouvant plus ou moins prononcée chez d’autres Cassides. Les habitudes d’ailleurs ne sont pas les mêmes,

Cassida (Fab.).— Les espèces de ce genre , médiocrement variées dans nos climats, sont extrèmement nombreuses sous les tropiques et dans les pays qui en sont voisins. J'en ai rapporté tant du Brésil que de Buénos- Ayres et du Tucuman, près de cent espèces, parmi lesquelles il serait indispensable, pour se réconnaitre , d'établir de nombreuses divisions , chacune d’entre elles paraissant se rattacher à un groupe particulier pour la forme du corps, et celle des antennes qui varie beaucoup. Chez les unes, elles sont composées d’articles presque cylindriques , grossissant plus ou moins au bout , tandis que chez d’autres elles sont aplaties et même dilatées à partir du milieu. Je ne puis entrer dans aucun détail à cet égard, et je me borneraï à exprimer le désir de voir paraître bientôt une bonne monographie de ce genre: qui, par la multiplicité de ses espèces, a plus besoin qu'aucun autre d’un pareil travail.

Sous le rapport des habitudes , les Cassida offrent peu de différence. Elles paraissent au Brésil et à Buénos- Ayres dès les premiers jours du printemps, et on en trouve toute l’année. Dans ce dernier pays, où l’hiver est assez froid , elles se réfugient, pendant cette saison, sous les écorces des arbres et dans l’intérieur des Cactus décomposés, où l’on trouve souvent rassemblées par centaines certaines espèces. Elles résistent facilement au froid ; mais les pluies les font périr en grand nombre.

Au Brésil, certaines plantes sont quelquefois couvertes des €. stigmata, vulnerata, Dej., pustulata, Fab., cyanescens ; Dej., qui sont les plus communes de toutes. Un grand nombre d’autres se rencontrent aussi très-communément, mais vivent isolées. On les voit voler assez souvent pendant le jour, et, lorsqu'on les prend, elles répandent par la bouche une liqueur jaune semblable pour l’odeur à celle du genre suivant.

Galeruca ( Geof.). — Toutes vivent comme celles d'Europe, sur les feuilles, et quelques-unes en sociétés assez nombreuses, mais sans exercer sur les arbres les mêmes ravages que certaines espèces de nos pays, ou plutôt ces ravages ne sont pas sensibles, tant est grande la rapidité avec laquelle la végétation répare les pertes qu'elles lui font éprouver. Les grandes espèces, G. cyanipennis, Fab.,xanthodera, lycoides, Dej., N. Sp., etc., contrefont les mortes quand on les prend, et sécrètent une liqueur jaune abondante par la bouche et les articulations des pattes. Chez une autre, G. viridis, Dej., N. Sp., cette liqueur est incolore et assez abondante pour couvrir l’insecte tout entier. Les petites espèces n’ont pas cette faculté.

Octogonotes (Drapiez ). — Genre propre au nouveau continent. On les trouve sur les feuiiles comme les Altica, et ils sautent de même; mais ils sont beaucoup plus rares, et les espèces en sont peu variées. O. inæqualis, Dej.; cinctipennis, lomentosus , vestitus, rubicundus, dinuidiatus , ejusd., N. Sp.

Altica.— Ces insectes sont les plus abondans de ious au Brésil, et on les trouve en égale quantité toute l’an-

née. [ls surpassent de beaucoup pour la taille les plus

grandes espèces d'Europe, et leurs habitudes sont les mêmes. Qnelques-unes vivent isolées, mais la majeure partie se trouvent réunies en sociélés plus ou moins nombreuses. J'en ai rapporté environ soixante espèces ; mais ilest probable qu’on a trop multiplié celles-ci, car elles doivent donner beaucoup d’hybrides, rien n'étant plus commun que ée trouver des femelles semblables entre elles accouplées avee des mâles qui ne se ressém= blent nullement. Les grosses espèces, 4. circurncincia

famelica, Dei., etc., sont moins agiles que les autres

et sautent mal. En général, les espèces d'Europe s'éièvent beaucoup plus haut que toutes celles que je connais d'Amérique.

On en trouve une quinzaine d'espèces à Buénos-Ayres, qui vivent comme celles du Brésil.

J'ai compris dans ce genre celles que M. le comte Dejean en a séparées sous le nom de Pedema, et qui ont les mêmes habitudes.

Doryphora (Wiger).— Les espèces de ce genre sont plus nombreuses au Brésil que celles des Chrysen:ela proprement dites. On les trouve marchant lentement sur les feuilles, et les grosses espèces se laissent tomber quand on s'approche d’elles. Lorsqu'on les prend, elles rendent par la bouche une liqueur jaune fétide. On n’en trouve point à Buénos-Ayres.

Chrysomela (Lin.). — Mèmes mœurs que celles de nos pays; queques-unes vivent en société, telles que les C. polyspila, Germar, très-commune. à Buénos- Ayres et dans le Tucuman jusqu'aux Andes ; un peu plus rare au Brésil ; lunifera, Dej., semi-marginata, Fab., du Brésil; ies autres vivent isolées.

Colaspis (Fab.).— Genre non moïns nombreux en espèces que les précédens, et vivant de même sur les feuilles. J'en ai rapporté une quarantaine d'espèces; les plus grandes, C. livida, cincta, ducalis, Dej., hybrida , éjusd. , N. Sp., sautent comme les Æltica; les

autres sont dépourvues de cette faculté.

On en trouve quelques-uns à Buénos-Avyrés , de la taille des espèces moyennes du Brésil, et parées de couleurs aussi brillantes.

Eumolpus (Fab.).—-Mèmes mœurs que les Colaspis, mais moins nombreux en espèces et en individus. Parmi les grandes espèces, lÆ. fulgidus, OÎ., est le plus commun de tous. Il paraît en décembre, et on le trouve ordinairement accroché sous les feuilles des arbrisseaux, en réunions plus où moins considérables. F7. ignitus, Fab., est beaucoup plus rare. Parmi les espèces de grandeur moyenne, on trouve toute l’année et en aboudance l’Æ. lineatus, Dej. Ces insectes volent peu et seulement pendant la forte chaleur du jour.

Je n’en conn:is qu’une espèce de Buénos-Ayres, Æ. nigritus, Dej., qui y est assez commune.

Lamprosoma (Kirby). — Ces insectes, parés pour la plupart de couleurs métalliques brillantes, viventcomme les précédens, avec lesquels, du reste, ils ont beaucoup de rapports. On les trouve marchant lentement sur les feuilles, ou volant dans les plantations pendant le jour. Ils diffèrent principalement des Æumolpus, en ce qu'ils contrefont les moris quand on les prend , et cachent leur tête dans une cavité de la poitrine, en ramenant leurs

antennes et leurs pattes le long du corps. Les suivans,

(192) sans être bien communs, ne sont pas rares, L. tristis isnita, Dej., purpurea, ejusd., N. Sp.

Chlamys (Knoch.). — Toutes les espèces de ce genre sont, comme on sait, propres à l'Amérique , et l’on en connaît déjà un assez grand nombre. Sur dix espèces que j'ai rapportées, six ne se trouvent pas décrites dans la belle Monographie publiée par M. Kollar. Les Chlamys vivent sur les feuilles, et s’y tiennent coilés ou marchant lentement : ils se laissent tomber quand on veut les saiïsir, et contrefont les morts lorsqu'on les tient. Je ne les ai jamais vus faire usage de leurs ailes.

Clyihra (Leach). — Ce gerre est beaucoup moins riche en espèces en Amérique que dans nos pays; mais celles qu’on y trouve surpassent les nôtres par leur taille. Une seule, C. Â-pustulata, Dej., est commune au Brésil. Elle vit, ainsi que les autres, comme celles d'Europe. J'en ai rapporté une du Tucuman, C. Lacordairei, Dej., N. Sp.

Cryptocephalus (Geof.). — Aïnsi que les précédens, ces insectes sont moins nombreux en Amérique que dans nos climats, et les espèces sont plus petites que la plupart des nôtres. Du reste, elles ont les mêmes mœurs.

Erotylus (Fab.).— M. Duponchel, dans la Monographie qu’il a publiée de ce genre , en a décrit 90 espèces ; on en connaît aujourd'hui plus de 120. Presque tous appartiennent à l'Amérique méridionale ; mais il paraît hors de doute maïntenant que ce genre existe également daus les îles de la Sonde et contrées adjacentes. Ces insectes paraissent propres aux pays situés sous les tropiques. On n’en trouve aucune espèce à Buénos-Avyres, ni dans le Tucuman et le Chili.

Tous ceux que j'ai observés vivent sur les feuilles , et se trouvent volant pendant le jour dans les bois. Aucun, même parmi les petites espèces qui ressemblent beaucoup au Zriplax, ne fait sa demeure sous les écorces. Tous vivent isolés, excepté l’£. sphacelatus , Fab. , qu'on trouve ordinairement rassemblé sur le trone des arbres abattus en quantité souvent très-considérable. Ses élyires , d’un beau gris bleuâtre pendant la vie, deviennent jaunâtres après la mort, et M. Duponchel Îles a décrites comme étant naturellement de cette couleur. Il est tombé, pour quelques autres espèces, dans des erreurs analogues, qu'il est impossible au reste d'éviter quand on ne décrit pas d’après des individus vivans.

Son Æ. histrionicus, qu’il donne comme une espèce , d’après la Collection de M. le comte Dejean, n’est qu'une variété de l'Æ. histrio, Fab. On trouve fréquemment des individus qui diffèrent encore plus de celui-ci, et chez qui il ne resie quelquefois que de faibles vestiges des lignes noires des élytres.

Languria (Lat.). — Ces insectes ne sont pas communs , et vivent sur les feuilles, ou se prennent volant dans les bois pendant le jour. Je n'en ai trouvé que deux

espèces , L. cuneiformis et brasiliensis , Dej. TRIMÈRES.

Coccinella. — Ce genre est moins nombreux en espèces et en individus dans l’ Amérique que dans nos pays. Leurs habitudes et l’odeur qu’elles exhalent sont du reste absolument les mêmes.

Eumorphus (Weber, Fab.). — Je n'en ai trouvé que

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