‹ Annales des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 33 sur 78 · XXI · texte numérisé non relu

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( 194 ) deux espèces, Æ. marginellus, Dej., et cruciger, Lat. (cruciatus , Lat., Dej., Cat.) Toutes deux vivent dans le bois décomposé, sous les troncs abattus et les écorces humides. Ils se rapprochent de quelques Æélopiens par les habitudes , et plus encore par leur odeur qui est la même.

Lycoperdina (Lai.). — On en trouve communément plusieurs espèces au Brésil. L, pubescens, oblonga , nigricans, vestiüta , Dej., N. Sp. Toutes sont communes , et vivent seus les Lichens et les Mousses des arbres. On en trouve une espèce à Buénos-Ayres , qui a les mêmes habitudes, Z. undulata , Dej., N. Sp.

Remarques sur les caractères et la classification des Oiseaux de proie nocturnes , et Description d'un genre nouveau sous le nom de Phodilus ;

Par M. Isin. Grorrrov S.-Hirarre.

Les oiseaux de proie nocturnes forment-ils un seul genre , ou une famille composée de plusieurs genres disüncts ? Pour répondre à cette question , il suflit de comparer un hibou à une chevèche, un duc à une effraye, et de fixer son attention sur les différences très-remarquables qui existent enire les caractères zoologiques et même anatomiques de l’un et de l’autre, notamment par rapport à la structure des organes des sens.

Si les oiseaux de proie nocturnes composent , non un

simple groupe générique, mais une famille divisible en

( 195 ) plusieurs genres naturels , quelles modifications organiques doivent être considérées comme pouvant fournir les plus importans des caractères génériques, et combien de genres devront être admis? La réponse à cette double question offre quelques difficultés que je chercherai à résoudre en peu de mots.

Presque tous les auteurs, soit ceux qui ont considéré les oiseaux de proie nocturnes comme une famille , soit ceux qui, conservant le genre £trix de Linné, se sont bornés à y établir de simples subdivisions , ont principalement fixé leur attention sur l’existence ou la nonexistence de ces plumes érigibles à la volonté de l’animal , que l’on trouve placées sur la tête chez un grand nombre d'espèces , et que l’on nomme aigrettes.

Les caractères tirés de la présence ou de l’absence des aigrettes sont-ils en effet très-importans ? je ne le pense pas. Parmi les espèces les plus évidemment voisines entre elles, quelques-unes ont des aigrettes très-developpées , d’autres en ont de petites, ou même en manquent tout-à-fait. Bien plus, il est une espèce, la Chouette commune , dans laquelle le mâle seul a des aïgrettes , la femelle en étant privée. Rigoureusement parlant, si l’on admet tous les genres proposés par les auteurs, le mâle de cette espèce devra être placé parmi les ducs , et la femelle parmi les chouettes. Les ornithologistes ont repoussé , on le pense bien, cette absurde combinaison ; mais , comme 5 ils eussent voulu lui emprunter quelque chose, ils ont placé la chouette, Strix ulula , parmi les ducs , et donné son nom au genre voisin , en sorte qu’il existe un genre Chouette dont la chouette ne fait point partie.

Les formes du bec varient peu parmi les Sirix; cependant la plupart des espèces ont le bec courbé dès sa base, tandis que d’autres, savoir , l’effraye , et celle qui est le type de notre nouveau genre Phodilus , ont le bec droit dans une grande partie de sa longueur. Cette différence de forme est évidemment assez importante.

Les pieds présentent quelques modifications relativement à la forme et aux proportions des doigts, des ongles, etc. ; mais ils varient surtout sous un autre rapport. Tantôt les tarses et les doigts sont couveris entièrement de plumes plus ou moins abondantes ; tantôt les tarses seuls sont empennés , les doigts étant nus, ou couverts seulement de quelques poils ; tantôt enfin les tarses sont nus, aussi-bien que les dcigts. Mais ces différences remarquables ne peuvent fournir à elles seules de caracières génériques; car, loin d’être en rapport avec les modifications que présentent le bec et les organes des sens et du mouvement, elles se présentent souvent entre des espèces extrêmement voisines, maïs dont les unes appartiennent aux contrées les plus froides , d’autres aux climats iempérés, d’autres enfin aux contrées chaudes. L'état plus ou moins empenné des doigts se trouve donc en rapport, non avec les modifications essentielles de l’organisation , maïs avec les variations de la température des lieux habités par les espèces que lon compare.

L'examen de la forme des ailes et des proportions des rémiges a presque toujours été négligé par les ornithologistes , sous le rapport des caractères génériques ‘que peuvent fournir les variations des organes du vol. La

réunion faite jusqu'à ce jour du genre que je nomme

Phodilus avec l'effraye:, en offre une preuve frappante. L'importance des caractères que peuvent fournir les modifications de l'aile, ne peut cependant pas être niée.

Les modifications des organes des sens , et surtout des oreilles et des yeux , ont au contraire été appréciées à leur juste valeur ; mais on n’a pas insisté sur les caractères qui peuvent être déduits de la considération du disque, c’est-à-dire, de ce cercle de plumes soyeuses ét écailleuses qui entoure plus où moins complètement la face dans un grand nombre d’espèces. On ne doit pas voir, dans le disque, une simple réunion de plumes plus ou moins singulièrement modifiées et disposées ; car le disque se trouve dans un rapport constant et intime avec la disposition et la structure des oreilles, et, par suite , avec la conformation du crâne tout entier. Toutes les fois donc que le crane et les oreilles présentent une modification , elle est traduite à l'extérieur par une modification correspondante dans le disque. Je me borne à indiquer ici ce fait, que chacun pourra vérifier facilement , et dont la raison anatomique sera évidente pour quiconque aura examiné avec attention, chez les oiseaux de proie nocturnes, la conformation de l'oreille et du crâne , et la composition du disque. |

Il résulte de ce de je viens de dire que les caractères tirés des organes des sens, du disque et de l’aile, doivent être placés au premier rang ; que les variations de forme du bec, des pieds et des ongles, viennent ensuite ; qu'on ne doit attacher qu'une importance moindre encore à la présence ou à l’absence des aigrettes , et qu'enfin l'état plus ou moins empenné des tarses. et des doigts présente | plusieurs modifications très - intéressantes zoologique-

( 198 ) ment et physiologiquement , mais que l’on ne peut élever au rang de caractères génériques.

J'ai présenté , avec quelque développement, les idées que Je viens d'indiquer, dans les leçons ornithologiques que j’ai faites cette année au Muséum d'Histoire naturelle , et je crois avoir réussi à rendre beaucoup moins difficile l'étude des oïseaux de proie nocturnes, en m'appuyant sur les résultats que j’en ai déduits , pour rejeter quelques-uns des genres proposés antérieurement , et créer au contraire un groupe nouveau pour une espèce jusqu'alors considérée comme une effraye.

Ainsi, j'ai divisé les Strix de Linné en deux sections: L'une , que je place la première , parce qu'elle se rapproche davantage des oiseaux de proïe diurnes par ses caractères organiques et ses habitudes, comprend les genres chez lesquels il n’existe point de disque autour de la face, ou qui n’ont du moins qu’un disque très-incomplet et peu distinct. Ces genres sont les suivans :

1°, Les Caevècaes ( Voctua, Sav.).

Il existe à peine chez les chevèches quelques traces de disque dans la disposition rayonnée des plumes du voisinage des yeux, et il n’y a point non plus d’aigrettes. Tout le dessus de la tête est couvert de plumes dirigées en arrière, et de même nature que (celles du reste du corps. L'ouverture des oreilles est ovale , et à peine plus grande que dans les oiseaux de proïe diurnes. À ces caractères il faut ajouter que le bec est courbé dès sa base.

Les chouettes épervières , Surnia de M. Duméril, ne me paraissent former qu'une simple subdivision parmi les chevèches , et non un genre.

2°, Les Ducs (Bubo, Cuv. ).

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