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( 290 ) blables entre elles , très-obliques , et dirigées de dehors en dedans, et d'avant en arrière ; molaires supérieures également obliques , et dirigées de déhors en dedans , et d'avant en arrière : les trois premières sont égales entre elles, la quatrième étant plus grande.
Membres antérieurs terminés par quatre doigts; | dont les deux externes sont beaucoup plus courts que les internes , et dont chacun est pourvu d’un ongle acéré, de longueur moyenne,
Membres postérieurs terminés par trois doigts , dont le médian est le plus long et le plus fort, et dont chacun est pourvu d’un ongle long , très-robuste , terminé en pointe, et presque exactement droit.
Tête grosse ; moustaches très-longues ; oréilles membraneuses et amples ; queue assez courte (seulement un peu plus longue que la tête); poil plus ou moins doux au toucher.
Je terminerai ce résumé des caractères génériques des Callomys , en donnant le tableau comparatif des dimensions des trois espèces connues dans le genre. |
Cacromys Cacrouys Cazromys VISCACIAe. LANIGER. AUREUS (1).
Pi PR UP. DPS LP PULr:
Longueur totale (du bout du museau à | fn Danus) UN OMR A ent Tir » LioE 1» 18 »
Longueur de la tête. . . 7 . . . . | » è » », 3 6 » 4 6 — ; de la quene. 4. 5. 40. » 7 6:| » 4 6 » » » = des pieds de derrière. ... .| » 4 3 » 31» » » = des’ oreilles, . . . . . . .. » T 9 » 1 6 » » » des plus longues moustaches.|. » 4 6 » 4 6 » 6 » — du poil sur le dos. + ..| » » 9 TUE) » 1 3
(1) Nous n’avons pu indiquer d’une manière complète les dimensions de cette dernière espèce, toutes les peaux que nous avons pu examiner étant sans pattes, sans oreilles et sans queue.
$. II. Caractères distinctifs des trois espèces de. Callomys.
Les trois espèces de Callomys, quoique unies entre elles par les rapports les plus intimes , se distingueront facilement par les caractères suivans :
La Viscacne, Callomys viscacia.
Pélage gris fauve sur la partie antérieure du dos, le cou, la tête, les flancs, passant au noir sur la partie postérieure du dos , blanc à à la région inférieure du COrps ; poil assez doux au toucher ë moustaches noires et blan-
ches (1). | Le Caincuizra , Callomys laniger.
Pélage d’un beau gris ondulé de blanc à la face supérieure du corps, d'un gris très- clair en dessous ; poil
extrèmement fin et doux au toucher ; moustaches noires et Hnehes
Le CrincmiLLa Doré, Callomys à aureus (2).
(1) M. de Blainville a observé vivant à Londres, il y a quelques années, un rongeur très-remarquable, auquel il a donné provisoirement le nom de Dipus maximus;, et que M. Desmarest a décritisous le même, nom ; d'après. des. notes. communiquées par M. de Blainville (Voyez le Dictionnaire d'Histoire naturelle et la Mammalogie de ’En- <yclopédie ). Cette espèce, très- intéressante doit sans nul doute être rapportée au genre Callomys, et elle ressemble même tellement à la Viscache; que nous ne savons si elle doit former une espèce voisine, ou lui être rapportée. Cependant le rongeur décrit par M. de, Blainville avait les moustaches noires, et son poil paraît avoir eu plus de finesse et de moelleux que celui de la Viscache.
(5) Peut-être cette espèce est-elle celle qu’'Acosta nous dit être connue au Pérou sous le nom de Chinchilla. Les courtes remarques de ce voyar
gur sont en effet, aussi-bien applicables au Callomys aureus qu’au Callomys laniger.
Pélage d’un jaune nuancé de verdâtre à la face supérieure du corps, d’un beau jaune doré , lavé de roussätre à la face inférieure : le jaune du dessus du corps est légèrement ondulé de noir. Une ligne longitudinale noire sur le milieu de la partie antérieure du dos. Poil extrémement fin et doux au toucher. Moustaches noires.
Nous avons vu un assez grand nombre de peaux de cette belle espèce, qui, d’après les renseignemens que nous avons recueillis , paraît habiter le Pérou. C'est à M. Florent Prévot, aide-naturaliste au Muséum royal d'Histoire naturelle , que nous en devons la connaissance , et depuis nous avons vu plusieurs peaux dans le riche magasin de pelleteries de MM. Villeneuve et Guyot. |
Nous ajouterons quelques détails qui achèveront de montrer les rapports intimes qui unissent le Chinchilla doré aux deux autres Callomys, et de compléter la description du premier, autant que nous pouvons le faire d’après le seul examen de pelleteries toutes plus ou moins incomplètes.
Les poils de la face supérieure du corps sont de deux sortes chez le Chinchilla doré, aussi-bien que chez la Viscache et le Chinchilla ordinaire; les uns plus longs, soyeux, rudes, mais-peu abondans; les autres plus courts ; plus fins et plus doux. Les premiers sont, noirs dans les troïs espèces connues de Callomys ; mais il y a cette différence , qu'ils sont beaucoup moins rares chez la Viscache que ses deux congénères ; et c’est là l’une des causes de la mollesse beaucoup moins grande de son pélage. Les poils de la seconde sorte sont, chez les trois Callomys , d'une couleur obscure dans leur première
portion , savoir, d’un gris foncé chez le Chinchilla et la Viscache , brun chez le Chinchilla doré ; ils sont au contraire d’une couleur claire dans leur portion terminale, savoir, blancs chez le Chinchilla ordiuaire, d’un fauve grisâätre chez la Viscache , jaunes chez le Chinchilla doré.
Les poils de la seconde sorte sont , chez le Chinchilla doré comme chez le Chinchilla ordinaire , d’une finesse et d’un moelleux extrêmes. Ceux de la région supérieure du corps sont longs ; ceux de la région inférieure le sont davantage encore. Les plus courts de tous, après ceux des membres , sont ceux du dessus de la tête. Les moustaches sont plus longues chez le Chinchilla doré que dans les autres espèces, ainsi qu’il résulte des mesures que j'ai données ; et sa taille est intermédiaire entre celle de la Viscache et celle du Chinchilla ordinaire.
S IV. Mœurs des Callomys.
La science possède déjà quelques notions sur les mœurs de la Viscache et du Chinchilla ; notions trèsincomplètes, il est vrai, mais intéressantes en ce qu’elles prouvent que tous deux-offrent la plus grande analogie sous le rapport de leurs habitudes. On aurait pu au
- besoin déduire cette analogie des rapports organiques qui existent entre la Viscache et le Chinchilla ; maïs il est bon de rappeler que l'observation l’avait déjà établie comme un fait, avant qu'on eût pensé à réunir ces deux rongeurs dans un même genre naturel. Il n’y a donc aucun doute que les détails suivans, spécialement relatifs à la Vis-
cache, ne soient en grande partie applicables au Chin-
chilla ordinaire , et nous croyons pouvoir aussi ajouter, au Chinchil'a doré et aux autres espèces qui seront découvertes par la suite. Il est seulement à remarquer que la Viscache , dont le poil est assez grossier, vit en plaine, tindis que les Chinchillas à poil excessivement doux et moelleux habitent les montagnes ; rapports remarquables entre la température des lieux où vivent ces animaux, et les conditions de leur fourrure plus ou moins propre à les préserver du froid.
Les Viscaches ne se trouvent que dans les plaines (1). Elles se creusent des terriers profonds, mais qui n’ont jamais qu’une entrée. Assez ordinairement on trouve réunis dans un mème lieu plusieurs familles dont les terriers , rapprochés les uns des autres, représentent une sorte de village souterrain. Elles sont communes partout , et il est impossible dans plusieurs provinces , notamment dans celles de Buénos-Ayres , de faire un quart de lieue sans rencontrer une famille de Viscaches : souvent même la campagne est criblée partout de leurs terriers. Ces animaux ont la singulière habitude de réunir sur les bords de leurs trous, les ossemens, les morceaux de bois, les pierres , et en général tout ce qu’ils trouvent épars sur le sol , en sorte que si l’on perd quelque
(1) On rencontre la Viscache depuis le 29° degré de latitude australe jusqu’au 39°, On les trouve à l’extrémité sud de la province de Corrientes, dans les plaines de Curusu-Cuatia, dans toute la province d'Entrerios, dans celle dé Santa-Fe et à Buénos-Ayres, jusqu’à la chaîne de montagnes du Tandel et de la Ventana. Un fait assez remarquable, c’est que ces animaux ne se rencontrent pas à l’est du Rio-Uraguay et dans la Bande orientale. Les Espagnols connaissent la Viscache sous le nom de Biscacha ; les Indiens Bocobis des environs de Santa-Fe sous
celui d’Ærarouca, et les Indiens Pampas sous celui de 7ruz.
objet dans la campagte, oh est presque sûr de le retrouver à l’entrée d’un de leurs terriers. Cependant les Viscaches ont soin d'étendre et d’aplanir les terres autour de leur trou, et d’empècher qu'il s’y forme un monticule. Elles ont constamment le plus grand soin de leur domicile. Si une Viscache vient à périr dans son terrier, les autres individus de la même famille s’empressent de la porter au dehors.
Une famille de Viscaches est ordinairement composée. de huit à dix individus : souvent on en trouve réuni un plus grand nombre. Essentiellement sédentaires, ces aniaux n’abandonnent les terriers où ils sont nés que lorsque des accidens auxquels ils n’ont pu porter remède, les en chassent, ou lorsque la famille, devenue trop nombreuse , est obligée de se diviser pour pouvoir vivre. Ils s'éloignent même à peine de leurs terriers : il est rare de les rencontrer à plus de vingt pas de distance ; encore n'est-ce qu'après le coucher du soleil, et après avoir examiné avec beaucoup d’attention si tout est tranquille autour d'eux , qu'ils se hasardent à sortir. Au moindre bruit ils rentrent dans leurs terriérs, et restent plusieurs heures sans oser reparaître. Les Indiens , qui paraissent très-bien connaître ces animaux, assurent cependant que tout craintifs qu'ils sé montrent ordinairement , ils deviennent courageux dans le moment du danger, et se défendent même contre les Didelphes , les Moufettes et les autres petits carnassiers.
On voit ordinairement les Viscaches assises sur leur ‘derrière , comme les lapins. Elles marchent en sautant aussi à peu près de la même manière, c’est-à-dire, en avançant à la fois les deux membres postérieurs après la
paire.antérieure : leur démarche est assez rapide , et tous leurs mouvemens sont très-vifs. Elles ont divers cris: lorsque quelque chose les effraie, on les entend dans leurs terriers exprimer leur frayeur par des sons rauques imitant une espèce de roulement ; lorsqu'elles sont surprises hors de leurs trous, elles jettent en se sauvant un cri aigu. Elles se nourrissent habituellement de plantes légumineuses et de graminées , principalement de ces | dernières , et d’une espèce de luzerne qui abonde dans les Pampas ; mais, lorsqu'elles habitent dans le voisinage des jardins, elles y causent de grands dégâis : aussi les cultivateurs leur font-ils une guerre cruelle. Elles s’accouplent et mettent bas pendant tout le cours de la belle saison. La femelle porte ordinairement de deux à quatre petits, qu’elle dépose dans le fond du terrier, et qu'elle veille avec une tendre sollicitude. La durée de l’accroissement paraît être de quatre à cinq mois.
La chair de la Viscache est blanche et délicate; cependant elle est assez généralement dédaignée en Amérique. On donne cependant la chasse aux Viscaches comme à des animaux nuisibles qu’il importe de détruire, à cause des ravages qu'ils font dans les plantations. Leur peau est d’ailleurs employée à quelques usages : on s’en sert principalement pour fabriquer des casquettes.
$ V. Rapports naturels du genre Callomys.
Dans un temps où l’on ne connaissait encore ni le sysième dentaire du Chinchilla, ni même ses pieds, on lavait rapproché des rats, et même placé dans le genre Hamster : c’est ainsi qu'il porte , dans les ouvrages systématiques,