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3°. La couleur du pelage, qui est d’un fauve jaunâtre foncé ;
4°. Des taches noires plus nombreuses ;
5°. Le fond des taches en forme de rose, qui est de la même teinte que le fond du pelage ;
6°. Le diamètre plus petit des taches en forme de rose (12 à 14 lignes contre 16 à 18).
7°. Un nombre plus grand de vertèbres à la queue (28 au lieu de 22).
M. Temmink a joint à cela, sur sa planche IX, des figures représentant les crânes des deux espèces, sans en donner de description détaillée. On voit sur ces crânes , à la première vue, plusieurs particularités relatives aux rapports de longueur et de largeur des différentes régions comparées entre elles. Ainsi, la tête du Leopardus, T.. est un peu plus large; celle du Pardus , T., un peu plus étroite; chez le premier , le front est plus long relativement à l’occiput, tandis que le rapport inverse existe chez le second. Malheureusement ces différences forment des caractères de sexe. chez le Lion , comme il a été démontré par M. Cuvier (Ossemens fossiles , 2° édit., p. 445 ). Or, M. Temmink ne dit pas quel fut le sexe de ses Panthères. À en juger par analogie, sa figure [ représenterait un crâne de Léopard mâle , et la seconde un crâne de Felis Pardus femelle ; de sorte que l’on reste dans le doute sur la question de savoir quels sont réellement les caractères distinctifs de ces deux espèces.
M. Temmink croit que la Panthère d'Afrique est également répandue eneÂsie ; du moins il a en reçu des peaux venant des îles de la Sonde, d’où il lui est arrivé
en même temps des peaux de la Panthère d'Asie.
Il est à regretter que M. Temmink ait cru devoir substituer l’une à l'autre les dénominations de Pardus et Leopardus , généralement adoptées sur l'autorité de M. Cuvier, et qui paraissent très-exactes ; il en est résulté un surcroît de difficulté dans l'intelligence des auteurs.
M. Temmink termine par un jugement sur le Felis Uncia de Schreber. Il dit en termes exprès que la description de l’Once donnée par les auteurs antérieurs se rapporte à de jeunes Panthères ou Léopards ; quant à la figure de Buffon , it 4 range provisoirement à part, attendu qu’elle lui semble appartenir à une variété de Léopard ou de Panthère , ou bien constituer une espèce nouvelle. I conseille de rayer le nom de Felis Uncia du catalogue des Mammifères, ou de l’adjoindre comme différence d'age à l’une des deux Panthères, dont l’espèce devra toutefois être déterminée par des recherches ultérieures.
M. Lesson , dans son Manuel de Mammalogie, publié la même année que l’ouvrage de Temmink, a mis à profit les données de ce naturaliste , qu'il imite même dans le renversement des termes établis par M. Cuvier.On est surpris de lire dans l’énumération des caractères du Léopard , donnée par cet auteur, cette expression
étrange : taches dont le fond est rose, au lieu de taches en forme de rose.
Üne circonstance importante pour la connaissance du Felis Uncia fut surtout la publication de la traduction anglaise du Règne animal de Cuvier, avec additions, par Griffith et Hamilton Smith. Le 2° volume de cet ouvrage, qui parut en 1827, renferme des observations
nouvelles sur ce Chat, accompagnées d’une nouvelle
figure faite d’après un individu qui a vécu à la tour de Londres, où il avait été amené du golfe Persique. Les auteurs , considérant les longs poils de cette Panthère, pensent qu'elle vit dans les contrées montagneuses et couvertes de la Perse ; toutefois on sait qu'elle a été amenée de la côte, et lon n’a pas de renseignemens précis sur sa véritable patrie. Ils la décrivent, en outre, comme différant de toutes les autres espèces de Panthères, par sa conformation , sa livrée et son habitude générale, et comme ressemblant à la figure de l'Once donnée par Buffon. Néanmoins , ils n’osent pas l’ériger en espèce particulière ; ils présument , au contraire , que c’est une variété du Léopard de Cuvier.
Jean-Baptiste Fischer, dans son Synopsis mammalium de l’année 1829, distinguant les Panthères à la manière de Temrmink , range encore l'Once de Buffon avec le Felis Leopardus, et ne tient compte des données de Griffith et Smith que dans ses supplémens de 1830. L’addition de Persiæ borealis , à l’article Patrie , est le fait gratuit de l’auteur ; car cette indication n’est nullement fondée sur l’histoire d’après laquelle la véritable patrie de l’animal serait bien plutôt la Perse méridionale.
M. George Cuvier vint mettre fin à ces débats par le jugement qu’il porte dans la 2° édition de son Règne animal , de 1820. Il répond à M. Temmink qui changea l’acception des noms de Pardus et Leopardus, que la Panthère si connue des anciens, et qui a paru si souvent dans les jeux des Romains, ne pouvait être un animal du fond de l’Asie orientale ; que par conséquent le nom de Pardus doit rester affecté à la Panthère d'Afrique. Il continue à distinguer le Léopard de la Panthère, par des taches plus nombreuses et plus petites ( 10 rangées
au lieu de 6 à 7), et dit la Panthère répandue dans toute Afrique, dans les parties chaudes de l’Asie et dans larchipel des Indes , tandis que le Léopard est borné à l'Afrique. Mais il admet, par conire, une troisième espèce, particulière aux contrées reculées des Indes orientales, qui serait le Felis chalybeata de Hermann et le Léopard de Schreber, et à laquelle il rapporte la Panthère de Temmink. Ce serait donc la Panthère à longue queue. Quant à l’Once , ajoute-t-il dans une note , elle diffère des Panthères et des Léopards par des taches semées plus irrégulièrement, et paraît se trouver en Perse, suivant Hamilton Smith.
Voilà un aperçu rapide de Pétat actuel de nos connaissances sur la question diflicile des Panthères de l’ancien continent. Or, comme les détails les plus récens sur le Felis Uncia ont été pris sur un animal tenu en captivité , il a pu rester quelques doutes sur la légitimité des caractères établis d’après ces renseignemens. Il nous semble donc opportun et utile de communiquer les observations et les données qui ont été un des fruits du voyage en Sibérie de M. de Humboldt, et qui nous semblent propres à jeter une grande clarté sur cet objet.
Étant à Semipalatna sur l’Irtysch, au voisinage du mont Altaï, j'eus le plaisir d’apercevoir chez un riche négociant une peau non tannée et complète de cette Panthère à longs poils ; elle put être montée sans le secours de matières étrangères, si bien qu'elle offre tous les détails de la forme extérieure de l’animal vivant. Le négociant ayant eu la confiance de se dessaisir de cette belle peau en faveur de la science, ceue Panthère bien empaillée fait aujourd’hui l'ornement du Muséum royal
de Berlin ; car, outre cet individu et celui qui est con-
servé au cabinet de Pétersbourg , il n’y en a pas d'autre dans les différentes collections. L’exemplaire de Pétersbourg est sans doute le même qui a été décrit par Pallas sous le nom de Felis Pardus ; car je l'ai trouvé conforme en tous points à cette description.
Pendant mon séjour à Semipalatna , j'ai aussi profité de l’occasion de comparer des peaux de la Panthère proprement dite de l'Asie orientale, nommée Bars (Felis Panthera , Pallas ; Felis Pardus, Cuvier); et j'ai acquis la conviction que la Panthère mongolosibérique , à poils longs et blanchâtres (appelée Zrbis), ne peut être ni le jeune , ni une variété de la Panthère d'Afrique , pas plus qu'elle ne peut être réunie à la Panthère de l’Asie méridionale, qui a été distinguée dans les derniers temps. J'ai également rapporté une peau de cette Panthère proprement dite, et j'ai eu occasion d’en comparer plusieurs dans notre voyage. Mais passons à la description détaillée du Felis Trbis.
C’est un individu du sexe féminin. Son corps , de la taille ordinaire d’une Panthère , ou du moins guère plus petit, a 3 pieds 8 pouces , sans compter la queue. Celleci est plus courte que le corps avec la tête ; elle va jusqu’à l’occiputet a 3 pieds de long. Les poils de la région dorsale et des flancs ont une fongueur de 2 pouces ; ceux du ventre ont 3 pouces , sont lâches, mous et très-épais. Presque tous les poils sont crépés et laineux à leur base dans l'étendue de plus d’un tiers de leur longueur ; il n’y en a que quelques-uns çà et là qui soient droits et un peu plus foris. La couleur du fond est d’un gris blanc ; il règne au milieu du dos une large raïe longitudinale d’un gris bien plus foncé, qui s’efface sur les côtés. La face ventrale, surtout la région des lombes et du
( 407.) cou sont blanches ; la première est garnie de poils très longs. La queue, très-épaisse, est grise en arrière, d’un blanc pur en dessous, ornée en dessus de taches d’un noir mat, interrompues. Son extrémité terminale est mousse et arrondie , noire en dessns et en dessous ; supérieurement la coloration noire est plus large, mais nulle part elle n’est bien profonde. Les taches de la moitié extrême de la queue sont un peu plus foncées que celles de la moitié antérieure , et l’on distingue depuis le milieu jusqu’au bout 5 anneaux blancs alternant avec 5 grandes taches noires, en forme de rose , et presques contigués, qui diminuent d’étendue d'avant en arrière , mais dont la première a 3 pouces et 3 lignes de diamètre. Ces roses noires sont bordées à leur pourtour de grands points noirs , plus foncés et effacés. Les taches rosacées des flancs sont moins foncées et moins annelées que dans les autres espèces de Panthères ; elles approchent de la forme de celles de lOnce d'Amérique ou Jaguar; particularité qui a déjà été signalée par Buffon. Au côté interne des membres , elles se iransformenten porutsnoirs, simples et pleins, mais non serrés. Les orteils de toutes les pattes sont blancs , ainsi que les ongles qui sont rentrés. La fente où sont cachés les ongles a une bordure de poils noirs. Il règne entre les épaules , à paruür de l'occiput, un groupe de taches d’un noir foncé , simples et pleines. À la région sacrée se dirige une ligne médiane d’un noir profond, étroite et longue de 5 pouces, qui est longée , des deux côtés, de petites taches en forme d'yeux, et constitue avec elles trois rangs de taches, située sur un fond en forme de bande, qui est plus foncée que le reste. La raie noire du milieu, après s'être
interrompue , se termine en avant de la racine de la
LT
queue , par deux points pleins, d’un noir foncé.
Tête grise au milieu, marquée de petits points d’un noir foncé, blanche sur les côtés. Il existe entre les oreilles, les yeux et l’angle du museau quelques taches noires de forme allongée, étendues en long sur fond blanc.
Oreilles ovalaires, mousses, noires à la base et au bout, blanches au milieu et au bord antérieur. Bord du museau noir en dessous ; en dessus il est noirâtre , mais seulement à l’endroit qui correspond aux moustaches.
Les moustaches sont disposées sur quatre rangs , sur des raies noires étroites; les antérieures et celles de toute la rangée supérieure sont noires ; les postérieures et moyennes sont les plus longues et toutes blanches.
Nous terminerons cette description par un tableau comparatif des données originales que nous possédons
sur les Panthères vraies.
Tableau comparatif des dimensions prises à l'etat adulte.
Felis pardus Guvier. Fe chaly- Felis irbis.
eata.
Mesures prises par Temmink sur un | D’après une peau non em- | Par Temmink, | Mesuré par nous 6ur Ja individu empaillé. paillée d’un individu fe-| d’aprèsunani-| peau non montée d'un melle de felis panthera| malencoreen individu femelle. Pallas, mesurée par nous | chair, à Semipalatna.
p- pe LP: p- 1 p- p. L|p. p. 1.
Longueur totale depüis le nez jusqu’au bout de la queue. 5 8 »|6 10 » 5 »16 7 6 Longueur du corps sans la queue. 3 r »|4 6 » 2 » 8 »
Ï 9 6 sans les poils. 2 11 6 sans les poils:
Longueur delaqueue. 2 7 » | 1 » avec les poils. } * 8 7 | 3 1 » avec les poils Distance des yeux au À
bout du nez. » à 6| DRE ni fe 3 » | DIET NY