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lules du parenchyme qui contiennent dans leur intérieur les globules dont la couleur change, suivant que la feuille est exposée à la lumière ou tenue dans l’obscurité, soni par conséquent les parties dans lesquelles ou à la surface desquelles s’opèrent les modifications dans la nature des gaz ambians et des élémens organiques qui constituent l'acte de la respiration.
La structure de ce parenchyme vert est donc la chose la plus essentielle à considérer sous le point de vue physiologique ; c’est en lui que se passe le véritable phénomène de la respiration, à l'égard duquel l’épiderme et les nervures ne jouent qu’un rôle si secondaire, que nous verrons ces deux parties manquer, et cependant la respiration s'effectuer.
On s’est généralement représenté le parenchyme des feuilles comme un amas de cellules vertes , tantôt sans intervalles sensibles entre elles, tantôt laissant seulement entre les utricules qui le composent de petits espaces résultant du contact de vésicules sphériques peu comprimées.
C'est en effet ce qui a lieu dans les plantes grasses, dont les feuilles charnues présentent un parenchyme très-épais , composé d'utricules assez gros, laissant peu d’intervalles entre eux et ne renfermant que peu de globules verts, d'où résulte la couleur pâle des feuilles de la plupart de ces plantes; mais si on examine le tissu des feuilles minces et membraneuses , on y découvrira une structure bien plus compliquée , qui n’a été indiquée que bien imparfaitement par le petit nombre d’auteurs qui eu ont parlé (1).
(1) Les figures relatives à cette structure du parenchyme, publiées
Les deux moyens qui m'ont le mieux réussi pour étudier la structure de ces feuilles consistent 1° à en faire des coupes transversales extrémement minces, car si elles ont une trop grande épaisseur, plusieurs couches d’utricules se superposent , et leur disposition ne peut plus s’observer avec exactitude ; 2° à enlever l’épiderme, soit supérieur, soit inférieur, avec une partie du parenchyme qui y reste souvent appliqué. En employant dans les mêmes feuilles ces deux moyens, on voit qu'il existe sous l’épiderme supérieur deux ou trois rangs d’utricules oblongs , obtus , dirigés perpendiculairement à la surface de la feuille et dont les extrémités arrondies sont beaucoup plus petites en général que les cellules de l’épiderme , ce qui permet de les distinguer facilement à travers cette membrane. Ces utricules , qui paraissent destinés spécialement à donner de la solidité au parenchyme de la feuille , ne laissent entre eux que les petits intervalles qui résultent du contact de ces sortes de cylindres ; cependant dans les plantes qui ont des stomates
par M. Treviranus dans le Mémoire sur l’épiderme, déjà cité, ne donnent qu’une idée très-imparfaite de la nature de ce tissu, ainsi qu’on pourra s’en assurer en comparant la Planche 15e de son Mémoire avec nos figures ; il n’a examiné ce tissu que par des coupes perpendiculaire, à la surface de la feuille, et sans doute trop épaisses pour bien distinguer les divers utricules et les espaces qui restent entre eux ; enfin les grossissemens de ces figures sont trop faibles , et ce n’est que d’une manière accessoire qu'il parle de cette partie des feuilles.
M. Amici n’a donné que trois figures du parenchyme des feuilles ; l’une représente le parenchyme aréolaïre du Ranunculus repens, les deux autres le parenchyme à utricules parailèles du Dianthus caryophyllus. (Voyez Planche 11, fig. 4, et PI. »2, fig. 2 et 3 du tome IT des Annales des Sciences naturelles.)
à la surface supérieure des feuilles , comme on l’observe dans les feuilles de la plupart des piantes herbacées et dans celles qui flottent sur l’eau , on voit qu'il existe de distance en distance entre les utricules de grandes lacunes qui laissent les stomates communiquer avec :le parenchyme inférieur de la feuille. (PI. 13, fig. 1.)
Ce parenchyme diffère tout-à-fait par sa structure de celui qui se trouve sous l’épiderme supérieur. Au lieu d’être formé d’utricules réguliers et cylindriques , il est composé d'utricules irréguliers, se divisant souvent en trois ou quaire branches qui s'unissent aux rameaux des utricules voisins, et forment ainsi un parenchyme réticulé, laissant entre Les utricules qui le composent des espaces vides beaucoup plus grands que ceux occupés par ces utricules eux-mêmes. (PI. 8, fig. r et 3; PI. 12, fo Pl'96the ptet 3 r femelles) fig.:3; PL. 16, ,fig..2.)
C’est ce ussu réticulé, à larges lacunes , qu’on pourrait appeler parenchyme caverneux ou spongieux, qui, dans la plupart des cas, occupe au moins la moîitié de l'épaisseur des feuilles entre les nervures. La disposilion des utricules qui le composent est surtout bien sensible lorsque dans certaines feuilles on enlève l’épiderine inférieur avec la couche de parenchyme qui est appliquée contre lui; on voit alors que ces utricules anastomosés forment un réseau à larges mailles, une sorte de grillage appliqué en dedans de l’épiderme (P1.13, fig. » ; PI. 14, fig. 1). Il ne faut pas croire cependant que cette disposition, que Jai observée dans plusieurs fougères et dans un grand nombre de plantes dicotylédones , soit sans exceptions. Dans beaucoup de monoco-
(437 ) iylédones et dans les plantes grasses on observe des modifications notables de cette structure. Ainsi: dans le Lis et dans plusieurs autres plantes de la même famille, les utricules du parenchyme, qui sont en contact avec l’épiderme inférieur , sont allongés, sinueux et comme dentelés sur leurs deux côtés; ces: saillies s'unissent à celles de l’utricule voisin, et il en résulte toujours entre eux des cavités nombreuses qui rendent ce parenchyme perméable à l’air (PL 8, fig. 1-3). Une disposition analogue existe dans le parenchyme inférieur du Galega. Dans l’Iris, on n’observe presque aucun intervalle entre les utricules oblongs et polyédriques qui constituent le parenchyme, maïs on remarque que le parenchyme sousjacent manque dans tous les points où l'épiderme est percé d’un stomate (PI. 9; fig: r'et 2). Dans les plantes grasses que j'ai examinées, les espaces entre les utricules durpas renchyme sont très-pelits, mais cependant, de distance en distance, il y a souvent de plus grandes cavités, et ces cavités ou correspondent directement aux stomaies , ow peuvent communiquer avec eux ( PI. ro, fig. 4; Pl. rx, fig. 3): La même chose à lieu dans les plantes à feuilles. flottantes, où les stomates placés à la face supérieure correspondent à la couche d’utricules cylindriques et parallèles ; il y a alors de distance en distance des espaces vides entre ces utricules , espaces qui correspondent presque toujours aux points où. les stomates existent, et qui pérmettent à l'air de pénétrer entre les utricules Jusque dans le milieu du parenchyme de la feuille : c'est ce que montrent les figures relatives à l'anatomie des feuilles du Nymphea que je joins à ce Mémoire (PI. 15,
fig..1-3 ). È
Pe..
Le Laurier rose, Nerium oleander, présente dans la structure de l’épiderme de ses feuilles une modification curieuse qui montre que la nature a su remplacer les stomates par un autre moyen propre à permettre l'iniroduction de l'air dans le parenchyme de la feuille.
L’épiderme supérieur et inférieur (PI. 16, fig. 2, aa.et bb) de cette plante est extrèmement épais, composé. de trois couches de cellules diaphanes , et ne présente dans aucun point de véritables sitomates ; mais l’épiderme inférieur, enlevé par le moyen d’un instrument tranchant, montre de distance en distance des perforations arrondies ou irrégulières ; beaucoup plus grandes que les stomates et garnies de longs poils dans tout leur contour. Des coupes transversales prouvent que ces trous
sont des cavités arrondies qui traversent tout l’épiderme, pénètrent jusqu’au parenchyme, et dont toute la surface est garnie de longs poils blancs. Par ce moyen, l’air extérieur se trouve mis en contact avec le parenchyme caverneux intérieur, et peut pénétrer dans tous ses interstices ; les poils qui obstruent en partie cette ouverture ont peut-être pour but, comme les cellules latérales des stomates, de s'opposer, dans certaines circonstances , au
renouvellement trop rapide de l’air (x).
(x) Ces ouvertures de l’épiderme des feuilles du Laurier-rose avaient déjà étéindiquées par Malpighi et par Krocher (De Epiderm;) mais l’un et l’autre ne les avaient vues que sur les lamelles d'épiderme détachées parallèlement à la surface de la feuille , ce qui ne donne qu’une idée très-imparfaite de la structure de ces cavités. M. Amici a indiqué la structure de ces parties de la feuille du Laurier sur une esquisse jointe à une lettre adressée, été dernier, à M. Mirbel ; mais il croit que l’intérieur de ces cavités , au lieu d’être garni de poils , présente des stomates. Jai cherché à vérifier ce fait, et malgré la plus grande attention, et
On voit que dans touies les feuilles aériennes la stucture du parenchyme et celle de l’épiderme sont disposées de telle manière que la surface de tous les utricules qui constituent ce parenchyme se trouve mise en contact avec l’air, qui pénètre sous l’épiderme par les stomates; ce contact de l'air avec les utricules du parenchyme, dont tous les phénomènes de la respiration prouvent la nécessité, n'est pas cependant une simple hypothèse; car, sion coupe avec soin et sous l’eau une tranche mince d’une feuille, on voit que tous les intervalles des qtricules sont a de bulles d'air qui , comme on fes; Sail, sont faciles à reconnaître au microscope. sh
Souvent, dans le parenchyme des plantes grasses, j'ai vu ces bulles d'air correspondre aux lacunes du FENEE chyme placées sous les stomates, et dans l'Iris où il n° y a de lacunes appréciables que sous les stomates, j'ai presque toujours vu ces lacunes occupées. par une pale d'air. oi he
Je ne saurais donc douter, d’après ces observations , que les stomates ne soient des ouvertures destinées à faire conmuniquer l’air extérieur avec les lacunes qui existent dans le parenchyme; mais je suis loin de penser que celte communication entre l'air extérieur et ie parenchyme n’ait pour objet que les phénomènes respira -
toires ; je crois que les phénomènes de transpiration ou
des coupes variées, je n’ai vu que des poils qui, dans quelques eas., il est vrai, se trouvant coupés près, de leur base , ressemblent assez à des stomates qui seraient légèrement saillans. Mais je n'ai jamais reconnu dans ces sortes d’aréoles la structure habituelle des stomates, et surtout leur ouverture centrale,
d'absorption dont les feuilles sont le siége, s’exécutent, sinon complètement, du moins avec beaucoup plus d'activité , par les stomates que par les autres points de l’épiderme (r°). ;
Des Nervures.
Les nervures ne me paraissent jouer qu'un rôle trèssecondaire dans les fonctions des feuilles ; leur principal objet est, sans aucun doute, d'apporter dans ces organes les fluides qui doivent y subir les diverses modifications
qui lient du contact de l'air, et de reporter dans la tige les fluides ainsi modifiés. Elles sont donc plutôt une dépendance de la tige, tant sous le rapport de leur structure que sous celui de leurs fonctions. Aussi leur organisation présente-t-elle les mêmes parties qui entrent dans la composition des faisceaux fibro-vasculaires de la tige du même végétal, et les mêmes différences d’une plante à une autre qu’on observe dans la structure des tiges.
On sait.que dans la plupart des plantes dicotylédones les faisceaux fibro-vasculaires, qui sont disposés en cercle entre le parenchyme de la moelle et celui de l'écorce, sont formés de trois parties essentiellement
distinctes :
(1) J’ai déjà fait des expériences assez nombreuses pour déterminer le rôle que chacune des parties de la feuille joue dans les fonctions complexes de ces organes ; mais ces expériences , qui ont besoin d’être répétées un grand nombre de fois pour mener à des résultats certains, et qui exigent d’abord bien des tâtonnemens , ue sont pas encore assez nombreuses pour que je les présente à la suite de ce travail anatomi-
que ; elles feront l’objet d’un second Mémoire. ; ]
1°. Les vraies trachées , entourées de cellules allongées et placées du côté de la moelle ;
2°, Les fausses trachées ou vaisseaux ponctués accompagnées de fibres ligneuses et occupant le milieu du cercle ;
3°. Vers l'écorce, les fibres du liber et les vaisseaux propres , lorsqu'ils existent.
Ces mèmes parties se retrouvent dans les nervures des feuilles rangées dans le même ordre ; les trachées avec leurs, cellules allongées vers la surface supérieure ; les fausses trachées avec les fibres ligneuses au milieu ; et les vaisseaux propres entourés de fibres qui paraissentanalogues à celles du liber vers la surface inférieure.
Dans les Fougères, où les faisceaux fibro-vasculaires des Liges.ont.une organisation toute particulière, les nervures présentent en plus petit la mème composition , c'est-à-dire un étui celluleux solide qui en vionne toute la nervure, et dans lequel se:trouve un faisceau de fausses trachées entouré de fibres ligneuses.
D'après ce qu'on.sait maintenant du mouvement des fluides dans les tiges des végétaux, on ne peut guère douter que les fausses trachées n'apportent dans les feuilles le fluide encore non élaboré, et que les vaisseaux propres ou les canaux qui les remplacent ne reportent dans, la tige ce fluide modifié par la respiration et la transpiration.
Quant aux vraies trachées, leur rôle me paraît encore 1rop, douteux pour que Jose avancer sur leurs fonctions
une opinion qui ne serait qu'une hypothese.
De la structure des feuilles submergées.
On a dit depuis long-temps que les feuilles des plantes aquatiques qui restent complètement plongées dans l’eau, étaient dépourvues de siomates , et on en a même conclu que ces feuilles accomplissant les mêmes fonctions respiratoires que les feuilles aériennes, les fonctions des stomates n'avaient pas de rapports avec la respiration des feuilles, mais plutôt avec leur transpiration, qui devenait nulle dans les plantes submergées.
L’anatomie des feuilles submergées, telles que celles de plusieurs Potamogeton , des Ceratophyllum ; des Myriophyllum, de la Renoncule aquatique, ete., me prouva bientôt qu'on avait tiré de l’absence des stomates à la surface de ces feuilles une conséquence que les observations suivantes ne permettent plus d'admiettre. En eflet , les siomates étant une partie inhérente à l'épiderme et leurs fonctions étant liées à celles de l’épiderme , si cette membrane manque, les stomates doivent également manquer, et le parenchyme mis à nu pourra remplir directement les fonctions pour l'accomplissement desquelles les sitomates étaient nécessaires lorsque le parenchyme était recouvert d’un épiderme.
C’estce qui a lieu dans les feuilles submergées ; Pépiderme tel que nous l'avons décrit manque complètement, et le parenchyme rempli de granules verts se trouve ianmédiatement en contact avec l’eau.
Il suffit, en effet, de couper une feuille aquatique en lames transversales très-minces pour s'assurer que ces feuilles ne sont formées que de deux ou trois rangs de cellules très-régulières , intimement soudées ensemble,
à parois très-minces , ne laissant entre elles aucun espace vide qui puisse communiquer avec le milieu environnant, et présentant toutes des granules verts, abondans ettrès-réguliers, fixés aux parois de ces cellules, absolument comme on l'observe dans les cellules du parenchyme intérieur des feuilles aériennes (PI. 17, fig. 1 et fig. 6 ).
On n’y voit aucune trace de cette couche de cellules épaisses et complètement dépourvues de granules verts, qui constituent l’épiderme de ces mêmes feuilles.
L'absence de l’épiderme se dénote d’une manière bien frappante dans ces plantes par la manière rapide dont elles se dessèchent à l’air, aussitôt qu’elles sont retirées de l’eau. Il n’est en effet aucun botaniste qui, en recueillant ces plantes aquatiques submergées , n'ait remarqué qu'elles se desséchaient complètement en très-peu de temps, tandis que les feuilles des plantes vivant dans l'air se conservaient long-temps fraiches, ou ne se flétrissaient que légèrement dans les mèmes circonstances. Un autre caractère des feuilles submergées, qui est commun du reste à tous les organes de ces plantes, c’est l'absence des vaisseaux dans leurs nervures comme dans leurs tiges. Les faisceaux allongés, incolores, qui constituent ces parties ne sont formés que de cellules allongées, disposées en séries, souvent remplies de granules amylacés; et jamais on n'y aperçoit de tubes continus dans une grande étendue, analogues aux trachées , aux fausses trachées ou aux vaisseaux propres.
L'intérieur des tiges et des feuilles de la plupart des plantes submergées présente, il est vrai, des lacunes nombreuses remplies d'air. On les voit indiquées dans
Jes coupes transversales de deux de ces feuilles, PI. Ty fig. « et 6, c; mais ces lacunes diffèrent totalement, par leur disposition et leurs fonctions, de celles qui existent dans le parenchyme des feuilles aériennes. Elles sont plus grandes, plus régulières, moins nombreuses, et surtout elles ne communiquent pas avec l'extérieur; aussi ne sont-elles pas remplies par le fluide qui environne les feuilles, et ce fluide, qui renferme les élémens de la respiration, ne peut pas s’y renouveler. Elles ne sont donc pas destinées à multiplier les surfaces de contact entre le parenchyme de la feuille.et le fluide qui doit concourir à la respiration, et on doit les considérer comme réellement étrangères à cette fonction. Ce sont plutôt des cavités analogues à celles dans lesquelles s’opèrent. diverses sécréuions , etaux lacunes pleines d’air de la moelle de plusieurs plantes qui croissent dans les lieux humides , lacunes qui n’ont aucun rapport avec les phénomènes respiratoires. Quant à leurs fonctions, ces lacunes pleines d’air me paraîtraient destinées, comme les vésicules de plusieurs grands Fucus, à faire floues vers la surface de l’eau les végétaux aquatiques qui en sont pourvus: ce seraient des sortes de vessies nata-
toires.
De: la Respiration ‘des plantes dans l'air et dans l’eau.
La respiration consistant , ainsi que nous Pavons déjà
dit ,:dans les changemens que des fluides destinés à Ja
nutrition subissent parle contact de l'air, exige essen-
üellement pour pouvoir s’accomplir le contact presque
(445) immédiat de ces fluides avec l'air atmosphérique, c'està-dire, à travers des membranes très-minces, qui ne soient pas un obstacle aux combinaisons qui doivent s'effectuer entre les divers élémens de ces deux fluides.
Dans les végétaux aériens , les fluides qui doivent être modifiés par le contact de l'air sont portés dans les organes respiratoires par les fausses trachées ou vaisseaux Jymphatiques qui entrent dans la composition des racines, des tiges et des nervures des feuilles ; les fluides modifiés par l'acte de la respiration sont reportés dans les autres parties du végétal par les vaisseaux propres, nomimés vaisseaux du /atex ou du suc nourricier, par M. Schuliz. |
Le mode de transmission des fluides contenus dans les fausses trachées dans l’intérieur du parenchyme, et du parenchyme dans les vaisseaux propres, ne peut avoir lieu que par une sorte d’imbibition dont on a une foule d'exemples dans les végétaux, et c’est pendant le passage lent des fluides à travers les utricules du parenchyme que doivent s’opérer les modifications déterminées par le contact de l'air et du liquide à travers les membranes très-minces de ces utricules.
Mais si rien ne protégeait ces membranes délicates contre l’action d’un air qui n’est jamais saturé d’humidité, l’évaporation des liquides qu’elles renferment aurait lieu avec une grande rapidité, et la plante se flétrirait promptement. C’est en effet ce qui a lieu si on enlève l’épiderme sur une étendue un peu considérable d’une feuille; le tissu sous-jacent se flétrit et se dessèche; phénomène qui devient encore plus marqué sur les
feuilles dépourvues d’épiderme des plantes aquatiques.
On voit par là que le but essentiel de l’épiderme est de protéger contre une évaporation trop abondante le parenchyme des feuilles qui doit toujours être imbibé de liquides : aussi l’épiderme estil généralement d’autant plus épais et plus corikce qu'il doit recouvrir des feuilles destinées à être exposées à l'influence d’un air plus sec et plus chaud; maïs cet épiderme imperméable ou presque imperméable se serait d’une part opposé trop complètement à l’évaporation des liquides qui se portent dans les feuilles, et dont une partie doit se dissiper par la transpiration , et d’une autre part il m’aurait pas permis le contact de l'air ei son renouvellement autour des utricules du parenchyme , contact qui était nécessaire pour que l'acte de la respiration eüt lieu , et que les fluides modifiés pussent servir à la nutrition du végétal. Les pores de l’épiderme, ou les stomates, paraissent destinées à permettre cette communication du parenchyme de la feuille avec l'air ambiant, malgré l'épiderme. La présence de l'épiderme et des stomates sont donc deux conditions indispensables à l’accomplissement des fonctions des feuilles dans l'air , et le plus ou moins d'épaisseur et d’imperméabilité de l’épiderme, ainsi que le nombre et la grandeur des stomates doivent être modifiés suivant les circonstances extérieures qui influent sur elles.
C’est donc dans les interstices nombreux des utricules du parenchyme , et sur les surfaces multipliées de ces utricules, que l'air, qui à pénéiré sous l’épiderme par les stomates, se trouve mis en contact avec les fluides que ces uiricules contiennent.
On voit donc qu'il y a une analogie plus grande qu’on
n'aurait pu s y attendre cntre la respiration des végétaux dans l'air, et celle des animaux au moyen des poumons. Dans l’un et l’autre cas le liquide qui doit subir l’influence de la respiration est amené dans des espaces où il n’est séparé de l’air que par une membrane très-mince et exposé sur de nombreuses surfaces à ce contact médiat avec l’air ; dans l’un et l’autre cas aussi, l’air est introduit dans des cavités nombreuses où il ne peut se renouveler qu'avec plus ou moins de lenteur, où son contact avec les fluides nourriciers a lieu par des surfaces très-étendues, et où surtout ces surfaces ne peuvent pas se dessécher par le renouvellement trop rapide de l'air extérieur.
On voit donc que, dans les deux règnes , les deux circonstances indispensables à la respiration de Pair libre se trouvent réunies, quoique par un mécanisme différent. Ce sont :
1°. Le contact du liquide et de l’air par des surfaces très-étendues et à travers des membranes très-minces ; et 2° des obstacles à une évaporation trop rapide qui, en desséchant ces surfaces délicates, aurait bientôt rendu la respiration impossible et même détruit les organes qui devaient l’accomplir.
La respiration sous l’eau devait nécessairement s’opérer par le moyen d’organes d’une structure assez différente. Dans ce cas, en effet, l’air n’est plus à l’état gazeux , mais dissous dans un liquide dont il partage les qualités physiques , et la surface des organes respiratoires n'est plus exposée à une évaporation rapide qui pouvait promptement altérer leur structure.
L'épiderme qui recouvre la surface des feuilles aé-
riennes n'était donc plus nécessaire pour protéger ces organes contre l’évaporation trop abondante des liquides qu'ils renferment, et les petites ouvertures des stomates, ainsi que les cavités étroites et nombreuses du parenchyme, auraient été un obstacle au renouvellement de l’eau qui tient l'air en dissoluuon; la structure compliquée des feuilles aériennes aurait donc été inutile et même nuisible aux fonctions des feuilles aquatiques.
Le parenchyme des feuilles submergées est donc en contact directement avec l’eau , et au lieu d’être percé de nombreuses cavités comme celui des feuilles aériennes, il est formé de cellules complètement soudées, sans cavités intermédiaires communiquant avec l'extérieur ; enfin la respiration , ou plutôt le contact entre le fluide végétal et le liquide ambiant s’opérant évidemment à la surface seule de ces feuilles, elles sont très-minces et souvent très-subdivisées, de manière à multiplier les points de contact de l’eau et de la surface de la
feuille (1).
(r) La submersion des feuilles, en s’opposant à l’évaporation des liquides qu’elles contiennent, rend non-seulement inutile la présence de l’épiderme, mais elle détermine un autre caractère remarquable dans l’anatomie de presque toutes ces plantes : c’est l’absence des vaisseaux dans leurs nervures et dans leurs tiges. Les fluides contenus dans l’intérieur des plantes peuvent se transporter d’un point à un autre sans l'intermédiaire des vaisseaux, par une sorte d’imbibition succes sive : c’est ce que prouve l’absence des vaisseaux dans la plupart des Cryptogames et même dans quelques Phanérogames, tels que le Gui ; mais, dans les plantes où une transpiration abondante s’opère par les feuilles , la présence de tubes continus paraît nécessaire pour que les liquides transportés rapidement des racines jusqu'aux feuilles suppléent continuellement à ceux que ces organes perdent par la transpiration. Dans les plantes aquatiques , dont les feuilles sont constamment sub-
Cette modification ,qu'éprouve l'organe respiratoire des plantes qui doivent vivre sous l’eau est tout-à-fait analogue à celle qui a lieu dans'le mème système d’organes chez les animaux qui respirent dans l’eau. En effet, les branchies comme les feuilles des végétaux aquatiques sont des'organes divisés en lames minces, et dans lesquelles le fluide qui doit êue modifié par l'influence de l'air est mis,en.contact avec l’air dissous dans l’eau, à la surface extérieure mème, de ces,organes et à travers une membrane. très-mince. Les -branchies, comme les feuilles aquatiques, ne peuvent, remplir leurs fonctions respiratoires dans l'air, parce quelles se dessèchent trop rapidement ; mais en les entretenant humides, la respiration peut souvent continuer à s’y opérer.
: On conçoit que le contact de l’air, soit à l’état gazeux, soit dissous dans l’eau | étant nécessaire à la vie de tous les êtres organisés , par les.modifications différentes qu'il détermine dans les liquides destinés à leur nutrition , la nature a dû nécessairement modifier les organes qui exercent cette fonction dans les animaux et les végé-
taux suivant qu'elle doit s’accomplir sous l’eau ou dans q
mergées, l’évaporation étant nulle, le mouvement des liquides doit être très-lent, et les vaisseaux , qui n'étaient plus nécessaires pour suppléer rapidement aux pertes causées par l’évaporation, n’existent presque jamais et peut-être même jamais. Au contraire, dans les plantes aériennes, où la masse des feuilles , c’est-à-dire des .organes d’évaporation, est très-considérable par rapport au diamètre des] tiges , et où ces tiges présentent une longueur considérable que les fluides doivent, parcourir avant d’arriver aux feuilles, les vaisseaux deviennent et très-volumineux et très-nombreux ; c’est ce qu’on peut observer dans toutes les plantes sarmenteuses , telles que les Clématites, les Vignes, les Aristoloches , les Poivres , etc.