A. 'THOMAS. — GÉNÉRATION
autres, quand ces différents Têtards se trouvent mêlés ensemble dans les mêmes eaux. Il n’en est pas de même des Têtards de la Grenouille rousse de Roësel et d’une autre espèce, qui ne me paraît pas avoir été clairement distinguée, et.que je me propose de décrire dans un autre mémoire. Les Têtards de ces deux Grenouilles sont petits; ceux des Crapauds le sont encore davantage, et celui de la Ramette verte est de moyenne grandeur.
Les Tétards des Batraciens à pupille verticale mettent encore plus de temps à se développer que ceux des Batraciens à pupille horizontale. En voici la preuve. Les Têtards du Pélodyte ponctué pondus dans le courant du mois d'octobre n'arrivent à l’état parfait qu'environ sept ou huit mois après, c’est-à-dire à la fin d’avril et dans le courant de mai; et ceux pondus dans les premiers jours de mars ne quittent leur état de Têtard que vers le milieu et même à la fin de l'été. Ceux du Pélobate cultripède, qui naissent dans les dermers jours de mars, perdent leur queue seulement à la fin du mois d'août, et même en septembre. Il en est autrement pour les Tétards des Batraciens à pupille horizontale, pour lesquels il ne faut guère que trois mois environ pour qu’ils subissent leur entière métamorphose.
J'ai dit plus haut que le Pélodyte ponctué S’accouple deux fois par an; particularité qui n’existe chez aucun Batracien à pupille horizontale, et qui, jusqu’à présent, n'avait été remarquée par aucun naturaliste. Eh bien ! un autre Batracien à pupulle verticale, ettrès voisin du genre Pélodyte, l’Alytes, partage la même faculté.
J'ai plusieurs fois trouvé dans la dernière moitié d’avril et dans les premiers jours de mai le Têtard de ce Batracien sur le point de subir sa métamorphose, et j'ai rencontré fortsouvent aux mêmes époques des Alytes mâles, ayant autour des cuisses des chapelets d'œufs. J'ai également vu, dans le courant du mois d’août, de gros Têtards de ce Batracien sur le point de passer à l’état parfait, Il est donc bien certain que l’Alytes aussi fait deux pontes par an, et à des époques fixes. Mais je ne pourrais pas préciser , comme je l'ai fait pour le Pélodyte ponctué, l'époque à laquelle a lieu le second aecouplement chez l’Alytes, ne l'ayant pas pris surle fait, comme j'ai eu souvent l’occasion de le faire pourle Pélodyte ; mais tout me porte à penser
DU PÉLODYTE PONCTUÉ. 295 que ce doit être vers la fin de l'été ou le commencement de Pautomne.
Il ne faut pas supposer que les Têtards qui naissent en automne restent engourdis pendant les froids de l'hiver ; ils conservent, cu contraire, toute leur vivacité, mais 1ls croissent un peu plus lentement. J'ai vu fréquemment, à travers de la glace de 2 centimètres d'épaisseur , des Têtards de Pélodyte ponctué se jouer au fond de l’eau.
D’après ce qu’on vient de lire, on voit clairement que les Batraciens anoures dont la pupille est identique ont entre eux des rapports fort mtimes, et j’ajouterai que, chez ceux qui ontla pupille verticale ou triangulaire , les apophyses transverses de la vertèbre sacrée ont une grande analogie : e’est du moins ce que j’ai pu observer sur les espèces que produit la France. Je pense donc, d’après cela, que l’on devrait, dans la classification de ces animaux, établir deux principales divisions , dont l’une comprendrait les Batraciens anoures qui ont la pupille horizontale, et l’autre ceux dont la pupille est verticale.
Le Pélodyte ponciué est très commun dans les environs de Nantes et dans plusieurs parties du département de la Loire-Inférieure ; il est très abondant dans les dunes du bourg de Batz, où se trouve aussi le Pélobate cultripède , Batracien rare et très curieux , que M. Millet, naturaliste aussi consciencieux qu'éclairé , et auteur de la faune de Maine-et-Loire, m'a fait connaitre.
Je suis heureux d’avoir l’occasion de lui offrir mes remerciments et l'expression de ma reconnaissance.
Notre Pélodyte se trouve aussi à Saint-Nazaire. Je l’ai rencontré dans le Morbihan et jusque dans l’île de Noirmoutier (Vendée).
Depuis que j'ai lu cette Note à l’Académie de Nantes, le 6 février 1854, j'ai vu de nouveau, le 4 mai, l’accouplement du Pélodyte ponctué s’accomplir avec les particularités que j’ai signalées plus haut.
MÉMOIRE SUR LE BUCÉPHALE HAIME (BUCEPHALUS HAIMEANUS), - HELMINTHE PARASITE DES HUITRES ET DES BUCARDES,
Par le D" LACAZE-DUTHIERS.
L'histoire des Hélminthés est entrée, depuis quelques années, dans une voie nouvelle par la connaissance des formies larvées. A quelques périodes de leur développement les Vers parasites se présentent à notre observation avec des apparences tellement variées et différentes, que, dans bien dés cas, les zoologistes purement classificateurs ont fait du même individu, à divers états, plusieurs espèces et même des génres distincts. Les formes varient, en éffet, avec les stations, et l’altérniance des générations en augmente encore le nombre (4).
Aussi, maintenant que l'attention est éveillée sur ces transformations, doit-on être plus réservé quand il s’agit d'établir des genres et des espèces nouvelles. C’est donc en faisant toutes nos
réservés que nous donnons la description d’une espèce qui ne nous a pas paru décrite ; en lüi imposant un nom, nous n'avons cherché qu’à la désigner, en attendant que son histoire füt plus complète.
Bâer (2) avait trouvé dans lés Anodontes un Helminthe à forme
(1) D’après Siebold, Anat. comp. (Manuels Roret, t. I, p. 158, note 6, l'Amphistomum rhopaloides n’est qu'un Tetrarhynchus, et les genres Cercaria, Histrionella, Bucephalus, doivent disparaître, etc.
(2) Baer, Nova Act. nat. cur., t. XIII, 2° part., 570-589, tab. xxx (1-40), Sporocystis (11-17) animale in vario gradu evolutionis.