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tacules en haut et en dedans ; en même temps , tous ses organes perdent une partie de l’eau qu'ils contenaient, et diminuent de volume. Quand l'atteinte est légère ou ne se prolonge pas , il conserve un instant ses tentacules groupés, et ne tarde pas à les étendre de nouveau l’un après l’autre ; mais ordinairement , après les avoir ramenés en faisceau , 1l glisse brusquement jusqu’au fond de sa gaîne, et laisse quelques moments s’écouler avant d’oser reparaître au dehors. Cette prudente retraite, à l'approche du danger, s'exécute avec une grande précision et une rapidité extrême ; elle rappelle tout à fait les actes semblables de quelques autres animaux marins d’une organisation plus élevée, tels que les Serpules et les Sabelles.
M. de Quatrefages a constaté que la pr exerce une action marquée sur les Edwardsies. Ce savant zoologiste, ayant dirigé sur ces Actiniens la lumière d’une lampe concentrée à l’aide d’une lenülle, a vu qu'ils rentraient sur-le-champ leurs tentacules, mais que bientôt ils les développaient de nouveau , « comme si, dit-il, après avoir cédé à un premier mouvement de surprise, ils s'étaient habitués à une impression qui n'avait. d’ailleurs pour eux rien de désagréable (1). » Chez les Cérianthes on observe une influence analogue , mais plus prononcée encore. Lorsque je faisais tomber brusquement sur eux quelques rayons de soleil, ils relevaient aussitôt et rapprochaiïent leurs tentacules , mais ils ne les étendaient ensuite que très incomplétement. Il était visible que cette sensation les gênait, et qu'ils ne s’y accoutumaient qu'avec difficulté. J'ai eu plusieurs fois l’occasion de remarquer dans le port de Mahon que, lorsque le ciel est sans nuages, ils ne se montrent pas en plein midi, au moins pendant l'été, et restent cachés dans leurs tubes jusqu’à ce que le soleil ait perdu un peu de son éclat.
De même que les autres Zoanthairesmalacodermés, les Cérianthes vivent très bien en captivité, pourvu que leur eau soit suffisamment renouvelée. Le liquide qui les baigne se corrompt rapidement; il se trouble, et prend une mauvaise odeur. Cet effet est, sans doute, dû à la présence du mucus abondant que ces polypes rejettent par la
(1) Annales des sciences naturelles, 2° série, t. XVIII, p. 76. 1842.
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bouche et de celui qu'ils sécrètent par toute la surface de leur COrpS.
Lorsqu'on arrache un Cérianthe de la gaine qu’il habite, et qu’on le transporte dans un vase rempli d’eau de mer , il tombe d’abord au fond comme un corpsinerte, et y demeure étendu pendant quelque temps sans tenter aucun mouvement; puis 1l étend ses tentacules pour pouvoir saisir la proie qui se présenterait, mais sans jamais avoir la force de redresser aucune autre portion de son corps qui reste toujours couché. Il peut cependant se déplacer un peu ; ses mouvements sont alors extrêmement lents, et il m'a semblé qu'ils s’effectuaient au moyen de contractions et d’allongements successifs du tronc et avec l’aide des tentacules, mais sans le secours de l’extrémité postérieure, mode de reptation qui ressemblerait un peu, comme on le voit, à celui que M. de Quatrefages a constaté chez les Edwardsies. Il est facile de replacer l’animal captif dans des conditions semblables à celles où 1l se trouve naturellement, en le suspendant dans un tube d’étoffe, ou seulement dans un anneau qu'on glisse au-dessous de son disque tentaculifère. Dans cette position , il ne tarde pas à s’épanouir complétement, et l’on peut alors l’observer aisément.
Le corps du Cérianthe (pl. 7, fig. L) est allongé, vermiforme et cylindroïde. Ordinairement son diamètre est un peu élargi dans le tiers supérieur où les ovaires s’aperçoivent par transparence, de même que dans le voisinage de l’extrémité postérieure ; celleci est conico-convexe, libre, et terminée par une petite ouverture ronde. Toute la surface est uniformément lisse, ou ne montre que des stries transverses extrêmement fines; aucun de ses points n'adhère même imparfaitement aux parois de la gaine feutrée qui l'enveloppe. | |
Le disque supérieur est médiocrement étendu, circulaire ou très légèrement elliptique. I porte sur son bord un grand nombre (une centaine environ) de tentacules similaires, simples, susceptibles d’adhérer , non rétractiles, cylindroïdes ; maïs pourtant un peu renflés près de leur base, et s’atténuant graduellement jusqu’à l'extrémité. Dans l’état d'extension complète, ils paraissent disposés sur quatre cereles très rapprochés entre eux ; ceux du cercle
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interne se dirigentun peu en haut, eeux du cercle suivant presque: horizontalement, et ceux des deux cercles externes en bas, mais avec un inégal degré d’inclinaison. Tous ces tentacules représentent ainsi quatre cônes évasés, inégaux, et tous tronqués au même point, qui est le bord du disque; les deux externes étant dirigés dans un sens opposé à celui des deux internes. vi
La bouche est médiocre, elliptique et peu saillante ; elle est entourée d’appendices semblables aux tentacules marginaux, de même forme, en même nombre et semblablement disposés, mais beaueoup plus grêles etplus courts. La portion du disque comprise entre ces tentacules labiaux et la couronne tentaculaire externe est légèrement renflée, et l’on distingue à sa surface des lignes radiées correspondant à l’insertion des lames verticales intérieures.
Les couleurs du Cérianthe varient beaucoup dans les divers individus. On en trouve qui sont entièrement d’un violet pur, tantôt très intense et noirâtre, tantôt de la nuance archevêque ou même tirant sur le rose. D’autres ont toutes leurs parties d’un jaune brus nâtre plus ou moins foncé, avec leurs tentacules annelés de vert, Entre ces deux types très distincts, on rencontre tous les intermédiaires. Il n’est pasrare de voir des exemplaires d’un fauve clair, qui n’ont que l’extrémité inférieure rose ou violette, ou dont les tentaeules sont violets pendant que tout le reste de leur corps est jaunâtre. Quelquefois le disque seul est presque noir avec les tentacules et Le trone très pâles ; ailleurs, c’est le disque qui est très pâle et les tentacules sont très foncés. Ilarrive même qu’au milieu d’une couronne de tentaeules clairs et verdâtres, deux ou trois seulement sont violets, et réciproquement. Enfin sur la surface du corps, où les deux nuances principales , brune-jaune ou violette, peuvent se fondre et passer graduellement de l’une à l’autre, on distingue aussi dans certains cas des bandes ou taches longitudinales, ordinairement plus claires que le fond, où même des ponetuations très délicates (1).
Toutes ces modifications de couleur , dont on reconnaît bien vite
(1) Les exemplaires décrits par M. Forbes avaient le disque et les appendices
labiaux blancs ; les tentacules marginaux annelés de brun jaunâtre; la partie supérieure du tronc blanche, et l’inférieure d’un brun jaunâtre,
SUR LE - CÉRIANTHE. 964 le peu d'importance quand on observe un grand nombre d’individus, ont dû en imposer aux naturalistes qui n’ont pas fait ces comparaisons, et qui n’ont eu entre les mains que quelques variétés bien tranchées. Si l’on joint à cette apparence extérieure les différences dépendant de l’âge et du degré d'extension de l'animal , on aura la somme des caractères inconstants , d’après lesquels Delle Chiaje a établi ses trois espèces de Cerianthus, et qui ont porté Rapp à regarder son exemplaire comme spécifiquement distinct de celui qu'avait découvert Spallanzani. Ces considérations m’engagent à conclure que, jusqu'à présent, le genre Cérianthe se compose d’une espèce unique, autant toutefois qu’on en peut juger par les descriptions et les figures très incomplètes des auteurs.
. Malgré les variations considérables et presque infinies que je viens de signaler, il y à cependant, sinon dans les couleurs ellesmêmes, au moins dans le système de coloration , quelques traits que je n’ai jamais vus disparaître entièrement, et que par conséquent je dois croire caractéristiques dans cette espèce. Toujours les tentacules sont annelés, des espaces clairs distincts , surtout à la face interne ou supérieure, alternant avec des espaces plus foncés ; toujours la base des grands tentacules est marquée en dedans d’une tache plus sombre que les parties voisines , et l’ensemble de ces taches donne lieu sur le disque à une étroite bordure circulaire ; toujours enfin sur la moitié supérieure du tronc, on reconnait les traces d’une ou deux bandes claires longitudinales. Des observations qui précèdent, on peut déduire les diagnoses suivantes :
Gevre CÉRIANTHE (CERIANTHUS).
Coralliaire simple, habitant dans un tube feutré et flexible, qu'il sécrète à la surface de sa peau. Corps cylindroïde, libre postérieurement, où il présente une petite ouverture centrale. Tentacules marginaux simples, similaires, cylindro - coniques , adhésifs et non rétractiles ; la bouche entourée d’appendices labiaux en même nombre que les précédents, mais beaucoup plus petits qu'eux.
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CERIANTHUS MEMBRANACEUS.
Tubularia....., Spallanzani, Mem. della Soc. ital. di Verona , t. II, 2° part. p. 627. 1784.
Tubularia membranacea, Gmelin, Lin.\Syst. nat. , édit. 43°, t. VI, p.3836. 1789.
Tubularia solitaria ? Rapp, Nova acta Acad. cur. nat., t. XIV, Qe part. p.653, pl. 38, fig. 2. 1829. |
Noos cornucopiæ, Delle Chiaje, Descr. e not. degli anim. invert. della Sic.
tt. IV, p.124, pl. 154, fig. 42 et 15; pl. 155, fig. 16 et 22; ; et pl. 156, Le 3, o et 8. 1841.
Cerianthus Brèræ, id., ibid., p. 124, pl. 156, fig. 2. Cerianthus aclinoides, id., ibid., p. 124, pl. 34, fig. 21, et pl. 153, 8 13. Actinia..…. Ÿ Forbes, Ann. and. mag. of nat. hist, , Are sér., t. VIII, p. 244, Edwardsia vestita, Spratt et Forbes, Travels in Lycia, etc.,t. II, p. 122. 1847. Cerianthus cornucopia , Milne Edwards et Jules Haime, Arch. du Mus. d'hist. nai.,t. V,p. 14. 1851.
Corps lisse, présentant une ou deux bandes latérales claires; disque tentaculifère entouré d’une ligne foncée; tentacules très nombreux, grêles, annelés. L
Dimensions des individus adultes : longueur, totale de 15 à 20 centimètres ; diamètre du corps, de 1 4/2 à 21/2; diamètre de la couronne tentaculaire, de 12 à 44.