‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 129 sur 228 · JULES HAIME · texte numérisé non relu

JULES HAIME

éléments, et des deux plans de fibres musculaires qui constituen cette enveloppe ; seulement les muscles sont ici très amincis, tandis que la troisième couche tégumentaire est très développée , et renferme quelques nouvelles formes de nématocystes.

La cavité intérieure dont sont creusés ces appendices selon toute leur longueur, s’ouvre largement dans les espaces situés autour du tube digestif. Il est très facile de s’en convaincre, soit par la dissection, soit en poussant une injection par les chambres sous-tentaculaires; dans ce dernier cas, lorsque la matière colorée est arrivée aux 4/5 environ de la longueur totale du tentacule, c’est-à-dire à 6 où 8 millimètres de son extrémité, elle sort en abondance par un pore très étroit et en forme de boutonmière, qui est situé à sa face interne. La substance de l'injection pénètre quelquefois au delà de ce pore et tout près du sommet; mais il m'a été impossible, même en exerçant au-dessous-une légère pression, de la faire sortir par l’extrémité , et j'ai tout lieu de croire que celle-ci est complétement imperforée comme chez les Edwardsies. Le pore interne remplace ici l'ouverture terminale des tentacules des Actmies ; il remplit les mêmes fonctions, et sa position seule l’en distingue.

Les grains de la couche pigmentale sont ordinairement trop foncés et trop serrés pour permettre de reconnaître aisément par transparence des courants dans le liquide qui baigne la cavité des tentacules. Pourtant, chez de jeunes individus , j’ai vu distinctement des corpuscules qu'ils avaient avalés passer avec assez de rapidité d’une chambre sous-tentaculaire dans la cavité du tentacule correspondant. Il n’est pas rare de trouver aussi des œufs engagés dans cette cavité, lesquels sortent bientôt par le pore interne dont j'ai parlé. Le fluide des tentacules est donc agité de mouvements assez énergiques, et analogues à ceux que M. de Quatrefages a observés chezles Edwardsies (1), et à ceux que j'ai moi-même vus très nettement dans de jeunes Anémonies (2). Il y a cependant cette diffé-

(1) Loc. cit., p. 99, pl. 2, fig. 42.

(2) On y distingue, à l'aide d'un assez faible grossissement, des globules pigmentaires très réguliers, de 0,015 de millimètre environ, fortement colorés en brun roux, qui suivent un courant ascendant et descendant ; ils montent du côté externe, et descendent du côté interne. De temps en temps ils interrompent

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rence, que jamais ici je n’ai trouvé de globules de pigment dans la cavité des tentacules. J'ai pu m'assurer que la paroi interne de cette cavité est garnie de cils vibratiles petits et très nombreux, qui produisent les courants que je viens de signaler.

La peau des tentacules contient, outre les trois sortes de nématocystes de la peau du tronc, des corps de même nature, qui peuvent se rapporter à trois autres sortes. Ce sont d’abord des capsules hyalines (quatrième sorte) ellipsoïdales, longues au plus de 0,04 et larges de 0,01 de millimètre, droites, et ne contenant qu’un fil peu développé et enroulé en spirale autour d’un stylet longitudinal (pl. 7, fig. 13). Les nématocystes d’une cinquième sorte sont très semblables aux précédents, mais amincis à l’une de leurs extrémités, arqués et beaucoup plus grands ; ils ont en largeur 0,015, et en longueur 0,06 de millimètre (fig. 14 ). Peut-être ne forment-ils qu’un état plus avancé des vésicules de la quatrième sorte , mais je n’ai pas trouvé de grandeurs intermédiaires. Enfin, ceux de la sixième sorte sont subeylindriques , un peu irréguliers, constitués par un fil spiral à tours contigus , et déroulable à la manière des fils de bretelle ; les uns sont entourés complétement par une fine enveloppe, reste de la cellule dans laquelle ils se forment (fig. 15,16, 17), et le fil intérieur la traverse en se déroulant (fig. 18). Chezles autres le fil se déroule librement (fig. 19, 20 ), soit par suite de la destruction de leur enveloppe cellulaire, soit parce qu’ils ont été produits avec d’autres dans une cellule unique (fig. 21); ils varient en longueur de 0,02 à 0,04 de millimètre , et en largeur de 0,002 à 0,007 de millimètre. Parmi les six formes de nématocystes contenus dans les tentacules , ceux de ladernière sorte sont les plus abondants de tous ; les plus rares sont les capsules dont il a été question immédiatement avant.

Disposition des tentacules marginauæ. — J'ai dit plus haut que l'appareil appendiculaire marginal représente , dans l’état d’exten-

ce trajet pour osciller en différents sens , et un certain nombre d’entre eux s’arrêtent sur plusieurs points pour y former de petits groupes. Ces amas de pigment, auxquels est due la coloration fauve de l’animal à cette époque, sont surtout larges et rapprochés vers la base des tentacules , et sur la paroi des loges sous-tentaculaires. Ÿ

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sion , quatre cônes ou entonnoirs ordinairement très distincts. Ces cônes sont très semblables entre eux , mais les deux inférieurs s’insérent sur une même rangée circulaire, ou forment en apparence un seul cycle, en prenant ce mot dans le sens précis que lui a attribué M. Hollard. Tous les tentacules se ressemblent extrêmement par leur forme, leur mode de coloration et même par leurs dimensions ; toutefois ceux de la dernière rangée circulaire sont un peu plus courts et plus grêles que ceux des deux rangées internes. L'absence de toute autre différence, et surtout d’inégalités appréciables dans l'insertion des tentacules internes, empêche de ramener par Pobservation directe ces trois cycles apparents aux diverses lois de multiphication que M. Hollard a formulées le premier pour les Actiniens (1), et que , presque dans le même temps, M. Milne Edwards et moi-même nous avons rectifiées en partie, et surtout généralisées par l'étude comparative des cloisons solides correspondant aux tentacules dans tous les Zoanthaires à polvpier (2).

Les seules indications qui puissent guider 1e1 dans l’apphication de ces lois sont, d’une part, la connaissance acquise du nombre des éléments du premier cycle réel (je montrerai plus loin qu'il estde l seulement), et ensuite celle du nombre des éléments des eyeles apparents. Chez les individus les plus développés que j'ai rencontrés, le nombre des tentacules marginaux était, pour chacune des deux rangées internes, 82, et pour l’externe ( divisible en deux cônes égaux), 64 ; total : 498. Si l’on suppose qu'il ne s’est produit, dans l’évolution des cycles réels, aucune irrégularité, comme paraitrait l’indiquer ce multiple du chiffre originel et de ses dérivés, il est évident ici que le premier cycle apparent répondrait aux quatre premiers cycles. Les cycles seraient done au nombre de six, et tous complets ; mais l’expérience montre qu'il est très rare de trouver des Zoanthaires ayant un appareil radiaire aussi riche en éléments , et aussi régulier dans toutes les parties. On pourrait admettre encore, et la direction de la moitié des tentacules du dermer cycle apparent semble donner beaucoup de probabilité à cette

(1) Études sur l'orgaæisation des Actinies, in-4. 1848. (2) Observations sur la structure et le développement des Polypiers en général (Annales des sciences naturelles, 3° sér., t. IX, p. 64). 1848.

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opinion, que le dernier cycle réel est réduit à la moitié de ses éléments, mais que, dans certains points, il s’est développé un égal nombre de tentacules dépendant en réalité d’un septième cycle. Dans cette seconde hypothèse, les 32 tentacules du premier cône pourraient représenter encore les quatre premiers cycles complets, et ceux du second cône le einquième cycle complet; mais ceux du troisième cône ne correspondaient qu'à la moitié du sixième cycle, et ceux du quatrième cône au quart seulement du septième cycle.

Beaucoup d'individus adultes présentent le nombre total de 96 tentacules ; d’autres, moins développés , n’en ont que 64, etc. Il est facile de se rendre compte de tous ces multiples de 4 par l’espèce de stérilité qui frappe, pour ainsi dire normalement, la moitié ou le quart des cycles, lorsque ceux-ci sont un peu nombreux ; mais on rencontre aussi des chiffres qui ne se prètent pas à de semblables combinaisons, et qu’on ne peut expliquer que par des irrégularités tout à fait partielles. L'étude suivie du développement donnerait, sans doute, la clef de toutes ces exceptions, qui ne portent probablement que sur les tentacules des derniers ordres. En attendant que nos connaissances se complètent sous ce rapport, il est utile de remarquer que les quatre groupes de tentacules, qui, dans l’état d'extension , ont l'aspect de quatre cônes évasés , sont toujours égaux numériquement dans un même individu.

La régularité radiaire de l'appareil appendiculaire marginal tout entier, et de chacune des séries circulaires qui le composent, peut être considérée comme parfaite , et 1l ne parait pas qu'aucune inégalité marquée vienne l’altérer. Sur un point du pourtour du disque, on remarque bien deux tentacules appartenant au premier eyele apparent, qui sont très rapprochés à leur base, et qui, au premier abord, semblent rompre l'alternance très régulière des éléments de ce cycle avec ceux du second; mais, en y regardant de plus près, on ne tarde pas à reconnaitre à la surface du disque le prolongement inférieur et interne du tentacule intermédiaire , et même on découvre aisément celui-ci en écartant ceux de la première rangée. Le tentacule, ainsi caché dans sa région inférieure, est un peu moins développé que ses semblables , et il présente une parti-

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cularité qui mérite d’être signalée. En dessus ou en dedans de sa base, il porte à gauche une petite verrue peu saillante, et à droite un petit bourrelet circulaire. Ce bourrelet semble entourer un étroit orifice, mais il m'a été impossible d'y introduire un ajustage très délicat, ni même la pointe d’une soie fine.

B. T'entacules labiaux ou accessoires.—Ces appendices ressemblent extrèmement aux précédents par leur forme, leur structure et leurs fonctions, et ne paraissent en différer que par leur position plus voisine de la bouche et par leurs plus petites proportions. Mais leurs connexions sont tout autres par rapport à ceux-ci. Au lieu de s’mtercaler entre eux et de surmonter des loges périgastriques particulières, ils naissent sur la région interne de la voute des chambres situées sous les tentacules marginaux, et l’on doit les regarder comme des prolongements internes des rayons du disque. Leur nombre est le mème que celui des tentacules proprement dits, car ils leur correspondent un à un. Chacun d’eux s’ouvre inférieurement dans la chambre dépendant de son homologue parmi les tentacules proprement dits , en sorte qu'il y a communication directe entre cet espace , l'intérieur de l’appendice marginal et celui du prolongement labial qui se continue sur le même plan vertical. Quand on pousse une injection dans l’une de ces trois cavités, on est sûr de remplir également les deux autres avec elle.

Le groupe labial répétant en petit, près du centre du disque, l'appareil tentaculaire marginal tout entier , on devait s'attendre à retrouver dans ces appendices accessoires les mêmes rapports de position que j'ai constatés entre les divers tentacules principaux ; c’est, en effet, ce qui arrive. On y reconnaît de même trois rangées circulaires, qui reproduisent exactement, par le nombre et les relations de leurs éléments, les trois rangées de tentacules principaux, le cercle interne de ceux-là correspondant au cercle interne de ceux-ci, et ainsi des autres.

Dans leur composition anatomique , les prolongements péristomiens n'offrent que de très légères différences avec les tentacules marginaux ; leurs téguments renferment les mêmes sortes de nématocystes, mais dans une proportion plus égale ; les parois de leur cavité intérieure sont garnies de cils vibratiles plus forts,

SUR LE CÉRIANTHE. 9069 et il parait n’y avoir de pore ni sur leur côté interne, ni à leur extrémité.

Leurs fonctions physiologiques sont évidemment les mêmes que celles des tentacules proprement dits, mais ils sont doués d’une sensibilité tactile plus délicate.

Observation. — Si l’on compare le Cérianthe , sous le rapport de la disposition de ses organes appendiculaires, avec les Actinides qui ont été étudiées avec le plus de soin, on est frappé des différences qui existent entre ces espèces et le polype qui fait l’objet du présent mémoire. Dans aucune de celles-ci on n’a constaté que l'évolution des tentacules ait commencé par le nombre A4; le chiffre initial est 6 chez les Actinies proprement dites, les Cereus, les Adamsies , les Anémonies (1), et probablement dans tous les genres de la famille. De ce que, pour les grands tentacules ou pour les grandes lames verticales intérieures , on trouve quelquefois le nombre 8 (comme dans les Edwardsies) ou le nombre 10 (comme dans l’Actinia equina) , on ne doit pas en conclure que ce nombre représente deux cycles égaux, et que le chiffre initial ait été nécessarement {4 dans le premier cas, et 5 dans le second. IT est possible que les choses se passent réellement ainsi ; mais il arrive le plus souvent que l’atrophie porte sur le second eyele et non sur le premier , et qu'il faille décomposer les nombres que je viens de citer en6et2,en6et 4, etnon par parties égales. Quoi qu'il en soit, le nombre mitial parait être normalement 6 chez les Zoanthaires, et le Cérianthe, qui n’a primitivement que quatre tentacules , fait exception à cette règle.

(1) Il est ordinairement facile de reconnaître le nombre des tentacules primaires chez les adultes, en examinant avec attention le degré de développement et l’insertion de ceux de ces organes qui sont le plus rapprochés du centre , de même que l'impression surle disque des grandes lames péristomacales. Ces caractères sont surtout évidents sur les individus d’Anemonia sulcata (Aclinia cereus, Ellis) qui n'ont encore que cinq cycles; les six tentacules primaires s'y montrent avec la plus grande netteté : non seulement les autres cycles, mais tous les ordres s’y distinguent aussi très bien par leur inégalité. Le Cereus pedunculatus (4ctinia bellis, Ellis) offre encore, malgré le grand nombre de ses appendices, un exemple de la facilité avec laquelle peut se faire cette détermination.

4° série. Zoor.. T. I. {Cahier n° 6.) # 24.

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On connait cependant d’autres Zoanthaires où ce nombre se reproduit : ce sont ceux que M. Milne Edwards et moi-même avons désignés sous le nom de Zoanthaires rugueux ; mais ils ne nous sont connus que par leur polypier , et ils appartiennent tous à des genres éteints depuis longtemps. Si lointaine que paraisse d’abord l’analogie qui existe entre le Cérianthe et ces Coralliaires fossiles , c’est pourtant uniquement avec ces derniers qu'il est possible ie trouver quelque ressemblance dans la disposition que montre ici l'appareil radiaire, et cette ressemblance ne s'applique pas seulement au nombre initial des parties , mais encore s’étend à leur symétrie et à leur mode de répétition.

On sait que les cloisons verticales du polypier occupent les

chambres sous-tentaculaires, et qu'elles correspondent aux tentacules par leur nombre, leur étendue, leur agencement, etc.; elles traduisent done jusqu’à un certain point les caractères de l'appareil appendiculaire, après que les parties molles ont été détruites. … Or l’examen des parties solides des Coralliaires fossiles qui se rangent dans la famille des Cyathophyllides et surtout dans celle des Staurides (L), a fourni de nombreuses preuves de l'évolution des cloisons dans quatre chambres primordiales ; et là où ce fait était moins évident, on a trouvé encore des indications qui ont permis de l’étendre à tout le groupe äes Zoanthaires rugueux.

Les Cyathophylles et les Zaphrenüs, qui sont les représentants principaux de cette division , ont généralement leurs cloisons très nombreuses et très peu inégales entre elles ; en outre, le cercle radiaire y est plus ou moins interrompu dans l’un de ses points. Auprès du centre calicinal , il n’est pas rare de voir des lobules ou pâlis plus ou moins larges, et qui répètent en petit, autour de la fossette médiane, la couronne extérieure des cloisons. Eh bien ! si nous cherchons à nous faire une idée de ce que devait être dans ces Coralliaires éteints l'appareil appendiculaire, en nous fondant sur les caractères que nous offre l'appareil cloisonnaire qui lui correspond, nous trouvons que, dans les Cyathophylles , les Zapbrentis et les genres voisins, les tentacules devaient commencer

(1) Voy. Milne Edwards et Jules Haime, Polypiers des terrains palæozoïques Archives du Muséum, t. V), p. 314 et suiv., 4851. 2

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par le nombre quatre; qu'ils devaient ensuite Se multiplier beaucoup, et atteindre tous des dimensions à peu près semblables ; que leur symétrie radiaire subissait fréquemment de légères altérations , et que, dans certaines espèces enfin, des appendices accessoires répétaient autour de la bouche les appendices de la périphérie. L'ensemble de ces dispositions , que je crois être en droit de supposer, rappelle alors tout à fait celles qu'a offertes le Cérianthe, et nous verrons plus loin que l’analogie ne s'arrête pas là.

$ 5. — Loges sous-tentaculaires.

Chaque tentacule marginal s'ouvre inférieurement, ainsi que le tentacule labial qui lui correspond dans un espace étroit et allongé, que j'ai désigné déjà sous le nom de loge périgastrique ou de chambre sous-tentaculaire. Cet espace est limité en dehors par l'enveloppe générale du corps, en dedans par les parois externes du tube digestif, et latéralement par des larnes verticales charnues, qui en haut concourent à former le disque tentaculifère, et qui se continuent en bas avec les organes reproducteurs. Chacune de ces lames est formée de deux plans de fibres adossés l’un à l’autre, et chaque plan se compose de deux muscles obliques, ainsi que cela se voit dans les Actinies; mais ici les muscles sont beaucoup moins forts et moins distincts. On sait que l'apparition de ces lames verticales est dans un rapport constant avec les cycles de l’appareil tentaculaire ; ce fait a été trop bien établi chez d’autres Zoanthaires par M. Dana (4) et surtout par M. Hollard, pour qu’il soit besoin de le confirmer par un nouvel exemple. Il existe cependant ici une différence importante sur laquelle je reviendrai bientôt. Les loges sous-tentaculaires se prolongent inférieurement dans les espaces compris entre les lames ovigères, et s'ouvrent au bord de celles-ci dans la cavité générale. Leurs parois sont tapissées de même que l'intérieur des tentacules de l’épithélium qui revêt toute la surface interne du corps, et elles présentent partout des cils vibratiles très puissants. L'action de ces cils est plus énergique dans ces lacunes périgastriques que dans tout le reste de la grande cavité du COTPS ;

(1) Exploring expedition, Zoophytes, p. 24, 1846.

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ce sont eux qui déterminent , dans le liquide qui les baigne, les courants destinés à se propager dans les organes appendiculaires. Ces loges sont donc, aussi bien que les tentacules marginaux et labiaux, le siége des fonctions fort obscures et fort mcomplètes qui représentent la circulation et ë respiration dans ces animaux imparfaits.

$ 6. — Appareil digestif.

Cet appareil se compose , comme dans les Actinies : 1° d’une bouche centrale ; 2 d’un tube charnu , large et court, qui représente à la fois l'estomac et l'intestin ; 3° de cordons très grêles ou fils pelotonnés fixés au bord des lames verticales, et Fe remplissent les fonctions d'organes sécréteurs.

Le pore postérieur ne saurait être regardé comme l’analogue d’un anus. Il peut bien arriver, dans certaines circonstances, que les matières excrémentitielles trouvent une issue par cette ouverture; mais normalement elles sont rejetées au dehors par la bouche.

Bouche. — Nous avons déjà vu qu'elle est médiocrement grande et peu saillante ; elle est allongée en travers , de manière à présenter deux lèvres qui, dans l’état de repos, s'appliquent assez exactement l’une contre l’autre , mais qui sont susceptibles d’une grande extension. Ces lèvres forment des plis ordinairement nombreux et irréguliers. Quoique la bouche ; en restant un peu entr'ouverte en haut, laisse souvent un petit espace vide entre ses parois , il est difficile de distinguer ici une cavité pharyngienne proprement dite, comme M. de Quatrefages a pu le faire chez les Edwardsies. Le sphineter buccal se confond presque avec le bourrelet labial.

Tube digestif. — C’est un véritable cylindre vertical, suspendu au-dessous de la bouche et au milieu de la cavité générale. Sa longueur est d'environ 2 centimètres dans les grands individus, et fait à peine par conséquent la huitième partie de la longueur de leur corps. Il est maintenu en place par les lames verticales charnues, qui s'étendent de sa surface externe à la paroi interne de l’enveloppe générale. Ils’ouvre largement dans la cavité commune, et son bord inférieur ne constitue qu'un très faible bourrelet circulaire, en

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dehors duquel s’insère l'extrémité supérieure des cordons pelotonnés.

La face interne du tube intestinal montre quelques plis transverses peu prononcés , et des stries longitudinales fortes et nombreuses. On y remarque deux coulisses verticales en continuité avec les commissures de la bouche. Ces demi-canaux existent aussi chez les Actiniens, où ils se présentent sous la forme de deux gouttières égales, et munies inférieurement d’une languette charnue. Ici, au contraire, ces parties sont complétement dépourvues d’appendices basilaires, et différent extrêémement entre elles : l’une n’est qu’un sillon droit, étroit, et faiblement accusé ; l’autre a la forme d’une dépression profonde, arrondie en haut, un peu élargie dans sa moitié supérieure, très atténuée inférieurement, etentourée d’une sorte de bourrelet très résistant et comme cartilagineux. Ce bourrelet, qui est simple à son bord supérieur, se décompose latéralement en deux gros plis de chaque côté. Les plis extérieurs correspondent à des tentacules du premier cycle apparent; les plis internes correspondent l’un à un tentacule du deuxième cycle, l’autre à un tentacule du troisième. C’est à son extrémité supérieure que la fossette est la plus profonde ; elle présente en ce point une petite cavité que j'ai d’abord prise pour un pore, mais où il m'a été impossible de faire passer une sole.

Le tube digestif n’étant pas autre chose qu’une portion rentrée de l’enveloppe générale, comme on l’a déjà reconnu chez les Actines, on doit s'attendre à y trouver la même disposition de strates élémentaires que dans cette enveloppe, mais suivant un ordre inverse; c’est en effet ce qui a lieu. Les seules différences qu'on puisse noter n’ont qu’une importance très faible. Les deux couches musculaires sont inégalement développées ; celle des fibres verticales étanttres puissante , celle des fibres transverses, au contraire, très réduite. Dans les couches qui correspondent aux téguments, on trouve d’abondants nématocystes de la deuxième et de la troisième sortes et quelques-uns de la quatrième, ainsi que des cellules inégales, arrondies ou irrégulières, contenant des granulations très petites et très faiblement colorées La paroi du tube intestinal est complétement garnie de cils vibratiles très distinets. Le mucus qui

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enduit cette surface contient les diverses capsules , cellules et granulations que je viens d'indiquer.

Cordons pelotonnés. — Les lames verticales qui circonscrivent les loges sous-tentaculaires, et qui s ’attachent au tube intestinal, se continuent au delà du point où s'arrête ce tube, et descendent dans la cavité générale, suivant une certaine étendue. Mais dans ce trajet, elles changent de nature et de fonctions ; elles étaient musculaires autour du tube digestif, et servaient sr GORE à le maintenir en place ; au-dessous de ce tube, ce ne sont plus que des membranes mésentériques , doubles , traversées seulement par quelques fibres musculaires ; et plus bas enfin, entre leurs deux feuillets, elles contiennent les organes de la reproduction. Dans ces deux dernières régions , leur bord libre est garni de cordons ou de petits boyaux cylindracés , très grêles et filiformes , qui sont extrêmement contournés et comme pelotonnés près du tube intestinal, et simplement ondulés sur les ovaires. Ces boyaux, qui sont creusés d’un canal intérieur, ont été regardés par Delle Chiaje comme des conduits nee" par Rapp comme des oviductes ; mais il est certain qu'ils n’ont aucune communication avec l’ a générateur. De Blainville, qui considérait les parties correspondantes dans les Actinies comme remplissant les fonctions d’un foie, me paraît se rapprocher beaucoup plus de la vérité. Quoiqu'il ne soit pas possible de préciser la nature de la sécrétion dont ces cordons sont chargés, tout porte à croire qu’ils sont destinés à sécréter un liquide utile à la digestion. Ils se terminent en haut au bord libre de l'intestin , et c’est probablement en ce point que leurs produits trouvent une issue. Je dois cependant avouer que je n’ai pu y decouvrir aucune ouver- [ULÉ: Fr?

Les boyaux pelotonnés adhèrent sur toute leur longueur aux lames verticales mésentéroïdes, et présentent les mêmes caractères dans les deux régions libres de ces lames ; ils sont seulement plus contournés, et offrent une plus grande superficie dans le voisinage de l’orilice pyloroïde du tube gastrique que sur le bord des ovaires. Leur couleur est blanchâtre ou légèrement rosée, et leur surface est couverte de cils vibratiles très puissants.

Ils sont essentiellement composés de nématocystes , entremêlés

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de quelques cellules et granulations semblables à celles de l'intestin. Parmi les capsules filifères, les unes ressemblent extrêmement à celles de la sixième sorte qui n’ont point d’enveloppe hyaline, et se déroulent comme un fil de bretelle (pl. 7, fig. 22) ; d’autres sont très distinctes de celles que j'ai examinées jusqu’à présent, et se rapprochent beaucoup de celles que renferment les mêmes organes dans plusieurs Actiniens. Les nématocystes de cette septième sorte sont subovalaires, longs de 0,08 environ et larges à peine de 0,01 de millimètre; ils ne contiennent dans leur intérieur qu'une tigelle, garnie d’un double fil spiral. Lorsque cette tigelle s'échappe par évagination, elle s’allonge, et semble garnie de pointes opposées deux à deux, et dirigées du côté de la coque (fig. 23, 24). On rencontre encore au milieu de ces capsules des corps qui me paraissent représenter un état du développement des mêmes organites ; en effet , ils ne différent de ceux-ci que par une taille un peu moins grande, etune tigelle sur laquelle on ne distingue pas nettement de filspiral (fig. 25) ; enfin il en est dont les proportions sont encore moindres, et qui, en raison de leur forme beaucoup plus grêle, semblent devoir former une huitième forme (fig. 26). | |

Observation. — Les nématocystes ou organes urticants parais-

sent se retrouver chez presque tous les animaux que M. Leuckart a désignés sous le nom de Cœlentérés, et ne pas se présenter ailleurs. Jusqu'ici on en a étudié un grand nombre de sortes, mais je ne sache pas que, dans une seule espèce , on ait encore constaté la variété de formes que je viens de faire connaître chez le Cérianthe. Ce même polype me semble aussi offrir l'exemple le plus remarquable de l’extrême longueur du filament dans ceux de ses organites qui constituent la gaine feutrée. M. Allman en a figuré de très grands qui provenaient de la Capnea ; il y en à de bien plus longs encore dans les Physales, mais tous ces fils sont loin d'approcher des proportions que présentent ceux des nématocystes tégumentaires du Cérianthe. :

Il existe du reste une grande ressemblance entre ce dernier Zoanthaire et les Actiniens , quant à la forme des vésicules filifères des tentacules et des cordons pelotonnés. Aïnsi celles de la sixième,

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de la septième et de la huitième sorte se retrouvent de la même manière chez les Adamsies, les Anémonies, les Cereus, et même chez la Cladocora cæspitosa.

S 7. — Appareil reproducteur.

Les cordons que je viens de décrire ne forment de circonvolutions que dans une portion assez faible de l'étendue des lames mésentéroïdes , c’est-à-dire sur une hauteur de 1 centimètre environ pour les grands individus. La portion de ces lames qui contientles organes reproducteurs est toujours plus considérable, mais elle l’est fort inégalement. Elle offre, près de la ligne qui correspond à la fossette de la paroi intestinale, une longueur à peu près double de celle qu’elle occupe dans la direction du sillon étroit de cette même paroi; et, du premier de ces points à celui qui lui est opposé, les lames verticales décroissent graduellement de chaque côté. Au milieu de l'été, ces organes, étant en pleine activité, ont la forme de gros rubans flexueux, un peu inégaux alternativement en longueur et en saillie, et se terminant inférieurement par un lobule arrondi. Ils sont d’un jaune violätre. Leur nombre total correspond à celui des tentacules d’un seul cercle. Il est à remarquer que ces lames mésentéroïdes ne sont pas géminées, comme on le voit dans les Actinies. | 1

Chez les Cérianthes , l’'hermaphrodisme est poussé aussi loin que possible. Toutes les lames contiennent l'élément mâle et l'élément femelle. L'organe reproducteur est simplement composé de grandes capsules polyédriques dont les unes renferment un ovule, les autres un groupe de spermatozoïdes. Il est impossible de reconnaitre aucun ordre dans la disposition de ces capsules; elles sont toutes entremêlées irrégulièrement, mais de manière qu'il y a toujours des capsules spermatogènes en contact avec les capsules ovigènes. L'inégalité des diverses capsules est très prononcée ; mais en général celles qui sont les plus rapprochées du bord des lames sont les plus petites, et celles qui contiennent des œufs l’emportent en volume sur les autres, qui sont en revanche beaucoup plus nombreuses. Même lorsqu'elles sont jeunes, et que leur con-

SUR LE CÉRIANTHE. 977 tenu estnouvellement formé, on reconnait aisément quelle est leur nature. Les masses de spermatozoïdes sont toujours beaucoup plus claires que les ovules ; elles ont une nuance violette pâle, tandis que les produits femelles sont ordinairement d’un jaune olivâtre terne ; quelquefois ces derniers sont d’un gris violet très foncé. Il n’y a aucun rapport entre cette différence dans la couleur des œufs et celle du corps de leurs parents ; mais il est probable qu’elle détermine dans les jeunes qui en naïtront les deux principales variétés de nuances que présente l'espèce.

Les ovules ont des formes à peu près polyédriques comme les capsules où ils se forment , mais ils sont au moins arrondis par un de leurs côtés ; lorsqu'ils ont quitté les ovaires et tombent dans la cavité générale, les œufs sont ordinairement sphériques ou légèrement oblongs. Leur substance est toujours très opaque. La vésicule de Purkinje seule est très transparente, et lorsqu'on l’observe sous un fort grossissement, on distingue les globules hyalins qui la remphissent; ces globules sont très réguliers, subpolygonaux , sans noyau intérieur, et disposés par rangées droites ou courbes ; on en compte trente environ sur un des diamètres de la vésicule.

Les capsules spermatogènes contiennent chacune une masse fasciculée entourée de grains et de globules irréguliers. Cette masse estordinairement allongée, souvent fusiforme, et les spermatozoïdes qui la composent y sont très régulièrement rangés suivant des lignes longitudinales un peu arquées. J’estime qu'une capsule de moyenne grandeur peut contenir sept ou huit nulle de ces pseudozoaires. Un certain nombre d’entre eux s’agitent dans l'intérieur de la capsule, lorsque celle-ci est parvenue à son complet développement. Les jeunes capsules spermatogènes (pl. 8, fig. 3) contiennent une grande quantité de cellules très petites renfermant chacune un ou deux petits globules. Ces globules se multiplient bientôt dans les cellules centrales , et commencent à se disposer en petites trainées longitudinales ; ce sont eux qui, en s’accroissant, deviennent les spermatozoïdes. Les petites cellules disparaissent plus ou moins en même temps que leurs produits se développent davantage.

Lorsque les spermatozoïdes sont encore groupés en séries alternes , leur tête est sphérique ; mais, après qu'ils sont devenus

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