GENRE MONACANTHUS
Caractères. — Dorsale épineuse réduite à deux rayons, dont lé second rudimentaire. — Saillie pelvienne variable ou nulle, suivie d’un fanon simplement écailleux. — Six dents marginales en forme d'incisives à chaque mâchoire, et quatre sur un second rang à la mâchoire supérieure. — Écaillure composée de petits éléments irréguliers, surmontés d’un très petit nombre de saillies le plus souvent épineuses; ligne latérale faiblement indiquée ou nulle.
Les formes des Monacanthes sont variées, le plus ordinairement assez hautes et comprimées, avec le profil plus ou moins creusé, J'œil remonté jusqu'à prendre place au-dessous de la dorsale épineuse. On ne voit point ici de fossette préoculaire, et les narines offrent deux ouvertures distinctes et superficielles un peu au-devant du bord supérieur de l'orbite. La ligne dorsale continue souvent à monter jusqu'à la seconde nageoire du dos ; la ligne ventrale descend plus ou moins, selon que le tégument préanal forme ou non un fanon extensible.
La dorsale épineuse subit dans ce genre une nouvelle réduction du nombre et de la dimension de ses rayons. Ceux-ci se réduisent à une épine principale , suivie seulement d’un second rayon rudimentaire , tige grêle et très courte, portée sur une base articulaire arrondie; le rayon principal est seul constamment visible : de là le nom de Monacanthe donné à ce troisième groupe des Balistides. Ce même rayon principal, quelquefois grand, fort, rappelant celui des Balistés, se distingue presque toujours de ce dernier par les crochets dont il est armé : ce sont des pointes généralement simples, inclinées en bas, et qui se disposent en séries sur les bords anguleux postérieurs du rayon, quelquefois aussi sur sa face antérieure,
(1), Voyez t. 11, p. 41.
4° série. Zoo. T. II. (Cahier n° 6.) { 21
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Ce caractère de l’épine des Monacanthes est général, mais non constant; il manque aux premières et aux dernières espèces de ce genre. Quant aux dispositions anatomiques propres au support et à l'articulation des rayons épineux des Monacanthes , nous les avons fait connaître dans la première partie de ce travail (Ann. des sc. nat., 3 série, t. XX, p. 104, pl. 2). |
La dorsale molle et l'anale sont remarquables ici par la simplification de leurs rayons ; ceux-ci ne portent plus aucune tracé de bifurcation ; la caudale seule conserve des rayons divisés et même subdivisés à deux degrés successifs. Cette dernière nageoïre n'offre jamais la forme fourchue sinueuse qu'elle affectait dans les premiers Balistes ; elle est constamment arrondie, même dans son plus grand développement ; la longueur de cette nageoire et.la prédominance des rayons moyens marchent de conserve et augmentent des premières aux dernières espèces. Quant aux deux autres nageoires médianes, leur hauteur et leur forme varient beaucoup; elles sont toujours plus basses, et généralement plus longues que nous ne les avons vues dans le plus grand nombre des Balistes. La membrane interradiale est souvent amincie ou perforée vers la base des rayons. |
Nous n'avons aueune remarque à faire sur la pectorale, toujours assez médiocre ; la fente branchiale, placée au-devant de cette naseoire, tantôt s'arrête au-dessus de son niveau, tantôt se prolonge davantage, et tend à passer, à mesure qu’on descend cette nouvelle série de la position verticale, à une direction de plus en plus oblique.
Le bassin des Monacantlies est moins développé que celui des Balistes, et son extrémité s’atténue de plus en plus. Cependant nous retrouvons encore 1e1 le plus souvent, comme indiquant au dehors cette partie du membre abdominal, une plaque écailleuse particulière, composée de quatre petites pièces qui portent des tubercules à leur surface et des pointes épineuses sur leur bord libre. Cette plaque , analogue à l’écaillure spéciale qui revêt et caractérise la saillie pelvienne des Balistes semble, chez les Monacanthes, tout en correspondant à celte même saillie, s’en détacher plus que dans le genre précédent; le plus souvent même elle représente une écaille à pointes ravonnantes, appliquée par son centre sur le tégu-
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ment abdominal. Ainsi se prépare sans doute un fait qui avait motivé le démembrement du genre Monacanthe : la disparition finale de tout indice extérieur du bassin, telle que nous la voyons dans beaucoup d'espèces de ce groupe (1).
Le système dentaire subit une nouvelle réduction dans ce grand genre. Le nombre des dents marginales n’est plus que de six à chaque mâchoire, et le second rang ne se compose que de quatre dents appliquées sur l'intervalle des première et deuxième, deuxième et troisième marginales supérieures de chaque côté; toutes ces dents sont plates et à couronne d’incisives, un peu pointues en avant ; la troisième supérieure est aussi large que longue, très séparée en haut de la seconde, et arrondie sur son tranchant.
L’écaillure des Monacanthes ne présente ni les dimensions, ni les formes plus où moins régulières, ni l’arrangement que nous a offert celle des Balistes ; elle est irrégulière et désordonnée; les squames qui la composent sont minces, plus ou moins souples, généralement petites, oblongues ou circulaires, et surmontées d’un nombre de saillies comparativement peu considérable ; tantôt ce sont des tubercules disposés sur un ou deux rangs, ou formant un petit groupe moins régulier ; d’autres fois ce sont des lames denticulées , plus souvent des tiges simples où divisées, spinoïdes ou renflées , et affectant des formes caractéristiques.
Chez les Monacanthes , le système squamoïde ne se modifie pas d’une région du corps à l’autre, de manière à fournir des régions écailleuses caractérisées ; il n'offre ni régularité dans l’arrangement des squames, ni grandes inégalités dans leurs dimensions, ni formes particulières. La région caudale est la seule qui fasse quelquefois exception à cette homogénéité ; chez quelques espèces les squames de cette partie du corps ont leurs spinules développées de manière à former, soit des brosses serrées, soit des épines plus ou moins longues ; ces deux modes de développement coexistent dans un petit nombre de cas, mais en général ils s’isolent; du reste, les épines caudales proprement dites sont toujours en petit nombre et plus souvent couchées en arrière qu'en avant, au
(1) Cette dégradation correspond, au reste, à une atténuation progressive de l'os pelvien.
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contraire de celles des Balistes : on les rencontre d’ailleurs chez des espèces de types très différents. Quant à la ligne latérale, nous ne la rencontrons un peu distincte que dans un très petit nombre de Monacanthes ; et sa présence, sans rapport avec les caractères qui décident des affinités des espèces et de leur coordination, est tout à fait exceptionnelle dans ce groupe.
Le système de coloration varie beaucoup; il nous a paru uniforme dans beaucoup de cas, et quand un dessin existe, 1l se compose le plus souvent de taches rondes, semées irrégulièrement, quelquefois aussi de traits linéaires petits , nombreux et horizontaux.
Nombre et distribution générale des espèces.
Le genre Monacanthe, tel que je viens de Île caractériser, réunit toutes les espèces de Balistides que Cuvier distribuait entre les deux sous-genres des Monacanthes et des Alutères.
J'ai déterminé dans la collection du Muséum trente-six espèces du genre Monacanthe, tel que je viens de le caractériser ; un certain nombre d’entre elles ne me paraissent pas avoir été décrites et nommées jusqu’à ce Jour.
Du moment que le genre Baliste de Linné devient une famille ; du moment que les caractères fournis par la dorsale épineuse et par l’écaillure décident des premières subdivisions de cette famille et doivent en déterminer les coupes génériques ; du moment que les Balistes proprement dits et les Triacanthes de Georges Cuvier sont devenus de véritables genres, nous devions opposer à ces genres et réunir en un même groupe toutes les espèces de Balistides dont la dorsale épineuse se trouve réduite à un seul rayon apparent , et étendre à ce groupe entier le nom de Monacanthe, donné par notre illustre zoologiste aux seules espèces qui conservent une pointe pelvienne, tandis qu'il réservait celles chez lesquelles cette pointe s’efface pour en faire, sous le nom d’Alutères, une quatrième division du genre Baliste. Il y a loin, en effet, des différences qui séparent les Monacanthes et les Alutères de Cuvier à celles qui les distinguent des Balistes et des Triacanthes ; et les premières s’effacent d’ailleurs dans plusieurs espèces placées sur la limite réciproque des deux groupes comme des termes de passage. Chez
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les Alutères, non-seulement la dorsale épineuse demeure ce qu’elle estchez les Monacanthes, mais le système d’écaillure offre les mêmes caractères , le nombre et les formes des dents ne subissent aucune modification. On ne pourrait donc, sans exagération , et sans méconnaitre des affinités importantes, séparer génériquement les espèces qui conservent une pointe pelvienne de celles qui en manquent complétement. Mais nous constatons en même temps que tout en formant un seul genre naturel, ces deux catégories de Monacanthes offrent, en général, indépendamment de la présence ou de l'absence de la plaque écailleuse et épineuse correspondant au bassin, quelques différences accessoires qui autorisent à les considérer comme deux sous-genres, bien qu'à la rigueur on püt regarder les Alutères comme un simple type dans la série des Monacanthes. Nous conserverons, en conséquence, les deux groupes de Cuvier comme deux divisions d’un genre qui vient à la suite des Balistes.
Le sous-genre. — MONACANTHES PROPREMENT DITS.
Caractères. — Tégument abdominal toujours plus où moins modifié dans son écaillure , et portant une plaque pelvienne.
= Dans ce premier groupe sous-générique, les formes sont généralement plus élevées que dans le second ; le rayon épineux dorsal est plus fort et presque toujours garni de pointes ; la dorsale molle et l’anale se terminent l’une vis-à-vis de l’autre ; la caudale est médiocre et arrondie.
Les Monacanthes proprement dits sont plus nombreux que les Alutères. Nous en comptons dans la collection vingt-six espèces plus ou moins bien caractérisées ; la plupart d’entre elles se distribuent en huit petits types qui se coordonnent en séries. Du premier au dernier terme de cette série, le sous-genre qui nous occupe va s’éloignant de plus en plus des Balistes, et finit par se confondre presque avec les Alutères. De tous les caractères de cette dégradation , le plus remarquable est celui que présente l’écaillure ; les squames commencent par porter chacune plusieurs tubercules ou plusieurs épines distincts et séparés dès leur base, ce qui rappelle les squames multituberculées des Balistes : puis les saillies
spinoïdes partent, multiples encore, d’une base commune, et forment ou bien les découpures d’une arête, ou bien le couronnement d’un mamelon : plus loin la base s’allonge et figure un pédicule terminé par deux, trois ou quatre pointes; ces pointes se simplifient à leur tour, ne représentant qu’un renflement du pédieule qui les porte ; enfin, il n’existe plus sur chaque squame qu’une seule épine simple (1). Ces différences ne sont pas les seules qui marquent d'un type à l’autre un passage gradué vers notre second sous-genre. Ainsi, le grand rayon dorsal, semblable d’abord à celui des Balistes, diminue dans les termes suivants, en même temps qu'il y prend les crochets qui le caractérisent chez les Monacanthes ; puis il finit par devenir plus ou moins court et grêle et par perdre ces mêmes crochets. La pointe pelvienne et le tégument qui la sépare de l’anus passent, à leur tour, par plusieurs modifications avant de s’effacer.
Abordons, sans autre préliminaire, cette succession de types dont nous venons de caractériser la dégradation, et passons à la description des espèces, en partie inédites, qui les composent.
À. Dans notre premier type le corps est proportionnellement élevé, le dos horizontal, le grand rayon dorsal long, robuste, couvert de simples aspérités ou de quelques pointes courtes, la plaque pelvienne large, à peine dégagée en arrière, suivie d’une peau rugueuse et médiocrement extensible; les squames portent un ou deux rangs de pointes plus ou moins prononcées et distinctes dès leur origine. Sur les côtés de la région caudale , on remarque, ou quelques épines dressées et crochues d’arrière en avant, où une sorte de brosse composée de spinules très longues et recourbées dans le même sens que les épines. Les espèces que nous renconirons ici sont au nombre de trois dans la collection.
(1) Le nombre des épines paraît augmenter avec l’âge, et devrait toujours être observé sur des sujets adultes ; ce fait prouve une fois de plus l'importance des études sur le développement des animaux pour arriver à la connaissance de leurs caractères définitifs. Plusieurs des espèces décrites plus loin ne nous sont connues que par des individus évidemment très jeunes; chez quelques-unes la
simplicité du système épineux de leurs squames ne marchant pas d'accord avec les autres caractères, ne suffirait pas pour décider de leurs vraies affinités.
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À. MonAcANTHUS MACROCERUS , Nob.
PI, 42, Ge, 1:
Caractères. — Rayon épineux dorsal très grand, robuste, rugueux ; quatre épines courtes et dressées sur la région caudale ; plaque pelvienne très étalée.
Le profil de ce Monacanthe est incliné à 50 degrés, et un peu concave ; la ligne du dos entre les deux nageoires est horizontale et légèrement convexe.
Le grand rayon épineux , très long et très robuste, est un peu fléchi, et présente de simples aspérités tant en arrière qu’en avant : il est placé au-dessus de la partie antérieure de l'œil.
La dorsale molle et l’anale , assez hautes et arrondies en avant, décroissent insensiblement jusqu'à leur extrémité : leur membrane est entière entre les bases des rayons.
La saillie pelvienne est revêtue d’une plaque rugueuse et épineuse presque aussi large que longue ; elle est séparée de l’anus par un pli cutané rugueux, qui monte obliquement et en ligne droite jusqu'à celui-c1.
Le système squameux se compose partout de très petits éléments, parmi lesquels ceux des parties latérales du tronc sont caractérisés par une série simple de spinules peu nombreuses , courtes, séparées dès leur origine, la médiane étant un peu plus haute que les autres : sur la queue s'élève quatre épines crochues et dressées, disposées sur deux rangs écartés.
La coloration, altérée par la mort et l'alcool, présente de grandes taches rondes, plus claires que le fond gris brun sur lequel elles sont semées.
Ce Monacanthe, très voisin du suivant par le premier rayon de la dorsale épineuse et son système de coloration, se distingue de celui-c1 par les épimes de sa région eaudale, et par quelques différences de forme moins significatives. La longueur et la force de son grand rayon épineux lui méritent le nom de macrocerus que je lui donne ici.
Le Monacanthus macrocerus n’est représenté au Muséum de Paris que par un seul individu provenant de Baïa, et cédé par le Musée de Genève. Il offre les dimensions suivantes.
LaemeurMotale. S L 0.00 07 Hauteur pectorale. Sun Ve 0 Ma 2 UE Hauteur pelvienne. él pl tata M. os du La région céphalique entre dans la né pour: 11102 068 lacaudale pour: «100:7 Di LES COMENT NAPE GION Longueur du grand rayon épineux. . . . , 0,06
J'ai cherché inutilement cette espèce parmi celles qui ont été décrites et nommées jusqu’à ee jour.