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Moxacanraus setirer, Bennet

Caractères. — Profil droit et rapide ; deuxième rayon de la dorsale molle prolongé et filiforme; coloration mouchetée de taches obscures nombreuses en séries longitudinales.

DM. 30-35. A. 29-3/. P. 14.

Le profil, incliné à 40 ou 45 degrés, est relevé au-dessus de l'œil. La ligne dorsale monte un peu jusqu’à la dorsale molle.

Le grand rayon épineux, placé au-dessus du tiers postérieur de l'orbite, est plus ou moins droit, aigu, rugueux en avant, armé de crochets en arrière.

La dorsale molle se fait surtout remarquer, mais seulement chez un certain nombre d'individus, par le prolongement filiforme de son deuxième rayon. Du reste, cette nageoire est, ainsi que l’anale, assez élevée dans sa première moitié , et s’abaisse ensuite rapidement. [ei la membrane interradiale se montre amincie, et quelquefois pertorée entre les bases des ravons.

MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. 33

La saillie pelvienne est revêtue d’une plaque épineuse oblongue, et suivie d’un pli cutané rugueux et finement spinoïde, peu extensible, dont le bord, un peu convexe, monte rapidement vers l'anus.

Le revêtement écailleux du tégument se compose d'éléments allongés , surmontés de deux séries de petites pointes , l’une antérieure, l’autre postérieure, celle-ci couchée en arrière et plus développée. Ces pointes, portées sur deux crêtes qui leur servent de base, prennent, en raison de la divergence de celles-ci, une disposition un peu rayonnante etassez caractéristique. Sur la région caudale, les pointes postérieures s’allongent et forment une sorte de brosse couchée, mais seulement chez les individus qui ont le deuxième rayon de la dorsale molle prolongé.

La coloration de ce Monacanthe est caractérisée par de nombreuses taches brunes un peu allongées dans le sens de l'axe du corps, et disposées en séries dans la même direction. On aperçoit sur le milieu de la caudale une bande transversale plus foncée que le reste.

Le Monacanthus setifer est représenté dans la collection du Muséum par un assez grand nombre d'individus, qui, à l'exception d’un seul, proviennent de l’océan Atlantique, et ont été pêchés près des côtes des deux Amériques, depuis Bahia jusqu’à Charlestown. Les naturalistes américains signalent cette espèce jusque dans les eaux de Boston. Un de nos exemplaires provient de l'Égypte, c'està-dire très probablement de la mer Rouge, car on ne connait pas de Monacanthe de la Méditerranée.

Nous avons dit plus haut que le filament de la dorsale molle n'appartient qu'à certains individus, et que ceux-ci portent seuls une brosse caudale, Ces deux caractères, toujours coexistants, m'avaient d’abord semblé spécifiques. Mais en retrouvant chez d’autres sujets les mêmes formes, la même écaillure , le même système de coloration que chez les premiers, sans qu’on püt les distinguer de ceuxci autrement que par l’absencé du filament dorsal et des soies de la queue, je soupçonnai ici une différence sexuelle, et ce soupçon fut bientôt justifié par cette circonstance, que je ne rencontrai des œufs que chez les individus dépourvus des deux caractères en question,

ol HOLLARD, lesquels constitueraient en conséquence une sorte de parure masculine. | Les deux sortes d'individus atteignent d’ailleurs les mêmes dimensions, et présentent des proportions équivalentes. Voici les mesures du plus grand de ceux de la collection :

Longveur|tolalel/4 PL QUES LOTS CN 2%0 Hanteur: pectorale”" it. LL266% SPAS IONMIOR 1027 Hauteur pelvienne ., 44, «sur 18110107,142

La caudale entre dans sa longueur pour, 0°,030 Le grand rayon épineux a plus de . . 0,030

© Synonymie. — M. Massachussetensis, Storer, Fishes of Massachusetts, p. 174; de Kay, Zoo!. of New-York, p. 336, pl. 57, f. 187 ? Ce dernier ne représenterait-il pas les individus dépourvus de filament dorsal ?

Le M. setifer de de Kay, décrit et figuré par cet auteur dans la Zool. of New-York, p. 337, pl. 59, fig. 194, paraît être spécifiquement distinct du nôtre, dont la caractéristique s’accorde en échange avec la diagnose donnée par Bennet (1). L'espèce de de Kay a tout le corps couvert d’aspérités. Les deux ou trois premiers rayons de la nageoire molle prolongés, et le premier plus long que le second ; cette nagcoire et l’anale hautes partout; enfin la livrée en est nuagée et non tachetée (2). M. filamentosis, Val. (’oy. aux Canaries de MM. Webb et Berthelot) et M. cirrhifer, Temm. et Schlegel, pl. CXXX.

(4) Mon. cauda hispida, cirris brevibus multifidis raris conspersus; pinnæ dors. rad. secundo longissimo : pallide bruneus, lateribus mediis nigro undulatim longitudinaliter lineatis, pinnæ caudalis rotundatæ fascia angusta submedia. Bennet, Proceed. of the zool. Soc. of London, Aug., 1831, sans figures.

(2) M. de Kay fait une sorte de rapprochement entre son Mon. setifer et le Cochino de Para (Poiss. de Cuba, p. 45, pl. 9), en ajoutant toutefois que ces poissons ne se ressemblent que par la longueur excessive des premiers rayons de la dorsale molle. En effet, le Cochino de Para n'est rien moins qu'un Baliste proprement dit, et le Balistes vetula de Lin., l'une des espèces les plus répandues et les mieux connues.

MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. 35 12, MOoNACANTHUS SERRASQUAMOSUS, Nob.

Caractères. — Rayon épineux dorsal très long et acéré. DM. 59. À. 37. P. 15.

Je ne puis décrire d’une manière très exacte les formes de ce Monacanthe , le spécimen que j'ai sous les yeux étant bourré avec peu de soin. Il appartient évidemment par ses squames au même type que le Setfer, et se distingue par la longueur de son rayon épineux dorsal. En approchant de la tête, et sur celle-ci, de nouvelles séries d’aspérités viennent élargir la surface épineuse de chaque petite squame, en variant d’ailleurs cette surface de la manière la plus irrégulière.

La couleur, après dessiccation , offre une teinte générale fauve avec des indices de taches plus foncées.

L’exemplaire , d’après lequel je caractérise cette espèce, a été

rapporté de la baie des Iles par M. Arnoux. Il offre les dimensions suivantes :

Longueur totale . SICRR FETE gui 300 Hauteur pectorale, :, 14 :: : 0",092?

Hauteur pelvienne. . . . . 0",104?

La caudale a plus de. . . . 0",040

La région céphalique a plus de. 0,060

Le grand rayon épineux atteint 0,05, c’est-à-dire la moitié de la hauteur. | é

Je ne connais pas de description de cette espèce.

E. Notre cinquième type est des mieux caractérisés par le développement énorme du fanon qui sépare le bassin de l’anus ; ce pli commence par dépasser la pointe pelvienne , en continuant la ligne abdominale au-dessous de celle-ci, avant de prendre sa direction ascendante qui est très rapide. Les espèces de ce groupe ont des squames relativement grandes, et l’écaillure du fanon est surtout remarquable sous ce rapport, comme sous celui de son imbrication. Du reste, ces espèces se rattachent au type précédent par le profil, par la direction ascendante de la ligne médiane supérieure,

346 MOLLARD.

et par la perforation (non constante cependant) de la membrane interradiale ; enfin les pointes qui hérissent leurs squames sont plus ou moins nombreuses, et partent d’une partie commune, dontelles représentent les divisions. Sur la région caudale, ces pointes forment à la fois des épines et des brosses.

A3. MONACANTHUS CHINENSIS.

Caractères. — Dorsale molle et anale très élevées en avant; rayon supérieur de la caudale souvent divisé et prolongé au delà des autres; deux rangs de trois ou quatre grosses épines sur la queue.

DM. 32. À. 51. P. 15.

Le profil se relève ici beaucoup au-dessus de l’œil, et la ligne du dos monte, dans une direction rapide, jusqu’à la dorsale molle.

Le rayon épineux , placé sur le tiers postérieur de l’orbite, est robuste, denticulé, et de longueur médiocre. |

La dorsale molle et l’anale , très hautes en avant, et, dès le premier rayon, diminuent ensuite assez rapidement. Leur membrane interradiale est perforée à sa naissance.

Je ne rencontre pas constamment le double prolongement du rayon supérieur dela caudale. Cette inconstance, qui ne dépend pas d’une mutilation, ñe constituerait-elle pas une différence sexuelle ? La forme allongée de cette nageoire est, au contraire, un caractère constant de cette espèce, et qui la distingue bien des autres du même type.

La saillie pelvienne est couverte d’une plaque épineuse très longue et très étroite, que dépasse de beaucoup un long fanon très écailleux ; celui-ci fait une saillie si considérable en bas et en arrière que; pour revenir à l’anus, il monte d’arrière en avant, parallèlement au bord antérieur de l’anale, et en côtoyant cette nageoire.

L’écaillure se compose de squames très distinctes, irrégulières, rugueuses ; celles des côtés du tronc portent chacune une épine principale et quelques épines accessoires naissant d’une même base, Sur la région postérieure de la queue ressortent deux rangs d'épines, au nombre «le trois ou quatre pour chaque rang, et qui se

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distinguent des autres non-seulement par leur plus grand développement, mais encore par la direction de leur pointe en avant.

Le système de coloration de ce Monacanthe offre, entre autres traits caractéristiques , des lignes brunes et onduleuses qui sillonnent obliquement la dorsale molle et l’anale , transversalement la caudale , puis deux taches noires à la base de l’anale.

Les exemplaires du Muséum viennent de l’Australie ; mais on en connait de toutes les mers qui baignent la partie sud-orientale des côtes asiatiques, d’où le nom de chinensis sous lequel on l’a désigné.

Le plus grand de ceux de la collection m'a présenté les dimensions suivantes :

Longueur totale. . . . 0®,21 Hauteur pectorale . . . 0,06 Hauteur pelvienne . . . 0,13

La caudale entre dans la longueur, dans une proportion considérable, pour 0%",045 (1). La région céphalique a la même étendue. |

Synonymie. — Linn. Gm., B. sinensis, p. 1470 , d’après le B. sinensis, BI., pl. 152, f. 1. — B. chinensis, Osb. it. p. 147. — Monacanthus bifilamentosus , Lesson , F’oyage de la Coquille, Poissons, pl. 8. — Compar. Gronov., Mus., 2, n° 196. — Id. Zooph., n° 189.— Margr., Bras., p. 154. Pira aca.—Willough. , Lchthyol., p. 150, pl. I, 4, f. 4

Ces derniers auteurs n’auraient-ils pas confondu dans une même définition spécifique les diverses espèces du type qui nous occupe ? |

Je doute fort qu'on puisse séparer spécifiquement du M. chinensisle M. geographicus de Péron, qui vient aussi des mers australes. Les deux individus qui portent ce dernier nom dans la collection du Muséum offrent tous les caractères du Chinensis , sauf que leurs épmes caudales sont moins nombreuses , et que les squames des côtés du corps ne portent que leur spinule principale sans acces-

(1) Les premiers rayons de la dorsale molle et de l'anale atteignent une hauteur de 0°,035.

soires ; enfin le système de coloration consiste en un dessin irrégulier de grandes taches brunes confluentes qui rappelle celui d’une carte de géographie ; mais comme ces individus sont plus petits que les autres, et que tous les autres caractères de forme, de dimension des nageoires de la plaque pelvienne, de l’écaillure, et jusqu'aux lignes brunes des nageoires, sont les mêmes , il me paraît très possible que nous n’ayons affaire ici qu’à une variété d'âge.

A4. MoxacantTaus Tomentosus, B. romenrosus, Linn.

PI. 13, fig. 4.

Caractères. — Dorsale molle et anale à croissance et décroissance graduées, et médiocrement élevées ; ligne postérieure du fanon montant d'avant en arrière. Caudale médiocre. — Écaillure à la fois tomenteuse et épineuse sur la queue.

DM. 30. A. 29. P. 11.

La hauteur du corps est proportionnellement bien moindre dans cette espèce que dans le Chinensis. Le profil, déprimé jusqu’à 95 degrés en avant, se relève médiocrement au-dessus de l'œil. La ligne du dos est montante. |

Le grand rayon épineux dorsal , placé sur la partie postérieure de l’orbite, est fléchi et armé de pointes.

La dorsale molle et l’anale ont peu d’élévation, sont arrondies en avant et en arrière, et n’offrent ni perforation, ni amincissement sensible de la membrane interradiale.

La caudale demeure dans des proportions très ordinaires.

La pointe pelvienne est indiquée par une plaque spinoïde, ovalaire, à pointes rayonnantes ; le fanon abdominal , quoique dépassant celle-ci, s’arrondit bientôt, pour remonter d’avant en arrière vers l'anus ; sa saillie inférieure restant à une assez grande distance de l’anale.

L'écaillure se compose de squamules relevées de plusieurs pointes portées sur une base commune, et représentant un peu des dents de peigne. Sur la queue, ces pointes s’allongent, et forment une brosse à soies couchées en arrière, et du milieu de laquelle

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s'élèvent quelques épines qui se recourbent en avant, et qui forment deux petits groupes plutôt que deux rangées.

La coloration semble uniforme sur le corps et sur les nageoires, si l’on en excepte la caudale qui présente quelques ondes brunés placées transversalement vers son extrémité.

La collection du Muséum n'offre qu'un exemplaire de cette espèce ; il provient de la Martinique, et présente les dimensions suivantes : |

Eoneuenr 10fale in UE eormmlutane 201 hto1frs 083

Hauteur pectorale "ne. A Le NA duceone 101 00

HOUERE DEEE At ANNEES M RS OES

La caudale n'entre ici dans la longueur que pour. 0",045

La région céphalique y entre pour. . . . ,. 0",040 Synonymie. — L'espèce qui vient de nous occuper est bien le

B. tomentosus de Linn., Gm., p. 1463, n° 3. Quant aux phrases caractéristiques citées par l'éditeur comme s’y rapportant aussi, elles sont trop incomplètes pour fournir des indications certames.

Je trouve dans la collection un Monacanthe, qui ne diffère du Tomentosus que par des formes plus élevées, ayant d’ailleurs les mêmes écailles à pointes multiples sur une base commune, les mêmes épines caudales et deux groupes entourés de spinules plus fines. J’ai été tenté d'en faire une espèce sous le nom de M. altus ; mais les traits de ressemblance me semblent établir une si grande affinité entre ce Monacanthe et le T'omentosus , que je me

borne à le signaler ici en ajoutant que ses nageoires nous offrent : DM. 32 A. 30 P. 41.

F. L’écaillure du type précédent légèrement modifiée, la concavité du profil et la projection du museau que nous avons remarquées dans les espèces qui viennent de nous occuper, vont se trouver réunies dans la suivante à des caractères nouveaux et très apparents : le corps sera haut, court et comprimé, avec des nageoires médianes peu élevées ; la pointe pelvienne , signalée par une plaque spinoïde stelliforme, sera très dégagée en arrière par la rentrée et la direction rapidement ascendante du tégument préanal.

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