AUCAPITAINE., —- OBSERVATIONS, ETC
observer qu’il arrive fréquemment que certains animaux entrent jeunes dans des cavités, et qu’ils y grossissent jusqu’à ce que l’exiguité de la loge empêche leur accroissement; j’ai fréquemment vu des Doris, Patella, etc, ainsi pris, qu'au premier abord on pourrait confondre avec des perforants. Ceci n’est pas pour contredire l’assertion de M. Eugène Robert, tant s’en faut. J’ai observé le même cas non-seulement sur Îles côtes de France, mais encore à Cherchell , au camp situé non loin de l’antique Tipasa , dans la province d'Alger. Certaines espèces du genre Acroclodia, Agassiz, possèdent cette faculté si singulière qu’on pourrait, je crois, appliquer à la plupart des animaux de cette famille. Le Muséum avait depuis longtemps des roches des échantillons de cette perforation; et, ajoute M. Valenciennes, parlant des animaux lithophages , Q ils usent mécaniquement la roche par l’action de » l’eau de mer qui les beigne de toutes parts, unie incessamment au frot- » tement de leur pied charnu ou de leurs tentacules filiformes, plus mous » encore que la masse charnue des Mollusques. » Cette opinion, émise par le savant professeur de conchyliologie du Muséum, est très rationnelle pour certains animaux, mais trop exclusive pour d’autres, qui ne peuvent évidemment pas employer le même moyen. Ainsi, pour ma part, je la regarde comme parfaitement appropriée à certains animaux, mais non générale à tous les perforants. J'ai tout lieu de croire à la présence combinée de laction mécanique pour quelques-uns, et pour tous d’un agent chimique peut-être inconnu jusqu'ici, et qui mérite, à tous égards, de nouvelles observations de la part des zoologistes.
L’abondance des animaux lithophages sur les côtes de France, et généralement partout où la mer bat avec violence, offre un sujet continuel d’observations intéressantes. Ils sont un des agents de destruction les plus puissants de nos falaises ; des masses ou plutôt des bancs de plusieurs kilomètres de long sont tellement perforés en tous sens intérieurement, que le moindre choc les pulvérise, et la vague, roulant ces débris, ne tarde pas à les anéantir. Il est fréquent de rencontrer deux ou trois Pholades ou Vénérupes réciproquement perforés. Attaquant toujours la partie submergée, la base des rochers calcaires se trouve ainsi entièrement minée par cette action lente, et leurs cimes ne tardent pas à s’écrouler. Qu’on y joigne l’action de l’homme, qui recherchant ces Mollusques, soit pour s’en nourrir, soit pour s’en servir comme appâts, brise à coups de marteau ces bancs et en aecélère la dissolution. Récemment encore les autorités maritimes se proposaient de défendre la pêche des Pholades comme dangereuse pour les propriétés
riveraines, dont J'ai vu, sur les côtes d’Aunis, diminuer chaque année Ja partie Hittorale,.