DANS LA DISTRIBUTION DES ÊTRES ORGANISÉS DANS LE TEMPS
d’antécédent, ait des genres spéciaux plus nombreux qu’une période qui est précédée et suivie par des faunes plus ou moins homologues.
Nous demanderons encore à M. Ed. Forbes s’il ne fait que compter les types génériques ou s’il en pèse l'importance, Un groupe tout spécial de Reptiles gigantesques est-il équivalent, suivant lui, à un genre de Mollusques ou de Polypiers. S'il en est autrement, comment arrive-t-il à ce résultat avec les types si remarquables de Reptiles des époques pénéenne, triasique et Jurassique comparé: aux Vertébrés de l’époque primaire.
Mais, nous le répétons , nous ne faisons ici que des questions, et peutêtre M, Ed. Forbes (1) a-t-il le moyen de les résoudre. Nous attendrons un mémoire détaillé pour en juger les résultats, et nous le laissons parler lui-même. ; TT LE
« Quatre relations principales existent entre les êtres organisés; ce sont : l’affinité, l’analogie, la représentation et la polarité ; les trois premières ont été étudiées dans leurs rapports avec le développement géologique, la quatrième a été négligée. Le terme même de polarité est rarement employé en histoire naturelle , quoiqu'il ait été proposé depuis plusieurs années par le botaniste suédois Fries, et employé systématiquement depuis lors par quelques naturalistes. Ce mot n’est pas à l'abri de quelques objections, ear les physiciens lui ont donné une signification qui n’est pas identique avec ce que nous entendons ; mais aucun autre ne peut, pour les naturalistes , rendre d'une manière aussi convenable l’idée de la manifestation d’une force de développement, aux pôles opposés d’une sphère idéale ; et il serait impossible de le remplacer par ceux de divergence ou d’antagonisme qu’on à cherché à lui substituer. »
« La meilleure idée que l’on puisse donner de la polarité, dans le domaine de l’histoire naturelle, est celle de l'opposition et de la progression dans les directions contraires que présentent les séries animale et végétale. Le point de réunion de ces séries correspond à celui qui marque pour chacune d'elles son moindre développement, là où les natures animale et végétale sont presque confondues , tandis que les manifestations les plus élevées de chacune d’elles sont opposées. » (M. Ed. Forbes représente cette vérité en plaçant le point de réunion des séries au centre d’une sphère repré-
(1) La mort récente de E. Forbes est un sujet de deuil pour tous les zoologistes. Ce savant, également remarquable par l'étendue de ses connaissances, la finesse de ses observations et l'élévation de son esprit, venait d'être appelé à la chaire d'histoire naturelle de l'Université d'Édimbourg, lorsqu'il succomba à une maladie organique. Illest mort le 18 novembre 1854, à l'âge de trenteneuf ans. M. E.