‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 78 sur 228 · SUR LES · texte numérisé non relu

SUR LES

HYMÉNOPTÈRES DE LA FAMILLE DES UROCERATES, Par M, Léon DUFOUR.

Inest sua gratia parvis.

Les petites choses ont leur mérite,

Plus j’avance dans l'étude anatomique des Insectes , à laquelle j'ai déjà consacré près d’un demi-siècle d’ardues investigations, plus je me convaincs de l’immensité de ce qui reste à faire. Malgré un millier d'espèces de tous les ordres soumis à mon scalpel, je n'hésite point à déclarer que j’ai à peine défriché quelques coins de ce vaste champ hérissé de ronces. Je n’ai pas cessé de le dire bien haut, mes travaux en ce genre sont inévitablement incomplets ; aussi les ai-je toujours présentés sous le titre de Recherches. Dans mon esprit comme dans mon amour-propre d'auteur , ils ne sont qu’un point

de départ, une occasion de contrôle pour de plus habiles ou de plus heureux que moi. Mes amis le savent, mon culte passionné pour la science a su s'affranchir de cette manie d'innovations et de cette ambition de lucre qui dévorent tant d’empressés de l’époque. J’ai toujours trouvé et je trouve encore dans l'attrait d’une instructive occupation ma plus douce, ma seule récompense.

L’anatomie et la physiologie de ces admirables organismes à respiration trachéenne sont, et le complément de leur histoire, et la pierre de touche de leur classification. Considérée de cette hauteur, on comprend facilement l’importante valeur de l’entomologie et l’étendue de son horizon... Mais venons à mon sujet.

Dans mon Anatomie des Hyménoptères, présentée en 1834 à l’Académie des sciences, et publiée en 1841, sousses auspices, dans ses Mémoires, je n’avais eu occasion de disséquer qu’un seul individu de la famille des Urocérates de Latreille : c’était un mâle du

Sirex Juvencus. Je ne me dissimulai point alors l’imperfection de ce travail ; je provoquai le scalpel des entomotomistes, afin de jeter une nouvelle lumière sur cette anatomie, et de combler les grandes lacunes que j'y reconnaissais. J'étais loin de m’attendre que vingt ans plus tard je serais appelé moi-même, sinon à compléter, du moins à reviser, à avancer mes recherches sur ce point.

Une circonstance fortuite a mis sous ma main, en septembre 1853, plusieurs J'uvencus vivants, et cette heureuse rencontre m'a fait aiguiser et mes ciseaux et mon scalpel. Un parquet de salon récemment fait avec des planches de Pins maritimes, venus dans la localité fut, à l'époque précitée, perforé en dix endroits par la sortie de ces beaux Hyménoptères , dont les larves avaient vécu, jusqu’à leur définitive transformation, dans l’intérieur de ces planches. Tout fait présumer que les œufs, ou les larves très jeunes de ce Sirexæ, existaient dans ce bois de Pin avant qu'il eût été ouvré en planchettes pour le parquet. |

Pour ce qui concerne, et les métamorphoses du J'uvencus, et le genre de vie de sa larve, et la description ainsi que l’iconographie de ses divers états, la science n’a plus rien à acquérir. Les figures si fidèles de Ratzeburg (Forts. [ns., 3, tab. 4) ont illustré les diverses phases dela viede cet Hyménoptère; et tout récemment mon ami Perris , à l’œil et à l’esprit duquel rien n’échappe , est venu, dans son important travail sur les Insectes parasites du Pin maritime, confirmer et compléter les observations du savant entomolo giste prussien. Il demeure aujourd’hui constaté que les larves des Sireæ, loin d’être parasites d’autres larves d'insectes , comme le soupçonnait M. de Spinola, sont positivement lignivores. La provenance cles sujets de mes dissections actuelles en fournit une nouvelle preuve.

Pour l’exposition anatomique , je suivrai la marche déjà adoptée dans mes autres recherches de ce genre.

La famille des Urocérates, fondée par Latreille, a reçu depuis lui les noms si puérilement modifiés d’'Urocérides , de Siricides, de Siriciens, etc. |

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